To Macron and May: “Take down the Border”

In Calais, since December, at least three people have died trying to cross to the UK, with at least one other seriously injured. In the last week two squats were opened and illegally evicted by the French police. And the president of the Republic paid a visit.

Emmanuel Macron’s visit to Calais was greeted with banners hung around the area where food is distributed. Macron did not visit the food distribution area and instead he chose to go to the Town Hall to meet with the the Mayor of Calais, Natacha Bouchart. Marcon made a surprise announcement while in Calais, the French state will now take over food distribution. Having snubbed his invitation in protest, several associations working in Calais have made their thoughts of Macron and his asylum policies well known.

After his stop in Calais, Marcon then made his way to the UK where he met with the British Prime Minister, Theresa May. During their meeting they discussed the treaty of Le Touquet. This is the agreement, signed in 2003, which means that British border controls begin in France. The signing of Le Touquet, along with the closure of the Red Cross centre in Sangatte, have defined conditions for people without papers in Calais for over 15 years. The lack of accommodation provision, the constant need to expel people from the city, the huge number of police this requires, and the increased border defences to stop people from crossing ‘illegally’ are all a result of Le Touquet. This agreement, between two of the richest governments in the world, has turned a corner of France into a deadly vortex for anyone who is trying to seek a new life in Britain. The treaty of Le Touquet has made Calais and other ports along the French coast into places of suffering for anyone who doesn’t have the legal means to cross the channel. Without an end to Le Touquet there is no solution.

After Macron’s meeting with May, the UK government have agreed to increase spending in Calais and across the north French coast. Adding another £45 million, taking the total spent by the British government since 2016 to £160 million. This means more money for infrared cameras, more money for border walls around other ports like Ouistreham and Dunkirk, more police, and more violence. While Macron would like to play the part of the ‘fair but firm’ humanitarian, the new kid on the block, it seems that what he is actually doing is continuing along a path of ignorance paved by twenty years of failure. A failure that has caused the deaths of over 200 people and injured countless more.

Advertisements

Encore une expulsion illégale aujourd’hui // Another illegal expulsion today

(English translation below)

Communiqué reçu par des personnes solidaires qui habitent cette ville.

Communiqué des ami.es des habitant·e·s du 63 rue Georges Maquer à Calais

De plus en plus régulièrement à Calais des lieux de vie sont illégalement expulsés.

Le détournement et le non respect des lois ici à Calais mènent à des dérives et des violences régulières et intolérables. De telles violations de la loi dans un Etat de droit sont particulièrement inadmissibles surtout quand elles sont le fait de la force publique. Elles sont d’autant plus insupportables qu’elles visent des personnes déjà en très grande vulnérabilité.

Mercredi 17 janvier, vers midi des policiers sont arrivés au domicile de notre amie Camille, 63 rue Georges Maquer à Calais. On était plusieurs amie.es réunies pour fêter son nouveau domicile, qu’elle habitait déjà depuis quelques jours, ce dont elle possède les éléments de preuves.

Pour respecter la loi, un huissier doit venir constater l’occupation, et en règle générale le propriétaire de l’immeuble doit porter plainte avant qu’une expulsion ne puisse être ordonnée par un juge puis exécutée.

Mais ce jour-là, à Calais, le droit n’a pas été respecté.

Vers midi des policiers sont venus interrompre notre moment joyeux. Puis, un représentant de Terre d’opale Habitat, office HLM propriétaire du bâtiment, est arrivé avec un huissier.

Peu avant 17h, des policiers ont forcé la porte de la maison à coups de bélier et ont arrêté tous les ami.es convié.e.s sur place, se trouvant à l’intérieur comme à l’extérieur de la maison.

Ce 17 janvier 2018, des ami.es ont été expulsé.e.s sans aucune décision de justice préalable, et donc illégalement, de leur logement.

Cette situation n’est malheureusement pas inhabituelle. Alors qu’il y a de nombreuses personnes sans logement et de nombreux logements inhabités, la police expulse régulièrement hors de tout cadre légal des habitant.e.s, augmentant la précarité de leur situation.

Camille et ses ami.es ont déjà été les victimes d’une expulsion illégale la semaine dernière (86 rue Massena, Calais), où deux amies avaient déjà été interpellées.

Nos ami.e.s, interpellé.e.s et placé.e.s en garde à vue cette semaine comme la précédente, l’ont été pour dégradation en réunion. Il fallait bien trouver une justification car habiter une maison vide ou partager un café en face de celle-ci, ne sont pas des infractions.

Aujourd’hui, la porte de la maison est condamnée, l’accès est donc interdit. Toutes les affaires personnelles de nos ami.e.s, qui habitaient cette maison, sont définitivement enfermées à l’intérieur, nous ignorons si nos copains et copines pourront y accéder de nouveau.

C’est une chose que nous ne souhaitons à personne.

Mais malheureusement Camille et ses ami.es ne sont pas seules. A Calais, cette nouvelle expulsion s’inscrit dans une politique générale de répression. D’après le rapport de la mission IGA/IGPN/IGGN [1], il y aurait, toutes les semaines, deux à trois évacuations illégales de lieux de vie, y compris pendant l’hiver.

Ces expulsions visent en particulier des personnes en grande vulnérabilité et augmentent ainsi tristement leur précarité.

Pendant le Plan Grand Froid, de grands hangars ont été mis à disposition mais ils sont encore trop rarement ouverts, le service du SAMU social est toujours insuffisant et de nombreuses personnes sont encore trop souvent contraintes à dormir dehors.

Les solutions restent inappropriées, cela malgré le discours de notre président du 27 juillet 207[2] déclarant que « la première bataille » était de loger « tout le monde dignement », et qu’il ne voulait, d’ici la fin de l’année dernière, « personne dans les rues ou dans les bois ».

Malgré cela, beaucoup de logements restent résolument vides, la ville gagne chaque jour de nouvelles maisons désertées, murées ou abandonnées. La force publique réprime toujours plus, férocement, hors de la légalité et en toute impunité, celles et ceux qui osent faire revivre ces maisons en y trouvant refuge.

Le logement est un droit, non un privilège, chacun·e mérite un endroit chaud, sec, et sûr pour vivre quelque soit son âge, son origine, son genre, sa sexualité, ou sa classe sociale…

Nous voulons dénoncer, le refus systématique de nos politiques d’accueillir les personnes, dans la dignité, le mépris des personnes les plus pauvres et le dédain face aux lois censées les protéger.

Nous nous voyons obligé.e.s de rappeler que priver des personnes de leur domicile n’est possible en France que après la décision d’un tribunal, dans le cadre d’une procédure notifiée aux habitant.es.

Nous confirmons que le 63 rue Georges Maquer 62100 Calais c’est l’habitation de Camille et nous demandons le respect des lois, pour nous et pour toutes les autres personnes qui habitent cette ville.

Des ami.es de Camille, pour elle et pour tout.es

[1]« Évaluation de l’action des forces de l’ordre à Calais et dans le Dunkerquois », p.32, Octobre 2017

[2]Voir Le Parisien du 27 Juillet 2017

 

La police entre.

 

Communication received by people in solidarity who live in this city.

A communiqué from people in solidarity with the inhabitants of 63 rue Georges Maquer in Calais

More and more regularly living spaces in Calais are being illegally evicted.

The manipulation and non-respect of the law here in Calais is leading to abuses and regular and intolerable violence. Such violations of the law in a state where law are supposed to be respected are particularly inadmissible when they are carried out by the law enforcement authorities. They are all the more intolerable when they target people already in situations of high vulnerability.

Today at around noon police arrived at the home of our friend Camille, at 63 rue Georges Maquer in Calais. There were several friends gathered to celebrate her house, where she had been living for some days, a fact of which there was evidence.

Around noon police arrived to interrupt our joyous moment. After that came the OPH, the owner of the building, together with a bailiff.

In a state of law, the bailiff should have come to view our occupation, and then the owner could have lodged a complaint in order to be heard by a judge.

Today in Calais, shortly before 17.00, police broke down the door with a battering ram and arrested all friends who were gathered there, both inside and outside the house.

Today friends have been evicted without any prior court order, and thus illegally, from their homes.

This situation is unfortunately not unusual. While there are many homeless people and a lot of uninhabited housing, the police regularly illegally evict the inhabitants, increasing the precariousness of their situation.

Camille and these friends had already been the victim of an illegal eviction last week (86 rue Massena, Calais), which ended with two detentions and an upcoming trial premeditated destruction of property, but living in an empty house is not a crime.

Today again the door of the house is blockaded, access is therefore banned for us, and everyone’s things are permanently locked inside without knowing if and how friends and friends can have access.

This is something that we would not wish for anyone.

But unfortunately Camille and these friends are not alone. in Calais this latest expulsion takes place in a general repressive situation. According to the IGPN report [Note 1], there have been two to three illegal evacuations of living spaces every week, including during the winter. In particular, these evictions target people in high vulnerability and so increase their precariousness.

The Cold Weather Plan provides emergency accommodation in cold warehouses, but they are too rarely open, the social services are still insufficient, and many people are refused every night …

The present solutions are inappropriate, despite the speech of our President on 27 July 2017 [Note 2] stating that “the first battle” was to house “everyone with dignity”, and that by the end of the year he did not want to have “anyone living one in the streets or in the woods”.

Despite this, many homes remain resolutely empty, the city is filled with mor and more deserted houses, either walled up or abandoned. The forces of law and order are increasingly suppressing, illegally and with impunity, those who dare to bring these houses back to life by sheltering there.

Housing is a right, not a privilege, everyone deserves a warm, dry, and safe place to live regardless of age, origin, gender, sexuality, or social class …

We want to denounce, the systematic refusal of our politicians to welcome people with the dignity, and their contempt for the poorest people, and their disrespect of the laws that are supposed to protect them.

We are obliged to remind everyone that in France depriving people of their homes is possible only after the decision of a court, within the framework of a procedure formally notified to the inhabitants.

We confirm that 63 rue Georges Maquer 62100 Calais is the home of Camille and we ask for the respect of the laws, for us and for all the other people who live in this city.

Signed:
Friends of Camille, for her and for all

[1] See: “Evaluation of the action of the police in Calais and Dunkirk”, p.32, October 2017

[2] See Le Parisien of July 27

Noise demo at CRA: Coquelles

On Saturday, 7 January, a noise demo took place outside of the Coquelles (Calais) detention centre. Several dozen people gathered in solidarity with people imprisoned only for the offense of not having the right papers – samba music was played and lots of noise was made. Signs were hung up and later leaflets were distributed leaflets on the increasingly harsh situation of detention and deportations. A copy of the text from the leaflets is included below:

The demo was the first to take place since the police violently attacked a group of people at a gathering for peace in September 2017. Police made some surveillance but stayed afar.

Let us continue to make noise in solidarity for those in detention and affected by the border regime!

FOR THE END OF DETENTION CENTERS
AND FREEDOM OF MOVEMENT FOR ALL

Against the trivialization of confinement and the racist, cynical prison policy towards foreign people in France.

A Franco-British summit is planned in mid-January 2018, where Paris intends to complete, without denouncing, the controversial agreements of Le Touquet (2003, concerning the surveillance of the Franco-British border). The French government is seeking even more money from the British government, (140 million in 3 years already obtained to “secure” this side of the border) and a joint Franco-British police coordination center will be build near the Administrative Detention Center (CRA) of Coquelles. This security has only made the situation of exiles present in Calais even more precarious (people having to resort to smugglers more and more necessary, more risks in attempts to cross the border) by making the border ever greedier for money and human lives (2 people dead and 1 seriously injured on the motorway last week).

Since the opening of the CRA of Coquelles in 2003, recently expanded from 50 to 90 places, thousands of people who committed no offense were imprisoned for the purpose of expelling them from France, out of sight, in total invisibility. Forced returns to dangerous countries (Afghanistan, Sudan) are increasing, thanks to Europe’s collaboration with dictators. If the deportation is not possible, the administrative machine is in charge of repressing and humiliating people. The conditions of arrest (often in the middle of the night or early morning when sleeping bags and tents are removed or slashed by the police), the xenophobic remarks heard in the courtroom inside the walls of the CRA (see Paye tes droits – à Calais on facebook) as well as the conditions of detention, reflect the treatment of foreigners in France.

50,000 people were locked up in the CRA in France in 2016, including 3,000 in Coquelles (and 2,090 in the first half of 2017). Minors are also regularly locked up (260 people declared minors in the 1st half of 2017), in the most illegal way…

Relentlessly, the government now wants:

  • Increasing the maximum length of detention from 45 to 90 days, a symbolic and unnecessary measure (it is very rare for people to be deported after 12 days of detention);

  • Measures relating to “preventive” detention: allowing the confinement of foreigners, including those with a right to remain on the territory and in need of international protection. The goal will no longer be to detain a foreigner “the time strictly necessary for his departure” but to lock up more people, even before knowing if justice will decide to order their deportation;

  • Systematic detention measures for rejected asylum seekers, or for those who have left their accommodation;

  • Video conferencing hearings to further dehumanize the court process and maximize deportations;

  • The creation of 400 news places in CRA ;

    The Minister of the Interior also asked the Prefects to “have more resort of the placement in administrative detention spaces”, a more flexible structure than a proper CRA, that a prefectural decree is enough to create.

    These measures are worrying associations for the defense of foreigners because of the less demanding standards and more difficult access to rights, hindering the fundamental rights and freedoms of everyone. (the Human Rights Watch report on police abuses in Calais, the conclusions from the Defender of Rights, the cancellation in March 2017 of clearly illegal municipal ordinances prohibiting food distributions, condemnation of the State and the Municipality of Calais for inhuman and degrading treatment in June 2017).

Let us join forces and our will and call for the closure of all

detention centers in Europe!

The hearings are held from Monday to Friday at 10:00 in the courtroom of CRA of Coquelles (Kent Boulevard), These hearings are open to the public.

Francais

Samedi le 7 janvier, une manif de bruit a pris place à l’extérieur du centre de détention de Coquelles (Calais). Plusieurs douzaines de personnes se sont rassemblées en solidarité avec les personnes emprisonnées (détenues seulement parce qu’illes n’ont pas les bons papiers). Il y a eu de la musique de samba et beaucoup de bruit a été fait. Des pancartes ont été accrochées et plus tard des tracts ont été distribués sur la situation toujours plus violente et difficile de détention et de déportations. Une copie du texte du tract est incluse ci-dessous :

La manifestation est la première de la sorte depuis que la police a violemment attaqué un groupe de personnes au rassemblement pour la paix en septembre 2017. La police a fait de la surveillance mais est restée éloignée.

Continuons de faire du bruit en solidarité avec les détenu-e-s et les personnes affectées par le régime des frontières!

POUR LA FIN DES CENTRES DE RÉTENTION

ET LA LIBERTÉ DE CIRCULATION POUR TOUT.ES

Contre la banalisation de l’enfermement et la politique carcérale, cynique et raciste

à l’encontre des personnes étrangères en France

Un sommet franco-britannique est prévu à la mi-janvier 2018, où Paris entend compléter, sans les dénoncer, les accords controversés du Touquet (2003, concernant la surveillance de la frontière franco-britannique). Le gouvernement français cherche à obtenir plus d’argent de la part du gouvernement britannique, (140 millions en 3 ans déjà obtenus pour « sécuriser » la frontière) et un centre conjoint de coordination policière franco-britannique sera installé près du Centre de Rétention Administrative (CRA) de Coquelles. Cette sécurisation n’a fait que précariser davantage la situation des exilé.es présent.es à Calais (recours aux passeurs de plus en plus nécessaire, davantage de risques dans les tentatives de passages) en rendant la frontière plus vorace, toujours plus avide d’argent et de vies humaines (2 morts et 1 blessé grave sur l’autoroute la semaine dernière).

Depuis l’ouverture du CRA de Coquelles en 2003, passant de 50 à 90 places, des milliers de personnes n’ayant commis aucune infraction ont été incarcérées dans le but de les expulser hors de France, loin des regards, dans l’invisibilité la plus totale. Les renvois forcés vers des pays à risque (Afghanistan, Soudan) se multiplient, grâce à la collaboration de l’Europe avec des dictateurs. Si le renvoi n’est pas possible, la machine administrative se charge de les réprimer et de les humilier. Les conditions d’interpellation (souvent en pleine nuit ou au petit matin, où les sacs de couchage et tentes sont enlevés ou lacérés par la police),les propos xénophobes entendus en salle d’audience dans l’enceinte du CRA (voir Paye tes droits – à Calais sur facebook) ainsi que les conditions de rétention, reflètent le traitement dont les étranger.es sont victimes en France.

50 000 personnes ont été enfermées dans les CRA de France en 2016, dont 3 000 à Coquelles (et 2 090 durant le 1er semestre 2017). Des mineurs sont également régulièrement enfermés (260 personnes déclarées mineurs au 1er semestre 2017), dans l’illégalité la plus totale…

Et l’acharnement n’est pas prêt de s’arrêter, le gouvernement a déclaré souhaiter :

  • L’augmentation de la durée maximale de rétention, de 45 à 90 jours, mesure symbolique et inutile (il est très rare que des personne soient expulsées après 12 jours de rétention) ;

  • Des mesures de placement en rétention « préventive » : permettant l’enfermement des étrangers, y compris ceux ayant un droit au maintien sur le territoire et en besoin de protection internationale. Le but ne sera plus de maintenir un étranger « le temps strictement nécessaire à son départ » mais d’enfermer davantage de personnes, avant de savoir si la justice décidera d’ordonner leur renvoi ;

  • Des mesures de placement en rétention systématiques pour les déboutés de l’asile, ou pour les personnes ayant quitté leur hébergement ;

  • Des jugements par visioconférence afin de pouvoir déshumaniser un peu plus le processus judiciaire et maximiser les renvois ;

  • La création de 400 nouvelles places en CRA ;

    Le ministre de l’intérieur a aussi demandé au préfets d’«avoir davantage recours au placement en local de rétention administrative», structure plus souple, qu’un arrêt préfectoral suffit à créer.

    Ces mesures inquiètent les associations de défense des étrangers en raison de normes moins exigeantes et d’un accès aux droits plus difficile, entravant les libertés et droits fondamentaux de chacun.e (rapport d’Human Right Watch sur les abus policiers à Calais, conclusions du Défenseur Des Droits, annulation en mars 2017 d’arrêtés municipaux manifestement illégaux interdisant les distributions alimentaires, condamnation de l’État et de la municipalité calaisienne pour traitements inhumains et dégradants en juin 2017).

Joignons nos forces et notre volonté et exigeons la fermeture de tous les lieux de rétention en Europe !

Les audiences ont lieu du lundi au vendredi à 10h dans la salle d’audience du CRA de Coquelles (boulevard du Kent), ces audiences sont ouvertes au public.

Death at the Border//Mort a la frontière

A young migrant was found dead on the A16 motorway (near Marck, between Calais-Dunkerque) today morning, Tuesday, 9 January, around 8 o’clock, killed in a hit and run.

This is the first known death from the Calais border in 2018. There will be a memorial gathering 6:30 Wednesday, at Parc Richelieu.

___________________________

Un jeune migrant a été découvert mort, sur l’autoroute A16 (près de Marck, entre Calais-Dunkerque), ce mardi matin, le 9 janvier, vers 8 heures. Il été tue/percuté par un véhicule qui a fui.

C’est le premier décès connu de la frontière de Calais en 2018. Il y aura un rassemblement, 6:30 mercredi, au Parc Richelieu.

 

Police attack migrant camp // La police attaque un camp de migrant-e-s

In the afternoon of 7 January, police raided a small migrant camp near an old Lidl. Friends who were there wrote about the event from their experience:

Autonomous medics and other allies to migrant communities in the various fractional encampment jungles of Calais rushed to the site of the old Lidl camp on reports of a CRS police raid. Upon arrival, a mass of CRS police had situated in a line facing off against a crowd of migrants and allies, including a man they had injured in the attack
who was found lying on the ground.

CRS antagonized the highly tense situation, laughing and provoking anger from migrant youth who shouted in defiance against them, demanding their dignity and humanity be respected whilst calling out the agents of the state for their harassment.

With a queue of half a dozen CRS vehicles on scene, police hordes moved around the area; some were confronted by the line of migrants and allies who stood separating cops from the circle of comrades who had surrounded the injured man on the ground and stayed with him until the ambulance arrived.

The arrival of the ambulance separated the support circle and the injured man, who’d been wrapped in an emergency blanket due to frigid temperatures. He was transferred by emergency personnel onto a stretcher and loaded into the transport. A friend of the man approached the driver’s side window to request he be allowed to accompany the man to the hospital, was waved away by the driver and completely ignored. The ambulance then began driving away even as two men pleaded with them to allow a companion to go to the hospital with him.

As the ambulance pulled out, police vans followed and allies and friends trudged back through the freezing, wet fields with the crowd of mostly migrant youth to leave the scene. A man who had been hospitalized the prior evening due to serious cardiac complications took allies to his tent to reveal the fresh pepper spray the CRS had doused his tent and blankets with during their attack on the old Lidl camp. A fifteen year old boy shares the tent with his father and numerous others and the pepper spray rendered it uninhabitable on a night where the temperatures plunged below freezing.signal-2018-01-08-003823

Today’s attack on old Lidl follows days of prolific declarations from the numerous jungle encampments of nightly police antagonisms, arrests, pepper spray assaults, seizure and destruction of tents/blankets and other items seen to be ‘providing shelter.’

Comrades to the migrant community returned to old Lidl less than an hour after the attack to replace the tent police destroyed.

signal-2018-01-08-003833

——-

Traduction FR

Le 7 janvier 2018, en après-midi, la police de Calais attaque un camp de migrant-e-s près d’un ancien Lidl. Voici ce que des ami-e-s qui étaient présent-e-s ont rapporté :

Des infirmièr-e-s autonomes et d’autres allié-e-s des communautés migrant-e-s parmi les différents camps à Calais se sont dépêché-e-s de se rendre sur le site de l’ancien Lidl à l’alerte d’une attaque policière sur les lieux.

Les CRS riaient, rendant la situation déjà tendue encore pire, et provoquaient la colère des jeunes migrant-e-s qui criaient pour les défier, demandant que leur dignité et humanité soit respectée, et dénonçant les agent-e-s de l’État pour leur harcèlement.

Environ une demi-douzaine de fourgons de CRS étaient sur les lieux. Des hordes de police se déplaçaient dans les alentours ; certain-e-s étaient confronté-e-s par la ligne de migrant-e-s et d’allié-e-s qui tenaient les flics à l’écart du cercle de camarades qui entouraient un jeune blessé sur le sol et restèrent avec lui jusqu’à ce que l’ambulance arrive.

L’arrivée de l’ambulance a séparé le cercle de support et le blessé, qui était enroulé dans une couverture d’urgence dû à la température glaciale. Les ambulancièr-e-s l’ont transféré dans une civière avant de l’embarquer dans leur véhicule. Un ami du jeune homme approche la fenêtre du chauffeur et lui demande s’il peut rester avec son ami pour l’accompagner à l’hôpital. Il se fait complètement ignoré par le chauffeur qui l’envoie balader. L’ambulance quittait les lieux alors que deux hommes tentaient de discuter pour laisser quelqu’un accompagner le blessé.

L’ambulance a quitté, les fourgons de flics ont suivi, laissant ami-e-s et allié-e-s dans les champs froids et humides, avec une foule où il y a surtout des jeunes migrant-e-s sur la scène. Un homme, qui a été hospitalisé la veille au soir dû à de sérieuses complications cardiaques, amène les allié-e-s dans sa tente où il leur montre le gaz poivré encore bien frais que les CRS ont utilisé sur sa tente et ses couvertures pendant l’attaque sur leur camp. Un autre jeune garçon de 15 ans partage sa tente avec son père et plusieurs autres personnes et le gaz rend maintenant inhabitable leur espace alors que les nuits tombent sous zéro.

L’attaque d’aujourd’hui à l’ancien Lidl suit des jours de déclarations prolifiques de raids policiers de nuits, d’arrestations, d’agressions policières au gaz poivré, de vols et destructions de tentes, couvertures et autres objets vus comme pouvant “fournir un abri”.

Des camarades des communautés migrantes sont retourné-e-s à l’ancien Lidl moins d’une heure après l’attaque pour redonner des tentes que la police a détruit.

Calaisresearch: Mapping The Deals That Make The Deadly Border

cropped-calais-UK-border-fence-6-1160x700One year after the Jungle eviction, the hunt against migrants is as vicious as ever. People keep arriving in Calais, hoping to cross the channel to the UK. They are now met with a zero tolerance policy: shelters destroyed, demonstrations broken up, people rounded up in the streets, as deportations are scheduled to vicious states like Sudan, and the death count continues to mount. These days even charity food distributions are being targeted by police and dispersed with tear gas.

The calaisresearch website is a collaborative project to gather and analyse information about the Calais border. Formed by members of Calais Migrant Solidarity, Corporate Watch, and Passeurs d’Hospitalités, its first publication in 2016 was a list of 40 companies profiting from the jungle eviction and other border violence. The site’s aim is to help those fighting for freedom of movement in Calais develop effective strategies.

To do that we need to understand what we’re up against: the decision-makers and deals that create the Calais ‘Border Regime’. Most obviously, the orders come from the UK and French governments. But there also other important players, including the business interests which govern cross-border trade. The latest section of the calaisresearch site maps these key decision-makers, with another new page cataloging the security funding deals announced since 2009.

First, the two states: the French and UK governments and their security forces. The securitised border is a direct result of the “juxtaposed controls” agreement, first signed as the Channel Tunnel was being built in 1991. This offshores the UK border to French soil in order to stop refugees claiming asylum in Britain. To keep the deal going, the UK has given millions in funding to France, as well as directly to private contractors, to create a militarised death-zone in Calais.

Second, local power players: Right-wing Mayor Natacha Bouchart has staked her political ambition on a personal campaign to clean Calais of migrants, flirting with far-right vigilantes in the process. And now she has support from the right-wing takeover of the Regional Council, a major local landowner.

Third, corporate interests: Eurotunnel and the Port of Calais are allies in lobbying for extreme security measures – but also fierce competitors for cross-channel trade. The Port is now run by a semi-private company embarking on a major expansion programme, whose majority shareholders are the local Chambers of Commerce. The freight industry, with its trade associations, also has a stake in shaping the key problem facing the Calais border regime: how to stop human beings moving freely, but without slowing the profitable trade in commodities.

For over 20 years now, Calais has been a focal point for migration struggles in northern Europe. It will be so for as long as wars, dictatorships, and environmental destruction drive people to risk their lives at the border. Movement will not stop, and neither will resistance.

So the calaisresearch website will be a continual work in progress. It hopes to make a small contribution to the fight today and tomorrow, helping us share our knowledge and inform our strategies. It will keep on being updated with new information and analysis as the struggle develops.

Affrontements pour la paix à Calais// Fighting for Peace in Calais

Mise-à-jour – 5/12/2017  : les deux personnes en procès le 23 octobre 2017 ont été relaxées le 23 novembre. Une troisième personne sera en procès pour cette manifestation le 13 décembre. Et une autre sera en procès le 7 décembre à 14h pour une manifestation contre un meeting de M. Lepen à Calais  le 8 juin 2017. Les deux procès auront lieu au TGI de Boulogne-sur-mer. Solidarité !

Update – 2017/12/5: the two people on trial on October 23 2017 were released from charges on November 23. A third preson will be tried for this demonstration on December 13. And another one will be tried on December 7 at 2pm for a demonstration against M. Lepen on June 8 2017. Both trials will be at Boulogne-sur-mer TGI. Solidarity!

Screenshot from 2017-10-03 19-19-05Le 23 Septembre 2017 à Calais, différents groupes étaient réunis pour manifester contre les divers conflits armés et violences policières qui émaillent le monde ainsi que contre la situation anxiogène des exilé.e.s dans la ville de Calais.

Comme dans plusieurs villes en France, des rassemblements pour la paix ont eu lieu à l’appel du « Mouvement de la paix ».

Quand les participants au rassemblement « place d’armes », renommée pour l’occasion « place de la paix », ont voulu déambuler sur les trottoirs, la violence policière s’est immédiatement mise en place : une cinquantaine de personnes dont bon nombre des musicien.ne.s ont été nassées, bousculées et frappées. En quelques instants, les participant.e.s se retrouvent enfermé.e.s et poussé.e.s par les CRS les privant de liberté de circulation. La dispersion est demandée par la police alors que la garde républicaine continue de se resserrer, empêchant tout mouvement des civils, et reste impassible devant des appels à la tolérance de femmes portant des enfants en pleurs.

Voici un bilan encore provisoire :
6 interpellations, des dizaines de blessé(e)s, des enfants traumatisés, des personnes âgées bousculées et choquées, des passants abasourdis et des autorités qui basculent dans la folie pure.
Dispositif policier démesuré/ harcèlement/ identification des forces de l’ordre impossible (absence de matricule, dissimulation des visages) les services de la BAC qui se défoulent sur les personnes encerclées et l’adjoint au maire (M.Mignonnet) qui semble diriger les opérations et qui s’est lui-même chargé d’arracher des pancartes « Place de la paix ». La municipalité s’était opposée officiellement au rassemblement pour la Paix pourtant autorisée par le sous-préfet.

Dans un pays où ce sont les vendeurs d’armes et les pilleurs de ressources qui font la loi, l’état de droit s’est terminé le samedi 23 Septembre 2017 à Calais. Si on veut parler de cette journée, c’est avant tout pour ce qu’elle symbolise et bien au-delà de Calais.

On assiste à une mise en place massive, disproportionnée systématique et abusive de la force par les services de police de plus en plus équipés et armés.

Nous invitons toutes les personnes ayant participé à ce rassemblement de près ou de loin à envoyer vidéos, photos, témoignages à contactjuriste @ psmigrants.org ou legalshelterviolences @ gmx.com car la presse a relayé de fausses informations se contentant de la version policière. Robocops contre pacifistes et musiciens, la violence est venue des autorités, tous les présents l’ont clairement constaté.

Il y a était une manifestation de Lille, Samedi 30 septembre contre les violences policières et l’état d’urgence.

Nous vous invitons également à venir en soutien aux deux personnes convoquées au tribunal de Boulogne le 23 Octobre 2017 à 14 h.

Screenshot from 2017-10-03 19-19-52ENGLISH:

On September 23 3017, in Calais, several groups gathered in order to demonstrate against the armed conflicts and police brutality throughout the world, as well as against the stressful condition of refugees in the town of Calais.
In several other cities in France, gatherings for peace, called for by the “Mouvement de la Paix”, were held.
When the demonstrators at “place d’armes” (which means “weapon square” in French), which had been renamed “place de la paix (“peace square”), tried to go marching on the sidewalks, police violence started immediately: around fifty people, many of them musicians, were surrounded, shoved and hit. Within a few moments, they were kettled and pushed around by riot police, thus being deprived of their right of free movement. The police was asking the demonstrators to disperse as the kettle got tighter, stopping anyone from leaving, and stayed insensitive to the cries for tolerance of people holding frightened children in their arms.

Here is the temporary toll:

6 people arrested, tens of wounded people, children in shock, older people shoved and shocked, bewildered passers-by, and authorities going totally wild.

A disproportionate police force/ harassment/ no possibility of identifying police (no service numbers, hidden faces)/ the civil police (BAC) venting their anger by hitting the surrounded people/ the deputy mayor (Mr. Mignonnet) who appeared to be conducting the operation, personally tearing down the signs saying “place de la paix”.

The town hall had officially objected to the gathering for Peace, although the sub-prefect had allowed it.
In a country where arms dealers and looters of natural resources make the laws, the rule of law ended on Saturday, September 23, 2017 in Calais.
We wish to talk about this day above all because of what it symbolizes beyond Calais.
We are witnessing a massive, disproportionate, systematic and abusive use of violence by police forces which are more and more equipped and armed.

We encourage all the people who were part of this gathering to send videos, photos, testimonies to contactjuriste @ psmigrants.org or legalshelterviolences @ gmx.com, since the press gave false informations, only relaying the police version. Robocops versus pacifists and musicians, all those present could clearly see that the violence came from the authorities.

We also invite you to come support the two people who will be tried on October 23 2017, at 2 pm, in the tribunal of Boulogne-sur-Mer.

Screenshot from 2017-10-03 19-21-34