Retour sur ce qu’il s’est passé lundi 20 juin

Lundi 20 juin 2016, 14h45. Un appel résonne. Les réfugiés courent vers la barrière qui “protège” la rocade portuaire, barrière elle-même séparée de la jungle par un no mans land de plusieurs dizaines de mètres. L’idée, c’est d’entrer dans les camions qui passent sur la route, et de rejoindre enfin l’Angleterre après des mois d’attente  au milieu des rats et des poubelles. La police se fait dépasser et réplique par un gazage en masse des migrants qui parviennent à découper à plusieurs endroits le double grillage barbelé qui longe la rocade portuaire.

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18h environ. Deuxième dougar. Mais rapidement, on constate une arrivée massive de flics (CRS et BAC) pour protéger les barrières. A la fin de leur opération, on dénombrera une dizaine de camions, 2 canons à eau (à noter que les canons à eau en usage à Calais ne sont pas les “simples” canons à eau que l’on voit habituellement en manifestation, mais des camions 4×4, plus gros, plus puissants, et tous terrains), l’effectif de policiers qui va avec, et surtout la répression. En somme, les policiers prennent leur revanche.

A la fin de cette journée, on dénombrera (liste non exhaustive ; et parmi eux des enfants) :
un homme évacué inconscient par d’autres réfugiés
un homme blessé au visage par tir direct de grenade lacrymogène (et qui devra subir une importante opération chirurgicale de reconstruction faciale en CHU)
un très jeune homme blessé gravement au pied et au poignet
au moins 16 blessés par flashball, dont: 2 à la tête (tempe et sourcil), un au thorax, un au coccyx, un au niveau du haut du tibia
un blessé au bras par tir direct de grenade lacrymogène
un blessé aux jambes par des éclats de grenade de désencerclement
au moins une dizaine de personnes avaient des irritations persistantes au visage et aux yeux le lendemain
une vingtaine de personnes se sont blessées sur les lames de rasoir fixées au barbelés en essayant d’échapper à la police et de rejoindre la jungle

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Au passage, les flics gazent l’intérieur de la jungle, et certaines cabanes situées en bordure sont endommagées par des tirs de lacrymo (plastique du toit brûlé). A noter que la préfecture interdit depuis maintenant plusieurs mois l’approvisionnement en matériel de construction, dont les baches font partie.

Les personnes présentes pour filmer les violences et apporter les premiers soins aux blessés sont particulièrement visées par les tirs de grenade et de flashball. Au moins l’un d’entre eux a été touché à l’épaule, et une grenade lacrymogène a manqué de quelques centimètres une personne agenouillée au sol en train de pratiquer les premiers soins à un blessé, une grosse partie de matériel de secours étant perdu dans la bousculade qui s’en suit pour échapper au gaz.
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Deux volontaires des cuisines, simples témoins des évènements de l’après-midi, sont arrêtés le soir en sortant de la jungle, et subiront 48 heures de garde-à-vue. Un réfugié arrêté à proximité de la jungle, a été tabassé par les policiers alors qu’il se trouvait déjà à terre et menotté.

Finalement, la police restera postée pendant de nombreuses heures sur la dune articielle qui longe la jungle et la coupe de l’accès à la route. Toute sortie de la jungle est interdite à ses habitants par un cordon de CRS renforcé de camions de CRS et des 2 canons à eau qui resteront jusque très tard à l’entrée du camp. Le lendemain, toute sortie/entrée par la route habituellement utilisée pour aller en ville est interdite, obligeant les habitants de la jungle à faire un détour à pieds de 20 minutes pour pouvoir se rendre en ville.
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A noter que le harcèlement policier s’est intensifié ces dernières semaines avec régulièrement des blessés par flashball au niveau du visage (machoire, yeux, des genoux, du thorax, des épaules; ainsi que des vols d’argent (dont vol de l’allocation allouée à ceux qui ont formulé leur demande d’asile sur le territoire français) et de matériel personnel (dont téléphones).

“no injuries”

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On Monday morning there was a large traffic jam on the A16 motorway, in front of the jungle. Many people were able to get on-board the lorries that were backed up, although there were lots of police present who were beating and tear-gassing people away.

The A16 was then closed off and remained this way for most of the day, with the ferry-bound traffic being diverted through the center of town. The CRS also completely sealed off the jungle allowing no one to leave (something which has become more common recently), and did not let people start to leave until Tuesday morning.

In the evening the A16 was re-opened and another traffic jam formed on the highway. People from the jungle then went out to try and again board the trucks. The police responded by shooting tear gas indiscriminately, covering the entire jungle, as well as rubber bullets and stun grenades along with their water cannon. The sheer amount of ammunition they used (some news outlets reported police shot over 600 tear-gas canisters) shows the level of violence that has been normalized against the residents of the jungle.

The prefecture stated that there were no injuries from Monday which is a blatant lie. A nurse working in the jungle reported seeing at least fourteen injuries from rubber bullets, including one underage boy being hit in the face. There were numerous hospitalizations, and the police also shot a tear gas canister directly at a person trying to give first aid.

There were also three arrests. One man from Kuwait was convicted for throwing stones and sentenced yesterday to three months in prison without suspension. There were also two British people who had been volunteering in the jungle arrested and accused of orchestrating the day’s events in addition to throwing stones and insulting police. One was given a two month suspended sentence while the other was found not-guilty.

With these events there has been a resurgence of the outside agitator rhetoric which blames “the No Borders” for everything that happens in Calais, and which has been getting recycled since 2009. This accusation is not only a complete fabrication, but a deeply racist one at that. It implies that, without white/european leadership, the people in the jungle would not think of, nor be able to, attack the border and the police responsible for their segregation. It also conceals the extreme state violence in this city (the segregation, the imprisonment, the beatings and gassings of the cops, the deportations, etc.) to which the only natural human reaction is to leave. If there is no way then people will continue make their own. Finally, it scapegoats “the No Borders”, while lumping together and criminalizing anyone showing solidarity or giving help in the jungle.

 

 

 

Go away from Calais! … but … Don’t leave the jungle!

Some days ago, from the hours of approximately 5,30 to 8 in the morning, the police blocked off the entrances to the “jungle.” People were allowed to enter, but none were allowed to leave.

At the main entrance, many people who had appointments regarding their cases for asylum in France (e.g. to give their fingerprints) and those who had train tickets to go to other locations in France (which is what the French government wants and pressures all of the people in Calais to do) were refused passage. Someone who asked for documentation of this, so that he could explain why he did not take the train was in reply sprayed with gas. Migrants were told to go to another entrance – as a group of them approached, the police fired gas at them immediately.

This is what segregation looks like. This is what a racist police state looks like.

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Il y a quelques jours, autour de 5h30 du matin jusqu’à 8h, la police a bloqué les accès de la “jungle”. Les gens pouvaient entrer mais plus personne ne pouvait sortir.

À l’entrée principale, beaucoup de personnes avaient des rendez-vous pour leur demandes d’asile en France (donner leur empreintes, par exemple) et ceux qui avaient des billets de train pour aller dans ces centres d’accueil en France (ce que veut le gouvernement et ce pourquoi il a mis la pression à toute le population de la “jungle”) se sont aussi fait refuser la sortie du camp. Quelqu’un demandait un document à la police pour prouver pourquoi il n’avait pas pris le train, ce à quoi les flics ont répondu par un coup de gazeuse. Les flics ont dit à ceux qui voulaient sortir de prendre l’autre sortie où, dès en arrivant ils se sont tous fait gazer.

Voilà à quoi ressemble la ségrégation, voilà à quoi ressemble un État policier raciste.

Cops on trial! // Des flics en procès !

Screenshot from 2016-06-13 18:24:11That’s how we like to see cops ! // C’est comme ça qu’on aime voir les flics !

In May 2014, CMS had published a video that received wide media coverage; the video showed a compilation of police violence. Among the cops recorded in this video, four have been prosecuted. One has been charged with violence but has already been discharged. The three others are charged with violence and violation of data and correspondence.

With all the lack of due respect we have for the justice system, we still support initiatives to hold police accountable, even if it is in the language and systems they are part of. The police in Calais carry out their actions with impunity and in a very basic way, it is macho racist violence.

We know that this will not be seen as the big trial of police violence as a whole, but we enjoy to see the cops on trial, for once.

So we are happy to invite you to come enjoy this great moment of justice on the 14th of June at 2pm in Boulogne-sur-Mer at the main court (Tribunal de Grande Instance).

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En mai 2014, CMS avait publié une vidéo, rapidement très médiatisée, qui montrait une compilation de violences policières. Parmi les flics enregistrés dans cette vidéo, 4 ont été mis en examen. Un a été accusé de violence mais a déjà été relaxé. Les trois autres sont accusés de violence et de violation de données et de correspondance.

Avec tout le manque de respect que nous avons pour le système judiciaire, nous supportons malgré tout les initiatives pour rendre la police responsable de ses actes, même si c’est au sein du système dont elle fait partie. Avec la même impunité, la police à Calais continue à exercer la même violence raciste et machiste.

Tout en sachant que ce n’est pas le grand procès de la violence policière qui va se dérouler ici, nous apprécions assez de voir les flics en procès, pour une fois.

Nous sommes donc heureuses de vous inviter à venir apprécier ce grand moment de justice le 14 juin à 14h au Tribunal de Grande Instance de Boulogne-sur-Mer.

Fight in the Calais “jungle”//Affrontement à la « jungle » de Calais

On the afternoon of Thursday, May 26, a fight broke out in the distribution line in the Jules Ferry Center, between a few individuals. Over the next hours, it escalated and spilled out over a large part of the “jungle.” As a result of the fight over 50 people were taken by ambulance to the hospitals of Calais, Dunkurque, Lille, and Boulogne-sur-Mer. Houses (mostly of people who had been forced to move during the evictions of the southern part of the jungle) were set on fire and burned down.

While the immediate cause for the fight is an individual dispute, the underlying causes for the scale of the fight are evident. There is a visible situation of competition to which people are driven through scarcity – many new people are coming to Calais, but simultaneously humanitarian aids has fallen to a low. Furthermore, after the evictions of the south part of the jungle, people have been driven to live in more dense conditions. As anywhere, less space but more people, who frequently have different aims and modes of living, fuels tension.

None of these basics could have escaped the French government, who exercised their racist policy of segregating all migrants in the container camp, Jules Ferry, and the temporarily tolerated space of the jungle (as evidenced by evictions of all squats and jungles in the city and the immediate violent evictions of attempted spaces to welcome migrants in the city).

As the fight and destruction of shelters began, the police did not step in to de-escalate it. In plain sight, police  stood on the roofs of containers in the gated camp, passively watching and even openly laughing. Furthermore, a group of migrants who had ran to the police to shelter them from the fighting were refused protection, pushed back into the violence, and even told “Go fight!”

It took over an hour of fighting for a substantial number of CRS and Gendarmerie vans to arrive and for police to begin shooting large amounts of tear gas first at one then another side of the fighting. Many fire engines stood outside the jungle, doing nothing for some time as houses burned. A large number of police did arrive to escort Fabienne Buccio, the Prefect of Pas-de-Calais, to make a few comments for the camera, as the fight continued.

Those injured and taken to the Calais hospital were given only the most basic treatment (e.g. given stitches without anaesthetics or given even basic (over-the-counter) pain medication) before being promptly told to leave (some unable to walk) only to seek further medical attention from medics present in the jungle. Racialised treatment like this prevented many injured as a result of the fight to seek medical care from the hospital (and dissuades many migrants from accessing health services).

After the fight and the fires, many people have been left with only the clothes they had on them. However, there has been a marked absence of some organizations in the jungle, as they have stated “until the situation is under control” and they have met with the police to discuss bringing in building materials. This fight and another fight in March (during which CRS purposefully gassed those helping load injured people into ambulances) have drawn public attention to violence in Calais. However, this dramatic violence pales in comparison to the numbers of people brutally injured by the police on a daily basis, by injuries sustained by trying to cross the border.

In all of this, it’s important to keep in mind that people trapped in the jungle do not want to be forced to live in a ghetto created by the French state or to have  distribution lines. A more harmonious jungle is not the solution. Better distributions  are not a solution. People want the same basic dignities that people with papers take for granted: to have access to decent healthcare, to have basic protections, but most importantly to have freedom of movement.

Open the border! Solidarity to those trapped in Calais!

FR:

Dans l’après-midi du mardi 26 mai, une bagarre a éclaté dans une ligne de distribution du centre Jules Ferry entre quelques individus. Dans les heures qui ont suivi, la bagarre a escaladé et s’est propagé à une grande part de la « jungle ». Au final, plus de 50 personnes ont été transporté par amulance dans les hôpitaux de Calais, Dunkerque, Lille et Boulogne-sur-mer. Des maisons ont été mises en feu et brûlées (principalement de personnes qui avaient été forcées à bouger dans la zone Sud pendant les expulsions).

Bien que la raison première de cet incident soit une dispute individuelle, les causes sous-jacentes de l’ampleur de l’affrontement sont évidentes. La grande précarité mène les gens à une situation de compétition bien visible, en même temps que de nombreuses nouvelles personnes arrivent à Calais, l’aide humanitaire a considérablement réduit. Au-delà de ça, après les expulsions de la partie Sud de la « jungle », ses habitant-e-s ont été forcés à vivre des des conditions très denses. Ainsi, moins d’espace mais plus de gens, avec différents modes de vies et objectifs, mène à plus de tension.

Rien de tout ça n’a pu échapper au gouvernement, qui a exercé sa politique raciste de ségrégation de tous les migrants, dans le camp de container, le centre Jules Ferry ou encore l’espace temporairement toléré qu’est la « jungle » (ouverts suite aux expulsions violentes de tous les lieux, squats et jungles où les migrants étaient les bienvenus en ville).

Alors que l’affrontement massif et la destruction des abris commencait, la police ne faisait rien pour apaiser la situation. Avec une visibilité totale, les flics sont restés sur les toits des containers dans le camp grillagé, observant passivement et même rigolant ouvertement. Un groupe de migrants qui a couru vers la police pour se protéger des combats s’est vu refuser toute protection, repoussés vers les violences sous les injonctions « Go fight ! ».

Ça aura pris plus d’une heure pour qu’un nombre substantiel de compagnies de CRS et de gendarmerie arrive et commence à tirer des gaz lacrymogènes d’un côté et de l’autre des affrontements. Beaucoup de camions de pompiers se tenaient à l’extérieur de la « jungle », immobiles pendant que les maisons brûlaient. Un grand nombre de flics est bien arrivé pour escorter la préfète, Fabienne Buccio, qui a fait quelques commentaires pendant que les affrontements continuaient.

Ceux blessés et emmenés à l’hôpital de Calais n’ont reçu que les soins les plus basiques (points de suture sans anesthésie ou même antidouleurs…) avant d’être rapidement invités à partir, même pour certains n’étant pas en l’état de marcher, pour aller quémander un suivi médical aux équipes médics de la « jungle ». Ce traitement racialisé a empêché de nombreux-ses blessé-es d’accéder aux soins médicaux de l’hôpital et en aura dissuadé beaucoup.

Après l’affrontement et les feux, de nombreuses personnes n’avaient plus rien d’autre que les habits qu’ils portaient sur eux. On a pu noter l’absence de nombreuses organisations, annoncées comme « jusqu’à ce que la situation soit sous contrôle » mais surtout leur négociation avec la police pour ramener ou non des matériaux de construction (qu’il est maintenant interdit de faire entrer sur le camp). Cet affrontement, comme celui de mars dernier (où les CRS ont volontairement gazé ceux qui aidaient les blessés à monter dans les ambulances) a attiré l’attention sur la violence à Calais. Cependant, ces incidents dramatiques s’effacent en comparaison au nombre de personnes blessées par la police quotidiennement ou blessées durant leur tentative de passage de la frontière.

Dans tout cela, il est important de garder à l’esprit que les personnes qui habitent dans la « jungle » y sont bel et bien piégées et n’aspirent pas à vivre dans un ghetto créé par l’État français et de faire la queue dans des lignes de distribution. Une jungle harmonieuse n’est pas une solution. De meilleures distributions n’est pas une solution. Ces personnes ne veulent qu’accéder aux bases de la dignité qui est acquise pour toute personne ayant des papiers : avoir accès à des soins médicaux décents, avoir certaines protections basiques mais surtout pouvoir circuler librement.

Ouvrez la frontière ! Solidarité avec tou-tes cell-eux piégé-es à Calais !

 

 

7 mai : jour de solidarité avec les personnes en rétention et manifestation // 7th may: day of solidarity with people in detention & manifestation

(read english below)

poster

https://shutdowndetentioncentres.wordpress.com

Rassemblement devant le centre de rétention de Coquelles, en face de la Cité Europe
Samedi 7 mai à 13h30

Le 7 mai s’inscrit dans une campagne transnationale plus large pour fermer les centres de rétention et mettre un terme aux politiques d’immigration abusives et violentes qui enferment des gens simplement parce qu’ils ont choisi ou été forcés de migrer.

Il y a déjà une longue histoire de luttes menées par les peuples enfermés dans des camps en France. Ces dernières années ont vu apparaître un fabuleux développement des mouvements de contestation à l’intérieur et à l’extérieur des centres de rétention. Le samedi 7 mai, plusieurs manifestations se tiendront simultanément en Europe (dans tout le Royaume-Uni, à Calais, à Idomeni, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Belgique, en Islande et dans encore bien d’autres pays) pour protester contre l’existence des centres de rétention administrative et montrer notre solidarité avec les 600 000 adultes et enfants retenu-e-s chaque année pour contrôler les migrations et ceci contre leur volonté.

A Calais, des personnes sont emprisonnées de façon quotidienne. La répression aux frontières se traduit par des arrestations racistes dans les rues de la ville, par la brutalité policière dans l’isolement des cellules et enfin elle se solde par des expulsions manu militari vers des pays en guerre. Quand le fait de migrer est criminalisé, les prisons sont centrales dans le processus de répression aux frontières.

Au centre de rétention de Coquelles, les flics ont enfermé des personnes arrêtées dans le centre-ville de Calais, au niveau du port ou du tunnel. Elles-ils ont été arraché-e-s des rues alors qu’elles-ils marchaient vers la jungle ou simplement pendant qu’ils mangeaient des frites. Certain-e-s sont relâché-e-s après de lourdes intimidations et violences en prison, d’autres sont enfermé-e-s plus longtemps puis finissent par être expulsé-e-s.

Beaucoup de personnes déjà traumatisées par la guerre et les persécutions le sont alors encore plus, on observe un grand nombre de dépressions et des tentatives de suicide. Les personnes sont retenues sans un accès adapté à un soutien légal, sans services de traduction ou de soins médicaux (dans certains pays comme le Royaume-Uni, il n’y a même pas de limite de temps).

L’incarcération fait partie intégrante de la stratégie plus large de l’État pour épuiser les migrants par une violence continue, et pour détruire les réseaux de soutien autonomes en séparant les migrants de leurs amis, camarades et proches.

Nous rappelons que les migrant-e-s sont des personnes fuyant des conditions d’existence désastreuses ou cherchant simplement à vivre une autre vie. Nous rappelons qu’au 19ème siècle des millions d’européen-ne-s ont immigré aux quatre coins du monde, fuyant la misère du « vieux continent ». Nous rappelons que la richesse économique des pays occidentaux est aussi fondée sur le pillage et l’exploitation des ressources et des populations dont sont originaires les exilé-e-s. Les lieux d’enfermement font partie du business sécuritaire financé par l’Europe et soutenu par des entreprises nationales/multinationales qui en tirent un profit faramineux.

Nous protestons en solidarité avec tou-te-s les détenu-e-s de Coquelles ou de toute autre prison.

Fermons les prisons ! Ouvrons les frontières !

Amenez des banderoles, des casseroles, des poêles, des mégaphones et autant d’objets susceptibles de faire autant de bruit que possible, sans oublier vos ami-e-s !

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7th MAY: DAY OF SOLIDARITY WITH PEOPLE IN DETENTION & PROTEST AGAINST DETENTION CENTRES

Manifestation in front of the Detention Center Coquelles
Saturday, 7th may, 13h30

May 7th is part of a wider transnational campaign to shut down detention centres and end the inherently abusive and violent system of immigration detention that detains and imprisons people simply because they have chosen or been forced to migrate.

There is a long history of struggle by people forced into these prisons and facing deportation. The last few years have seen a tremendous rise in protests inside and outside detention centres. On Saturday May 7th, simultaneous demonstrations will be held all around Europe (all over the UK, Calais, Idomeni, the Netherlands, Germany, Belgium and Iceland) to protest against the existence of immigration detention centres and show solidarity with the more then 600’000 adults and children that are detained in Europe every year for migration control purposes against their will.

In Calais, people are imprisoned on a routine basis. Border repression means racist arrests on the city streets, it means police brutality in the isolation of your cell, it means deportation back to situations of war. When migration is made a crime, prisons are central to the repression of the border.

In Coquelles detention centre, cops have locked up people taken from the centre of Calais, the port or the tunnel. They’ve been snatched from the streets while walking to the jungle or just eating fries. Some are released after a dose of prison intimidation, others are kept for longer and ultimately have been deported.

Many people already traumatised by war and persecution are traumatised further, there are high rates of depression, many attempted suicides and deaths. People are held without adequate access to legal support, translation or health care (in some countries like the UK without a time limit).

Incarceration is part of the state’s broader strategy of wearing down exiles through continual violence and destroying autonomous support networks by tearing them apart from their friends, comrades and loved ones.

We remind that in the 19th century millions of Europeans have immigrated in all directions, fleeing from the misery on the « old continent » We remind that the wealth of occidental countries is also based on the plundering and the exploitation of the resources and populations of the regions where the the detained people come from. The CRAs are part of the security industry financed by the European Union and supported by national and multnational companies that make massive profits from it.

We stand in solidarity with all detained in Coquelles or any other prison. Let us break down isolation and the walls of the border regime’s prisons!

Close Prisons! Open Borders!

Bring banners, pots, pans, megaphones and as much noise as you can (and your friends).

Evictions in the region

After the violent evictions of the southern half of the jungle (see also here and here), many people were forced to relocate their houses to the northern half of the jungle – creating more tensions in a now more densely populated area. Many people were forced to leave Calais, losing support networks – sometimes to other places in the region.

Many people are asking about the plans for a possible eviction of the northern half of the jungle; no definitive plans have been announced, leaving people waiting, in a precarious living situation. A squat opened in Calais to provide dignified housing and a space for migrants in the city was violently evicted and people were arrested; the 8 individuals on trial have won in court.

In the meantime, the government is continuing to evict people in the Nord-Pas-de-Calais region. On April 1, after an urgent verdict, the government evicted an encampment in Dieppe. On March 25, a judge ruled in favour of an eviction of a small camp near Bethune; the people living there have been served eviction papers and are waiting.

On April 6, a smaller jungle, near the motorway leading to the Tunnel, was torn down, after several eviction attempts. It served as a home for some and a resting place for those being gassed  when trying to cross the border. The police threatened the jungle several times -spraying pepper spray into homes, cutting shelters with knives, telling people the words many have come to know well in Calais: Go jungle! The small jungle existed autonomously, its residents having taken a strong stand against the forced coralling of everyone into the large jungle near Jules Ferry Day Center.

The evictions of the smaller jungles shows the stance of intolerance the French government has taken on autonomous housing – the existence, for years, of the smaller encampments shows the commitment to autonomy.

FR/

14 Avril 2016

Expulsions dans la region

Après l’expulsion violente le la partie Sud de la jungle (voir aussi ici et ici), plein de personnes ont été obligées de réinstaller leurs maisons dans la partie Nord de la jungle – ce qui à créé plus de tensions dans une zone maintenant plus densément peuplée. Plein de personnes ont été forcées de quitter Calais, parfois pour d’autres endroits dans la région, perdant leurs réseaux de soutien.

Beaucoup de personnes demandent d’en savoir plus sur les projets de destruction de la moité Nord de la jungle ; aucun plan définitif n’a été annoncé, ce qui laisse ces personnes dans l’attente, dans une situation précaire. Un squat ouvert à Calais pour fournir un logement décent et un espace dans la ville pour les migrants a été violemment expulsé et des personnes ont été arrêtées ; les 8 individus poursuivis ont gagné au tribunal.

En attendant le gouvernement continue d’expulser des personnes dans la région Nord-Pas-de-Calais. Le premier Avril, après un verdict donné dans l’urgence, le gouvernement à expulsé un campement à Dieppe. Le 25 Mars un juge à statué en faveur de l’expulsion d’un petit camp près de Béthune ; les personnes qui y habitent ont reçu les documents de notification et sont depuis dans l’attente.

Le 6 Avril, une plus petite jungle, proche de l’autoroute qui mène au Tunnel, a été démoli, après plusieures tentatives d’expulsion. Elle faisait office de logement pour certains et aussi de lieu de repos pour les personnes qui avaient été gazées en essayant de traverser la frontière. La police avait menacé cette jungle plusieures fois, gazant l’intérieur des maisons avec de la lacrymogène, tranchant des abris avec des couteaux, disant aux personnes les mots que beaucoup ont appris à connaître à Calais : « Allez à la jungle! » La petite jungle existait de manière autonome, ses résidents ayant pris position fortement contre l’emparquement forcé de tous dans la grande jungle près du Centre de Jour Jules Ferry.

Les expulsions des jungles plus petites montrent la posture d’intolérence que le gouvernement français a pris contre le logement autonome – l’existence, à travers les années, de plus petits camps montre la détermination pour l’autonomie.