Calais, barbed wire city / Calais, ville barbelée

Since February 2020, only a couple months after the public transport had become free in the city of Calais, reports started coming that some bus stops were ignored altough people were standing at the sign, waving at the driver.
As people themselves reported, as well as passengers already on the bus, groups or individual presenting as “non white”, were deemed “non french” therefore ignored by some bus drivers and thus unable to catch a bus ride or having to wait for hours at bus stops.
Another french passenger reported noticing more than once that when only migrants were waiting at bus stops, the driver would only open the back doors, allowing for a new form of appartheid to take place (black on the back, white the rest of the bus). When questioned, answered that it was “for security reasons”, and because the other passengers just wanted to have a quiet ride.
As the Covid19 outbreak hit, new rules were imposed to those taking public transports, such as different time schedules, the mandatory use of masks and one seat out of two to be left empty.
Yet, as seen elsewhere in France with rising police abuses of power in controlling people papers and “certificates” needed to move around, this also meant more excuses for bus company to cover up this discriminations in accessing public transport.
And it didn’t end with the end of the lockdown.
Friends report being asked for French ID papers, while approaching one of the central bus stops, alone, provided with face mask and keeping distance, and being refused to board the bus as they were unable to provide this.
Tourists beware: you need French papers to take the free buses!
Of course controlled did not approach other people standing at the bus stop, waiting, nor any of the other non French but white people who commented the situation.
Old school racisms hits back once again. You are a group of 5, 6 white people waiting to take the bus at any given bus stop? No problem.
You are 5, 6 non-white people, perhaps taking the bus at a stop near where you live in an industrial area, a stone’s throw from a residential area. You may have nothing in common with the other people, one of you trying to get to the hospital, the other to the city centre, you speak different languages: you are a group of “migrants”. The bus will not stop for you.

 

More recently, a video circulating on social networks outraged more than one person. In the video, two people of colour are seen in a bus, forcibly removed from the bus by police officers.
In an article on this subject, the director of Calais Opale Bus, Daniel Roussel, has the merit of being clear and honest about the way things are going: “For the moment, we avoid taking migrants”.
It should be noted that the president of the SITAC is Philippe Mignonet, accessorily deputy mayor of Calais now, during the Republican period under Mayor Mme Bouchart. And that this specific episode is one of the many results, more or less spectacular, of the apartheid policy carried out by the municipality for years.

Similar episodes of racial profiling and discrimination have taken part at different times and in different context in Calais, sometimes being as official as asking for ID to go to the swimming pool , sometimes as informal practices taking place to deter people coming to Calais at all or to stay there.

Even if Calais has never been a top tourist destination except for the now largely defunct duty free trade, it seems that Calais business seem ready to blame migrants for the loss of trade but that trade is in fact as much being affected by the towns now widespread refusal to welcome migrants into their stores and bars. Businesses are being affected by the loss of spending power,nothing really do to do with migrants . Maybe potential tourists don’t want to stop off in a town now associated with the excessive police violence, and general meanness towards refugees as well as more or less excluding them from the town . Not excluding the fact that the fascist groups that attacks migrants are widely known about not just in Calais . As Calais is quickly gaining a reputation of being associated with the far right and a new kind of apartheid.

So migrants are blamed that passing trade in the town is said to have reduced, as well as being largely excluded from the town and confined in industrial areas at the outskirt of the city with a whole lots of association-provided parallel services than those available to citizens. And dare they not, claim their right to the city, to go to the Supermarket or take the bus! Newly arrived and want to have lunch, or access to shower? The message is clear: off to the jungles, you must go. Possibly by being invisble along the way, and walk.

bp00

Depuis février 2020, deux mois à peine après que les transports publics soient devenus gratuits dans la ville de Calais, des rapports ont commencé à arriver sur le fait que certains arrêts de bus étaient ignorés alors que des personnes se tenaient debout devant le panneau, faisant signe au conducteur.

Comme les personnes elles-mêmes l’ont rapporté, ainsi que les passagers déjà dans le bus, les individus se présentant comme “non blancs”, étaient considérés comme “non français” et donc ignoré·e·s par certain·e·s chauffeur·e·s de bus et ne pouvaient donc pas prendre le bus ou ont devaient attendre pendant des heures aux arrêts.

Un autre passager français a déclaré avoir remarqué plus d’une fois que lorsque seuls des migrant·e·s attendaient aux arrêts de bus, le chauffeur n’ouvrait que les portes arrière, permettant ainsi une nouvelle forme d’appartheid (les noirs à l’arrière, les blancs dans le reste du bus). Interrogé, il a répondu que c’était “pour des raisons de sécurité”, et parce que les autres passagers voulaient juste faire un tour tranquille.
Malheureusement, cela ne nous surprend pas.

Lorsque l’épidémie de Covid19 a éclaté, de nouvelles règles ont été imposées à ceux qui prennent les transports publics, comme des horaires différents, l’utilisation obligatoire de masques et le fait qu’un siège sur deux doit rester vide.
Cependant, comme on l’a vu ailleurs en France avec l’augmentation des abus de pouvoir de la police dans le contrôle des papiers et des “attestations” nécessaires pour se déplacer, cela signifiait aussi plus d’excuses pour les compagnies de bus pour dissimuler les discriminations dans l’accès aux transports publics.
Et cela ne s’est pas terminé avec la fin du confinement et des restrictions.
Des amis rapportent qu’on leur a demandé des papiers d’identité français, alors qu’ils s’approchaient d’un des arrêts de bus centraux, seuls, munis d’un masque facial et gardant leurs distances, et qu’on leur a refusé de monter dans le bus car ils n’étaient pas en mesure de leur fournir.
Attention aux touristes : vous avez besoin de papiers français pour prendre les bus gratuits !
Bien évidemment, les contrôleurs-euses n’ont pas approché les autres personnes attendant à l’arrêt de bus, ni les autres personnes non françaises mais blanches qui ont assisté·e·s à la scène.

Le racisme de la vieille école revient à la charge. Vous êtes un groupe de 5, 6 personnes blanches qui attendent le bus à un arrêt donné? Pas de problème.
Vous êtes 5, 6 personnes non blanches, qui prennent peut-être le bus à un arrêt proche de votre lieu de vie dans une zone industrielle à deux pas d’un quartier résidentiel. Vous n’avez peut-être rien en commun avec les autres personnes, l’une cherchant à se rendre à l’hôpital, l’autre vers le centre-ville, vous parlez des langues différentes : vous êtes un groupe de “migrants”. Le bus ne s’arrêtera pas pour vous.

Plus récemment, une vidéo circulant sur les réseaux sociaux a révolté plus d’une personne. Dans le vidéo on peut observer deux personnes de couleur, dans un bus, enlevées de force dudit bus par des policiers.
Dans un article à ce sujet, le directeur de Calais Opale Bus, Daniel Roussel, a le mérite d’être clair et honnête sur la façon dont les choses se passent : “ Pour l’instant, on évite de prendre les migrants
Il est à noter que le président de la SITAC est Philippe Mignonet, accessoirement adjoint au maire de Calais à l’époque républicaine sous la Maire Mme Bouchart. Et que cet épisode spécifique est l’un des nombreux résultats, plus ou moins spectaculaires, de la politique d’apartheid menée par la municipalité depuis des années.

Des épisodes similaires de profilage racial et de discrimination ont eu lieu à différents moments et dans différents contextes à Calais, parfois de manière aussi officielle que demander une carte d’identité pour aller à la piscine,   parfois de manière informelle, pour dissuader les gens de venir à Calais ou d’y rester.

Même si Calais n’a jamais été une destination touristique de premier plan, à l’exception  du commerce duty-free (détaxé) aujourd’hui en déclin, les entreprises calaisiennes sont souvent enclines à blâmer les migrants pour la perte de leur commerce. Mais ce commerce est en fait tout autant affecté par le refus désormais généralisé des villes d’accueillir les migrants dans leurs magasins et leurs bars. Les entreprises sont touchées par la perte du pouvoir d’achat, qui n’a rien à voir avec les migrant·e·s.

Les touristes potentiels ne
veulent peut-être pas s’arrêter dans une ville désormais associée
à la violence policière excessive, à la méchanceté générale
envers les réfugiés et à leur exclusion plus ou moins grande de la
ville. Ce qui n’exclut pas le fait que les groupes fascistes qui s’en
prennent aux migrants ne sont pas seulement connus à Calais.
En effet, Calais a rapidement eu la réputation d’être associée à l’extrême droite et avec un nouveau type d’apartheid .

On reproche don aux migrant·e·s de réduire le commerce de passage à Calais,  alors que ielles sont largement exclu·e·s de la ville et confiné·e·s dans des zones industrielles en périphérie de la ville, avec tout un tas de services associatifs parallèles à ceux offerts aux citoyen·ne·s. Et ils osent en plus revendiquer leur droit à la ville, à aller au Supermarché ou à prendre le bus !
Vous venez d’arriver et vous voulez déjeuner, ou avoir accès à une douche ? Le message est clair : c’est dans la jungle qu’il faut que tu aille. Et si possible, en étant invisible sur le chemin, et à pieds.

 

Testimonials / Témoignages

Calls for action / Appels aux actions

Coasts in Solidarity

On this page you will find the call for action in several languages:
Arabic, Dutch, Farsi, French, German, Greek, Italian, Paschtu, Spanish, Suaheli /

Sur cette page vous allez trouver l’appel aux actions dans des langues divers: allemand, arab, espagnol, farsi, français, grec, italien, pachtou, néerlandais, swahili

++++++++++++++++++++
Call for action – 20th of June – World Refugee Day – English version ++++++++++++++++++++

No one is illegal, never! – Open your borders, open your eyes!
Call for actions on 20 June 2020 – World Refugee Day – Join locally!

Corona prevents us from meeting – so we’ll spread out instead! Join the transnational solidarity action where ever you are and show that the struggle against racist border policies continues!

2020 has illustrated, better than ever before, that in today’s world equal rights for all human beings is still a distant goal. The situation of migrants in most parts of Europe and other parts of the
world is shameful. Camps at the external borders of Europe are overcrowded. Camps inside European countries remain.  Many migrants are still undocumented, living on the streets.

Even in these times, governments ignore the rights of refugees and migrants. By and large, it has been solidarity groups, NGOs, courageous citizens and migrants themselves who have countered the threat of the pandemic.

We want to draw attention to the situation of migrants, open the eyes of the wider public and demand practical solidarity. Because we absolutely want this situation to stop. It is based on laws and political decisions that definitely can and definitely must be changed.
We call for actions on 20 June – World Refugee Day!

“WE” – who are we?

We are antiracist activists from several European countries who formed the project, “Coasts in Solidarity”. Our main aim was to highlight and support the struggle of migrants at the closed UK border along the Channel and the North Sea during this summer. We wanted to organise harbour events, spread solidarity ideas and use the sailing vessel LOVIS to get more public attention. For obvious reasons we cancelled those plans. As the conditions for migrants have not improved, we agreed on alternative ways to raise attention and public pressure.

More information: https://coastsinsolidarity.noblogs.org

Our Proposal for Action
We’ve come up with an alternative common action: A flotilla of paper boats with short messages on them (like “Open your borders, open youreyes”, “Flight is not a crime”) will appear everywhere! Everybody can fold them, small and large, colored or not, and distribute them in public places, in buses and trains, at shopping centres or in parks.
Create your own ones or download the “form” that includes written testimonies of refugees, which can be folded into paper boats. This way, when the paper ship is unfolded, the voices of those who are mostly silenced become audible.

In addition, there will be audio files with recorded testimonies of migrants for downloading. Play them in public places, from balconies or bicycles, in buses and trains and elsewhere, via mobile phones or speakers.

Feel free to choose other actions or to combine our call with your demands.
Send pictures of your action and demands via twitter #coastsinsolidarity

For the right to stay and to move! Stop deportations – once and for all!

Dignified living conditions and health care for everybody! Close down all the camps – once and for all!

Build solidarity cities and networks! Let us change societies from their foundations!

++++++++++++++++++++++
Aktionsaufruf 20. Juni – Weltflüchtlingstag – Deutschsprachige Version
++++++++++++++++++++++

Kein Mensch ist illegal, niemals! – Öffnet Eure Grenzen, öffnet Eure Augen!
Aufruf zu Aktionen am 20. Juni 2020 – Weltflüchtlingstag – Werdet lokal aktiv!

Corona verhindert, dass wir uns treffen – also agieren wir dezentral! Beteiligt Euch an der transnationalen Soliaktion und zeigt, dass der Kampf gegen rassistische Grenzpolitiken weitergeht!

2020 hat besser als jemals zuvor gezeigt, dass in der heutigen Welt gleiche Rechte für alle Menschen noch immer ein fernes Ziel sind. Die Bedingungen für Menschen auf der Flucht sind in den meisten Teilen Europas und der Welt eine Schande. Die Lager an Europas Außengrenzen sind überfüllt. Die Lager im Innern europäischer Länder bestehen weiterhin. Viele Migrant*innen haben nach wie vor keine Papiere und leben auf der Straße.

Selbst in diesen Zeiten ignorieren Regierungen die Rechte von Flüchtenden und Migrant*innen. Vielerorts sind es Soligruppen, Nichtregierungsorganisationen, engagierte Bürger*innen und Migrant*innen selbst, die der Bedrohung durch die Pandemie entgegenwirken.

Wir wollen die Aufmerksamkeit auf die Lage von Migrant*innen lenken, die Augen der breiteren Öffentlichkeit öffnen and praktische Solidarität einfordern. Lasst uns den aktuelle Zustand beenden. Er basiert auf Gesetzen und politischen Entscheidungen, die sofort geändert werden können und müssen.
Wir rufen auf zu Aktionen am 20. Juni – dem Weltflüchtlingstag!

„WIR“ – Wer wir sind?
Wir sind antirassistische Aktivist*innen aus verschiedenen Ländern Europas, die 2019 das Projekt „Coasts in Solidarity“ gestartet haben. Unser Hauptziel in diesem Sommer war die Sichtbarmachung und Unterstützung des Kampfes von Migrant*innen entlang der geschlossenen britischen Grenze am Ärmelkanal und an der Nordsee. Wir planten Hafenveranstaltungen, wollten Solidaritätsideen verbreiten und das Segelschiff LOVIS nutzen, um mehr öffentliche Aufmerksamkeit zu erlangen. Aus offensichtlichen Gründen haben wir diese Pläne aufgegeben. Da die Bedingungen für Migrant*innen allerdings nicht besser beworden sind, wollen wir auf alternativen Wegen die Aufmerksamkeit steigern und öffentlichen Druck machen.

Weitere Informationen: https://coastsinsolidarity.noblogs.org

Unser Aktionsvorschlag
Wir haben uns eine alternative gemeinsame Aktion überlegt: Überall taucht eine Flotte aus Papierbooten auf, die kurze Nachrichten tragen (z. B.: „Öffnet Eure Grenzen, öffnet Eure Augen!“, „Flucht ist kein Verbrechen!“). Jede*r kann sie falten, klein oder groß, bunt oder nicht, und sie können überall an öffentlichen Orten platziert werden. In Bussen, Zügen, Geschäften und Parks.
Gestaltet Eure eigenen Boote oder ladet einen Vordruck von der Website herunter mit Aussagen von Geflüchteten, die Ihr zu einem Boot falten könnt. Wird das Boot entfaltet, werden die Stimmen jener lesbar, die sonst meist nicht gehört werden.

Außerdem wird es Audiodateien mit aufgenommen Berichten von Migrant*innen zum Download geben. Spielt sie öffentlich ab: von Balkonen oder Fahrrädern, in Bussen und Zügen oder anderswo – mit Mobiltelefon und Lautsprechern.

Gestaltet gerne andere Aktionen oder kombiniert Eure Forderungen mit unserem Aufruf.
Sendet Bilder von Eurer Aktion und Euren Forderungen über Twitter: #coastsinsolidarity.

Für das Recht zu Bleiben und auf Bewegungsfreiheit! Stoppt Abschiebungen – ein für alle Mal!

Würdige Lebensbedingungen und Gesundheitsversorgung für alle! Schließt alle Lager – jetzt und für immer!

Bildet solidarische Städte und Netzwerke! Lasst uns die Gesellschaften von Grund auf verändern!

CRA Coquelles fermé / detention centre in Coquelles closed down

On se félicite du maintien de la fermeture du CRA de Coquelles, vide depuis plus d’un mois. De trop nombreuses personnes y étaient enfermées par la criminalisation de leur situation administrative, trop de déportations ont eu lieu, des grèves de la faim, des conditions d’hygiène précaires et des violations grossières des droits, comme dans le cas d’une personne algérienne qui avait refusé sa propre déportation, et qui a été en conséquence réveillée, droguée et de facto kidnappée pour être amenée de force dans l’avion.
Des rumeurs circulent selon lesquelles le CRA rouvrira en septembre. Mais si on peut faire sans jusque-là, peut-on tout simplement ne pas le rouvrir?

Néanmoins, d’autres centres restent ouverts, et les personnes à Calais continuent d’être arrêtées, de sortir avec des OQTF et d’être criminalisées. Plusieurs personnes ont été récemment arrêtées lors d’interventions policières dans les campements, d’émeutes à cause de la constante présence policière, ou parfois lors des démantèlements plus gros et tendus qui ont lieu en plus des destructions quotidiennes de leurs milieux de vie.

Des personnes peuvent donc toujours être placées au CRA, directement ou en sortant de prison, les CRAs les plus proches de Calais étant Oissel (Rouen), Lesquin (Lille) ou les CRAs en région parisienne. Et c’est dégueulasse. Au cours du soutien de personnes transférées de Calais à Oissel l’année dernière, les conditions nous ont paru catastrophiques. À ce moment il y avait cinq personnes dans une chambre avec deux matelas. Il n’y avait aucun accès aux smartphones pendant toute la durée de la détention, et donc aucun moyen pour la personne détenue de contacter sa famille ou ses ami-e-s pour les prévenir de la situation. Les associations qui travaillaient à l’intérieur étaient la plupart du temps absentes ou incapables de nous dire si une personne qu’on cherchait était enfermée. Dans le cas cas d’une personne en particulier que nous recherchions, elles répondaient seulement ”non” ou ”peut-être. Les ami-e-s et la famille de cette personne n’ont toujours aucune trace de leur proche disparu. En général, en plus de la détresse générée pour la personne enfermée comme pour son entourage, il est parfois trop tard quand les personnes disparues sont retrouvées. L’année dernière, une personne a été deportée discrètement au Soudan de Oissel.

Le CRA de Coquelles étant éloigné du centre de Calais, cela rend aussi plus compliqué le fait de retrouver les personnes et les soutenir. Même si certaines frontières restent fermées, certaines déportations ont pu néanmoins avoir lieu, et avec la nouvelle loi asile en vigueur depuis 2018, la durée maximale de détention est passée de 45 jours à 3 mois, augmentant non seulement les probabilités d’obtenir un laisser-passer nécessaire pour une déportation, mais aussi ayant des effets à long terme sur la santé mentale des personnes enfermées.

Maintenant plus que jamais, il est important de soutenir les personnes privées de leur liberté, au CRA comme en prison.

Une vie sans CRA c’est possible, ils ne sont pas indispensables et on en veut pas.

Pour la fermeture totale et permanente de tout centre de détention!

__

4652

We were pleased by the recent decision to keep the Coquelles CRA (detention centre) closed, as it has been for more than a month already. Too many people have been locked up by the criminalization of their administrative situation, too many deportations have taken place, hungers strikes, poor hygiene conditions and gross violations of humans rights, as in the case of an Algerian person who had refused his own deportation and was consequently awakened, drugged and in fact kidnapped to be brought by force on the plane last year. However, rumours have begun circulating that it will reopen in September. But if we can do without until then, can it not just not reopen at all?

Nevertheless, other centres across France remain open, and people in Calais continue to be arrested, receive OQTF or are criminalised. Several people have been arrested in the past week, during daily raids in the camps, fights due to the constant police presence, or during the bigger and more tense evictions which are occcuring on top of the already terrible daily destructions.

Some people can then still be placed in the CRA, directly or after being released from prison, the closest detention centres to Calais now being Oissel (Rouen), Lesquin (Lille) or the CRAs in the Paris region. And it’s not great: the support of people transferred from Calais to Oissel last year, highlighted  conditions that seemed catastrophic to us. At that time there were 5 people in a room with 2 mattresses. There as no access to smartphones at all during the detention period and therefore no way for detained people to contact family and friends to warn them of their situation. The associations working inside were mainly absent or unable to tell us if someone we were looking for was locked in. For one person in particular who we were searching for, they only responded “no” or “maybe”. Friends and family still have no trace of this missing person and, other than the distress generated by the situation for both the person locked in and their friends, it is sometimes too late when missing people in this situation are found. Last year one person was discreetly deported to Sudan from Oissel after being held incommunicado there.

The remoteness of this centre also makes it more difficult to find the people and support them. Even though some borders remain closed, deportations have still still taken place in the past months and with the New Asylum Law since 2018 the maximum duration of detention has been changed from 45days  to 3 months, affecting not only on the probability of being deported, but also on the mental health of the people locked up.

Now more than ever, it is important to support those deprived of their liberty, both in the CRAs and in prisons.

A life without detention centres is possible, they are not necessary and we do not want them.

For the total and permanent closure of all detention centres!

Call for action – 20th of June – World Refugee Day – English version

*** We are currently working on translations into Arabic, Dutch, Farsi, French, German, Greek, Italian, Spanish, Suahili, … They will be published soon ***

No one is illegal, never! – Open your borders, open your eyes!
Call for actions on 20 June 2020 – World Refugee Day – Join locally!

Corona prevents us from meeting – so we’ll spread out instead! Join the transnational solidarity action where ever you are and show that the struggle against racist border policies continues!

2020 has illustrated, better than ever before, that in today’s world equal rights for all human beings is still a distant goal. The situation of migrants in most parts of Europe and other parts of the
world is shameful. Camps at the external borders of Europe are overcrowded. Camps inside European countries remain.  Many migrants are still undocumented, living on the streets.

Even in these times, governments ignore the rights of refugees and migrants. By and large, it has been solidarity groups, NGOs, courageous citizens and migrants themselves who have countered the threat of the pandemic.

We want to draw attention to the situation of migrants, open the eyes of the wider public and demand practical solidarity. Because we absolutely want this situation to stop. It is based on laws and political decisions that definitely can and definitely must be changed.
We call for actions on 20 June – World Refugee Day!

“WE” – who are we?

We are antiracist activists from several European countries who formed the project, “Coasts in Solidarity”. Our main aim was to highlight and support the struggle of migrants at the closed UK border along the Channel and the North Sea during this summer. We wanted to organise harbour events, spread solidarity ideas and use the sailing vessel LOVIS to get more public attention. For obvious reasons we cancelled those plans. As the conditions for migrants have not improved, we agreed on alternative ways to raise attention and public pressure.

More information: https://coastsinsolidarity.noblogs.org

Our Proposal for Action
We’ve come up with an alternative common action: A flotilla of paper boats with short messages on them (like “Open your borders, open youreyes”, “Flight is not a crime”) will appear everywhere! Everybody can fold them, small and large, colored or not, and distribute them in public places, in buses and trains, at shopping centres or in parks.
Create your own ones or download the “form” that includes written testimonies of refugees, which can be folded into paper boats. This way, when the paper ship is unfolded, the voices of those who are mostly silenced become audible.

In addition, there will be audio files with recorded testimonies of migrants for downloading. Play them in public places, from balconies or bicycles, in buses and trains and elsewhere, via mobile phones or speakers.

Feel free to choose other actions or to combine our call with your demands.
Send pictures of your action and demands via twitter #coastsinsolidarity

For the right to stay and to move! Stop deportations – once and for all!

Dignified living conditions and health care for everybody! Close down all the camps – once and for all!

Build solidarity cities and networks! Let us change societies from their foundations!

 

 

Prefecture, trust and evictions / Préfecture, confiance et expulsions

The strict lockdown finished in France last Monday, May 11th, but restrictive measures are still in place. The day after, the police came (once again) to destroy shelters, and steal stuff from migrants. But this time, not “only” to clear some areas to continue building fences. Not only to reenact “border spectacle”, in ridiculous yet devastating attempts to show public money is well spent and border is well protected.

This time, police came and told people they may just as well choose between getting on a bus or be arrested. Around 80 people were “invited” to board on buses, destination: temporary accommodation centre. No time to take belongings from your tent, let alone your tent.

A brief note: the associations made a complaint about these thefts over a year ago. The prefecture had answered with a letter, saying police are given the order to give a certain time to people to take their personal things in the beginning of the operation, and that modalities will be put for a more effective sorting of items found on the ground, to differentiate materials/detritus and personal items. It says this plan will include sorting, drying and redistributing items taken during evictions, and give possibility for associations clearly identified to take back, on the behalf of migrants, their personal items.

This was an admission that they are stealing things from migrants by using other words, they continue to do so and they say: “Oh, we stole from you, but hey your things are not in the garbage! We keep them, we just want to dry them and decide for you what is material/detritus from personal item”. And then they let the associations deal with the recovery of things. This is hypocritical, not funny (but certainly the prefecture are having fun) and still a theft. A theft is a theft, whatever you name it!

“Ordonnances sur requête aux fins d’expulsions”.

Since March 2019 there have been 11 of these expulsions ordered by the same judge, 3 between April 20th and May 12th. This is a change in the legal situation regarding these operations. While before the police weren’t necessarily provided with court decisions allowing to carry on evictions until now, that didn’t stop them from performing said evictions, calling them “clearances”, or different names. But the existence of those “ordonnances” and the way they were put on, shows that, faced with court cases from inhabitants and supporters accusing the State of disrespecting laws deemed to protect people occupying houses or camps, the powers that be try to cover this up with quasi-legal procedures.

As per the most recent evictions, you can read here the press release written and signed by some of the associations operating on the ground.

“But why is it so bad, if there are housing proposed now?”

The shelters “proposed”, and some times imposed, for the Covid 19 outbreak are far out of Calais, with various and not necessarily good housing conditions. They have also ben at their maximum capacity since a few days after buses had started bringing people there. What clearly doesn’t help, is that there is virtually zero information given to people about the type of accommodation, or the location of it. And with evictions still going on and difficulties in moving around as per little public transport, no wonder many choose not to trust the same state that carry on border policies affecting their daily lives.

While conditions in the camp are clearly unsanitary and dire, they are also created and sustained by local powers refusing to put in place trash collection systems, let people settle where they want to, and recognize them as humans. While the opening of housing accommodations may suit the demands for isolation of some of the people stranded in Calais and had been requested by associations, creating such opportunities and giving the power of creating them to the state, also risks making State accommodation the only choice available to people. This will inevitably for further criminalize those who choose stay outside or leave the temporary accommodation centers. Too often living conditions, negotiations, or other issues present in camps were pointed out or detailed by well-meaning associations, but have been used as reason to evict said camps. This has resulted in worse conditions for the former camp residents and increased precarity and fragility for those scattered around.

Some inhabitants on houses in the same area of some camps, in the Zone des Dunes, gathered outside the subprefecture to protest the insanitary conditions and that the camp evictions were never “cleaning” away “the problem”. Laurent Nunez, Secretary of State to the Minister of the Interior, was in Calais Thursday afternoon. Meeting at the sub-prefecture, then a passage through the “Zone Industrielle des Dunes” to visit the police forces, visit to the Calais police station, visit to the detention centre, meeting with the agents of the prefecture, the Audasse and the Vie active (both associations paid by the State), and then meeting with with Natacha Bouchart … do we need to know more?

It seems clear that by harassing people and making their lives unbearable so that they leave Calais or remain invisible enough, evictions are part of the strategy rather than a goal itself. Evicting a camp only to have people move for the time you are there and settle back shows the State’s actual interest isn’t the eviction itself but harassment and the distress coming from it.

Put no more trust in negotiating with the State, especially if the negotiation is about the colour of handcuffs other people are going to have to wear!

And if the State wants to put an end to the conditions of people trying to cross the border,it’s the border that they need to open.

26841378_552973688428249_5900272792661465004_o

___

Le confinementstrict s’est terminé en France lundi dernier, le 11 mai, mais les mesures restrictives sont toujours en place.

Le lendemain, la police est venue (une fois de plus) pour détruire des abris, et voler des trucs aux migrants. Mais cette fois, ce n’était pas “seulement” pour dégager certaines zones afin de continuer à construire des clôtures mais aussi pour faire le “spectacle du régime frontalier”, dans des tentatives ridicules mais dévastatrices de montrer que l’argent public est bien dépensé et que la frontière est bien protégée.

Cette fois, la police est venue et a dit aux gens qu’ils pouvaient tout aussi bien choisir entre monter dans un bus ou être arrêtés. Environ 80 personnes ont été “invitées” à monter dans les bus, destination : centre d’hébergement temporaire. Pas le temps de
prendre ses affaires dans la tente, encore moins la tente.

[Les associations avaient porté plainte pour ces vols il y a plus d’un an. La préfecture avait répondu par une lettre, qui stipulait que la police avait reçu l’ordre de donner un laps de temps aux personnes pour récupérer leurs affaires personnelles au début de l’opération, et que des modalités seraient mises en place pour un tri plus efficace des objets trouvés sur le terrain, afin de différencier les matériaux/détritus et les objets personnels. Elle précise que ce plan comprendra le tri, le séchage et la redistribution des objets pris lors des expulsions, et donnera la possibilité à des associations clairement identifiées de reprendre, au nom des
migrants, leurs objets personnels. Donc, en gros, ils ont admis qu’ils volaient les affaires des migrants en utilisant d’autres mots, ils continuent à le faire et ils disent “oh, on vous a volé, mais bon, vos affaires ne sont pas à la poubelle ! Nous les gardons, nous voulons juste les faire sécher et décider à votre place ce qui est considéré comme matériel ou détritus de ce qui est considéré comme objets personnels”.
Et puis ils laissent les associations s’occuper de la récupération des affaires. C’est hypocrite, pas drôle (mais la préfecture s’amuse certainement) et c’est quand même un vol. Un vol est un vol, quel que soit le nom que vous lui donnez ! ]

“ordonnances sur requête aux fins d’expulsions”. Depuis mars 2019, onze d’entre elles ont été ordonnées par le même juge, dont trois entre le 20 avril et le 12 mai.

Si jusqu’à présent, les policiers n’ont pas nécessairement reçu de décisions de justice leur permettant de procéder à des expulsions, cela ne les a pas empêchés de procéder à ces expulsions, en les appelant “nettoyages” ou sous d’autres noms. Mais l’existence de
ces “ordonnances” et la façon dont elles ont été mises en place, montre que face aux actions en justice des habitants et des soutiens, accusant l’Etat de ne pas respecter les lois censées protéger les personnes occupant des maisons ou des camps, les pouvoirs en place tentent de couvrir cela avec des procédures de type juridique.

Comme pour les expulsions les plus récentes, vous pouvez lire ici le communiqué de presse rédigé et signé par certaines des associations opérant sur le terrain.
“Mais pourquoi est-ce si mauvais, si des logements sont proposés
maintenant ?”
Les abris “proposés”, et parfois imposés, pour l’épidémie de Covid 19 sont loin de Calais, avec des conditions de logement diverses et pas forcément bonnes, et avaient atteint leur capacité maximale en nombre de personnes déjà quelques jours après que les bus aient commencé à y amener les gens. Ce qui n’aide évidemment pas, c’est aussi qu’aucune information n’a été donnée aux gens sur le type de logement, ni même sur son emplacement. Et avec les expulsions qui se poursuivent et les difficultés à se déplacer dans les transports publics, il n’est pas étonnant que beaucoup aient choisi de ne pas faire confiance à l’État qui mène des politiques frontalières affectant leur vie quotidienne.

Si les conditions dans le camp sont clairement insalubres et désastreuses, elles sont également créées et entretenues par les pouvoirs locaux qui refusent de mettre en place des systèmes de ramassage des ordures, de laisser les gens s’installer où ils veulent, de les reconnaître comme des êtres humains. Si l’ouverture de logements peut répondre aux demandes d’isolement de certaines des personnes bloquées à Calais et sollicitées par des associations, créer de telles opportunités et donner le pouvoir de les créer à l’Etat, c’est aussi risquer que l’Etat en fasse le seul choix possible pour les personnes, contribuant ainsi à criminaliser davantage ceux qui restent ou reviennent. Trop souvent, les conditions de vie, les conflits ou d’autres problèmes présents dans les camps ont été signalés ou détaillés par des associations bien intentionnées, mais ont été utilisés comme raison pour expulser lesdits camps, avec pour conséquence des conditions plus mauvaises pour les habitants et une fragilité accrue pour ceux qui sont dispersés parce qu’arrêtés ou amenés dans des centres ici et là.
Laurent Nunez, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur, était à Calais jeudi après-midi. Rencontre à la sous-préfecture, puis passage par la “Zone Industrielle des Dunes” pour visiter les forces de police, visite du commissariat de Calais, visite du centre de détention, rencontre avec les agents de la préfecture, l’Audasse et la Vie active (toutes deux associations payées par l’Etat), puis rencontre avec Natacha Bouchart … faut-il
en savoir plus ?
Il nous semble également évident qu’en harcelant les gens et en rendant leur vie insupportable pour qu’ils quittent Calais ou restent assez invisibles,  les expulsions font partie de la stratégie et ne sont pas un objectif en soi. Expulser un camp pour que les gens se déplacent le temps de l’intervention et se réinstallent juste après montre que
l’intérêt réel de l’État n’est pas l’expulsion elle-même mais le harcèlement et la détresse qui en découlent.

Ne faites plus confiance à la négociation avec l’État, surtout si la négociation porte sur la couleur des menottes que d’autres personnes vont devoir porter !

Et si l’État veut mettre un terme aux conditions de vie des personnes qui tentent de traverser la frontière, c’est cette frontière qu’il doit ouvrir.