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Calais : appel à manifester // Callout for a demonstration – 8 octobre 2021

« Pour tous ceux qui se soucient des personnes Exilées en France et à Calais en particulier nous souhaitons que vous nous souteniez dans cette manifestation qui aura lieu le vendredi 8 Octobre à 17h30 au 39 rue de Moscou à Calais.

Nous avons été patients avec les souffrances et les tragédies dans lesquelles nous vivons. Aujourd’hui nous manquons de patience, alors nous avons décidé protester. Nous protestons contre l’injustice et l’absence de médias, et défendons nos droits, nos droits perdus et le droit de l’âme pure et innocente qui a été tuée la semaine dernière. » 

Lettre écrite par les personnes exilées à l’origine de la manifestation
#LavoixdesréfugiésdeCalais

English:
“For everyone who cares about immigrants in France and in Calais in particular, we want you to support us during a demonstration that will take place on Friday 8th of October, 5:30pm at 39 Rue de Moscou. 

We were patient with the suffering and tragedies that we live until we ran out of patience, so have decided to have a demonstration. We will protest against injustice and the absence of mediatisation of our situation and wish to defend our rights, our lost rights, and the right of the pure soul that was killed without guilt in the past days.”

Letter written by the exiled people at the origin of the demonstration
#TheVoiceofCalaisrefugees

Arabe/Arabic

“لكل من يهتم بالمهاجرين في فرنسا ، نريدك أن تدعمنا في تلك المظاهرة التي ستقام يوم الجمعة 10/8 في الساعة 5:30 مساءً.

صبرنا على المعاناة والمآسي التي نعيشها حتى نفد صبرنا ، لذلك قررنا القيام بمظاهراتنا. نحن نحتج فيها على الظلم وغياب الإعلام ، وندافع عن حقوقنا وحقنا المفقود وعن حق الروح الطاهرة التي قتلت بلا ذنب في الايام القليله الماضية”

Message des réfugié-es de Calais après la mort de notre frère / Message from the refugees after the death of our brother

Mardi 28 septembre dernier, Yasser, un jeune homme soudanais est décédé à la frontière franco-britannique. Malgré sa peine, sa famille a choisi d’enterrer le corps de Yasser à Calais. Des proches de Yasser et des membres de la communauté soudanaise de Calais ont écrit la lettre suivante, disponible en français, arabe et anglais.

Jour après jour, nous appelons. Mais personne ne nous entend. C’est le langage de nos cœurs ici à Calais. Calais est une très belle ville, mais nous vivons simplement derrière un rideau de beauté. Nous ne pouvons voir les lumières ni de la vérité, ni de la liberté, ni de la sécurité à Calais.

Nous sommes venus dans cette ville parce que nous avons un petit objectif. Nous vivons dans l’espoir que demain sera peut-être meilleur. Mais nous devons demander, pourquoi l’univers ne nous permet pas d’atteindre notre futur, notre liberté, notre sécurité ? 

Chaque matin à Calais, il y a une nouvelle épreuve. Nous vivons en sachant que nos amis qui sont avec nous aujourd’hui ne seront peut-être plus avec nous demain. La mort est dans nos yeux, la peur et l’anxiété ne quittent pas nos esprits. 

Nos vies sont pleines d’histoires, mais elles sont très tristes et douloureuses. 

Aujourd’hui, nous avons perdu le sourire de notre cher frère Yasser. Hier encore, il jouait avec nous.

Nous marchons sur les routes pendant la journée mais la peur ne nous quitte pas. Puis nous essayons de manger mais nous ne goûtons que la tristesse. Nous buvons de l’eau mais nous n’étanchons pas notre douleur. Quand la nuit arrive à Calais, c’est calme. Nos yeux essaient de se reposer mais nous n’avons pas d’endroit pour dormir. Tout cela parce que nous avons un petit objectif.

La police de Calais. Nous nous demandons de temps en temps : pourquoi toute cette cruauté de votre part ? Vous savez que nous ne sommes pas vos ennemis.

Nous vivons dans les bois, loin de vos yeux, parce que nous vous craignons. Pourtant, vous venez tôt le matin et prenez nos affaires de fortune comme s’ils n’étaient rien pour vous mais vous savez très bien qu’ils sont tout pour nous.  Nos maisons. Sans humanité, vous nous laissez à l’air libre avec le froid qui nous pince et la pluie sur nos têtes comme si nous n’étions pas des êtres humains.

Puis si nous essayons de partir pendant que vous détruisez nos biens, nous sommes battus et gazés par certains de vos membres. Ensuite, vous nous faites monter de force dans des bus du gouvernement en direction d’endroits lointains que nous n’avons jamais vus auparavant, en prétendant que tout cela est pour notre «protection». Pourquoi ne nous demandez-vous pas notre avis avant ?

Les chauffeurs routiers. Lors de nos tentatives de passage de la frontière en camion, nous subissons des blessures répétées qui entraînent des fractures, des blessures graves voire la mort. Nous pensons que chaque blessure que nous avons reçue avait une intention délibérée de la part des chauffeurs. 

C’est clair, lorsque vous, le conducteur, remarquez qu’un réfugié se trouve dans le camion. Vous secouez le camion et appuyez sur les freins encore et encore jusqu’à ce que nous lâchions prise. Vous savez que nous allons tomber et nous casser une épaule, une main, une jambe ou la colonne vertébrale. Mais cela ne vous suffit pas. Lorsque nous tombons au sol, vous nous frappez sérieusement. Vous vous éloignez et continuez votre chemin. Quand nous ouvrons les yeux, nous sommes à l’hôpital, encore une fois. Pourquoi ne pouvons-nous pas continuer notre voyage ? 

Les organisations humanitaires et l’aide médicale à Calais. Nous profitons de cette occasion pour remercier chaleureusement les personnes qui portent les vestes d’aide humanitaire à Calais. Merci pour le travail que vous faites encore et encore. Vous sauvez la vie de nos frères et sœurs blessés. Nous vous devons beaucoup. Nous remercions également nos frères et sœurs des organisations qui nous aident en nous fournissant de la nourriture, de l’eau et des douches.

Pour Yasser.

De la part des réfugiés de Calais, 2021.

A young girl died at the border // Une fillette meurt à la frontière

Cops and borders killed once again.

In the night from wednesday 16th to thursday 17th, a van driving on the E42 didn’t stop at a police control in the area around Namur (Belgium). The police started chasing them. In unclear circumstances the cops then shot the van. When the van was finally blocked, near Mons, 30 people (“migrants”, in the medias) were found inside, 4 of which were minors. Everybody was arrested, but a little kurdish girl, aged of 2 or 3, who died in the ambulance.

The autopsy gave as reason of the death a bullet found in the girl’s cheek (article in French).

The girl and her parents had been living in Grande Synthe (Dunkerque) and trying to cross to the UK for around a month. Many people that were close to the family and living in the same gym (opened by the town hall to shelter part of the migrant population of the area through winter) blocked spontaneously the A16 Thursday May 17 morning-midday in protestation (see in french here).

People are shocked and made angry by what happened.

We do not forgive, we do not forget.
We will remember you.

Open the borders, they kill and always will!

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Les flics et les frontières tuent une fois de plus.

Dans la nuit de mercredi à jeudi,une camionnette circulant sur la E42 a tenté d’éviter un contrôle de police dans la région de Namur (Belgique). S’en est suivi une course-poursuite, et, dans des circonstances troubles, la police a ouvert le feu sur le véhicule. Quand le van a finalement été arrêté dans la région de Mons, 30 personnes ont été trouvées à l’intérieur, parmi lesquelles 4 mineur-e-s.

Toutes ont été arrêtées, sauf une petite fille kurde, âgée de 2 ou 3 ans, décédée dans l’ambulance.

L’autopsie conclut que la fillette est décédée d’une balle trouvée dans sa joue.

L’enfant et ses parents habitaient à Grande Synthe, et tentaient le passage vers l’Angleterre depuis à peu près un mois. De nombreuses personnes proches de la famille et habitant le même gymnase (ouvert par la mairie pour abriter une partie des éxilé-e-s des environs pour l’hiver) ont bloqué spontanément l’A16 ce jeudi 17 mai toute la matinée, en signe de protestation (voir ici )

Les citoyen-ne-s, quelle que soit leur situation administrative, sont choqué-e-s et excédé-e-s par ce qui s’est passé.

Nous ne pardonnons pas, nous n’oublions pas.
Nous nous rappellerons de toi.

Ouvrez les frontières, elles tuent et tueront toujours!

Dispositif anti-bavure

Cette semaine est apparu sur les pylônes électriques de la rue des Verrotières à Calais, un dispositif revolutionnaire s’inspirant à la fois des systèmes anti-pigeons et des installations urbaines anti-SDF.

L’intérêt de ce nouveau dispositif n’est cependant pas d’empêcher (pour une fois) l’installation d’indésirables (humains ou volatiles), mais d’empêcher des personnes vulnérables de grimper en haut de ces pylônes… Car des personnes ont, ces derniers mois, eu l’indécence d’y grimper et de menacer de se jeter dans le vide lors d’agressions policières gratuites et violentes.

La police peut aujourd’hui continuer d’expulser, gazer et frapper, rassurée. Ouf.

 

 

Calais Migrants Solidarity saisit de nouveau le Défenseur des droits !

Calais Migrants Solidarity saisit de nouveau le Défenseur des droits !

Les images du 5 mai 2015 mises en ligne par Calais Migrant Solidarity ont pu montrer diverses violences policières à Calais à l’encontre de personnes étrangères.

Ce document confirme un phénomène récurrent de la part des forces de police. Ces images ne sont qu’un échantillon infime de ce qui se passe chaque jour à Calais : violences psychologiques et physiques de plus en plus importantes à l’encontre des exilé.e.s qui souhaitent rejoindre l’Angleterre, mais également à l’encontre des personnes demandant l’asile en France, des personnes ayant déjà le statut de réfugié politique, ainsi qu’à l’encontre des militant.e.s associatifs. Ces violences quotidiennes ont lieu dans les camions, sur les lieux de passage en Angleterre, mais également sur les lieux de vie des exilé.e.s, à proximité des dispositifs humanitaires (entravant ainsi leur accès) ou encore dans les rues de Calais.

Les preuves sont difficiles à accumuler, les violences ayant la majeure partie du temps lieu loin des regards. Lorsqu’il y a des témoins, les caméras et appareils photos sont régulièrement détruits par les forces de l’ordre. Les procédures judiciaires sont peu nombreuses, il est en effet compliqué pour les personnes de déposer plainte auprès de leur agresseur, à savoir les forces de l’ordre…

Ainsi, nous souhaitons insister sur le fait que cette vidéo n’est qu’un exemple du harcèlement et des violences ayant lieu à Calais, la partie visible de l’iceberg, rien de plus.

Nous avons de nouveau saisi le Défenseur des Droits, Mr Toubon, en lui transmettant des vidéos, des photos et des témoignages récents concernant des faits de décembre 2014 à mai 2015.

Violences à Calais :

Cette saisine n’est pas la première : Une saisine du défenseur des droits en 2011 avait déjà aboutie à une condamnation de la France en 20121, une nouvelle saisine sur les faits de 2012 à 20142 est toujours en cours, un rapport de Human Rights Watch3 en janvier 2015 faisait état des violences…

Combien en faudra-t-il encore pour que ces violences cessent ?!

Arrêtons les politiques répressives et meurtrières, de Calais à Lesbos et partout où il y a des murs on enferme et maltraite les êtres humains : Stop à la forteresse Europe ! Liberté de circulation et d’installation pour tou-te-s !

1 Calais : Cette frontière tue https://calaismigrantsolidarity.files.wordpress.com/2011/09/rapport-no-border-calais-frontic3a8re-qui-tue-juin-2011.pdf Condamnation du Défenseur des Droits : http://www.gisti.org/IMG/pdf/ddd_decision_2011-113_calaisis.pdf

(que nous nous étonnons de ne pas retrouver sur le site du Défenseur des Droits…)

2 Calais deux ans après : harcèlement policier, discriminations. https://passeursdhospitalites.files.wordpress.com/2015/01/synthc3a8se.pdfChronologie non exhaustive des violences https://passeursdhospitalites.files.wordpress.com/2015/01/chronologie.pdf

3 France : les migrants et les demandeurs d’asile victimes de violences et démunis http://www.hrw.org/fr/news/2015/01/20/france-les-migrants-et-les-demandeurs-dasile-victimes-de-violence-et-demunis

VIDEO Violences policiere juste apres la visite de M. Cazeneuve a Calais (4 mai 2015)

Ces images ont été capturées le 5 mai 2015, dès 8h du matin et tout au long de la journée, sur la branche d’autoroute menant au port ferry de Calais (A216). Ce sont juste quelques exemples du quotidien : l’ordinaire de la brutalité policière à l’encontre des candidats au passage entre Calais et l’Angleterre, qui tentent de se dissimuler dans les camions. Calais Migrants Solidarity entend aussi rappeler les conditions difficiles dans lesquelles ce travail peut être réalisé.

1- à 0’12, Trois membres des Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) forcent une personne qui s’était cachée dans un camion à repasser de l’autre côté de la barrière. L’un d’entre eux pousse violemment une personne et la projete ainsi vers le bas-côté. A la fin de la séquence (0’22”) un second policier décharge une salve de gaz lacrymogène à l’aide d’un spray alors que les deux exilés étaient déjà en train de fuir.

2 – à 0’28”, Un CRS évacue une personne qui s’était cachée dans un camion, et le projette violemment de l’autre côté de la glissière de sécurité.

3 – A 00’42”, Sur la bretelle d’autoroute A16, en direction de l’Eurotunnel. Une voiture de police ralentit et décharge une salve de gaz lacrymogène en passant à proximité d’un groupe de migrants se trouvant de l’autre côté de la barrière, comme pour les dissuader d’essayer de la franchir.

4 – à 00’51”, Une personne est violemment projetée à terre, hors du camion. Un membre des CRS la poursuit, lui assène plusieurs coups de pieds au sol. L’homme parvient à se relever et tente de s’enfuir, mais reçoit alors de nouveau coups de pieds et coups de poing. à 1’09, nouvelle salve de gaz lacrymogène par son collègue, à gauche sur l’image.

5 – à 1’15”, Un CRS évacue une personne qui s’était cachée dans un camion, et le projette violemment de l’autre côté de la glissière de sécurité.

6 – à 1’24”, Un CRS menace de sa matraque et court en criant afin de faire fuir un groupe de migrants, comme par jeu.

7 – 1’40” : Scène filmée le 22 avril 2015 à proximité de la bretelle de l’A16 et de l’Eurotunnel. Un des cameramen du groupe filmant les violences policières est poursuivi par la police, immobilisé et encadré par plusieurs policiers, il est jeté à terre, un genou sur sa tête.

8 – 1’55” : Un CRS frappe la glissière de sécurité avec sa matraque, menaçant un groupe de migrants.

Rappelons qu’en janvier dernier, l’ONG Human Rights Watch avait publié un rapport dénonçant les violences policières, entraînant une réaction condescendante, dénégatrice du ministère de l’Intérieur (“le Gouvernement déploie des réponses globales et adaptées.”).

http://www.hrw.org/fr/news/2015/01/20/france-les-migrants-et-les-demandeurs-dasile-victimes-de-violence-et-demunis

http://www.interieur.gouv.fr/Actualites/Communiques/Accusations-publiques-contre-les-forces-de-l-ordre-formulees-par-l-association-Human-Rights-Watch

Plus d’information :

(EN/FR) https://calaismigrantsolidarity.wordpress.com/

(FR) https://passeursdhospitalites.wordpress.com/

 

VIDEO: Calais Police hand truck driver baton to assist in violence against refugees

On Wednesday the 15th of April 2015 one of our cop watch teams captured this footage of two CRS riot police handing a truck driver their batons, with the intention of assisting him in the illegal assault of refugees found in the back of his lorry. We have heard many stories from migrants about how the police beat them in the back of trucks where you are ‘at their mercy’ and there are no witnesses. This sadistic tactic is used to deter refugees travelling to Britain. The footage was captured near the entrance of the Euro-Tunnel and shows French police breaking French law by handing a lorry driver their weapons and watching as he uses them to assault or intimidate unarmed and vulnerable people inside his vehicle. You see the police handing their batons to the driver at 1 minute 16 seconds and 1 minute 50 seconds in the video.

CRS hand driver baton 1min16secPolice hand another baton to driver 1min 50sec

At 2 minutes 53 seconds you see a migrant coming out of the truck. From 4 minutes 10 seconds you can see the CRS van registration AL 178 JH, despite distortion created by the heat of the day. We apologize for filming this crime at long range and not intervening but have learned from bitter experience that making ourselves known to the police results in cop watch teams being assaulted, arrested and having their cameras destroyed, leaving the violence to continue undocumented. This video clearly shows the French state breaking its own laws in order to assist the British state in its dirty and illegal war of intimidation against refugees. Unfortunately this is not an exceptional incident but an example of the disgusting tactics deployed every day to enforce the border in Calais.

Another Death in Calais

A 28 year old man from Ethiopia died in Calais in unexplained circumstances of the 14th of February. His friends had left him in the morning, and when they returned to their camp in the evening, he was dead. He died alone in a little makeshift shelter in a makeshift camp near the big jungle Tioxide.

Two doctors attended the scene: the first a female doctor who arrived with the paramedics, who said there was a bruise on the man’s nose. The second doctor from the police recommended that a post-mortem is made. Some of his friends are saying that three days before the man was beaten by a lorry driver.

People from the Ethiopian community came from all around Calais; tioxide, Bois Debruille, Galloo and the women’s house to grieve together.

The price for your borders is too high. We will never forgive and we will never forget