La frontière tue – Border Kills

Lundi 20 mai 2019, tard dans la soirée, un homme a été mortellement percuté par un véhicule sur l’autoroute A16, au niveau de Guemps, village proche de Calais.

Ce jeune exilé érythréen, est une nouvelle victime des politiques et murs meurtriers.

Il est au moins la deuxième personne tuée par la frontière franco-anglaise en 2019.

Une personne de plus.

Cet après-midi se tiendra un hommage au jeune homme au Parc Richelieu à 18h30.

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On Monday, 20th of May, late on the evening, a man was fatally hit by a vehicule on the highway A16, around Guemps, a village nearby Calais.

This young man, an exile probably erytrean, is one more victim of the murderous walls and politics that make the border.

He is at least the second person killed by the France-UK border in 2019.

This afternoon, at 18.30, a vigil will be held in homage to this young man, at Parc Richelieu in Calais.

ALERTE EXPULSION SOUDAN// DEPORTATION TO SUDAN

ENGLISH BELOW

Quelques bonnes nouvelles : deux jeunes hommes soudanais ont obtenu le statut de réfugié, un depuis le centre de rétention de Coquelles et un de Oissel!
Les réponses positives aux demandes d’asiles effectuées depuis les CRAs sont très rares, toujours faites dans de très mauvaises conditions et dans de trop courts délais.
Seulement près d’un pour cent des personnes demandeuses d’asile y obtiennent un titre de séjour!
Ces deux personnes sont donc sorties libres, mais sans accompagnement ni informations concrètes sur les procédures à effectuer pour retirer leur titre de séjour.

Mr A., enfermé au CRA de Oissel, a été libéré lui aussi.

Cependant

La France continue de déporter vers le Soudan!

Au moins deux personnes enfermées au centre de rétention de Coquelles risquent une déportation vers le Soudan.

Pour l’un d’eux, Salah, une première tentative d’expulsion est prévue dans les jours qui suivent.

Voici la pétition lancée a son sujet par des personnes solidaires.

 

Cette année, au moins trois personnes ont été déportées contre leur gré depuis le début de l’année. Les amis et la famille de l’un d’eux, déporté il y a près d’un mois, n’ont à ce jour toujours aucune nouvelle.

LA FRANCE NE DOIT RENVOYER PERSONNE VERS LE SOUDAN.

STOP AUX DÉPORTATIONS.

ICI un article qui liste les choses possibles a faire, avec les contacts de la préfecture du Pas de Calais, responsable des OQTF qui justifient le maintien en rétention et les tentatives d’expulsions des personnes enfermées à Coquelles.

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ENGLISH

Some good news: two young Sudanese men have obtained refugee status, one from Coquelles detention center and one from Oissel!
Positive responses to asylums claims made in detention are rare, as the interview is always made in bad conditions and short time.
Only about one percent of people asking asylum inside CRAs gets a residence permit!
These two people are therefore free, but without support or concrete information on the procedures they should now follow to get the actual paper of their refugee status.

Mr A., ​​locked up at the CRA in Oissel, was released too.

However

France continues to deport to Sudan!

At least two people locked up in the detention center of Coquelles are still at risk of deportation to Sudan.

For one of them, Salah, a first attempt is expected to take place in the following days.

Here is the petition launched for him by people in solidarity.

Since the beginning of this year, at least three people have been deported to Sudan against their will. The friends and family of one of them, deported nearly a month ago, have still no news.

FRANCE SHOULD NOT RETURN ANYONE TO SUDAN.

STOP THE DEPORTATIONS.

HERE an article which lists what you can do, with the contacts of the prefecture of Pas-de-Calais, responsible for the OQTF (order to leave France) that is ground for detention in order to deport you for those locked up in Coquelles center.

EXPULSIONS Coquelles + Oissel // DEPORTATIONS Coquelles + Oissel

La France continue d’expulser vers le Soudan!
Après avoir expulsé Jebril le 20 mars, puis Mr Abdallah le 17 avril, détenus au Centre de rétention de Coquelles (62), aujourd’hui il y a encore des soudanais enfermés dans ce CRA qui risquent une déportation vers le Soudan.
Aujourd’hui, l’un d’entre eux, ayant son passeport sur lui, a été victime d’une tentative de renvoi juste après son passage devant le Tribunal Administratif. A priori, la tentative aurait échouée car le monsieur a pu refuser le vol, mais on reste vigilant.es.
Ces cas individuels sont les rares dont nous avons connaissance. Ces expulsions vers le Soudan, comme vers d’autres pays, ne sont pas des exceptions : un demandeur d’asile Afghan enfermé à Coquelles depuis plusieurs mois, Alifayez , a déjà résisté à une première tentative de renvoi. Il risque l’expulsion vers la Suède, qui a déjà rejeté sa demande d’asile. La Suède renvoie massivement des personnes vers l’Afghanistan malgré les risques connus dans ce pays, un des pays les plus dangereux au monde.
Vous trouvez ici la pétition lance par l’association Terre d’Errance pour tenter d’empêcher cette expulsion ainsi qu’un reportage de France3 sur Shaima et Alifayez et leur histoire d’amour en France.
Ces situations ne sont pas spécifiques à Coquelles, car en ces jours d’intenses manifestations au Soudan, des personnes retenues au CRA de Oissel (près de Rouen, 76) subissent également les conséquences des politiques racistes et risquent une déportation.
En fin de semaine dernière, un jeune homme soudanais a été déporté contre son gré vers le Soudan. Il avait quelques semaines auparavant réussit à refuser un premier vol.
Les conditions particulièrement inhumaines du centre de rétention de Oissel ont rendu impossible pour lui de communiquer sa situation à quiconque et n’a pu recevoir ni passer d’appels à ses amis ou sa famille, ni de recevoir aucun soutien. Cette situation permet aux autorités d’expulser plus facilement et en toute discrétion.
A ce jour, ni ses amis à Calais, ni sa famille au Soudan n’ont de nouvelles du jeune homme déporté.
Aujourd’hui, deux autres personnes soudanaises risquent un renvoi vers le Soudan depuis le CRA de Oissel.
Pour l’un d’entre eux, Mr A., la police a donné l’information que son premier vol serait le 25 avril, soit demain. Or, la police est venu le chercher cet après-midi, mercredi 24 avril, pour le conduire à l’aéroport. Pour cette fois-ci, Mr A. a pu refuser de partir depuis le CRA.
Le deuxième ressortissant soudanais a également refusé son premier vol.
Leur situation est extrêmement précaire, ils risquent à tout moment d’être emmenés de force.
Tous deux craignent la torture, l’emprisonnement ou la mort en cas de retour au Soudan.

LA FRANCE NE DOIT RENVOYER PERSONNE VERS LE SOUDAN.

STOP AUX DÉPORTATIONS.

ICI un article qui liste les choses possibles a faire, avec les contacts de la préfecture du Pas de Calais, responsable des OQTF qui justifient le maintien en rétention et les tentatives d’expulsions de ceux enfermés a Coquelles, et de l’un des soudanais à Oissel.
Pour l’autre personne enfermée a Oissel, Mr A., c’est la Prefecture du Calvados, que vous pouvez contacter ici ou directement en écrivant un mail au Préfet camille.goyet@calvados.fr .

 

 

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ENGLISH

France continues to deport to Sudan!

After Jebril on March 20, and then Mr. Abdallah on April 17, today there are still Sudanese nationals detained in the Coquelles Detention Center (62), who are at risk of deportation to Sudan.
Today there was the attempt to return one of them, having his passport on him, just after his passage before the Administrative Court . The information that we have is that the attempt would have failed because the person could refuse the flight, but we stay alert.

These individual cases are the few we know about. Deportations to Sudan, as well as to other countries, are not exceptions: an Afghan asylum seeker is currently locked up in Coquelles since several weeks. Alifayez has already resisted a first attempt to return him to Sweden, country which has already rejected his asylum application. Sweden is massively returning people to Afghanistan despite the known risks in this country, one of the most dangerous countries in the world.
You find here the petition launched by the association Terre d’Errance to try stop this deportation as well as a report on France3 (all in French) on Shaima and Alifayez and their love story in France.

These situations are not happening solely in Coquelles detention center: in these days of intense demonstrations in Sudan, some people retained at the CRA in Oissel (near Rouen, 76) are also suffering the consequences of racist policies and are at risk deportation.

Late last week, a young Sudanese man was deported against his will to Sudan. He had, few weeks before, managed to refuse a first flight.
The particularly inhuman conditions of the Oissel detention center made it impossible for him to communicate his situation to anyone and could not receive or make calls to his friends or family, or receive any support. This situation allows the authorities to expel more easily and discreetly.

To this day neither his friends in Calais nor his family in Sudan have any news of the young man deported.

Today, two other Sudanese people are at risk of being sent back to Sudan from Oissel detention center.
For one of them, Mr. A., the police gave the information that his first flight would be April 25, tomorrow. However, the police came to pick him up this afternoon, Wednesday, April 24, to drive him to the airport. This time, Mr A. could refuse to leave from the center and was not deported.
The second Sudanese national also refused his first flight.
Their situation is extremely precarious, they risk at any moment being forcibly taken away.
Both fear torture, imprisonment or death if returned to Sudan.
FRANCE SHOULD NOT RETURN PERSON TO THE SUDAN.

STOP THE DEPORTATIONS.

HERE an article which lists the possible things you can do, with the contacts of the prefecture of the Pas de Calais, responsible for the OQTF that is ground for the retention and the eventual deportation of those locked up in Coquelles, and of one of the Sudanese in Oissel.
For the other person detained in Oissel, Mr A., ​​you can contact the Prefecture of Calvados or write directly to the Prefect camille.goyet@calvados.fr.

Soutenir les personnes en rétention // Support people in retention

(English below)

Une version mise à jour du guide Soutenir les personnes en rétention est disponible sur la page Resources de ce blog.

Un nouveau document, le répertoire des centres de rétention de France, comprenant la liste des CRA, des infos basiques et leur contacts y a été ajouté.

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An updated version of the short guide How to support people in detention is available on the page Resources on this blog.

A new document, the list ot the french deport centers with their contacts and basic infos, is also available on Resources (in french).

EXPULSION SOUDAN 17 AVRIL // DEPORTATION TO SUDAN 17 APRIL

L’image contient peut-être : une personne ou plus, personnes debout, ciel et plein air

collectif asuad

MISE A JOUR 16h:

Husman, aussi connu sous le nom de Hisham, a finalement decide de ne pas resister contre sa deportation, et il est en route pour le Soudan.

Voici un texte avec des mots d’une des personnes solidaires en Belgique:
Hisham s’est envolé.Epuisé. Il n’a plus eu la force de protester.
Cassé. Il n’a plus eu la volonté de faire valoir ses droits.
Il est monté dans cet avion. En silence.
Il est parti comme il a survécu ici pendant ces quelques mois. En silence. Dans l’indifférence.
Pourtant, quand il est arrivé ici, il débordait de cette force vitale qu’il faut pour tout quitter, dans l’espoir de réussir à survivre, à vivre ailleurs. Il est arrivé ici avec dans la tête cette idée d’une Europe meilleure, d’une Europe de libertés et de droits. D’une Europe où chaque voix compte. Ou chaque voix à le droit de se faire entendre. Il rêvait de trouver une place où vivre. Etre lui-même. Donner la chance à ses enfants peut-être de grandir. D’être meilleurs que lui-même. D’être un citoyen comme un autre.
Il s’est battu. Comme un lion. Mais peu à peu, il a perdu le feu. Perdu la force. Derrière les barreaux, ses espoirs se sont envolés. En ce moment, il est dans l’avion. Menotté.
Je ne le connais pas. Mais je connais ceux et celles qui, en Belgique et en France se sont battues pour lui. Battues contre un système qui écrase, qui broie, qui déshumanise. L’une d’elle m’a dit : “Je n’ai pas la force de poster l’info. Je ne trouve pas les mots juste pour expliquer que nos gouvernements l’ont épuisé.”
C’est à sa demande que j’écris ceci. Pour lui, pour elle, pour toutes les bénévoles qui ont pris le relais de ce combat qui le tenait en vie. Et pour tous ceux et celles qui font leur la révolte des plus malmenés.
Un homme épuisé s’est envolé aujourd’hui.
Vas, Hisham, vnotre coeur vole avec toi.”

UPDATE 4pm:

Husman – also known as Hisham- has finally decided not to resist against his own deportation and is now on its way to Sudan. Tired, after more than 2 months in retention center in France and the racist politics that make life so difficult for some of us.
Here some words from a friend in solidarity from Belgium:
“Hisham flew away.
Exhausted. He no longer had the strength to protest.
Broken. He no longer had the strength to fight for his rights.
He got on this plane. In silence.
He left as he survived here during these few months. In silence. In the indifference of people.
However, when he arrived here, he was overflowing with this vital force that it takes to leave everything, in the hope of succeeding in surviving, living elsewhere. He came here with the idea of ​​a better Europe, of a Europe of freedoms and rights. Of a Europe where every voice counts. And every voice has the right to be heard. He dreamed of finding a place to live. To be himself. Give his children the chance to grow up. To be better than himself. To be a citizen like any other.
He fought. Like a lion. But little by little, he lost fire. Lost strength. Behind bars, his hopes are gone. Right now he is on the plane. Handcuffed.
I do not know him. But I know who in Belgium and France fought for him. Beaten against a system that crushes, crushes, dehumanizes. One of them said, “I do not have the strength to post the news, I can not find the words just to explain that our governments have exhausted it.”
It is at her request that I write this. For him, for her, for all the volunteers who took over the fight that kept him alive. And for all those who are in solidarity with the fight of the oppressed.
An exhausted man flew away today.
Go, Hisham, our heart is flying with you. “
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Après la déportation le 20 mars de Jebril, Mr. Abdallah avait déjà été emmené une première fois à l’aéroport où l’attendait un vol vers le Soudan. Il est parvenu à resister a cette expulsion forcée.
Aujourd’hui, la police tente une nouvelle fois de le déporter.

LA FRANCE NE DOIT RENVOYER PERSONNE VERS LE SOUDAN.

STOP AUX DEPORTATIONS.

VOICI DES CHOSES QUE VOUS POUVEZ FAIRE:
Allez à l’aéroport: si vous n’êtes pas loin, vous pouvez vous rendre à l’aéroport Paris Charles de Gaulle et distribuer des tracts aux passagers du vol pour le Soudan et leur expliquer la situation (attention: il n’y a pas de vol direct, regardez les départs Qatar Airlines/ Turkish Airlines).
Exemple de message à partager:

LA FRANCE RENVOIE DES PERSONNES À LA MORT!
En ces jours de de solidarité et de rage
au Souda après la mobilisation du peuple qui a déchu le dictateur aLbAachir, la France, pays des droits de l’homme, renvoie des personnes au Soudan.
Monsieur
Abdalla Husman va être sur votre vol, déporté de force dans une dictature où il craint pour sa vie, car si meme aL-bAchir n’est plus au pouvoir, rien n’est certain pour la suite pour le futur politique du pays.
Husman est profondément affecté par les traumatismes liés à la torture dans son pays d’origine, ainsi que par les semaines passés dans un centre de rétention en France.
Il ne veut pas
être déporte au Soudan, VOUS POUVEZ L’AIDER.

Si vous le voyez, essayez de lui parler directement!
ALERTEZ LES AUTRES PASSAGERS ET L’ÉQUIPE DE CABINES SUR LA SITUATION, TEMOIGNEZ SUR CE QUI SE PASSE.
EN TANT QUE PASSAGER, VOUS POUVEZ INFORMER LE PILOTE QUE VOUS NE VOULEZ PAS VOYAGER DANS DE TELLES CIRCONSTANCES: SI IL EST À BORD.
ESSAYEZ DE CONVAINCRE LE PILOTE. SEUL LUI OU ELLE PEUT REFUSER D’EMBARQUER HUSMAN.

Pour en savoir plus sur la situation au Soudan: https://www.amnesty.fr/pays/soudan et https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/04/16/soudan-les-manifestants-toujours-mobilises-pour-reclamer-un-pouvoir-civil_5450960_3212.html


Ce que vous pouvez faire – et cela a déjà marché par le passé (voir ici et ici) :

Faire pression sur le gouvernement
sec.immigration@interieur.gouv.fr, 01 49 27 49 27
premier-ministre@pm.gouv.fr
Interpeller par mail Fabien Sudry, le préfet du Pas-de-Calais pour lui demander d’annuler toutes les OQTF pour le Soudan, ainsi que sa décision d’expulser monsieur A. , ou encore
Par téléphone : (+33) (0) 3.21.21.20.00
Par fax : (+33) (0)3.21.55.30.30
D’autres contacts utiles :
Ministre de l’Interieur Christophe Castaner

Ou via ce formulaire.

Écrire aux compagnies aériennes Air France, ou Turkish Airlines auprès desquelles sont généralement réservés les vols pour les expulsions vers des pays comme le Soudan. Vous pouvez téléphoner à leur agence de Paris ou vous y rendre pour expliquer courtoisement votre point de vue sur leur participation à ces expulsions.
Vous pouvez aussi les interpeller sur https://www.facebook.com/pg/turkishairlines/
https://twitter.com/turkishairlines
https://www.instagram.com/turkishairlines/
https://www.linkedin.com/company/turkish-airlines/
https://plus.google.com/+TurkishAirlines
https://www.youtube.com/user/TURKISHAIRLINES

 

Lettre type:

Monsieur le Préfet, A qui de droit,

Je vous alerte concernant le risque d’expulsion de M. Husman A., ressortissant soudanais enfermé au centre de rétention de Coquelles depuis le mois de février.
Le risque d’expulsion vers le Soudan est imminent, celle-ci étant prévue pour le 2 avril.
S’il est expulsé vers ce pays, il y risque la détention arbitraire, des traitements inhumains et dégradants, la torture ou une exécution extrajudiciaire.

Deux arrêts de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, datés du 15 janvier 2015 – A.A. c. France (n o 18039/11), A.F. c. France (n o 80086/13) – ont jugé que l’éloignement des requérants soudanais emporte violation de l’article 3 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme, eu égard aux risques avérés de traitements inhumains ou dégradants en cas de renvoi au Soudan. La Cour Européenne des Droits de l’Homme a jugé que les mesures d’éloignement prises à l’encontre des requérants soudanais étaient contraires à cet article.

Je souhaite également attirer votre attention quant à la détérioration actuelle de la situation sécuritaire au Soudan, telle que documentée par les rapports et articles d’Amnesty International et Human Rights Watch les mois derniers. En effet, ces instances mettent en avant les violations des droits de l’homme commises dans le cadre de la violente répression contre la population et les manifestants depuis décembre 2018. Cette répression a fait une soixantaine de morts, plus d’un millier d’arrestations et environ 2000 blessés. Les enlèvements et la torture sont pratiqués à grande échelle par les Services de Sécurité (NISS). Les soudanais expulsés sont interceptés et interrogés par les Services de Sécurité à leur arrivée au Soudan ; de nombreux témoignages confirment que, pour plusieurs ressortissants expulsés, leurs proches sont sans nouvelles d’eux depuis leur expulsion. Ils sont arrêtés, disparaissent, et à ce jour ont possiblement été tués. Omar Al-Bachir est toujours recherché pour crimes pour l’humanité, génocide et crimes de guerre, condamné par la Cour Pénale Internationale.

M. Husman A. s’est exprimé sur ses craintes en cas de retour, et son état physique et psychologique est extrêmement fragile. La mise en rétention l’a beaucoup affaibli et son état actuel le met en grand danger en cas d’expulsion.

Dans ces conditions et pour toutes ces raisons, l’expulsion vers le Soudan constitue une atteinte grave à la vie de cette personne. Le danger en cas d’expulsion est avéré.

Je vous demande de bien vouloir prendre en compte ces craintes, ainsi que les risques avérés d’emprisonnement, de torture et d’exactions sur les ressortissants soudanais en cas de retour.

Je vous demande donc de procéder à l’annulation de la décision d’expulsion et à la libération de monsieur Husman A.
Veuillez agréer, Monsieur le préfet, l’expression de mes salutations citoyennes.
XX

ÇA A MARCHÉ PAR LE PASSÉ ; PARTAGEZ!

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ENGLISH
Today, another attempt to deport people back to their homecountry!
After Jebril was deported on the 20 March, France had also tried to deport Mr. Abdallah. That time, Husman managed to resist his deportation and was brought back to Coquelles detention center.
This morning, the police came to drive him to Charles de Gaulle airport near Paris, in a second attempt to deport him.
STOP DEPORTATION!
HERE SOME YOU CAN DO TO SUPPORT HIM, that has already worked in the past:Go to the airport: if you are nearby, you can go to the airport and distribute flyers to people on the check in for flights going to Sudan (warning: there is no direct flights so check for Quatar Airlines for Doha), and talk to them to explain there may be a person on their flight that is in danger and that they can stand up and ask the pilot not to take off with the person who is in danger on board.
Example of message to give out:

FRANCE SENDS PEOPLE BACK TO DEATH!
In these days of
solidarity and rage after a protests of the people that removed from its office dictator aL-bAshir, France, the country of human rights, deports people back to Sudan.
Mr
Abdalla Husman will be on your flight, being forcibly deported to a dictatorship where he fears for his life, because even if the dictator is not anymore in power nothing is clear yet about the future of the country.
Husman is deeply affected by trauma from torture back in his home country, as well as the weeks spent in detention center in France.
He does not want to be deported to Sudan, and YOU CAN HELP HIM.

IF YOU SEE HIM, TRY TO TALK TO HIM DIRECTLY!
ALERT THE OTHER PASSENGERS AND THE CABIN CREW ABOUT THE SITUATION, WITNESS AND DOCUMENT WHAT’S HAPPENING.
AS A CLIENT, YOU CAN INFORM THE PILOT THAT YOU DO NOT WISH TO TRAVEL IN SUCH CIRCUMSTANCES: IF HE IS ON BOARD.
TRY TO CONVINCE THE PILOT, ONLY HIM OR HER CAN REFUSE TO EMBARK HUSMAN.

To know more about the situation in Soudan: https://www.amnesty.org/en/countries/africa/sudan/ and https://www.hrw.org/africa/sudan

 and https://www.theguardian.com/world/sudan 

If you are not nearby the airport, who you can write to:

Call on the Minister of the Interior to call for an end to the expulsion: sec.immigration@interieur.gouv.fr

Write a message or telephone the prefect of Pas-de-Calais, Fabien Sudry, responsible for the order to leave France that creates the ground for the deportation to happen, to ask him to cancel it:
Contact form: http://pas-de-calais.gouv.fr/Contactez-nous
Phone: 03.21.21.20.00

Contact the company Air France, or Turkish Airlines, that commonly lets deportation happen on their flights to countries such as Sudan. You can call its Paris office or go there to explain your point of view on their participation in these expulsions.
You can also contact them on https://www.facebook.com/pg/turkishairlines/
https://twitter.com/turkishairlines
https://www.instagram.com/turkishairlines/
https://www.linkedin.com/company/turkish-airlines/
https://plus.google.com/+TurkishAirlines
https://www.youtube.com/user/TURKISHAIRLINES

Example of message you can send – in French- to the authorities:

Monsieur le Préfet, A qui de droit,

Je vous alerte concernant le risque d’expulsion de M. Husman A., ressortissant soudanais enfermé au centre de rétention de Coquelles depuis le mois de février.
Le risque d’expulsion vers le Soudan est imminent, celle-ci étant prévue pour le 2 avril.
S’il est expulsé vers ce pays, il y risque la détention arbitraire, des traitements inhumains et dégradants, la torture ou une exécution extrajudiciaire.

Deux arrêts de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, datés du 15 janvier 2015 – A.A. c. France (n o 18039/11), A.F. c. France (n o 80086/13) – ont jugé que l’éloignement des requérants soudanais emporte violation de l’article 3 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme, eu égard aux risques avérés de traitements inhumains ou dégradants en cas de renvoi au Soudan. La Cour Européenne des Droits de l’Homme a jugé que les mesures d’éloignement prises à l’encontre des requérants soudanais étaient contraires à cet article.

Je souhaite également attirer votre attention quant à la détérioration actuelle de la situation sécuritaire au Soudan, telle que documentée par les rapports et articles d’Amnesty International et Human Rights Watch les mois derniers. En effet, ces instances mettent en avant les violations des droits de l’homme commises dans le cadre de la violente répression contre la population et les manifestants depuis décembre 2018. Cette répression a fait une soixantaine de morts, plus d’un millier d’arrestations et environ 2000 blessés. Les enlèvements et la torture sont pratiqués à grande échelle par les Services de Sécurité (NISS). Les soudanais expulsés sont interceptés et interrogés par les Services de Sécurité à leur arrivée au Soudan ; de nombreux témoignages confirment que, pour plusieurs ressortissants expulsés, leurs proches sont sans nouvelles d’eux depuis leur expulsion. Ils sont arrêtés, disparaissent, et à ce jour ont possiblement été tués. Omar Al-Bachir est toujours recherché pour crimes pour l’humanité, génocide et crimes de guerre, condamné par la Cour Pénale Internationale.

M. Husman A. s’est exprimé sur ses craintes en cas de retour, et son état physique et psychologique est extrêmement fragile. La mise en rétention l’a beaucoup affaibli et son état actuel le met en grand danger en cas d’expulsion.

Dans ces conditions et pour toutes ces raisons, l’expulsion vers le Soudan constitue une atteinte grave à la vie de cette personne. Le danger en cas d’expulsion est avéré.

Je vous demande de bien vouloir prendre en compte ces craintes, ainsi que les risques avérés d’emprisonnement, de torture et d’exactions sur les ressortissants soudanais en cas de retour.

Je vous demande donc de procéder à l’annulation de la décision d’expulsion et à la libération de monsieur Husman A.
Veuillez agréer, Monsieur le préfet, l’expression de mes salutations citoyennes.
XX

Appel à rassemblement / gathering in Calais

ENGLISH BELOW
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Nous relayons ici le communiqué du collectif Appel d’Air, déjà organizateur du rassemblement contre les violences policières le 31 mars dernier. Pour rappel, vous trouverez ici une liste non exhaustive des morts à la frontière Franco-Britannique, et pour en savoir plus il y a cette liste chronologique de victimes, cette cartographie interactive ou encore ce papier paru dans la revue du Gisti.

Ni oubli, ni pardon pour les victimes des frontières

Rassemblement en mémoire des morts aux frontières à l’initiative de personnes exilé.e.s, rescapé.e.s de traversées périlleuses, et d’habitants et de bénévoles.
Vendredi 12.04.19, à 18H, digue Gaston Berthe, plage de Calais.

À Calais, la politique envers les personnes exilées s’est durcie depuis un mois et demie, avec un harcèlement soutenu et des violences policières accrues, ainsi que des expulsions quotidiennes des campements de toute la ville de Calais.
 Le collectif Appel d’air est un mouvement spontané des personnes exilées de Calais, qui veulent se réapproprier le droit à la parole, à la participation social et politique avec le soutien de bénévoles associatifs.
Le collectif s’est organisé et mobilisé autour de plusieurs revendications. Après un rassemblement le 31 Mars dernier place d’armes, les membres du collectif souhaitent organiser un moment de commémoration et d’hommage à leurs proches, morts sur le chemin de l’exil.
« Nous avons traversé la méditerranée, nous avons survécu, et maintenant nous sommes face à la manche, dans la même situation. Aujourd’hui nous sommes contraint.e.s de reprendre les mêmes risques et de remettre à nouveaux nos vies en danger, alors que nous sommes déjà survivant.e.s. L’Europe et son règlement Dublin III nous oblige à nous mettre toujours plus en péril, en tout impunité et dans la plus grande indifférence.
Il y a toujours des personnes qui tentent et qui tenteront leur chance à Calais, même si elles risquent la mort. Kiar, notre frère de 19 ans, est décédé le 8 mars dans un camion de marchandise. Chaque réfugié.e survivant à Calais a perdu des proches sur le chemin, en Libye, en Méditerranée, en France … Pour autant la situation ne change pas. »
Nous dénonçons la responsabilité de l’Etat face aux décès qui adviennent à la frontière. C’est aux vues de toutes ces revendications que nous vous proposons de vous joindre à nous, le Vendredi 12 Avril de 18h à 20H , sur la plage de Calais, au niveau de la digue Gaston Berthe.
La mobilisation sera consacrée à des prises de paroles de personnes exilées, et d’un jeté de fleurs symbolique dans l’eau.
Le collectif Appel d’air.
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ENGLISH

Never forgive, never forget: for all the victims of borders


Gathering in memory of those who died at the borders on the initiative of exiled people, survivors of perilous crossings, inhabitants and volunteers.
Friday 12.04.19, at 6pm, digue Gaston Berthe, Calais beach.

In Calais, the policy towards the exiled has hardened since a month and a half, with continued harassment and increased police violence, as well as daily evictions of the camps throughout the city of Calais.
The Appel d’air collective is a spontaneous movement of migrant people in Calais, who want to reclaim the right to speak, to take part in social and political life with the support of associative volunteers.
The collective gathers and organizes around several points. After a gathering last March, 31 in Place d’Armes, members of the collective want to give a tribute to their loved ones, a commemoration for those dead on the road to exile.

“We crossed the Mediterranean, we survived, and now we are in Calais, in the same situation. Today we are forced to take the same risks and put our lives in danger again, when we are already survivors. Europe and its Dublin III regulations force us to put ourselves at greater risk, with complete impunity and indifference.
There are always people who try and try again their chance to cross, in Calais, even if they risk death. Kiar, our 19-year-old brother, died on March 8 in a freight truck. Every refugee who survives in Calais has lost relatives on the way to Libya, the Mediterranean, France … So far the situation does not change. ”

We denounce the responsibility of the state for the deaths that happen at the border. It is with this in mind that we propose you to join us on Friday, April 12 from 6pm to 8pm for a gathering on the beach of Calais, at the digue Gaston Berthe.
The mobilization will be for migrant people to speak out, and flowers will be thrown in the water in a symbolic action.

The Appel d’air collective.

UPDATE deportation Soudan

La déportation vers le Soudan prévue Mardi dernier, le 2 avril, a échoué.

Très éprouvé par les conditions de rétention, et choqué par la violence exercée par la police sur certains de ses co-détenus, Husman n’a pas refusé de monter dans le véhicule qui l’a conduit à l’aéroport.

Une fois arrivé et monté dans l’avion, il a fait part de son refus de retourner au Soudan.

Il a donc été reconduit au CRA de Coquelles.

Nous restons extrêmement vigilant-e-s, d’autres vols risquent d’être prévus pour lui s’il n’est pas libéré rapidement.

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M. Abdalla Husman was not deported to Sudan as planned, last Tuesday, 2nd April.

Much affected by life conditions inside the retention center, and shocked by the behaviour of the police on some of his co-detainees, Husman didn’t refuse to get in the car driving him to the airport.

Once in the plane, he let people know that he didn’t want to be deported back to Sudan, and was let go.

Police drove him back to Coquelle retention centre, where he is again currently detained.

We stay vigilant, as other flights may be planned for him in following days if he is remains in detention.