Contre le projet de CRA à Dunkerque – réunion publique vendredi 15 décembre // Against the CRA project in Dunkirk – public meeting on Friday 15/12

[English below]

Prison pour étranger-es : ni à Dunkerque, ni ailleurs !

Les états français et britannique veulent construire un centre de rétention administrative (CRA) à Dunkerque !

Les CRA sont des prisons où l’état français enferme les personnes qui n’ont pas les « bons papiers » dans l’attente de leur expulsion du pays. Il en existe déjà plusieurs dizaines dans toute la france, dont un à Calais et un autre à Lille. Les violences et mauvais traitements contre les prisonnier-es y sont quotidiens.

Ce nouveau projet s’inscrit dans les logiques racistes et sécuritaires de la france et du royaume-uni, comme de l’ensemble des pays européens, qui dépensent des milliards d’euros dans la militarisation des frontières, le flicage et le harcèlement des personnes exilées.

Pour s’informer et s’organiser contre ce projet, rendez-vous vendredi 15 décembre, à 18h, au bar le Kilimanjaro (338 avenue de l’université) à Dunkerque. Au programme, projection d’un court reportage sur les CRA suivie d’une discussion.

LIBERTÉ POUR TOUTES ET TOUS ! Abolition des frontières et des prisons !

Prison for foreigners: neither in Dunkirk, nor elsewhere!

The French and British states want to build an administrative detention center (CRA, “centre de rétention administrative”) in Dunkirk!

CRAs are prisons where the French state locks up people who don’t have the “good papers” while awaiting their deportation from the country. There are already dozens throughout France, including one in Calais and one in Lille. Violence and mistreatment against prisoners is a daily occurrence there.

This new project is part of the racist and securitarian policies of France and the United Kingdom, as well as all European countries, which spend billions of euros on the militarization of borders, policing and harassment of exiled people.

To get information and organize against this project, let’s meet on Friday December 15, at 6 pm, at the bar le Kilimanjaro (338 avenue de l’Université) in Dunkirk. Program: screening of a short report on the CRAs followed by a discussion.

FREEDOM FOR ALL! Abolition of borders and prisons!

L’état lance son appel d’offre pour construire un CRA à Dunkerque / The state launches its call for tenders to build a CRA in Dunkirk

(ENGLISH BELOW)

Organisons-nous contre ce projet !

On savait depuis les annonces de mars dernier de Rishi Sunak et Emmanuel Macron que les états français et britanniques espèrent ouvrir un nouveau centre de rétention administrative (CRA) dans le nord de la france. Ce centre de rétention serait en partie financé par les 500 millions d’euros que le gouvernement Sunak transfère à la France pour “stopper les small boats”.

L’appel d’offre pour la construction de cette prison pour étranger-es a été publié début octobre, suivi de l’annonce par le ministère de l’intérieur de l’ouverture à venir de 11 nouveaux CRA dans le pays : Aix-en-Provence, Béziers, Bordeaux, Dijon, Goussainville, Mayotte, Nantes, Nice, Orléans, Rouen, et donc Dunkerque.

Les détails disponibles sur le marché public sont en ligne ici : https://www.marches-publics.gouv.fr/app.php/entreprise/consultation/2397175?orgAcronyme=g6l

On apprend donc que l’état cherche un terrain à Dunkerque et alentours pour construire cette prison. La destination de Dunkerque n’est pas une coïncidence. En 2022, 142 personnes ont été enfermées au CRA de Coquelles près de Calais après avoir été secourues en mer et 467 personnes ont été enfermées après des interpellation frontières.

Si le gouvernement tente de justifier ce projet coûteux (30 millions d’euros estimés pour la seule construction) en prétendant que ces lieux servent essentiellement à enfermer les “délinquants étrangers”, à la lecture de ces documents on découvre notamment qu’il veut que le CRA contienne une zone pour enfermer des familles. 

Le CRA de Coquelles ne dispose pas de places pour les femmes ou les familles, mais une telle installation fait certainement partie de leur plan pour “résoudre le problème commun” et “arrêter les bateaux”. 

Tant que certaines personnes se verront refuser l’accès aux ferries, les traversées en petits bateaux se poursuivront. Même si la capacité de détention et d’expulsion des personnes en provenance du Nord-Pas-de-Calais est doublée.

Nous regardons de près les infos de ce marché public, nous continuerons de partager les informations et actualités utiles sur notre blog (https://calaismigrantsolidarity.wordpress.com/). Si vous vous penchez également sur ces documents de votre côté, n’hésitez pas à nous partager toute info/avis utile : calais_solidarity [at] riseup.net !

Nous appelons chacun-e à la vigilance concernant tout indice sur le lieu possible de ce projet. Nous invitons également à continuer la mobilisation entamée le mois dernier contre ce projet, comme toutes les autres prisons, qu’elles soient en projet ou déjà existantes !

Feu aux frontières et aux prisons !

ENGLISH:

Let’s organise against this project!

We’ve known since Rishi Sunak and Emmanuel Macron met in March that the French and British governments were hoping to open a new administrative detention centre (CRA) in northern France. The planned detention centre would partly be funded by the 500 million euros the Sunak government is transferring to France to ‘stop the boats’.

The call for tenders for the construction of this prison for foreigners was published at the beginning of October, followed by the announcement by the Ministry of the Interior of the forthcoming opening of 11 new CRAs in the country: Aix-en-Provence, Béziers, Bordeaux, Dijon, Goussainville, Mayotte, Nantes, Nice, Orléans, Rouen, and finally Dunkirk.

Details of the public tender are available here: https://www.marches-publics.gouv.fr/app.php/entreprise/consultation/2397175?orgAcronyme=g6l

So we learn that the state is looking for land in or around Dunkirk to build this prison. The location of Dunkirk is not coincindental. In 2022 142 people were locked up in the CRA of Coquelles near Calais after being rescued at sea and 467 people were locked up after being arrested at the border. 

The government is trying to justify this costly project (estimated at 30 million euros for the construction alone) by claiming that these facilities are essentially used to lock up “foreign delinquents”. However, on reading these documents we discover that they also want the CRA to contain an area for locking up families. The CRA in Coquelles has no spaces for women or families but such a facility surely forms part of their plan to ‘solve the shared problem’ and ‘stop the boats’. 

So long as some people are denied access to the ferries, small boat crossings will continue. Even if the capacity to detain and deport people from the Nord-Pas-de-Calais is doubled.

We’re keeping a close eye on the news of this public contract, and will continue to share useful information and news on our blog (https://calaismigrantsolidarity.wordpress.com/). If you’re also looking at these documents on your own, don’t hesitate to share any useful info/opinions with us: calais_solidarity [at] riseup.net!

We urge everyone to be on the lookout for any clues as to the possible location of this proposed construction. We also call on everyone to continue the mobilisation started last month against this project, as well as to fight againt all other prisons, whether planned or existing already!

Break the borders and burn the prisons!

Calais anticra

Actions à la frontière française nord contre le projet de nouveau CRA

Ces derniers jours, de multiples actions ont eu lieu contre le projet des gouvernements français et britannique d’ouvrir un nouveau centre de rétention administrative (CRA) à la frontière.

Un CRA est une prison pour enfermer les personnes étrangères avant de les déporter hors du pays.

Ce projet a été annoncé en mars 2023 suite à un énième accord entre les deux pays de militarisation de la frontière. Partout en Europe les états durcissent les politiques aux frontières (prisons-flottantes au sud de l’angleterre, multiplications des centres de rétentions : allemagne, belgique, france, italie…).

Si les polices s’organisent au niveau international, les sources d’inspiration sont aussi partout : fermetures par le feu (comme au CPR de Turin en février-mars 2023), évasions, expulsions empêchées… il est possible de résister et d’attaquer.

Les actions menées dans différents lieux proches de la frontière franco-britannique ces derniers jours ont pour but d’intensifier la mobilisation contre tous les centres de rétention, ici comme ailleurs. Les personnes étrangères et/ou enfermées sont les premières à agir quotidiennement dans cette lutte. Ces actions sont en solidarité avec elleux. Voici quelques exemples récents :

  • Une cinquantaine de personnes ont fait un parloir sauvage en soutien des prisonnier-es du CRA de Coquelles, à côté de Calais.

  • Plus de 200 personnes ont manifesté contre les CRA à Calais ce dimanche 17/09.

  • Déploiement de nombreuses banderoles au-dessus l’autoroute A16 : « CRA ni ici ni ailleurs », « Pas de frontières, pas de nations, stop déportations », « Papiers pour tous.tes »…

  • Tags à Lille sur le siège de Vinci Immobilier, une entreprise qui se fait du fric sur la construction de prisons : « Stop tes CRA et tes prisons ».

  • Diffusion de tracts pour dénoncer le projet de nouveau CRA franco-britannique dans différents lieux de la frontière.

Contre toute forme de surveillance, de fichage et d’enfermement, ne restons pas indifférent-es ! Multiplions les actions et le harcèlement contre tous ceux qui profitent du marché sécuritaire : entreprises et compagnies aériennes (https://abaslescra.noblogs.org/files/2022/09/boites-collabo-CRA.cleaned.pdf), politicien-nes de tout bord qui font leur beurre électoral sur la misère sociale…

Actions at the northern French border against the new detention centre project

In recent days, multiple actions have taken place against the plan by the French and British governments to open a new administrative detention centre (CRA) at the border.

A CRA is a prison to lock up undocumented people before deporting them out of the country.

This project was announced in March 2023 following yet another agreement between the two countries to militarise the border. All over Europe, states are tightening border policies (floating prisons in the south of England, an increasing number of detention centres: Germany, Belgium, France, Italy, etc.).

The police are organised at the international level, but so are our sources of inspiration: starting fires to shut down detention centres (like at the CPR in Turin in February-March 2023), escapes, prevented deportations… It is possible to resist and attack.

The actions, carried out in multiple locations near the Franco-British border in recent days, aim to intensify the mobilisation against all detention centres, here and elsewhere. The people detained are the first to act in this daily struggle. These actions are in solidarity with them. Here are some recent examples:

  • Around 50 people made a noise demonstration in support of the prisoners of the CRA of Coquelles, near Calais.

  • A demonstration of more than 200 people against detention centres took place in Calais this Sunday 17.09.

  • Numerous banner drops above the A16 motorway: “detention centre neither here nor elsewhere”, “No borders, no nations, stop deportations”, “Papers for all”…

  • Tags appeared in Lille at the head office of Vinci Immobilier, a company which profits from the construction of prisons : « stop building CRAs and prisons »

  • Distribution of leaflets to denounce the new Franco-British CRA project in different places on the border.

Against all forms of surveillance, control and detention, we must not remain indifferent! Let us increase actions and put pressure on all those who profit from the military-industrial complex: companies and airlines (https://abaslescra.noblogs.org/files/2022/09/boites-collabo-CRA.cleaned.pdf), politicians of all colours who make electoral gains from social poverty…

[UPDATE: new meeting point! / MISE À JOUR : nouveau point de départ] Prison pour étranger-es : ni ici, ni ailleurs ! // Prison for foreigners: neither here, nor elsewhere!

[Mise à jour : suite à un refus de la préfecture de démarrer au Théâtre, la manifestation commencera finalement place Crèvecoeur à 15h. Update: following a refusal by the prefecture to start at the Theater, the demonstration will finally begin at Place Crèvecoeur at 3pm.]

Manifestation dimanche 17 septembre à Calais, départ à 15h devant le Théâtre. // Protest Sunday September 17 in Calais, departure at 3pm in front of the Theater.

FRANÇAIS :

En mars 2023, les états français et britannique ont annoncé l’ouverture prochaine d’un nouveau centre de rétention administrative (CRA) sur le littoral nord de la france, financé par le royaume-uni.

Les CRA sont des prisons où l’état français enferme les personnes qui n’ont pas les « bons papiers » dans l’attente de leur expulsion du pays. Il en existe déjà plusieurs dizaines dans toute la france, dont un à Coquelles, à côté de Calais. Les violences et mauvais traitements contre les prisonnier-es y sont quotidiens.

Ce nouveau projet s’inscrit dans les logiques racistes et sécuritaires de la france et du royaume-uni, comme de l’ensemble des pays européens, qui dépensent des milliards d’euros dans la militarisation des frontières, le flicage et le harcèlement des personnes exilées.

Alors que la majorité des habitant-es de la région souffrent, comme les personnes exilé-es, d’une grande précarité, il est temps de mettre un terme aux politiques d’enfermement et de déportations. En plus d’être cruelles et inhumaines, ces politiques sont coûteuses et inefficaces : en dépit de tous les mauvais traitements qu’elles subissent ici, les personnes exilé-es continuent de venir pour fuir pauvreté et les conflits, dont les états occidentaux sont souvent en grande partie responsables.

Nous appelons à multiplier les initiatives pour empêcher, par tous les moyens nécessaires, l’ouverture de ce nouveau CRA, ou tout autre lieu de ce type partout sur le territoire, ainsi qu’à pousser à la fermeture de ceux déjà existants.

LIBERTÉ POUR TOUTES ET TOUS !

Abolition des frontières et des prisons !

Infos et actualités anti-CRA à Calais : https://calaismigrantsolidarity.wordpress.com/

ENGLISH:

In March 2023, the French and British states announced the upcoming opening of a new administrative detention center (CRA) on the northern coast of France, financed by the United Kingdom.

CRAs are prisons where the French state locks up people who don’t have the “good papers” while awaiting their deportation from the country. There are already dozens throughout France, including one in Coquelles, near Calais. Violence and mistreatment against prisoners is a daily occurrence there.

This new project is part of the racist and securitarian policies of France and the United Kingdom, as well as all European countries, which spend billions of euros on the militarization of borders, policing and harassment of exiled people.

While the majority of the region’s inhabitants suffer, like people on the move, from great precariousness, it is time to put an end to the policies of confinement and deportations. In addition to being cruel and inhumane, these policies are costly and inefficient: despite all the mistreatment they suffer here, exiled people continue to come to escape poverty and conflicts, from which Western states are often largely responsible.

We call for increased initiatives to prevent, by all means necessary, the opening of this new CRA, or any other place of this type anywhere in the territory, as well as to push for the closure of those already existing.

FREEDOM FOR ALL!

Abolition of borders and prisons!

Anti-CRA information and news in Calais: https://calaismigrantsolidarity.wordpress.com/

APPEL À SOLIDARITÉ AVEC LES GRÉVISTES D’EMMAÜS GRANDE-SYNTHE // CALL FOR SOLIDARITY WITH THE EMMAÜS GRANDE-SYNTHE STRIKERS

Nous relayons le communiqué des travailleuses et travailleurs sans-papiers d’Emmaüs Grande-Synthe, en grève depuis le 23 août.

We are relaying the statement from undocumented workers at Emmaüs Grande-Synthe, on strike since August 23.

FRANÇAIS :

Depuis le 23 août 2023, 23 Femmes et Hommes, travailleuses et travailleurs sans papiers, sur une quarantaine de compagnons de la communauté EMMAÜS de Grande-Synthe, ont enclenché un mouvement de grève pour protester contre la situation qui nous est imposée.

Nos revendications sont :

  • Le départ de l’actuelle direction du CA et du président du site et la nomination d’une nouvelle équipe de direction. Nous avons perdu confiance dans l’actuelle direction qui bloque et/ou freine nos dossiers de régularisation, adopte une attitude de plus en plus condescendante, un comportement agressif et tient des propos racistes.
  • La régularisation immédiate (avec carte de séjour) de tous les sans-papiers grévistes. Depuis l’installation d’un nouveau Conseil d’Administration, il n’y a plus de démarche de régularisation entreprise alors que certains de nos compagnons sont là depuis 4, 5 voire 7 ans.
  • Le paiement de nos allocations de retard et une augmentation à 392 euros (montant conseillé par Emmaüs France depuis début juin 2023). Le Conseil d’Administration réuni dernièrement aurait validé cette augmentation. Reste à vérifier dans les faits.
  • Une amélioration de nos conditions de vie et de travail : fin des brimades, le nettoyage des logements dont une infection récente de cafards n’est pas traitée, etc…

Comme pour les Sans-Papiers d’EMMAÜS de Saint-André-Lez-Lille, nous réclamons, comme nous a promis la direction d’EMMAÜS Grande-Synthe, le dépôt en Préfecture de nos dossiers de régularisation en bonne et due forme. Mais rien n’est fait depuis l’arrivée de la nouvelle direction qui se comporte en esclavagiste et nous menace régulièrement.

Grace à la détermination et le courage de ses femmes et ses hommes, nous avons obtenu une médiation avec EMMAÜS France. Une délégation s’est déplacée sur le site de Grande-Synthe le 31 août.

La délégation a dénoncé, entre autre, devant les grévistes et non-grévistes le comportement inadmissible de la direction, demandé le retrait immédiat de la procédure judiciaire qu’elle qualifie de « scandaleuse et inacceptable » lancée contre les sans-papiers grévistes. La délégation a aussi menacée d’exclusion EMMAÜS Grande-Synthe du mouvement EMMAÜS France et menacé de dénoncer publiquement si aucune réponse favorable était apportée à leurs revendications.

C’est une première victoire. Nous avons enfin été entendus mais nous ne baissons pas la garde ! Nous restons déterminés à poursuivre le mouvement jusqu’à l’obtention de la totalité de nos revendications.

Nous vous invitons à venir nous soutenir sur le site de Grande-Synthe et en appelons à la solidarité financière pour nous aider à tenir dans notre lutte.

Vous pouvez adresser un chèque à l’ordre de l’union locale CGT Dunkerque qui nous soutient depuis le début de notre mouvement, avec UD CGT NORD et le Collectif des Sans-Papiers 59, ou par carte bleue sur le lien suivant : https://www.payasso.fr/udcgtnord/solidarite

ENGLISH :

Since the 23rd August 2023, 23 women and men, all undocumented workers out of around forty members of the EMMAÜS community of Grande-Synthe, have launched a strike movement to protest against the situation imposed on us.

Our demands are:

  • The departure of the current board of directors and the site president, and the nomination of a new board. We have lost confidence in the current board which blocks and/or slows down our regularisation processes, adopts an increasingly condescending attitude, aggressive behaviour and makes racist remarks.
  • Immediate regularisation (with residence permit) of all undocumented strikers. Since the installation of a new Board of Directors, there is no longer any regularisation process undertaken, even though some of our companions have been there for 4, 5 or even 7 years.
  • The payment of our late payment allowances and a pay increase to 392 euros (the amount recommended by Emmaüs France since the beginning of June 2023). The Board of Directors meeting recently would have validated this increase. Some facts are still waiting to be verified.
  • An improvement in our living and working conditions: an end to bullying, cleaning of homes where a recent cockroach infection is not treated, etc…

As with the Undocumented of EMMAÜS in Saint-André-Lez-Lille, we are demanding, as the board of EMMAÜS Grande-Synthe promised us, the submission to the Prefecture of our regularisation files in due course. But nothing has been done since the arrival of the new board who behave like slave drivers and regularly threaten us.

Thanks to the determination and courage of its women and men, we obtained mediation with EMMAÜS France. A delegation traveled to the Grande-Synthe site on August 31.

In front of the strikers and non-strikers the delegation denounced, among other things, the unacceptable behaviour of the board, and demanded the immediate withdrawal of the legal procedure, which it described as “scandalous and unacceptable”, launched against the striking undocumented immigrants. The delegation also threatened to exclude EMMAÜS Grande-Synthe from the EMMAÜS France movement and threatened to publicly denounce it if they did not receive a favourable response to their demands.

This is a first victory. We have finally been heard but we are not letting our guard down! We remain determined to continue the movement until all of our demands are obtained.

We invite you to come and support us at the Grande-Synthe site and call for financial solidarity to help us continue in our fight.

You can send a bank check to the local union CGT Dunkerque which has supported us since the beginning of our movement, with UD CGT NORD and the Collectif des Sans-Papiers 59. Or by credit card on the following link : https://www.payasso.fr/udcgtnord/solidarite

Au CRA de Coquelles : “Ils m’ont kidnappé”, témoignage d’Ahmed / In the Coquelles detention center : “They kidnapped me”, Ahmed’s testimonial

[English translation below]

Après avoir fini sa peine de prison, Ahmed a été enfermé au CRA (centre de rétention administrative) de Coquelles, à côté de Calais. La police le retient depuis une vingtaine de jours dans cette prison pour les personnes sans-papiers en attente d’expulsion, alors qu’il voudrait quitter le pays au plus vite pour rejoindre sa famille qu’il n’a pas vu depuis longtemps. Voici son témoignage, qu’il souhaite diffuser aussi largement que possible, notamment aux journalistes.

« Le 4 août je suis sorti de la prison de Longuenesse. Normalement, je devais sortir entre 8h et 9h. La prison m’a gardé jusqu’à 11h en cellule. Dans la loi française c’est un vice de forme. A 11h je suis sorti de la cellule. A 11h20 j’étais au greffe. Là, il y a eu encore un retard. A 11h45, la police m’a pris dans son bureau. À 12h20, j’avais encore le numéro d’écrou. C’est interdit par la loi française.

Après, ils m’ont menotté derrière le dos, ils m’ont blessé à la main. J’ai dit « vous me faites mal », il m’a dit « je veux rien savoir de tout ça, je fais ce que je veux ». J’ai parlé avec l’assistante sociale d’ici, qui m’a dit « normalement ils doivent te relâcher, ils ont pas le droit de te garder ici ». Quand je suis passé devant le juge, il a rien voulu savoir de tout ça. Il a rigolé devant moi. Pourtant l’avocat a bien dit qu’il y avait un vice de forme. Il m’a donné 28 jours en plus. J’ai fait appel, mon appel a été rejeté j’ai même pas pu passer.

Nous les Marocains, les Algériens, on est bloqués ici. Ils ont pas le droit de me garder ici. Quand j’étais en prison, j’ai écrit plein de lettres à l’ambassadeur du Maroc, il m’a jamais répondu. Je suis bloqué ici. Je comprends pas ce que je fais ici. Quand j’étais à la prison, on m’a dit que j’étais vraiment victime de racisme.

En prison, je suis passé 9 fois devant le juge d’application des peines. Il m’a dit « tu finis la prison, après tu rentres chez toi ». Maintenant on me laisse pas partir. Où elle est la justice ? Moi j’ai jamais refusé d’être expulsé, je me suis toujours bagarré pour rentrer chez moi. Le problème c’est que la justice a toujours refusé quand j’étais en prison. Maintenant elle m’envoie ici.

Ici c’est dégueulasse, on marche au milieu des poubelles, il y a des souris qui nous marchent dessus la nuit. On a des portables donnés par la police, mais le problème c’est qu’ils ont coupé les caméras. Sinon j’aurais filmé tout, tout, tout. Y a rien qui marche ici. C’est pire que la prison !

Aidez-moi s’il vous plaît. Je veux pas rester ici, je veux sortir. J’ai une famille, des enfants. Ils sont au Maroc, et une fille en Angleterre. Ils m’appellent et ils disent « viens chez nous, tu nous manques, viens nous voir ». J’ai fini ma prison, j’ai fait ma peine.

L’autre jour, j’ai fait grève de la faim pendant 4 jours. J’ai pas mangé. L’infirmier il m’a même pas appelé. Normalement tu fais une grève de la faim, au bout du 2ème jour ils t’appellent. Là, il m’a rien demandé. Ils en avaient rien à foutre. Ils en ont rien à foutre de tout le monde ici, pas juste de moi.

Hier, j’ai demandé à l’assistante sociale comment faire pour sortir, pour qu’elle m’aide. J’ai demandé « Vous pouvez demander à la police où ça en est les papiers ? ». Elle m’a dit « non je peux pas faire ça, un criminel il faut qu’il paie. ». J’ai dit « j’ai déjà fait de la prison, j’ai fait ma peine, t’as pas le droit de me parler comme ça ». Je suis parti parce que je veux pas me prendre la tête avec elle, je veux pas plus de problèmes. Mais quand elle a dit ça, j’étais choqué. Moi j’ai payé ma peine en prison.

Ici, dans la promenade, y a des bouteilles, des mouchoirs, des cigarettes, partout, c’est dégueu. Personne vient nettoyer ça. J’ai demandé « donne-moi un balai je vais nettoyer ça », on m’a dit « non monsieur c’est interdit »… Alors ramenez quelqu’un pour nettoyer ça ! Dommage que les téléphones ils aient pas de caméras.

J’ai besoin de parlez avec des journalistes. Il faut qu’on voit ce qu’on fait ici. Ça c’est pas une justice. Ils m’ont kidnappé. Il faut qu’ils paient. Normalement du bureau de la police ils devaient pas me ramener ici, normalement ils devaient me relâcher tout de suite. »

ENGLISH :

After his prison sentence ended, Ahmed was locked up in the Coquelles CRA (centre de rétention administrative = immigration detention centre), near Calais. For about 20 days, the police kept him in this prison for undocumented people waiting to be deported, while he wants to leave the country as soon as possible in order to join his family whom he has not seen for a long time. Here is his testimonial, that he wishes to circulate as widely as possible, especially to journalists.

“On August 4th I got out of Longuenesse prison. Normally, I should have been let out between 8 and 9AM. The prison kept me in my cell until 11AM. In French law, that’s a procedural error. At 11AM, I got out of the cell. At 11.20, I was with the prison’s administration. There, there was another delay. At 11.45, the police took me into their office. At 12.20, I still had a prison identification number. This is forbidden by French law.

Next, they handcuffed me behind my back, they hurt my hand. I said “you’re hurting me”; he said, ” I don’t want to hear about it, I do whatever I want.” I spoke with the social worker in here who said,  “Normally they have to release you, they are not allowed to keep you in here.” When I appeared before the judge, he did not care about any of this. He laughed in my face. Yet, the lawyer did say that there was a procedural error. He gave me 28 more days. I appealed the verdict, my appeal was rejected, I didn’t even get to pass. 

Us, Moroccans, Algerians, we are stuck here. They are not allowed to keep me in here. When I was in prison, I wrote plenty of letters to the Moroccan ambassador, he never answered. I am stuck here. I don’t understand what I’m doing here. When I was in the prison, I was told that I’ve truly been a victim of racism. 

In prison, I appeared 9 times before the judge for sentence enforcement. He told me, “You will finish prison, then you will go back home.” Now I’m not allowed to go. Where is the justice ? I never refused to be deported, I’ve always fought to go back home. The problem is that the judge always refused while I was in prison. Now, they send me here.

Here it’s disgusting, we walk in the middle of garbage, there are mice running on us at night. We have cell phones given by the police, but the problem is that they cut off the cameras. Otherwise I would have filmed everything, everything, everything. Nothing works in here. It’s worse than jail!

Help me please. I don’t want to stay here, I want to leave. I have a family, children. They are in Morocco, and a daughter in England. They call me and they say,  “Come to our house, we miss you, come to see us.” I have finished prison, I served my sentence.

The other day, I went on a hunger strike for 4 days. I haven’t eaten. The nurse didn’t even call me. Normally, when you go on a hunger strike, after the second day they call you. He didn’t. They didn’t give a fuck. They don’t give a fuck about anybody here, not just me.

Yesterday, I asked the social worker how I can get out, so that she could help me. I asked, “Can you ask the police where we are at with the papers?” She told me “No I can’t do that, a criminal has to pay.” I said, “I’ve already been in prison, I’ve served my sentence, you have no right to talk to me like that.” I left because I don’t want to mess with her, I don’t want more problems. But when she said that, I was shocked. I paid my sentence in prison.

Here, in the prison yard, there are bottles, tissues, cigarettes, everywhere, it’s disgusting. Nobody comes to clean it up. I asked, “Give me a broom, I’ll clean this.” They said, “No, sir, it’s forbidden”… So bring someone to clean this! Too bad the phones don’t have cameras.

I need to speak with journalists. They must see what’s going on here. This isn’t justice. They kidnapped me. They have to pay. Normally from the police office they shouldn’t have brought me back here, normally they should release me right away.”

Stop à l’enfermement et la déportation des naufragé-es à Calais ! / Stop the detention and deportation of survivors in Calais!

[English below]

STOP À L’ENFERMEMENT ET LA DÉPORTATION DES NAUFRAGÉ-ES À CALAIS !

Depuis des années à la frontière franco-britannique, les autorités profitent des naufrages de bateaux de personnes exilé-es qui tentent de rejoindre le royaume-uni pour arrêter, enfermer et déporter les personnes secourues.

Samedi 12 août, un naufrage meurtrier a eu lieu au large de la ville de Sangatte, près de Calais, avec la mort/disparition d’au moins 8 passager-es d’un “smallboat” (ces bateaux de fortune qu’utilisent les personnes exilées pour franchir la Manche depuis le renforcement de la frontière franco-britannique). Cet énième drame aurait pu être évité et est la conséquence de la militarisation de la frontière, qui n’empêche pas les passages mais les rend seulement plus dangereux. Nos pensées vont aux rescapé-es et victimes ainsi qu’à leurs familles.

Le même jour, un autre naufrage d’une embarcation d’exilé-es a eu lieu dans la Manche. Si ses passager-es ont été moins malchanceux-ses, puisqu’il n’y a eu aucun décès, la Police Aux Frontière (PAF) a profité de l’opération de sauvetage pour arrêter au moins 3 naufragés, et les enfermer au centre de rétention administrative (CRA) de Coquelles. Les CRA sont des prisons où l’état français enferme les personnes qui n’ont pas les « bons papiers » dans l’attente de leur expulsion du pays. Les conditions de vie et mauvais traitements y sont régulièrement dénoncées par les prisonnier-es, qui n’ont commis aucun délit ou crime.

Cette pratique d’enfermer en CRA les rescapé-es de naufrage est récurrente à Calais. Depuis des années, des personnes sont régulièrement enfermé-es au CRA avec leurs vêtements trempés, sans même qu’on leur donne de quoi se changer.

Survivre à un tel drame est déjà une expérience horrible, qui peut avoir des conséquences psychologiques graves (d’autant qu’ils peuvent réactiver des traumatismes liés à de précédentes traversées aux portes de l’Europe). Le risque de placement en rétention et de déportation est une violence supplémentaire pour les rescapé-es, alors que les CRA sont depuis des années pointés du doigt pour le manque d’accès aux soins, notamment psychologiques.

Les autorités font preuve d’un cynisme sans limite. Profiter d’une opération de secours pour arrêter, enfermer, voire expulser, des naufragé-es, est une honte. L’état espère que ce type de pratiques répressive dissuadera les tentatives de franchissement de la frontière, mais la situation à Calais montre depuis des années qu’il n’en est rien. La possibilité d’être enfermé-e suite à un naufrage risque juste de dissuader les personnes exilé-es d’appeler les secours en cas de problème en mer.

La militarisation de la frontière n’empêche pas les gens de passer la frontière (en témoigne le nombre record d’arrivées “clandestines” au Royaume-Uni en 2022 ; plus de 100 000 personnes migrantes ont traversé la Manche à bord de smallboats depuis 2018 selon un décompte AFP publié le 11 août 2023), mais la rend seulement plus meurtrière (au moins 11 morts depuis début 2023, 376 depuis 1999, sans compter les personnes disparues). Pourtant les gouvernements britannique et français s’obstinent dans cette impasse sécuritaire, avec notamment l’annonce il y a quelques mois d’ouvrir un 2ème CRA dans la région pour enfermer et déporter toujours plus de personnes. Les sommes énormes prévues pour ce type de projet pourraient plutôt servir à renforcer les secours en mer, ou mieux à démanteler la frontière pour que sa traversée ne soit plus un danger.

Nous appelons à la libération immédiate de toustes les naufragé-es enfermé-es, ainsi qu’à la fermeture des CRA, l’arrêt des déportations et la liberté de circulation.

Calais anticra

STOP THE DETENTION AND DEPORTATION OF SURVIVORS IN CALAIS!

For years on the French-British border, the authorities have taken advantage of the search and rescue operations of boats of people on the move trying to reach the United Kingdom to arrest, lock up and deport the survivors.

On Saturday August 12, a deadly shipwreck took place off the town of Sangatte, near Calais, with the death/disappearance of at least 8 passengers from a “small boat” (makeshift boats used by people on the move to cross the Channel since the reinforcement of the Franco-British border). This umpteenth tragedy could have been avoided and is the consequence of the militarisation of the border, which does not prevent border-crossings but only makes them more dangerous. Our thoughts are with the survivors and victims as well as their families.

The same day, another rescue of an small boat took place in the English Channel. The travellers were more fortunate, since there were no deaths, but the French Border Police nevertheless took advantage of the rescue operation to arrest at least 3 survivors, and lock them up in the detention center (CRA – “centre de rétention administrative”) of Coquelles. The CRAs are prisons where the French state locks up people who do not have the “right papers” pending their removal from the country. The living conditions and ill-treatment inside are regularly denounced by the prisoners, who have not committed any offense or crime.

This practice of locking shipwreck survivors in the detention center is recurrent in Calais. For years, people have been regularly locked up in the CRA with their clothes soaked, without being given anything dry to change into.

Surviving such a tragedy is already a horrible experience, which can have serious psychological consequences (especially since they can reactivate traumas linked to previous crossings at the edges of Europe). The risk of placement in detention and deportation is an additional violence for the survivors, while the CRAs have been singled out for years for the lack of access to care, particularly psychological care.

The authorities show unlimited cynicism. Taking advantage of a rescue operation to arrest, confine, or even remove survivors people is shameful. The state hopes that this type of repressive practice will deter attempts to cross the border, but the situation in Calais has shown for years that this is not the case. The possibility of being locked up following a shipwreck just risks dissuading people on the move from calling for help in case of a problem at sea.

The militarization of the border does not prevent people from crossing (evidenced by the record number of “clandestine” arrivals in the United Kingdom in 2022; more than 100,000 migrants have crossed the Channel on board small boats since 2018 according to an AFP count published on August 11, 2023), but only makes it more deadly (at least 11 people killed since the beginning of 2023, 376 since 1999, not counting the missing people). Yet the British and French governments persist in this securitisation impasse, with in particular the announcement a few months ago to open a second CRA in the region to lock up and deport ever more people. The enormous sums planned for this type of project could better be used to reinforce rescue at sea, or better still to dismantle the border so that crossing it no longer presents danger.

We call for the immediate release of all shipwrecked imprisoned, as well as the closure of the detention centers, a halt to deportations and freedom of movement.

Calais anticra

CRA de Coquelles : violences policières, tentatives de suicides et résistance aux expulsions

(TW : Tentatives de suicide)

Ces derniers mois plusieurs détenus ont témoigné auprès du collectif anti-CRA des violences physiques et psychologiques subies durant leurs détentions. Ils sont plusieurs à être choqués du traitement que l’État français réserve aux personnes qui n’ont commis comme seul « crime » de ne pas avoir les bons papiers.

Depuis leurs arrestations, les détenus racontent être victimes d’humiliations et de tabassages par les flics. La pression qui leur est imposée est si forte que certains ne parviennent plus à la supporter et tentent de mettre fin à leurs jours. Les tentatives de suicides sont fréquentes, à la fois signe de désespoir et ultime stratégie de résistance.  Pourtant, même après une hospitalisation pour tentative de suicide, les libérations sont rarement accordées ; après un séjour à l’hôpital les détenus sont replacés en CRA si l’administration estime qu’une expulsion vers un autre pays est toujours envisageable. De la même manière, les libérations suite à des tentatives de suicide sont souvent conditionnées par des assignations à résidence afin que les autorités puissent continuer à pouvoir harceler et persécuter les personnes jusqu’à ce qu’un retour vers le pays d’origine soit possible.

Les détenus qui ont souhaité témoigner ont tous évoqué le cas d’une personne qui en plein vol au moment de son expulsion vers la Tunisie a réussi à saisir la poignée d’ouverture d’urgence des portes de l’avion en menaçant de l’ouvrir si l’avion n’atterrissait pas. Le pilote a décidé de faire atterrir à Marseille le jet affrété spécifiquement pour la dizaine d’autres détenus d’origine algérienne. Tous ont été replacés au CRA le même jour.

Comme dans bien des cas, le pilote est le dernier pion sur lequel repose l’espoir des personnes qui sont en train d’être déportées vers les pays qu’elles ont quitté, souvent au péril de leur vie. Il est en effet le seul a pouvoir refuser de faire décoller l’avion ce qui oblige l’administration française à devoir organiser à nouveau l’expulsion des prisonniers des CRA. Des vidéos prises par une passagère d’un vol en direction de la Turquie nous ont été transmises : on entend un homme en train d’être expulsé hurler pour alerter les passagers et les mobiliser afin d’empêcher l’avion de décoller.

Alors qu’il résistait, cet homme a subi des violences de la part des keufs qui l’accompagnaient dans l’avion. Voici quelques photos de ses blessures :

Si ce type de violences sont très fréquentes en CRA, les témoignages photos ou vidéos de ce type sont rares car les détenus n’ont pas le droit d’avoir accès à des téléphones avec des caméras. À Coquelles, jusqu’à l’an dernier, les détenu-es avaient le droit d’accéder quelques minutes par jour à leur téléphone (mais pas en zone « de vie »), ce qui permettait par exemple de prendre des photos en cas de blessures. Mais depuis le 1er janvier 2023, ce droit leur a été arbitrairement retiré. Une manière parmi d’autres pour éviter que la réalité des prisons soit connue.

Comme toutes les prisons, les centres de rétention doivent disparaître.

Coquelles detention center: police violence, suicide attempts and resistance to deportation

(TW: Suicide attempts)

In recent months, several detainees have testified to the anti-CRA collective about the physical and psychological violence suffered during their detention. Many of them are shocked by the treatment that the French state reserves for people who have committed the only “crime” of not having the right papers.

Since their arrests, the detainees have reported being victims of humiliation and beatings by the cops. The pressure imposed on them is so strong that some can no longer bear it and try to end their lives. Suicide attempts are frequent, both a sign of despair and the ultimate strategy of resistance. Yet even after hospitalization for attempted suicide, releases are rarely granted; after a stay in hospital, detainees are placed back in CRA if the administration considers that deportation to another country is still possible. Similarly, releases following suicide attempts are often conditioned on house arrest so that the authorities can continue to harass and persecute people until a return to the country of origin is possible. 

The detainees who wanted to testify all mentioned the case of a person who, in the middle of the flight at the time of his deportation to Tunisia, managed to grab the emergency opening handle of the plane’s doors, threatening to open if the plane did not land. The pilot decided to land the chartered jet in Marseilles specifically for the dozen other detainees of Algerian origin. All were returned to the CRA the same day.

As in many cases, the pilot is the last pawn on which rests the hope of people who are being deported to the countries they left, often at the risk of their lives. He is indeed the only one who can refuse to take off the plane which forces the French administration to have to organize again the expulsion of the prisoners of the CRA. Videos taken by a passenger on a flight to Turkey have been transmitted to us: we hear a man being expelled screaming to alert passengers and mobilize them to prevent the plane from taking off.

While resisting, this man suffered violence from the cops who accompanied him on the plane. Here are some pictures of his injuries:

If this type of violence is very frequent in CRA, photo or video testimonies of this type are rare because detainees are not allowed to have access to telephones with cameras. In Coquelles, until last year, detainees had the right to access their telephone for a few minutes a day (but not in the “living” area), which made it possible, for example, to take pictures in case of injuries. But since January 1, 2023, this right has been arbitrarily taken away from them. One way among others to prevent the reality of prisons from being known.

Like all prisons, detention centers must disappear.