Depuis une semaine, l’application Telegram a supprimé la chaîne publique @nobordercalais (“No Border infos – Calais & more”) sans aucun avertissement. Les admin’ se sont juste rendu-es compte fin août que la chaîne n’apparaissaît plus et qu’un compte admin’ a été restreint (sans en être notifié) à cause de signalements d’utilisateur-ices pour diffusion de “contenu illégal”. Rien de plus précis…
On soupçonne – mais sans aucune preuve – un raid de fachos, comme la chaîne avait relayé le mois dernier un appel à contre-mobilisation face à leur projet d’attaque sur les plages. L’équipe de Telegram a été contactée pour contester cette décision mais n’a à ce jour toujours pas répondu.
Avec la mise en examen de son patron il y a quelques semaines, Telegram est dans le viseur des autorités françaises qui la jugent trop laxiste sur, entre autres, la diffusion de contenus terroristes et pédopornographiques. L’extrême-droite pullule également sur la plateforme en toute impunité. Mais par contre quelques signalements sur des posts d’une chaîne de luttes et de solidarité suffisent pour une censure automatique et sans contradictoire… Belle vision de la liberté d’expression, Telegram !
De toute façon, nik (tous) les réseaux sociaux. Restons vigilant-es à ce que nos luttes en dépendent le moins possible. Pour s’informer sur Calais et la frontière fr-uk en général, il existe toujours de nombreux canaux, qu’on vous invite à suivre :
Pour les appels à soutien aux camarades des autres villes, certaines infos tournent sur les sites des réseaux Mutu : paris-luttes.info à Paris, stuut.info à Bruxelles…
On en profite pour mettre un petit document avec plein de ressources utiles sur la frontière, qui venait d’être publié sur la chaîne Telegram juste avant sa censure ! Hésitez pas à partager 😉
For a week now, the Telegram application has deleted the public channel @nobordercalais (“No Border infos – Calais & more”) without any warning. The admins only realized at the end of August that the channel no longer appears and that an admin account has been restricted (without being notified) because of user reports for posting “illegal content”. Nothing more specific…
We suspect – but without any proof – a raid by fascists, as the channel had relayed last month a call for counter-mobilization against their planned attack on the beaches. The Telegram team has been contacted to contest this decision but has not answered yet.
With the indictment of its boss a few weeks ago, Telegram is in the sights of the French authorities who consider it too lax on, among other things, the dissemination of terrorist and child pornography content. The far-right is also proliferating on the platform with complete impunity. But on the other hand, a few reports on posts from a channel of struggles and solidarity are enough for automatic and non-contradictory censorship… Great vision of freedom of expression, Telegram!
In any case, fuck (all) social medias. Let’s remain vigilant to ensure that our struggles depend as little as possible on them. To find out about Calais and the fr-uk border in general, there are still many means, which we invite you to follow:
For calls for support to comrades from other cities, some information is circulating on the Mutu network sites: paris-luttes.info in Paris, stuut.info in Brussels…
We take the opportunity to share a small document with lots of useful resources on the border, which had been published on the Telegram channel just before it was censored! Feel free to share 😉
Sur les réseaux sociaux, une quinzaine de fascistes anglais annoncent qu’ils vont venir patrouiller sur le littoral nord français pour “stopper les bateaux” des migrant·e·s à partir du 11 août. Rien qu’en juillet, au moins 7 personnes sont mortes en tentant de traverser la Manche… Ce risque d’attaques racistes augmente encore plus le danger pour celles et ceux qui tentent de passer. Appel à la plus grande vigilance et à actions pour stopper les fachos.
Jeudi 1er août, Alan Leggett, un militant d’extrême-droite anti-immigration très connu dans la fachosphère anglaise a publié sur son compte Twitter (Active Patriot) un appel à venir sur les côtes du littoral nord, dans le but de “stopper les bateaux” des personnes exilées qui partent vers l’Angleterre.
Ce militant xénophobe est déjà venu sur le littoral nord la semaine précédente, accompagné de deux autres fachos (@TruthHurts101 et @veteran_little) pour repérer les lieux et observer la présence policière (insuffisante selon eux) pour empêcher les départs de bateaux… Pendant ce premier séjour de 3 jours, ils ont rencontré par hasard une équipe d’Utopia 56 sur la plage, se sont montrés agressifs, et ont affirmé que les plages étaient maintenant à eux et qu’ils allaient revenir.
Ce retour est prévu, selon Alan Leggett, à partir du 11 août. Après avoir mis en place une levée de fonds, il affirme pourvoir déployer 3 voitures “pleines de chasseurs de migrants” pour patrouiller sur le littoral.
Ne les laissons pas faire ! Soyons vigilant·e·s à la moindre information sur leurs plans et leur présence, et faisons tout pour empêcher ce projet dégueulasse. Tout initiative autonome est la bienvenue, mais attention à la répression : la présence policière est énorme sur le littoral, avec de nombreux contrôles d’identité et fouilles de véhicules.
Stoppons les fachos, pas les bateaux !
ENGLISH:
On social media, a group of around 15 fascists announced that they will come to the northern French coast to “stop the boats” of migrants from August 11. In July alone, at least 7 people died trying to cross the Channel… This risk of racist attacks further increases the danger for those who try to cross. Call for the greatest vigilance and actions to stop the fascists.
On Thursday, August 1, Alan Leggett, a far-right anti-immigration activist well-known in the English far-right sphere, published on his Twitter account (Active Patriot) a call to come to the coasts of northern France, with the aim of “stopping the boats” of people on the move leaving for England.
This xenophobic activist had already come to the northern coast the week before, accompanied by two other fascists (@TruthHurts101 and @veteran_little) to scout out the area and observe the police presence (insufficient according to them) to prevent the boats from leaving… During this first 3-day stay, they accidentally met a team from Utopia 56 on the beach, were aggressive, and claimed that the beaches were now theirs and that they would return.
This return is planned, according to Alan Leggett, from August 11. After setting up a fundraiser, he claims to be able to deploy 3 cars “full of migrant hunters” to patrol the coastline.
Let’s not let them do it! Let’s be vigilant for any information about their plans and their presence, and let’s do everything to prevent this disgusting project. Any autonomous initiative is welcome, but beware of repression: the police presence is enormous on the coast, with numerous identity checks and vehicle searches.
Le 2 juillet, la mairie de Calais et les flics ont expulsé le squat de la rue Sauvage. Ce squat a été ouvert en février 2022 par des militant.e.s de Calais et d’un peu partout de france et d’ailleurs. Iels ont rappelé que le droit au logement est un droit pour toustes, et même pour les quelque 1500 personnes qui erraient et errent toujours dans le calaisis, entre deux expulsions de camps de fortune par les flics, en attendant de rejoindre l’angleterre par des moyens rendus toujours plus dangereux par la militarisation croissante de la frontière. En parallèle, un peu plus loin dans Calais, une barre d’immeuble – la tour J du Fort Nieulay – avait elle aussi été occupée. Celle-ci avait été expulsée par le RAID, déposé sur le toit de la tour en hélicoptère.
Le squat de la rue Sauvage, lui, a obtenu par le tribunal un délai de 3 ans avant expulsion. C’était en octobre 2022. Cette vieille maison bourgeoise abandonnée depuis au moins 2015 a été un refuge pour des centaines de personnes depuis son ouverture. Pourtant, dès le départ, une partie du voisinage s’est montrée non seulement hostile mais également profondément raciste et violente envers les personnes vivant dans le lieu et leurs soutiens. Injures quotidiennes, entraves au raccordement au réseau électrique, coup de fusil tiré en l’air. C’était sous le regard protecteur de la police, qui a rodé sans relâche devant la maison, quand elle n’était pas tout simplement garée au coin de la rue h24, toujours prête à contrôler les identités de qui allait et venait, à distribuer des contraventions de façon abusive à n’importe quel camion d’association qui venait prêter son soutien aux personnes vivant là. C’était aussi avec le soutien inconditionnel de la mairie de Calais (LR), et du candidat (désormais député) RN, Marc de Fleurian, qui n’ont eu de cesse d’injecter plus de haine xénophobe sur un terrain déjà bien miné. La mairie a par exemple refusé de collecter les ordures ménagères du lieu, et fait procéder au vol de ses bacs poubelles à plusieurs reprises : les nuisances hygiéniques créées étaient aussi néfastes aux habitant.e.s qu’au voisinage, ce sur quoi la mairie a joué pour monter les gens les uns contre les autres.
Début juin dernier, des militant.e.s, dont certain.e.s vivaient dans le squat, se sont mis.e.s à travailler sans relâche, et ce pendant plus d’un mois. Le but : retaper le lieu défraîchi et permettre d’accueillir des femmes et familles refusées par le 115 qui n’avaient pas d’autres solution d’hébergement, face au constat que cette situation était de plus en plus récurrente ces temps-ci.
Dès l’arrivée des militant.e.s dans le lieu, un groupe de voisin.e.s s’est monté la tête tout seul, menaçant sans décomplexion de ce qu’il pourrait advenir si des personnes migrantes revenaient s’installer ici. Les personnes s’impliquant dans le lieu se sont pourtant montrées fort diplomates et patientes, et ont tenté de les rassurer sur leur volonté que tout se passe bien pour tout le monde : les habitant.e.s, leurs soutiens, et le voisinage.
Le 11 juin, en plein jour et lorsque personne ne se trouvait à l’intérieur du squat, des voisin.e.s se sont introduit.e.s dans le domicile en brisant la chaîne qui fermait l’accès au lieu avec une pince. Iels ont renversé des meubles, cassé des fenêtres, renversé du liquide vaisselle par terre. Iels étaient accompagné.e.s par Charles Piquet, journaliste au torchon local Nord Littoral, qui s’est régalé en filmant les lieux avant de publier la vidéo dans un article prétendant que le squat était vide. Le lieu était pourtant toujours protégé par la décision de justice comme étant le domicile de plusieurs personnes : le fait que les personnes soient parfois de sortie n’y change rien, avoir un domicile n’empêche pas de sortir faire ses courses ou d’être en déplacement quelques jours !
Le 13 juin, le cadenas permettant l’accès au lieu a été glué, et des inscriptions écrites sur le portail : « Bardella ❤ » et « Vive la france aux français ».
Le 14 juin, les services techniques de la ville se sont présentés, prêts à murer les lieux. Pas de chance, des personnes se trouvaient à l’intérieur. Des flics municipaux se sont donc autorisés à entrer sans permission et ont tenté de dégager les personnes présentes, qui ont refusé de partir. Les keufs ont alors affiché un arrêté municipal « d’interdiction d’accès et d’habitation », habituellement utilisé sur des bâtiments vides considérés comme dangereux. L’arrêté se base sur la vidéo publiée par le journaliste et le « témoignage des riverains » (qui pour rappel, se sont toustes introduits par effraction) pour affirmer que le lieu est vide et dangereux. Le plan était tout simplement de murer les lieux et de céder à la pression d’une partie du voisinage hyper-raciste et violente.
Malgré tout, les choses ont suivi leur cours au squat, espace de vie commune entre les militant.e.s et les femmes et familles qui y trouvaient refuge : soirées de soutien chouettes, réus et goûters partagés.
Le 27 juin, une des proprios s’est pointée et a affirmé que la cour d’appel avait révoqué l’octroi du délai de 3 ans. Elle a dit vouloir récupérer la maison bien que n’ayant aucun projet dans l’immédiat, a prétendu ne pas souhaiter envoyer les keufs afin que les choses se passent “sans violence” (comme d’habitude avec les bourgeois.e.s et leur définition de la violence : des keufs qui expulsent physiquement c’est violent, mais des familles qui dorment dehors, y a pas de problème). Sa proposition était donc que les habitant.e.s partent d’elleux-même, sans quoi elle devrait envoyer un huissier livrer un commandement de quitter les lieux. Après cette visite éclair, plus de nouvelles, pas de passage d’huissier. Donc pas de risque d’expulsion.
Le 2 juillet, au milieu de l’après-midi, alors qu’une personne non-francophone se trouvait seule dans le lieu, les flics municipaux et les services techniques de la ville ont fait leur retour en grande pompe. Philippe Mignonet, l’infâme adjoint à la sécurité de la ville de Calais, avec ses 0% de prérogative de puissance publique, a ordonné à la femme de partir, comme il l’assume fièrement dans un article de Nord Littoral. C’est sur la base de l’arrêté d’interdiction d’accès et d’habitation (et non pas de la décision de la cour d’appel), qui ne permet en aucun cas d’expulser le bâtiment visé, que les services techniques ont procédé au murage total de toute la maison, ainsi que du portail. Allez, encore un bâtiment muré à Calais !
Mais attention ! Il ne s’agit pas d’une expulsion, non, non ! Comme cela a été expliqué par les toutous de la mumu aux personnes spectatrices de leur expulsion, dépitées : il n’y avait personne à l’intérieur quand ils sont arrivés (gros mytho, juste la personne a été intimidée, menacée d’être emmenée au comico puis dégagée, selon son témoignage), le bâtiment était vide, ce n’est donc pas une expulsion. Il s’agit d’un tour de passe-passe d’une malhonnêteté sans nom : s’il n’y a personne à l’intérieur, personne n’est expulsé, alors aucun diagnostic social n’est rendu nécessaire, pas besoin d’une décision de justice ou d’une autorisation de la préfecture pour procéder à une expulsion, et tout simplement : on mure ! Pourtant, rappelons-le : qu’il y ait quelqu’un ou pas à un instant T dans le lieu, ça n’en restait pas moins un domicile (nulle part la définition d’un domicile n’implique une présence 24h/24 dans les lieux).
Toutes les affaires qui se trouvaient à l’intérieur ont été volées et emmenées dans une recyclerie pour une part (mais jamais retrouvées a posteriori). Pour le reste, un type en costard a indiqué qu’il faudrait appeler la sous-préfecture (qui à ce jour reste muette comme une carpe !), sans donner aucune garantie de restitution des biens. Bah oui, comme il n’y avait personne dans le bât’, ce ne sont les affaires de personne donc elles peuvent être volées sans être rendues !
Sauf que la maison était toujours protégée par la décision du tribunal accordant les 3 ans de délai avant expulsion puisqu’aucun huissier n’était venu notifier le contraire (ce qui aurait alors entamé un délai de 2 mois avant de devoir effectivement quitter les lieux). La mairie de Calais a donc procédé à une expulsion qui n’en dit pas son nom, qui est parfaitement illégale et parfaitement dégueulasse. Elle a outrepassé les tribunaux et s’est arrogé une nouvelle prérogative extra-judiciaire. Cela intervient dans un contexte électoral où la mairie LR essayait de faire réélire le député LR face au candidat RN (élu) et de prouver que son parti aussi savait se montrer autoritaire et raciste !
Mission accomplie, et ça a fait bien plaisir aux voisins qui s’en sont donné à cœur joie d’asséner à une personne présente en soutien lors de l’expulsion et qui parlait français avec un accent : « toi t’es pas française, après les élections tu pourras plus être là ! », devant les flics, tranquilles.
A Calais, les expulsions illégales avec vol d’effets personnels sont quasi-quotidiennes puisque l’état et les flics continuent inlassablement leur harcèlement des personnes migrantes bloquées à la frontière, ainsi que, par ricochet, des personnes et assos qui essaient d’être solidaires envers elles.
Face à la politique des expulsions de bâtiments, de terrains vagues, face à la politique des bâtiments murés et des murs de barbelés hissés toujours plus haut, toujours plus tranchants, restons solidaires ! Ne nous laissons pas amadouer par une majorité soit-disant de gauche à l’assemblée (qui, à Calais, a appelé à soutenir le député LR proche de la maire, dont les pratiques sont depuis longtemps similaires à celle du RN), la lutte contre l’extrême-droite ne se passe pas dans les urnes mais dans la rue, dans nos espaces d’autonomie, alors continuons à les défendre et à les faire vivre !
On 2 July, Calais town hall and the cops evicted the rue Sauvage’s squat. The squat was opened in February 2022 by activists from Calais and from all over france and elsewhere. They reiterated that the right to housing is a right for everyone, including the 1,500 or so people who were and still are wandering around the Calais area, between two evictions of makeshift camps by the cops, waiting to reach england by means made ever more dangerous by the increasing militarisation of the border. At the same time, a little further on in Calais, a block of flats – Tower J in Fort Nieulay – had also been occupied. The occupiers were evicted by the RAID, who landed on the roof of the tower by helicopter.
The court granted the rue Sauvage’s squat a 3-year delay before eviction. The deadline was October 2022. This old bourgeois house, abandoned since at least 2015, has been a refuge for hundreds of people since it opened. However, from the beginning, some of the neighbours have been not only hostile but also deeply racist and violent towards the people living there and their supporters. They hurled insults on a daily basis, obstructed the connection to the electricity network and fired a rifle into the air. It was under the protective gaze of the police, who hovered relentlessly in front of the house, when they weren’t simply parked around the corner 24 hours a day, always ready to check the identities of anyone coming or going, and to hand out abusive tickets to any association van that came to support the people living there. It was also with the unconditional support of the Calais town council (LR – Les Républicains, right party) and the RN (Rassemblement national, far-right party) candidate (now MP), Marc de Fleurian. All of them never stopped injecting more xenophobic hatred into an already minefield. For example, the town hall refused to collect the rubbish of the house, and organized the theft of its bins on several occasions: the hygiene nuisance created was just as bad for the residents as it was for the neighbours, and the town hall played on this to turn people against each other.
At the beginning of June, activists, some of whom were living in the squat, set to work non-stop for over a month. The aim was to refurbish the dilapidated place and make it possible to take in women and families who had been turned away by the 115 and had no other accommodation solution, given that this situation was becoming more and more common these days.
As soon as the activists arrived at the squat, a group of neighbours got in over their heads, threatening to do what they could if migrant people came to live here. However, the people involved in the project were very diplomatic and patient, and tried to reassure them that they wanted everything to go well for everyone: the residents, their supporters and the neighbours.
On 11 June, in broad daylight and when no one was inside the squat, neighbours broke into the house using pliers to break the chain that was locking the door. They knocked over furniture, broke windows and spilled washing-up liquid on the floor. They were accompanied by Charles Piquet, a journalist with the local rag Nord Littoral, who enjoyed filming the scene before publishing the video in an article claiming that the squat was empty. However, the place was still protected by the court ruling as being the home of several people: the fact that people are sometimes out and about doesn’t change anything, having a home doesn’t prevent you from going out to do your shopping or being away for a few days!
On 13 June, the padlock giving access to the squat was glued shut, and inscriptions were written on the gate: “Bardella <3” (the name of the president of the Rassemblement national, the far-right party) and “Vive la france aux français” (“Yes to the france to french people”).
On 14 June, the town’s technical services arrived, ready to seal off the site. Unfortunately, there were people inside. The municipal cops therefore allowed themselves in without permission and tried to get the people present out, but they refused to leave. The cops then posted a municipal order “prohibiting access and habitation”, usually used on empty buildings considered as dangerous. The order was based on the video posted by the journalist and the “testimony of local residents” (who, it should be remembered, had all broken in) to claim that the place was empty and dangerous. The plan was simply to wall off the premises and bow to pressure from a hyper-racist and violent section of the neighbourhood.
In spite of everything, things went on at the squat, where activists and the women and families who found refuge there lived together: great support evenings, meetings, tea parties…
On 27 June, one of the landlords turned up and claimed that the Court of Appeal had revoked the 3-year time limit. She said she wanted the house back, even though she had no immediate plans, and claimed she didn’t want to send in the police so that things could happen “without violence” (as usual with the bourgeoisie and their definition of violence: police physically evicting people is violent, but families sleeping outside is no problem). Her proposal was that the residents should leave on their own, otherwise she would have to send a bailiff to deliver an order to vacate the premises. After this short visit, there was no further news and no bailiff was sent. So there was no risk of eviction.
On 2 July, in the middle of the afternoon, when a non-French-speaking person was alone in the building, the municipal cops and the town’s technical services made their grand return. Philippe Mignonet, the vile deputy security officer for the city of Calais, with his 0% prerogative of public power, ordered the woman to leave, as he proudly admits in an article in Nord Littoral. It was on the basis of the order banning access and habitation (and not the decision of the Court of Appeal), which in no way allows the building in question to be evicted, that the technical services proceeded to wall up the entire house, as well as the gate. Come on, another walled-up building in Calais!
But be careful! This is not an eviction, no, no! As the city hall’s lapdogs (the cops) explained to the disappointed onlookers of their eviction: there was nobody inside when they arrived (big lie, the person was intimidated, threatened with being taken to the police station and then taken out, according to her testimony), the building was empty, so it’s not an eviction. It’s a sleight of hand of unspeakable dishonesty: if there’s no one inside, no one is evicted, so no social diagnosis is required, no court decision or authorization from the prefecture is needed to carry out an eviction, and quite simply: it’s done! And yet, let’s not forget: whether or not there was anyone in the place at any given time, it was still a home (nowhere does the definition of a home imply a 24-hour presence on the premises).
All the belongings inside were stolen and taken to a recycling centre (but never found afterwards). As for the rest, a guy in a suit told us that we’d have to call the sub-prefecture (which to this day remains tight as a clam!), without giving any guarantee that the goods would be returned. Of course, as there was nobody in the building, it’s nobody’s stuff, so it can be stolen without being returned!
Except that the house was still protected by the court decision granting the 3-year period before eviction, since no bailiff had come to notify the contrary (which would have started a 2-month period before actually having to leave the squat). The Calais town council has therefore carried out an eviction that is completely illegal and disgusting. It has bypassed the courts and arrogated to itself a new extra-judicial prerogative. This comes at a time when the LR (Les Républicains) mayor’s office was trying to get the LR deputy re-elected against the (now elected) RN (Rassemblement national) candidate, and to prove that its party, too, can be authoritarian and racist!
Mission accomplished, and it made the neighbours very happy, as they had a field day shouting at one of the people present at the eviction, who spoke French with an accent: “You’re not French, you won’t be able to be here after the elections”, in front of the cops, in peace.
In Calais, illegal evictions and the theft of personal belongings are an almost daily occurrence, as the state and the cops continue their relentless harassment of migrants stranded at the border, as well as the people and associations who try to show solidarity with them.
In the face of the policy of evicting people from buildings and vacant lots, in the face of the policy of walled buildings and barbed-wire walls that are being raised higher and higher, ever sharper, let’s stand together! Let’s not be fooled by a so-called left-wing majority in the Assembly (which, in Calais, called for support for the LR deputy close to the mayor, whose practices have long been similar to those of the RN). The fight against the far right doesn’t take place at the ballot box, but in the streets, in our spaces of autonomy, so let’s continue to defend them and keep them alive!
Ouvert en février 2022, le squat de la rue Sauvage à Calais avait obtenu au tribunal, en octobre 2022, un délai de 3 ans avant expulsion. Depuis un mois, militant.e.s et bénévoles d’assos ont travaillé sans relâche pour permettre à ce lieu d’accueillir des femmes et familles refusées par le 115 et qui n’avaient pas d’autres solution d’hébergement.
Le 14 juin, des flics municipaux étaient venus accompagnés des services techniques de la ville tenter de dégager les personnes présentes, qui avaient refusé de partir. Ils avaient alors affiché un arrêté municipal « d’interdiction d’accès et d’habitation », habituellement utilisé sur des bâtiments vides considérés comme dangereux. Le plan était tout simplement de murer les lieux et de céder à la pression d’une partie du voisinage hyper-raciste et violente.
Deux semaines et demie plus tard, le 2 juillet, les flics et les services techniques ont profité qu’une personne qui ne parle pas français soit seule au squat pour lui ordonner de partir de manière totalement illégale puisque l’arrêté ne donnait aucun droit d’expulser. Une fois le squat « vide », ils ont procédé au murage total de la maison, dont toutes les fenêtres et portes ont été recouvertes de plaques, ainsi que l’accès à la cour par le portail d’entrée. Toutes les affaires qui se trouvaient à l’intérieur ont été volées et emmenées dans une ressourcerie pour une part. Pour le reste, un type en costard a indiqué qu’il faudrait appeler la sous-préfecture, sans donner aucune garantie de restitution des biens.
Les flics affirment que puisque personne ne se trouvait dans le squat au moment où il a été muré, il ne s’agissait pas d’une expulsion. Il s’agit d’un tour de passe-passe d’une malhonnêteté sans nom : s’il n’y a personne, personne n’est expulsé, alors aucun diagnostic social n’est rendu nécessaire, et les flics municipaux peuvent expulser sans base légale et sans autorisation de la préfecture. Bref, c’est une expulsion qui n’en dit pas son nom, qui est parfaitement illégale et parfaitement dégueulasse. Cela dit, ça a fait bien plaisir aux voisins qui s’en sont donné à cœur joie d’asséner à une personne présente en soutien lors de l’expulsion et qui parlait français avec un accent : « toi t’es pas française, après les élections tu pourras plus être là ! ». En toute décomplexion !
A Calais, les expulsions illégales avec vol d’effets personnels sont quasi-quotidiennes puisque l’état et les flics continuent inlassablement leur harcèlement des personnes migrantes bloquées à la frontière, ainsi que, par ricochet, des personnes et assos qui essaient d’être solidaires envers elles.
On reviendra plus en détails sur cette expulsion dans les jours à venir.
English:
Opened in February 2022, the rue Sauvage squat in Calais was granted in court, in October 2022, a 3-year delay before eviction. For the past month, activists and volunteers from associations have been working tirelessly to enable this place to take in women and families refused by the 115 and who had no other accommodation solution.
On 14 June, municipal cops, accompanied by the town’s technical services, came to try to get the people there out, who had refused to leave. At the time, they posted a municipal ban on entering and living order, usually used on empty buildings considered to be dangerous. The plan was simply to wall off the place and bow to pressure from a hyper-racist and violent section of the neighbourhood.
Two and a half weeks later, on 2 July, the cops and the technical services took advantage of the fact that a person who spoke no french was alone in the squat to order her to leave, completely illegally, since the decree gave no right to evict. Once the squat was “empty”, they proceeded to completely wall off the house, covering all the windows and doors with plaques, as well as blocking access to the courtyard through the front gate. All the belongings inside were stolen and some taken to a recycling centre. As for the rest, a guy in a suit said that they would have to call the sub-prefecture, without giving any guarantee that the goods would be returned.
The cops claim that since no one was in the squat when it was walled up, it was not an eviction. This is a sleight of hand of unspeakable dishonesty: if no one is there, no one is evicted, so no social diagnosis is necessary, and the municipal cops can evict without any legal basis or authorisation from the prefecture. In short, it’s an eviction that doesn’t say its name, that’s perfectly illegal and perfectly disgusting. That said, the neighbours had a field day when they told one of the people present at the eviction, who spoke French with an accent: “You’re not french, you won’t be able to be here after the elections!” In total decomplexion!
In Calais, illegal evictions and the theft of personal belongings are an almost daily occurrence, as the state and the cops continue their relentless harassment of migrants stranded at the border, as well as the people and associations who try to show them solidarity.
We’ll have more to say about this eviction in the coming days.
As in many other places, we wanted to commemorate also in Calais the 14 of June the deceased and missing persons of the Pylos massacre and express our solidarity with their loved ones and with the survivors.
On 14 June 2023, the heavily overcrowded boat called ‘Adriana’, which was carrying more than 700 people, sank near the coast of Pylos in Greece. According to survivors, the boat sank, when the Greek coastguard tried to tow it out of the Greek rescue zone towards Italian waters with a rope. Most of its passengers drowned in front of the eyes of the Hellenic Coast Guard, roughly 10 hours after Alarmphone had sent out the alert. The people on the boat could have all been rescued. They could still be alive today. But most of them were not rescued. Most of them are no longer alive. Over 600 people are estimated to have died. This shipwreck was not an accident. It was a massacre, it was a state crime. (Alarmphone-Statement from the 13.06.2024)
But instead of bringing the real culprits to justice, those fleeing war, violence and poverty are criminalised. The Greek state picked randomly nine survivors of the Adriana and accused them being the smugglers and being responsible for the shipwreck. They were imprisoned by the Greek authorities and released only a few weeks ago. One person, who has seen his asylum claim rejected, is still imprisoned in the detention centre of Petrou Ralli. And in France and England too, people crossing the Channel are locked up and sentenced to (often long) prison terms because they are accused of facilitating illegal migration or are held responsible for deaths in shipwrecks. They are often imprisoned for years, before their trial even starts. This systematic criminalisation of people on the move is part of the global border apartheid system.
On 14 June, we wanted to commemorate the people who were killed on the Adriana by the Greek authorities. We wanted to listen to testimonies of survivors and send a message of solidarity to the 350 families of deceased and missing people who met in Lalamousa in Pakistan on 14 June and tell them: we do not forget you and your loved ones. We wanted to recall that it is the border regime that is killing people, in the Aegean and in the Channel.
But we couldn’t hold our CommemorAction. Because at exactly the same time, the technical services of the town of Calais tried to block off access to the squat on rue Frédéric Sauvage, where people on the move and people in solidarity are living. Since the end of May 2024, people have been cleaning up the place to improve living conditions inside. The technical services were accompanied by cops with an order banning access to the building. The people there refused to get out and the cops finally left. There is now a big risk that the police will come back and try to evict the place.
This attempted eviction illustrates how the border regime tries to suppress solidarity with people on the move. They do not want that we improve together the living conditions in the Frédéric Sauvage Squat. And they do not want that people can live there with a minimum of shelter and access to most basic services as water.
The fact that this attempted eviction took place at exactly the same time as our planned CommemorAction shows that the European border regime is fighting people on the move and people in solidarity with them everywhere – in Pylos as well as in Calais. That’s why it seems all the more important to us that we see and connect the struggles at all European borders!
As we could not commemorate the dead and missing people of the Adriana shipwreck on the day of the first anniversary, we went one day later to the Pont du Vic, which crosses the Canal de Calais à Saint Omer, which flows into the Channel. Here we express:
Channel or Aegean: all Shipwrecks are State Crimes!
Free Pylos9!
From Calais to Lalamousa: we stand in Solidarity!
We wrote the names of as many missing and dead people that were on deck of the Adriana as we could on a banner: we write and read their names and we do not forget them.
We express our solidarity with the families meeting in Lalamousa and all the other relatives and friends over the world who have lost loved ones on the 14 June 2023 or are still searching for answers.
Three minutes after we had started to attach the banners, the police arrived, checked our identities and stole our banners. We were barely able to take the photos. Once more, we see the different forms of police and border regime violence: they kill people, they push and pull people back to their place of departure, they do not rescue people in distress, they beat people up, they evict people from their living places. And they try to prevent that we commemorate the dead and missing and remember the crimes of the border regimes. But we will never forget nor forgive! We will continue to stand united in solidarity!
Freedom of movement for everyone!
Commémoration du massacre du Pylos à Calais : tous les naufrages sont des crimes d’État !
Comme dans beaucoup d’autres endroits, nous avons voulu commémorer aussi à Calais le 14 juin les personnes décédées et disparues du massacre de Pylos et exprimer notre solidarité avec leurs proches et avec les survivants.
Le 14 juin 2023, le bateau surchargé “Adriana”, qui transportait plus de 700 personnes, a coulé près de la côte de Pylos en Grèce. Selon les survivants, le bateau a coulé lorsque les garde-côtes grecs ont tenté de le remorquer hors de la zone de sauvetage grecque vers les eaux italiennes à l’aide d’une corde. La plupart de ses passager.es se sont noyé.es sous les yeux des garde-côtes grecs, environ 10 heures après l’alerte de Alarmphone. Les personnes à bord auraient pu être sauvées. Elles pourraient encore être en vie aujourd’hui. Mais la plupart d’entre elles n’ont pas été sauvées. La plupart d’entre elles ne sont plus en vie. On estime à plus de 600 le nombre de personnes décédées. Ce naufrage n’est pas un accident. Il s’agissait d’un massacre, d’un crime d’État. (Déclaration d’Alarmphone du 13.06.2024)
Mais au lieu de chercher la responsabilité des Etats européens, on criminalise celleux qui fuient la guerre, la violence et la pauvreté – souvent crées pour ces mêmes états. L’État grec a choisi au hasard neuf survivants de l’Adriana et les a accusés d’être des passeurs et d’être responsables du naufrage. Ils ont été emprisonnés par les autorités grecques et libérés il y a seulement quelques semaines. Une personne, qui a vu sa demande d’asile rejetée, est toujours emprisonnée dans le centre de détention de Petrou Ralli. En France et en Angleterre aussi, des personnes traversant la Manche sont enfermées et condamnées à des peines de prison (souvent longues) – fréquemment après avoir attendues des années enfermées avant leur procès – parce qu’elles sont accusées de faciliter l’immigration clandestine ou sont tenues pour responsables des décès survenus lors de naufrages. Cette criminalisation systématique des personnes en déplacement fait partie du système mondial d’apartheid frontalier.
Le 14 juin, nous avons voulu commémorer les personnes tuées sur l’Adriana par les autorités grecques. Nous voulions écouter les témoignages des survivant·es et envoyer un message de solidarité aux 350 familles de personnes décédées et disparues qui se sont réunies à Lalamousa au Pakistan le 14 juin et leur dire : nous ne vous oublions pas, vous et vos proches. Nous voulions rappeler que c’est le régime des frontières qui tue, dans la mer Égée et dans la Manche.
Mais nous n’avons pas pu tenir notre CommemorAction. Parce qu’au même moment, les services techniques de la ville de Calais ont tenté de condamner l’accès au squat rue Frédéric Sauvage où cohabitent des personnes exilé·e·s et solidaires. Depuis fin mai 2024, des personnes nettoient le lieu pour améliorer les conditions de vie à l’intérieur. Des flics les accompagnaient avec un arrêté d’interdiction d’accès au bâtiment. Les gens présent·e·s sur place ont refusé de quitter les lieux et les flics sont finalement repartis. Il y a un gros risque que les flics tentent de revenir plus nombreux à tout moment pour expulser.
Cette tentative d’expulsion illustre la manière dont le régime frontalier tente de supprimer la solidarité avec les personnes en mouvement. Ils ne veulent pas que nous améliorions ensemble les conditions de vie dans le Squat Frédéric Sauvage. Et ils ne veulent pas que les gens puissent y vivre avec un minimum d’abri et d’accès aux services les plus basiques comme l’eau.
Le fait que cette tentative d’expulsion ait eu lieu exactement au même moment que notre action commémorative montre que le régime frontalier européen combat les personnes exilées et les personnes solidaires partout – à Pylos comme à Calais. C’est pourquoi il nous semble d’autant plus important de voir et de relier les luttes à toutes les frontières européennes !
Comme nous ne pouvions pas commémorer les morts et les disparus du naufrage de l’Adriana le jour du premier anniversaire, nous nous sommes rendus un jour plus tard au Pont du Vic, qui traverse le Canal de Calais à Saint Omer, qui se jette dans la Manche. Ici, nous exprimons :
Channel or Aegean: all Shipwrecks are State Crimes!
Free Pylos9!
From Calais to Lalamousa: we stand in Solidarity!
Nous avons inscrit sur une banderole les noms du plus grand nombre possible de disparu·es et de mort·es qui se trouvaient sur le pont de l’Adriana: nous écrivons et lisons leurs noms et ne les oublions pas.
Nous exprimons notre solidarité avec les familles réunies à Lalamousa et avec tous les autres parents et amis du monde entier qui ont perdu des proches le 14 juin 2023 ou qui sont toujours à la recherche de réponses.
Trois minutes après que nous avons eu commencé à attacher les banderoles, la police est arrivée, a contrôlé nos identités et a volé nos banderoles. Parce que nous avons exprimé notre solidarité avec des familles en deuil, nous avons été diabolisé·es comme des agresseurs·ses dangereux·ses. Nous avons à peine pu prendre les photos. Une fois de plus, nous avons vu les différentes formes de violence de la police et du régime des frontières : iels tuent les gens, iels refoulent et ramènent les gens à leur lieu de départ, iels ne secourent pas les personnes en détresse, iels battent les gens, iels expulsent les gens de leur lieu de vie. Et iels essaient d’empêcher que nous commémorions les mort·es et les disparu·es et que nous nous souvenions des crimes des régimes frontaliers. Mais nous n’oublierons ni ne pardonnerons jamais ! Nous resterons uni·es et solidaires !
💥💥 Magouilles de la mairie de Calais pour tenter d’expulser le squat Sauvage : APPEL À SOUTIEN URGENT SUR PLACE ! 💥💥
Ce vendredi 14 juin en fin de journée, les services techniques de la ville de Calais ont tenté de condamner l’accès au squat rue Frédéric Sauvage où cohabitent des personnes exilé·e·s et solidaires. Des flics municipaux les accompagnaient avec un arrêté d’interdiction d’accès au bâtiment. Les gens présent·e·s sur place ont refusé de quitter les lieux et les flics sont finalement repartis.
Il y a un gros risque que les flics tentent de revenir plus nombreux à tout moment pour expulser, ou alors qu’ils profitent d’un moment où tous·tes les occupant·e·s soient sorti·e·s pour murer les entrées.
Un recours au tribunal est engagé, mais en attendant la réponse il y a besoin d’un maximum de monde sur place en permanence pour tenir le lieu ! Appel à venir donner de la force pour une heure, une aprem, une nuit, une semaine… Tout soutien est le bienvenu !
Pour rappel, le squat Sauvage est occupé depuis février 2022. En octobre 2022, le tribunal avait accordé un délai de 3 ans aux occupant·e·s, empêchant donc l’expulsion avant octobre 2025. Suite à un acharnement intense main dans la main de la mairie, des flics, du RN et des milices d’extrême-droites à l’encontre les habitant·e·s, les conditions de vie sur place étaient très difficiles.
Depuis fin mai 2024, des dizaines de personnes solidaires, calaisien·ne·s, militant·e·s, bénévoles d’association, ont entrepris de nettoyer le lieu pour améliorer les conditions de vie à l’intérieur.
Alors que le squat n’a causé aucune nuisance depuis de nombreuses semaines, quelques voisin·e·s racistes et militant·e·s d’extrême-droite n’ont pas supporté de voir cette élan de solidarité et ont entamé ces derniers jours une campagne de harcèlement contre le squat. Tags racistes et pro-Bardella, dégradations et même entrée par effraction : mardi 11 juin, accompagné de Charles Piquet (journaliste à Nord Littoral), profitant d’un moment où les habitant·e·s étaient tous·tes sorti·e·s, ils se sont permis en pleine journée et à visage découvert, de couper le cadenas à la pince et d’entrer dans le lieu pour casser des vitres et des robinets. Flics municipaux et nationaux sont arrivés pendant qu’ils commettaient cette violation de domicile et les ont laissé faire sans problème.
C’est sur la base d’une main courante de la police municipale rapportant cet événement, ainsi que sur l’article de Nord Littoral et les photos qu’il contient (que le journaliste et les autres intrus·e·s ont pris en état de violation de domicile), que la mairie justifie son arrêté d’interdiction d’accès. Alors que c’est l’extrême-droite qui depuis des semaines fout la merde dans le quartier, dégrade, insulte, provoque, menace, attaque… la mairie valide et encourage ce harcèlement en tentant de répondre positivement à leur chantage.
Ce n’est pas anodin si la mairie tente aujourd’hui d’utiliser le faux-prétexte de la vétusté du bâtiment. Elle aurait pu essayer d’utiliser cet argument à n’importe quel moment depuis l’ouverture en février 2022. Profitant du fait que les personnes sans-papiers n’oseraient souvent pas porter plainte pour violation de domicile, les flics sont déjà rentrés des dizaines de fois dans ce squat. À l’été 2023, ils avaient même accompagné les pompiers qui secouraient un enfant tombé à travers un toit. Ils n’ont donc pas découvert l’état de la maison ce mardi 11 juin, ils le connaissaient déjà et n’avaient volontairement rien fait jusque-là. D’ailleurs, grâce à la dynamique collective de ces dernières semaines, le lieu est aujourd’hui en bien meilleur état que lors des précédents passages des flics et ne présente plus de dangers.
Le timing de cette tentative d’expulsion montre le vrai visage des autorités à Calais : ce qui les dérange, ce n’est pas l’insalubrité, la dangerosité du lieu, les nuisances… Ce qui les dérange, c’est que des personnes solidaires viennent soutenir les personnes exilées. Pendant plus de 2 ans, ils ont confisqué les poubelles du lieu, empêché son raccord à l’électricité, réprimé les soutiens et habitant·e·s (amendes, arrestations, déportations…). Cela a pourri et la vie des gens dans le squat et la tranquillité du voisinage. Pour leurs intérêts politiques et racistes, ils divisent les gens et les montent les un·e·s contre les autres.
À Calais comme partout, nous ne laisserons pas l’extrême-droite faire sa loi ! Soyons nombreux·ses à défendre le squat Sauvage !
ENGLISH :
💥💥 Calais town council’s trickery in trying to evict the Sauvage squat: URGENT CALL FOR SUPPORT!💥💥
On Friday 14 June, late in the afternoon, the technical services of the town of Calais tried to block off access to the squat on rue Frédéric Sauvage, where migrant people and people in solidarity are living. They were accompanied by municipal cops with an order banning access to the building. The people there refused to get out and the cops finally left.
There’s a big risk that the cops will try to come back in greater numbers at any moment to evict the place, or else that they will take advantage of a moment when all the occupants have left to seal off the entrances.
An appeal to the courts is under way, but while we wait for the outcome we need as many people as possible on site at all times to hold the place together! We’re calling on you to come and lend your strength for an hour, an afternoon, a night, a week… All support is welcome!
The Sauvage squat has been occupied since February 2022. In October 2022, the court granted the occupiers a 3-year extension, preventing eviction before October 2025. As a result of the intense hand-to-hand persecution of the residents by the town hall, the cops, the RN (far-right party) and far-right militias, living conditions at the site were extremely difficult.
Since the end of May 2024, dozens of people from Calais, activists and voluntary organisations have been cleaning up the place to improve living conditions inside.
Although the squat had not caused any nuisance for many weeks, some racist neighbours and far-right activists could not bear to see this outpouring of solidarity, and in recent days began a campaign of harassment against the squat. Racist and pro-Bardella tags, damage and even breaking and entering: on Tuesday 11 June, accompanied by Charles Piquet (journalist at Nord Littoral), taking advantage of a moment when the residents were all out, they took the liberty, in broad daylight and with their faces uncovered, of cutting the padlock with pliers and entering the premises to break windows and taps. The local and national police arrived while they were breaking in and let them get away with it.
It is on the basis of a police report on this event, as well as the article in Nord Littoral and the photos it contains (which the journalist and the other intruders took while trespassing), that the Town Hall justifies its ban on access to the house. While it is the far-right that has been causing trouble in the neighbourhood for weeks, degrading, insulting, provoking, threatening and attacking, the Town Hall is validating and encouraging this harassment by trying to respond positively to their blackmail.
It’s not insignificant that the Town Hall is now trying to use the false pretext that the building is dilapidated. It could have tried to use this argument at any time since the building opened in February 2022. Taking advantage of the fact that undocumented migrants often wouldn’t dare press charges for trespassing, the cops have already entered the squat dozens of times. In the summer of 2023, they even accompanied the fire brigade as they rescued a child who had fallen through a roof. So they didn’t discover the state of the house on Tuesday 11 June; they already knew about it and had done nothing voluntarily up to that point. What’s more, thanks to the collective efforts of the last few weeks, the house is now in a much better state than when the cops came and went, and no longer presents any danger.
The timing of this attempted eviction shows the true face of the authorities in Calais: what bothers them is not the unhealthiness, the dangerousness of the place, the nuisance… What bothers them is that people in solidarity come to support the migrant people. For over 2 years, they have confiscated the site’s rubbish bins, prevented it from being connected to the electricity supply, and cracked down on supporters and residents (fines, arrests, deportations, etc.). This has ruined both the lives of the people in the squat and the peace and quiet of the neighbourhood. For their own political and racist interests, they divide people and pit them against each other.
In Calais, as everywhere else, we will not let the far right take over! Let’s join together to defend the Sauvage squat!
هذه النشرة تشرح الخيارات المتاحة أمام الشرطة في جميع أنحاء فرنسا. يمكن ملء المقاطع المحاطة بالإطارات بالمعلومات وفقًا للسياق المحلي. هذا الإصدار مكيف ل كاليه ء دونكيرك
This leaflet explains the possibilities of defense against the police throughout France. The framed passages can be supplemented with information depending on the local context. This version is suitable for Calais – Dunkirk.
Cette brochure explique les possibilités face à la police dans l’ensemble de la France. Les passages encadrés peuvent être complétés avec des informations selon le contexte local. Cette version est adaptée pour Calais – Dunkerque.