Homes on trial / Maisons en procès

UPDATE: The date of the appeal trial has been moved to March 14, 2017.

On September 28, eight friends will have an appeal trial for charges related to the last squat attempted in Calais. Aquitted by a previous court ruling, largely due to police abuse and police not even following procedures. Now the state representatives have filed an appeal (to contest what?!).

If you think of the judicial system as a good measure of “right” and “wrong,” it is Natacha Bouchart (Calais’ mayor) and Phillippe Mignonet (deputy mayor) who should be on trial. They have executed massive and numerous evictions in Calais – making thousands of people homeless, using force to traumatized people, damaging people for years.

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Evictions are slated to happen in Calais again. People are being and will be forced into “welcome” centers made by the government–people who do not wish to risk the deportations happening from those centers will not go there, but instead be forced onto the streets. People who wish to stay in Calais (to try to go to the UK, to stay near friends) will be made homeless.

The right to dignified homes is not respected by the government–it should be available to all.

The trail is scheduled to be at the Court of Appeals in Douai Wednesday, September 28 at 14:00. Show solidarity with your friends on trial. Support your local squats and open more homes!

Du quotidien des habitants de la Jungle

– Le 5 septembre, manif prévue de fachos. Sur la jungle on n’en verra pas la couleur (à part plusieurs exilés attaqués par les fachos à côté de la gare et envoyés par ces derniers à l’hôpital). Par contre, vers 20h, alors que les gens jouent au foot et au criquet sur le no man’s land, et dansent, la jungle se fait gazer. Un activiste qui apporte du maalox à des parents de 2 bébés de 3 et 4 mois est délibérément visé, une lacrymogène explose à côté du petit groupe.

– Le 6 septembre, de nouveau la jungle se fait gazer sans raison (pas de dougar à proximité). Un jeune afghan de 17 ans qui ne faisait qu’observer se prend une balle de flashball, qui lui ouvre la tête. Ambulance appelée, au pont, les flics le braquent, ainsi que ceux qui l’accompagnent, au flashball, leur sommant de reculer, malgré les personnes qui leurs crient, en français, qu’il est mineur et blessé à la tête, et demandent aux policiers de bien vouloir le laisser passer jusqu’à l’ambulance des pompiers. Ils acceptent, à condition qu’il avance seul. Le gamin manque de s’effondrer, est rattrapé par un autre gamin de 16 ans, qui l’accompagne pour traduire du pachto à l’anglais. Finalement ils les laisseront passer une fois les pompiers arrivés. À deux. Pas de traduction de l’anglais au français. Le gamin de 16 ans supportant difficilement à lui tout seul celui de 17.

– Mi-septembre, les flics chopent dans un camion un exilé qui essaie de passer en Angleterre. Il est 5h du matin. Ils l’emmènent dans une maison abandonnée, ferment la porte, il n’aura ni à manger ni à boire de toute la journée, et ne comprendra pas ce qu’il se passe. Il finira par casser la porte et rentrer sur la jungle.

– Dans la nuit de jeudi à vendredi 16 septembre, vers 5h du matin, un jeune de 14 ou 15 ans est renversé à proximité de la jungle. Le camion sur lequel il était monté aurait slalomé. On appelle pas ça un accident, on appelle ça un meurtre. 15 ans, né à Jalalabad, il avait fui les talibans et tentait de rejoindre son frère en Angleterre. Une procédure légale était en cours pour lui, mais la durée trop longue de celle-ci l’a forcé à essayer de nouveau la voie illégale de passage.

– Depuis quelques jours, recrudescence des violences policières au port. Utilisation d’électro chocs contre les exilés, exilés gazés à bout portant, dont le visage et les yeux sont encore brûlés le surlendemain.

– Hier, les forces de l’ordre présentes le long de la rocade ont même été vues lançant des pierres aux éxilés se trouvant de l’autre côté de la barrière.

A suivre…

Le Home Office (ministère de l’intérieur britannique) annonce tranquillement la privatisation à hauteur de £80 million de la sécurité des frontières à Calais

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Pendant que les plans du Royaume-Uni pour le « Super Mur de Calais » font la une, une plus importante affaire de sécurité à Calais s’est traitée silencieusement et sans être remarquée : la privatisation à hauteur de £80 million d’une bonne partie de la sécurité des frontières dans le Nord de la France.
Sans tambour ni trompettes, le Home Office a fait paraître une annonce sur le site européen public « TED » le 9 Juillet 2016 [ http://ted.europa.eu/udl?uri=TED:NOTICE:241269-2016:TEXT:EN:HTML&src=0 ]. C’était un appel d’offres pour un contrat estimé à £80 million afin de pourvoir des postes pour « 40 agents de fouille assermentés, 24 heures par jour, 365 jours par an » pour la société Eurotunnel et pour les ports de Calais et Dunkerque. Trois des personnels en service doivent aussi être qualifiés comme « agents de surveillance de détenus », responsables de détenir, dans les aménagements du Home Office présents dans les ports, les migrants arrêtés avant qu’ils soient livrés à la police aux frontières française.

C’est déjà de loin le plus gros contrat de sécurité privée annoncé pour Calais. Cela annonce aussi une privatisation de masse de la sécurité des frontières : ces emplois sont actuellement tenus par des agents de la Border Force du Home Office. Il existe une exception pour les aménagements de détention de l’Eurotunnel et de Dunkerque. C’est déjà sous-traité à Tascor, une filiale de Capita, étant une partie d’un autre énorme contrat de sécurité aux frontières pour toutes les « escortes » des déportations et les aménagements de détention à court terme. Un nouvel appel d’offres est actuellement aussi en cours pour ce contrat. Le Home Office a aussi de plus petits contrats privés à Calais pour la sécurité comme les maîtres-chiens, contrat gagné par une entreprise dénommée Wagtail, et avec l’entreprise de sécurité EDS Cork à Dunkerque.

La date limite des candidatures pour le nouveau contrat, gigantesque celui-là, a expiré le 18 Août. Il n’y a pas eu d’annonce pour l’instant sur qui remporte le jackpot de la garde des frontières. A côté de Tascor, les autres fournisseurs privilégiés du Home Office incluent G4S, Seco, Mitie et GEO, qui gèrent tous des centres de détention sur le territoire du Royaume-Uni.

En détails, le contrat comprend :

« Fouille de véhicules (de fret et de tourisme), fouille de personnes, détention et services d’escorte. Il est demandé au fournisseur de prévoir des équipes d’agents de fouille assermentés qui : fouilleront les véhicules en utilisant la technologie de détection ou en travaillant en collaboration avec un autre fournisseur contracté pour fournir des équipes de chiens de détection ; et des fonctions d’escorte qui peuvent requérir la détention d’un individu, pour une période qui est aussi courte que raisonnablement nécessaire et qui n’excède pas 3 heures, en attendant l’arrivée d’un agent de la Border Force ou toute autre autorité à qui l’individu doit être livré. »

Voici quelques unes des plus importantes annonces de financement au sujet de la “sécurité” de Calais au cours des dernières années, dont la somme n’atteint pas 80 millions de livres mais qui permettent de contextualiser celle dont il est question ici :

Home Office quietly advertises £80 million privatisation of Calais border security

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While the UK’s plans for the “Great Wall of Calais” hit headlines, an even bigger Calais security deal has gone quietly unnoticed: an £80 million privatisation of much of the border security in Northern France.

Without any fanfare from the Home Office, an advertisement appeared on the European public tender website “TED” on 9 July.1 It requested companies to bid for an estimated £80 million contract to provide “40 Authorised Search Officers, 24 hours per day, 365 days per year” for the Eurotunnel, Calais and Dunkerque ports. Three of the staff on duty must also be trained as “detainee custody officers”, responsible for holding arrested migrants in the Home Office’s detention facilities at the ports before they are handed over to French border police.

This is by far the biggest private security contract yet announced for Calais. It also signals a massive privatisation of border security: these jobs are currently done by Home Office Border Force officers. The exception is management of the detention “holding facilities” at the Eurotunnel and Dunkerque. This is already outsourced to Tascor, a Capita subsidiary, as part of another mammoth border security contract for all deportation “escorting” and short term detention facilities. That contract is also currently up for re-tender. The Home Office also has smaller private contracts in Calais for security dog handlers, won by a company called Wagtail, and with security company EDS Cork in Dunkerque.

The deadline for applications for the new mega contract has now expired, on 18 August. There hasn’t yet been an announcement about who hit the border guard jackpot. Besides Tascor, other favoured Home Office contractors include G4S, Serco, Mitie and GEO, who all run detention centres on the UK mainland.

In more detail, the contract includes:

“vehicle searching (freight and tourist vehicles), searching of persons, detention and escorting services. The Contractor is required to provide teams of Authorised Search Officers who will: search vehicles by using detection technology or by working collaboratively with another Contractor contracted to provide detection dog teams; and escorting functions which may require the detention of an individual, for a period which is as short as is reasonably necessary and which does not exceed 3 hours, pending the arrival of a Border Force Officer or other authority to whom the individual is to be delivered.”

To put this deal into context, here are some of the largest previous funding announcements about “security” in Calais in the past years, which don’t reach £80 million between them:

  • 2014: European Commission grants €3.8 million in “emergency funding” to co-finance the creation of the “Jules Ferry” day centre2
  • September 2014: £12m / €15m Joint Fund is established by Bernard Cazenueve and Theresa May 3
  • July 2015: UK announces £2m for a “secure zone” in Calais for UK-bound lorries, and £7m for other security measures. 4
  • March 2015: UK applies to the EC’s AMIF for €27 million in migration-related funds, which it receives a few months later. France also receives €20 million from the fund in August 2015.) 5
  • August 2015: “Managing Migratory Flows in Calais” Joint Declaration: UK pledged to pay £3.5m (€5 million) per year over two years towards the measures in the deal in addition to money previously pledged. Statement explains there will be an extra 500 police from the UK and France, as well as additional freight search teams, dogs and UK-funded deportation flights.6
  • 31 August 2015: European Commission announces €5.2 million in “emergency assistance” to set up area around Jules-Ferry and to fund the “transport” of refugees and migrants from Calais to other locations in France.7
  • March 2016: France-UK Summit releases £17 million / €22 million for Calais security (and €2 billion for drones globally). 8

the Calais Research Network

1 http://ted.europa.eu/udl?uri=TED:NOTICE:241269-2016:TEXT:EN:HTML&src=0
2 Mentioned here: ec.europa.eu/dgs/home-affairs/what-is-n…
3 Some break down of how this was spent is provided here: www.whatdotheyknow.com/request/253987/r…
4 www.bbc.com/news/uk-33992952
5 Calais doesn’t seem to have been the main focus in the use of these funds, however. They have been used primarily for deportations in the UK: https://www.gov.uk/government/uploads/system/uploads/attachment_data/file/542335/AMIF_Project_List_July_2016.pdf
6 www.bbc.com/news/uk-33992952
7 ec.europa.eu/dgs/home-affairs/what-is-n…
8 www.france24.com/en/20160303-hollande-c…

De l’huile sur le feu

Comment (presque) provoquer une émeute, ou la police française dans la Jungle

 

Mardi dernier la police de Calais a créé un dangereux mouvement en mettant de l’huile sur le feu pour faire s’embraser les violences dans un moment déjà très tendu sur la Jungle. Si les violences éclatent, l’Etat aurant du sang sur les mains. Pour l’instant, les différentes communautés de la Jungle se sont refusées à mordre à l’hameçon que l’Etat leur tend.

Dans la nuit du Lundi d’avant, une bagarre a explosé sur l’autoroute près de Marck, principalement entre des groupes d’Afghans et de Soudanais tentant de faire la traversée pour le Royaume-Uni. La police est intervenue avec des canons à eau pour disperser la foule. Dans le courant de la nuit, 15 Soudanais ont été hospitalisés, dont un blessé gravement, et un a été tué. Les circonstances exactes entourant sa mort restent floues.Mardi, une bande d’au moins 20 policiers – des CRS et la Police Judiciaire – sont entrées dans la Jungle vers 18 heures. Ils ont marché jusqu’à l’intersection sur la rue principale, où les quartiers Soudanais et Afghans se rejoignent, se sont mis en formation, les armes prêtes à servir et semblent avoir affiché une seule photo sur  le mur d’un bâtiment.

La photo était apparemment un gros-plan de l’homme tué la nuit d’avant. Mort, donc.

Les policiers sont réstés en formation et regardaient, l’un deux filmant les passants. Ils ont ensuite continué leur défilé à travers la Jungle, pour enfin se retirer et se cacher dans le parc à containers de La Vie Active, protégés par les grillages et les vigiles de la sécurité privée entourant celui-ci. Avant de partir, se démarquant car filmé par un militant, un des hommes de la Police Judiciaire a physiquement menacé le militant, l’agrippant pendant qu’un de ses collègues l’avertissait lui de vive voix en lui disant “take care” à 3 reprises d’un air effrayant.

Une fois les policiers partis, les tensions ont commencé à augmenter. Les conversations se répandaient dans la jungle comme une traînée de poudre. Les groupes habituels de deux ou trois personnes sur la rue principale étaient remplacés par des groupes beaucoup plus gros – cinq, dix, quinze – principalement rassemblés par nationalité.

L’insulte et l’indignation étaient particulièrement palpables dans le quartier soudanais. Un de leurs frères avait été tué la nuit précédente et la police ajoutait insulte et manque de respect à la tragédie, photographiant le mort et l’affichant ensuite en plein milieu de la place pubique, comme une menace imminente ou un trophée exhibé à travers rues.

Des Africains de différentes nationalités ont commencé à se rassembler et les Afghans, munis de battes de cricket, de tuyaux et de planches de bois, ont commencé à emplir les rues, fourmillant, les tensions augmentant encore.

Etrangement, l’après-midi s’est terminée dans un calme relatif, bien que le risque de violences était loin d’être terminé. Plusieurs informations concordaient à dire que les représentants communautaires ont entrepris de désamorçer les tensions avant qu’elles ne se transforment en violences sérieuses. Tandis que les tensions latentes entre les différentes communautés de la Junglesont sans-cesse exacerbées par l’Etat, via les démantèlements et la surpopulation qui en résultent, l’intervention de la police concernant ce meurtre semblant au mieux profondément irresponsable, voire franchement criminel au pire.

Quoi qu’il en soit des circonstances de la mort de cet homme, afficher une photo d’un corps, mort, dans un endroit public à la jonction géographique entre les deux premières communautés impliquées est une insulte à la personne décédée et à la communauté. C’est également une incitation à la violence.

Comme répandre des rumeurs pour entretenir les tensions existantes, les agissements de la police semblent avoir eu clairement pour but d’inciter la violence dans la Jungle, comme cela était arrivé en février. Après l’affichage de la photo, ils sont partis, invisibles. Ils ont mis le feu aux poudres avant de s’enfuir.

L’absence de violence après le décès de l’homme Soudanais et les “investigations” (si on peut appeler cela comme ça) de la police qui suivirent sont la preuve d’une maturité collective réussissant à gagner malgré les circonstances largement défavorables. Les agissement de la police ont fourni, plus que le bois, aussi la poudre et l’étincelle pour mettre le feu dont on n’est vraiment pas passé loin. Avant que la police ne s’en mêle, la violence entre les communautés était une possibilité bien réelle ; après leur intervention elle semblait presque inévitable. Néanmoins le moment est passé. Correctement.

Bien sûr, la police niera toute mauvaise intention et soutiendra qu’ils enquêtaient juste sur le décès de la nuit précédente et cherchaient des témoins ou de nouvelles informations (en accrochant une photo sans donner d’explications à personne ni poser de questions, oui c’est comme ça qu’on enquête en France apparemment). Mais certaines pratiques ne doivent pas être passées sous silence. La police et la préfecture savent que le nettoyage (le démantèlement comme on l’appelle pour rester courtois) de la Jungle rencontre de nombreux obstacles, autant à cause des gens vivant ici que des retombées politiques de l’action lourde qu’une éviction majeure provoquerait inévitablement.

Si la colère ambiante de 9 000 personnes (sur)vivant dans des conditions bien souvent inhumaines peut être utilisée comme un outil pour, de un, détruire des morceaux de la Jungle par elle-même (à travers émeutes, incendies volontaires, etc.) et comme un prétexte pour, de deux, intensifier les violences policières, alors la police fera très certainement de son mieux pour exploiter et encourager cette colère. Ce qu’ils ont fait Mardi à la perfection.

Ce qui, ce Mardi, aurait pu apparaître comme l’une des plus innoffensives interventions des flics dans la Jungle, n’est vraiment pas passé loin de devenir l’une de leurs plus destructrices. Jusqu’à présent, l’équilibre a tenu malgré d’immenses conflits. Mais s’il se rompt, l’Etat français aura du sang sur les mains.

Fuel

How to (nearly) incite a riot: Lessons from the French police in the Jungle

 

On Tuesday the Calais police made a dangerous move to fuel violence in an already-tense moment in the Jungle. If violence erupts, the state will have the blood on their hands. For now, the communities in the Jungle have refused to rise to the bait.

On Monday night, conflict broke out on the motorway near Marck, between predominantly Afghan and Sudanese groups attempting to make the crossing to the UK. The police were called in with water cannons to disperse the crowd. In the course of the evening, 15 Sudanese were hospitalised and one was killed. The exact circumstances surrounding his death remain unclear.
On Tuesday, a gang of at least 20 cops – some CRS, some Police Judiciare – entered the Jungle at approximately 6pm. They marched to the intersection on the main road where the Sudanese and Afghan neighbourhoods meet, held formation, weapons ready, and seemed to post a single photo on the wall of a building.
The photo was apparently a close-up image of the man who had been killed the night before. Dead.
The police stood in formation and watched, with one filming those passing by. They then marched through the Jungle, concealing themselves in the La Vie Active container park, surrounded by fences and private security. Before leaving, one of the Policia Judiciare, having his unmarked car filmed by an activist, physically grabbed and threatened the activist, while a colleague threateningly told them to ‘Take care.’
Once the police were gone, tensions began to rise. The conversations spread throughout the Jungle like wildfire. The usual groups of twos and threes on the main road were replaced by bigger groups – five, ten, fifteen, mostly divided by nationality.
The outrage in the Sudanese quarter was palpable. One of their brothers had been killed the night before, and the police had piled insult and disrespect onto the tragedy, by photographing the deceased and then posting the photo in the middle of a public place, like a looming threat or a game trophy to be paraded through the streets.
Africans of different nationalities began to group together and Afghans with cricket bats, pipes and planks of wood began to fill the streets, milling about, as tensions rose.
Remarkably, the afternoon ended in relative calm, though the possibility of violence has far from gone. Several reports have said that community leaders managed to defuse tensions before they erupted into serious violence. While the ongoing tensions between different communities in the Jungle are constantly exacerbated by the state, via evictions and the resulting overcrowding, the police intervention surrounding this murder seemed deeply irresponsible at best, and outright criminal at worst.
Whatever the circumstances surrounding this man’s death, to post a photo of a dead body in a public place, at the geographic juncture between the two primary communities involved, is an insult to the deceased and to the community. It is also an incitement to violence.
Like spreading rumours to stoke existing tensions, the police’s move appears to have been aimed at inciting violence in the Jungle, as happened in February. After the photo posting, they left and were not to be seen. They chucked a match into the petrol and then walked away.
The lack of violence following the death of the Sudanese man and the following instigations by the police, is a testament to a collective maturity winning out in the Jungle under massively unfavourable circumstances. The actions of the police provided more than the kindling, but also the spark for a wildfire that very nearly was. Even before the police arrived, violence between communities was a very-real possibility; after their intervention, it seemed almost inevitable. Yet the moment passed.
Of course, the police will deny any ill-intent, and argue that they were simply investigating the death of the night before and searching for witnesses or new information. But such tactics must not be allowed to pass unnoticed. The police and the prefecture know that clearing the Jungle faces many obstacles, from both the people living there, as well as the political fall-out of the heavy-handed action that a major eviction would inevitably require.
If the boiling anger of 9,000 people living in often-subhuman conditions can be used as a tool to either destroy parts of the Jungle itself (through riots and arson, etc), or as a pretext for escalating police violence, then the police will surely do their best to exploit and encourage this anger. Which is what they did on Tuesday.
What may appear one of the cops’ more innocuous interventions into the Jungle on Tuesday, very nearly became one of their most-destructive. So far, the levee has held against immense odds, but if it breaks, the state will have blood on its hands.