Reponses aux questions fréquentes des journalistes / FAQ for journalists, photographers and researchers

Cette page est particulièrement destinée aux journalistes indépendant.es , photographes et chercheur.es. En générale, nous ne nous lions pas avec des journalistes qui travaillent ou représentent les médias dominants. Les exceptions sont rares.

Nous sommes  nombreu.ses à être en désaccord avec les opinions et les analyses des médias dominants, à être frustré.es de l’impacte que peuvent avoir ces publications sur la situation à calais et ailleurs. Le comportement de beaucoup de journalistes à calais est répugnant, les photographies et les reportages sans le consentement des personnes concernées sont de vrais problèmes. Trop souvent la sécurité des personnes concernées, leur autonomie et leur intimité ne sont pas respectées. Les jungles et les squattes sont considérés comme des lieux de safari où l’intérêt des journalistes est de capturer des images choquantes de traumatismes, des tragédies humaines ou de violence. Ces images sont utilisées pour confirmer deux analyses : “une masse désespérée” qui essaierait tant bien que mal d’envahir l’aNgleterre ; des pauvres victimes sans défenses qui auraient besoin de gentils blancs pour les sauver.

Nous ne parlerons jamais aux reporters du Daily Mail, du Telegraph, de l’Express, ou des média possédés par murdoch. Nous ne parlerons jamais aux journalistes envoyés par les médias du groupe lagardère.

Si nous communiquons si rarement avec la presse c’est aussi par ce que nous préférons nous exprimer nous même, avec nos propres mots, plutôt que d’être “médiatisé.es” et édité.es par des journalistes. Un des objectifs de ce blog est d’être une plate-forme pour celleux d’entre nous qui combattent les frontières, avec ou sans papiers, pour partager nos expériences, nos idées et nos réflexions sans intermédiaires.  Sentez vous libre de citer tout ce qui vous intéresse sur ce site, de mettre en lien nos articles.  Sentez-vous libre d’utiliser les images de ce site dans des buts non commerciaux, si vous désirez les utiliser à des fins commerciales, contactez nous avant.

Questions régulièrement posées :

Est-ce que vous coordonnez et dirigez des manifestations ou tentatives de passages?

Il y a un profond racisme dans ces mensonges qui impliquent que «ces gens de la jungle» ne peuvent pas s’ organiser mais plutôt qu’ils auraient besoin de gestion blanche / européenne. Ce n’est pas le cas. Beaucoup de personnes de la jungle sont déjà politiquement organisées et dans des circonstances politiques beaucoup plus impitoyables que celles de Calais. Il y a un mouvement très fort qui se passe ici qui est entièrement dirigé par les migrant.es. En niant cette conscience politique, les autorités méprisent de nouveau ces personnes et les rejettent en minimisant leurs revendications.

Les autorités essaient de délégitimer ces protestations en proclamant qu’elles sont organisées par les “No Border”. Pourquoi celles-ci et les médias diffusent ces allégations alors que la coordination des actions contres les frontières par des personnes sans papier est très efficace? Cela semble être ce qui effraie clairement ceux qui veulent maintenir la “forteresse europe”. C’est de cette notion autogestionnaire que les autorités essaient de se prémunir par dessus tout afin d’isoler les luttes de sans-papiers, réfugié.es et migrant.es, les rendre invisibles et aliénées.

Ces européens ou les personnes qui possèdent un statut juridique et qui participent au mouvement a Calais et ailleurs, le font parce qu’ils partagent les mêmes idées politiques de liberté et de droit de circulation. La nécessité d’abolir le régime européen des frontières est plus évident que jamais, et c’est à ces personnes qui sont confrontées tous les jours au régime des lois sur les frontières qu’incombe la légitimité de lutter. Nous sommes toujours heureu.ses d’y participer, de les rejoindre. Mais ces actions sont les leurs et illes n’ont pas besoin de nous pour les mener ou de nos enseignements pour savoir comment se battre. Effectivement, souvent nous sommes présent.es et vu.es aux points de passage : NOUS DOCUMENTONS ET PUBLIONS DES PHOTOGRAPHIES ET VIDÉOS DE VIOLENCES POLICIÈRES, sans doute vous devriez en faire autant…

Est-ce que Calais Migrant Solidarity peut me fournir des informations concernant la situation à calais?

En tant que groupe toujours présent et agissant sur le terrain depuis l’été 2009 auprès et avec les migrant.es de Calais, nous avons gagné une perspicacité considérable concernant la situation des migrant.es dans cette zone et l’ampleur des violences policières. Nous pouvons donc être d’accord pour partager des informations ou vous diriger vers d’autres personnes en fonction de la nature de votre projet.

Envoyez-nous un email avant de venir, en essayant de ne pas nous contacter une heure avant votre arrivée.

Est-ce que Calais Migrant Solidarity peut m’introduire auprès des migrant.es à calais ?

Non. Même si nous apprécions que vous vous sentiez réellement concerné par la situation, nous avons pour politique de ne pas introduire de journalistes ou chercheur.es, indépendant.es ou non, auprès des migrant.es de calais. Il n’a pas toujours ete simple de briser les barrière de la méfiance et la confiance des échanges que nous maintenons avec les migrant.es ne peut être mise en danger par des personnes que nous ne connaissons pas vraiment.

Avec ses changements continus de population, les nombreuses barrières linguistiques, et la présence de flic en civil qui opèrent dans cette zone ainsi que tout au long des routes empruntées par les migrant.es, dans le passe, celleux là ont pu se montrer très méfiant.es envers nous et nos actions. Nous avons travaille dur pour dépasser ça et beaucoup de personnes ont mis du temps avant de nous faire confiance. Nous ne sommes pas prêt à mettre ça en péril en amenant des journalistes ou chercheur.es au sein des communautés (même si nous ne le ferions jamais sans leur consentement).

Est-ce que les personnes qui vivent dans la jungle ou dans les squattes vont bien vouloir me parler ?               

On nous pose très régulièrement cette question. La réponse nous parait tellement évidente que nous ne répondrons pas. Demandez vous même !

Est-ce que vous pouvez me loger si je viens a calais pour mon projet/reportage ?

Malheureusement non. Les espaces de couchage sont très limites et nous avons pour habitude de dormir dans les lieux de vie des migrant.es, et ces espaces sont nécessaires aux activistes pour qu’illes se reposent des activités fatigantes quotidiennes. Nos infrastructures, quelle qu’elles soient, ne peuvent être utilisées pour des projets personnels.

Qui d’autre pourrait m’aider à faire mon travail ?

Tu peux demander toi même aux migrant.es. Il y a aussi des associations et des individu.es à calais qui pourraient vous donner un coup de main pour avoir accès aux informations qui vous serrez utiles.

Pensez-vous que faire des reportages sur ce qui se passe a calais est important ?

Nous encourageons la photographie, la vidéo, l’enregistrement de sons et toutes sortes de documentations à propos de la répression policière et d’état et la violence fasciste non-étatique.  Nous considérons également que la documentation que nous produisons à ces propos, et à propos de la situation a calais, peut être une part importante de la lutte.

Toutefois, ces dernières années, nous avons constate régulièrement que des utilisations irresponsables d’images prises sur le terrain dans les médias ont pose de sérieux problèmes. Par exemple, prendre en photo les visages des migrant.es peut mettre en danger ces personnes. L’usage d’appareil photo et cameras peut aliéner et affaiblir des personnes, et créer de mauvaises interprétations.

Il y a d’autres problématiques liées a l’usage de nos relations de confiances pour des projets personnels.

Pour ces raisons, nous sommes d’accords sur certains points :

1. No Borders ne s’implique pas et n’approuve pas, en général, les projets photos, exception faite concernant notre travail de documentation sur la répression. Nous n’agirons donc pas comme un service de presse en introduisant des photographes auprès des migrant.es. Les photo-journalistes, photographes, cameramans, preneur.euse de son, doivent être clair sur le fait qu’illes ne le font pas comme étant parti prenante de No Border. L’office No Border et les autres infrastructures ne sont pas utilisables pour ce type de projet.
2. Nous gardons la possibilité de faire des exceptions, mais seulement si il y a eu en amont, une décision collective des personnes sur le terrain à calais.  Si quelqu’un.e nous contacte avec une idée spécifique projet, nous l’inviterons à présenter celui-ci au collectif, en nous rencontrant ou en nous écrivant. toutefois, en pratique, ce n’est pas souvent la priorité du groupe de consacrer du temps à ces exceptions.
  3. Il y a des membres du réseau avec des réflexions concernant les liens possibles entre la recherche (incluant les études universitaires) et le fait d’être a calais en tant que No Border. Si tu viens à calais dans l’idée de t’impliquer avec nous et d’entamer ce type de recherche, il est nécessaire de nous en parler avant de t’engager dans cette voie. Cela risque probablement de nous poser problème si tes recherches impliquent l’existence d’interviews, ou, d’une certaine manière, de relater tes expériences avec d’autres personnes. Nous pouvons considérer cela comme un abus de confiance. De la même manière, si tu compte inclure dans ton travail les moyens que les personne utilisent pour contourner les frontières cela implique que ces informations peuvent être utilisées à mauvaise escient par l’état.
Ne suppose pas que par ce que tu as déjà été à calais que tu peux ne pas mentionner ton travail.

4. Dans tous les cas, nous demandons à toutes les personnes qui utilisent la photographie ou d’autres outils médiatiques, de le faire de manière réfléchie et responsable. Cela implique d’être sur qu’aucunes information sensibles ne soient divulguées, et que les migrant.es ou/et camarades identifiables qui apparaissent sur les images ou les bandes sonores soient explicitement mis.es au courant et aient donne leur accord. Si il y a le moindre doute concernant le consentement de ces dernières, tous les visages et autres signes distinctifs identifiables doivent être floutées avant d’être publiées.

Si ces explications ne répondent pas à tes questions, envoie un mail à calaisolidarity [at] gmail . com

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This page is aimed predominately at independent journalists, photographers or researchers. On the whole we do not engage with journalists representing or working within mainstream and corporate media, exceptions are made rarely.

Many of us disagree with the agenda or opinion of these media outlets, and are frustrated with the impact this can have on the situation in Calais and elsewhere. The behaviour of most journalists in Calais is completely disgusting, photography and reporting without consent is very real issue. There is no respect for people’s safety, anonymity or privacy. Jungles or squats are seen as a safari park to witness and capture trauma, tragedy or fighting. Which is then used to confirm the two narratives of either the ‘desperate masses’ trying to invade the UK, or the poor helpless victims who need the white man to come and save them.

We will never talk to reporters from the Daily Mail, The Telegraph, The Express, or Murdoch-owned media.

Another reason why we rarely talk to the press is that we prefer to express ourselves in our own words, rather than to be ‘mediated’ and edited by journalists. One purpose for this blog is to be a platform for those of us fighting the border, with or without papers, to put across our experiences, ideas and reflections directly. Please feel free to quote anything you like from this site, and to link to the original article. Please feel free to use images for non-commercial purposes; if you wish to re-use them in commercial media, contact us first

F A Q

Do you coordinate and lead protests or border crossings?
There is a deep racism in these lies which imply that ‘those people in the jungle’ cannot organize themselves but rather need white/european leadership. People from Africa and Asia don’t need European anarchists to incite or organise them. These are people who have fought revolutions, lived through wars, undertaken perilous journeys, all of which may mean not just great individual courage, initiative and resilience but also collective solidarity and self-organisation. Many of those in the jungle have been organizing politically all of their lives and in much more unforgiving political circumstances than those of Calais. By claiming otherwise, the authorities are trying to ignore and dismiss the people protesting here along with their demands as somehow ‘not genuine’.

The authorities are trying to delegitimize protests by claiming that they are organized by ‘the No Borders’. Why are the authorities and media spreading these allegations? Coordinated collective action against the borders by people without papers is very powerful. This clearly scares those who want to maintain “Fortress Europe”. This seems to be what the authorities are trying to prevent above all: their aim is to isolate migrant struggles, make them invisible and alien.

Those Europeans or people otherwise having legal status who participate in the movement here do so because they share the same ideas and demands but they did not invent them. The need to abolish the European border regime is never more evident than it is to those who come up against it everyday. The people demanding their freedom of movement do so because their lives depend on it. We are always happy to join them. But these actions are theirs, they don’t need us to lead them or show them how to fight. And yes, often we are seen at crossing points.  This is because we document police violence, not because we are organizers in an attempts to cross.

Can Calais Migrant Solidarity provide me with information on the situation in Calais?
As a group which has been staying and working with migrants in Calais consistently since summer 2009, we have gained a considerable insight into the situation of migrants in the area and the police harassment. So, within reason, we may be willing to share this information. Sometimes, we might point you in a direction of other people that might be more appropriate for the nature of your project.

Send us an email  in advance of you coming, please don’t get in touch an hour before you arrival expecting us to drop everything and help you.

Can Calais Migrant Solidarity introduce me to migrants in Calais?
No. Whilst we appreciate that you may be very sympathetic to the situation, we have a policy of not ‘introducing’ either journalists or researchers, independent or not, to migrants in Calais. The reason for this is that we have spent a long time battling various barriers to trust in order to work as closely as we can with people.

With a continuously changing population in Calais, frequent linguistic hurdles, and plainclothes police operating in the area as well as other places along  migrants’ routes, in the past some migrants were suspicious of us and our agenda. We have worked hard to overcome this, and plenty of people have gone out on a limb to trust us. We are not willing to jeopardise that by bringing journalists or other researchers into peoples’ communities (even though we would never do it without their consent).

Will people in the jungles or the squats be willing to talk to me?
We get asked this question a lot. For what we think are obvious reasons, we cannot answer. Ask people yourself.

Can you put me up if I come to Calais for my project/report?
Unfortunately not. Sleeping space is limited and even though we often stay in migrant communities, it is often needed for activists recovering from very tiring work! Our infrastructures whatever they are cannot be used by people making an individual project.

Who else might be able to help me with my work?
You could talk to migrants yourself. There are also Associations and individuals in Calais who may be able or willing to help you with other information you might need.

Do you not think that documenting the situation in Calais is important?
We encourage photography, video, sound recording, and all other documentation of repression by police and state officials, and of non-state fascists. And we believe that positive reporting of our work, and of the general situation in Calais, can be an important part of the struggle.

However, over the years we have repeatedly encountered a number of problems arising from the irresponsible use of photography and other media tools. For example, taking photographs of migrants’ faces in particular can create real risks for people. The use of cameras can alienate and dis-empower people, and create mistrust. There are other concerns about using our trust and relationship with people to further personal projects.

For these reasons, we have agreed a number of points:

  1. No Borders does not, in general, endorse or get involved in photo projects, except for our work of documenting repression. We will not act as an introduction service for photographers looking for migrants. People doing photojournalism, or other photography or video or sound projects, must make clear that they are not doing this as part of No Borders. The No Borders office and other infrastructure is not available for use by such projects.
  2. We do have the ability to make exceptions, only where these have been agreed collectively, and in advance, by the group in Calais. If someone contacts us with a specific project idea, we may invite them to present this to the collective, either in person at a meeting or in writing. However, in practice, it often not a priority of the group to spend time on making these exceptions.
  3. There are members of the network with concerns over the general cross over between research (including university study) and being in Calais as part of No Borders. If you are coming to Calais with us and are planning to undertake research, you need to get in touch in advance to speak about this. It is likely to be an issue if your research involves the need to interview or in some way use your experience with people in Calais; because there are obvious issues around misusing trust. Also if you plan to include ways that people can subvert the border, because this information can be misused by the state.

    Please do not assume that because you have been in Calais before, that you don’t need to mention your research.

  4. In all cases, we demand that everyone use photography and other media tools responsibly and sensitively. This includes making sure that no sensitive information is disclosed, and that any migrants and/or comrades who are identifiable in images or recordings have actively given their consent to this. If there is any doubt about full consent, all faces and other identifying features must be blurred beyond recognition.

If none of your questions have been answered here, then please get in touch at calaisolidarity [at] gmail.com

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