Journée habituelle à Calais en 2016 ou le retour en masse des contrôles au faciès et rafles

Depuis le démantèlement de la Jungle, nous assistons, impuissants ou presque, à une chasse aux migrants qui déborde largement du seul sujet migratoire. En effet toutes les forces de l’ordre sont mobilisées depuis pour traquer, contrôler l’identité et la situation administrative de toute personne qui pourrait être exilée et, le cas échéant la placer en rétention et l’entraîner dans une procédure d’expulsion. Dans «toute personne qui pourrait être exilée», comprenez qu’ils contrôlent toutes les personnes racisées à leurs yeux, c’est à dire dont la couleur de peau n’est pas blanche.

Le grand retour en masse des contrôles au faciès et des rafles en France, s’ils avaient été oubliés par certains, nous replonge dans une période sombre : contrôles de masse sur des critères physiques et arrestations des indésirables, enfermement, déportation. Devoir cacher quelqu’un par peur d’une arrestation et/ou d’une déportation est une chose qu’aucun d’entre nous ne voudrait avoir vécu, de par la honte et la peur provoquées chez la personne devant être de fait protégée et cachée, et le sentiment d’absurdité et de criminalité qui sont nôtres. En fait nous ne voulons pas protéger les gens, nous voulons qu’ils puissent vivre normalement sans que personne n’ait besoin de les protéger, à part l’État. Finalement, quand on déporte une personne vers son pays d’origine ou vers un autre pays où elle pourrait être persécutée (pays d’origine, Turquie, Italie, etc.) parfois sans lui avoir même laissée la possibilité de demander l’asile dans de bonnes conditions, cela pourrait être assimilé à une persécution presque constituée par l’Etat déportant. Mais passons…


Mise en situation.

Calais, Jeudi 08 Novembre 2016. Chroniques d’une journée tristement ordinaire à Calais.

Ce jour-là nous étions comme souvent partis pour faire du copwatching, informer la population locale sur les contrôles au faciès et les exilés sur leurs droits en cas d’arrestation. Nous voilà à la gare de Calais Ville vers 19 heures, lieu de passage fréquent autant pour les habitants de la région que pour les exilés.

Après quelques arrivées de trains, infructueuses pour les forces de l’ordre puisque aucune personne de couleur n’en est sortie, et donc aucun contrôle d’identité (puisque pour rappel on ne contrôle que celles qui «n’ont pas l’air française»), un équipage de CRS décide de contrôler notre petit groupe de cinq. En effet, deux d’entre nous distribuions des tracts en français sur les contrôles aux faciès, tandis que les trois autres surveillaient les forces de l’ordre, qui elles-mêmes surveillaient les personnes descendant des trains. Donc, motif du contrôle, nous distribuions des tracts, ce qui est interdit sans autorisation selon Messieurs les CRS, apparemment non au fait de la loi ou gros menteurs. Jusqu’à preuve du contraire et disposition spéciale par arrêté préfectoral, la distribution de tracts est autorisée dans l’espace public, dont font partie les gares (nous étions qui plus est à l’extérieur de la gare). Finalement le motif du contrôle c’est simplement qu’ils s’embêtaient un peu à surveiller des passagers non contrôlables puisque blancs , et qu’on devait passablement les ennuyer à distribuer des tracts à quelques mètres d’eux sur les contrôles au faciès qu’ils pratiquent. Finalement ils ont réagi un peu comme aurait réagi la Gestapo si vous leur aviez dit à l’époque qu’ils étaient racistes… Et ils ont plus de moyens que nous quand il s’agit de nous mettre des bâtons dans les roues ! En deux temps trois mouvements, nous voilà encerclés par sept CRS, qui nous empêchent de fumer, d’utiliser nos téléphones et nous confisquent nos pièces d’identité le temps du contrôle. Tant mieux, pendant ce temps-là ce sont sept CRS en moins sur le dos des copains un peu trop colorés aux yeux des pouvoirs publics. Une fouille des sacs pour tout le monde, une palpation de sécurité pour un d’entre nous, et quelques blagues de mauvais goût plus tard – du type «un visa à Cuba, tiens une révolutionnaire» ou encore «pour quelqu’un qui fait rien vous avez beaucoup de visas dans votre passeport, vous faites partie des nouveaux bourgeois-bohème ?» – nous voilà libres. Nous n’avons pas eu notre copie de PV à la fin du contrôle. PV qui a pourtant été le motif de quelques questions d’ordre privé, du genre «c’est quoi votre travail», avec obligation de réponse si on avait envie de revoir notre pièce d’identité, bien qu’il nous ait semblé ne pas être à ce moment-là ni en garde à vue, ni en audition, ni dans l’obligation légale de répondre à ses foutues questions qui pourraient très bien servir à nous harceler par la suite (à l’inverse, imaginez ce que quelqu’un pourrait potentiellement faire s’il avait accès hors cadre légal aux adresses perso des CRS…). D’autant que le ton et la politesse des questions dudit CRS auraient fait peur à la Dame de Fer en personne. Ce petit contre-temps aura quand même duré une bonne heure, entre notre extrême dangerosité, nos fiches à la DGSI et autres longueurs sur les ondes de la place Beauvau, ils avaient de quoi faire pour une fois. Disons que ça leur demandait plus de réflexion que simplement “bronzé + pas de papiers = centre de rétention” ou “manifestant = allez les gars, on frappe fort”.

Quelques camarades nous avaient rejoints à la fin du contrôle. Comme pour donner un exemple qui vérifierait les soi-disant mensonges et diffamations écrits sur nos tracts à propos de contrôles au faciès des forces de l’ordre (selon les dire d’un des CRS au début du contrôle d’identité), voilà qu’on nous prévient qu’à 50 mètres, à l’entrée du parc Saint Pierre, quatre personnes à la peau un peu trop bronzée sont en train de se faire contrôler par des CRS. Ils ont rien compris, encore des mecs qui reviennent de quelques années de vacances sur la route pour l’Europe, et on les arrête. C’est pas comme ça que le tourisme va repartir à Calais…

Bref, on arrive alors que l’équipage d’un van de CRS est en train de contrôler quatre personnes qui parlent français, on apprendra par la suite qu’ils sont d’origine égyptienne. On commence à filmer et très vite l’un des CRS, le chef jouant le bon flic nous explique qu’ils ne sont pas dans l’illégalité et qu’ils agissent sur réquisition du procureur, et qu’il aimerait bien qu’on les laisse faire leur boulot calmement et sans poser de problèmes. Nous on aimerait qu’il nous montre la réquisition du procureur mais le petit chef veut pas, pas le droit de la voir, allez voir ailleurs.

Pendant qu’on discute – ou qu’il essaye de nous distraire selon le point de vue – on aperçoit celui à l’intérieur du van faire des appels au talkie. On a pas de talkie nous, mais on réfléchit et on sait bien ce que ça veut dire. Les renforts sont jamais très loin dans le coin. Tandis qu’ils essayent de nous dissuader de filmer le contrôle, en faisant obstacle aux caméras et en nous éloignant le plus possible de leur périmètre de contrôle (espace vital du CRS), on continue à filmer parce que, quand même ce ne sont pas les CRS qui font la loi en France, et on a bien le droit de les filmer. Comprenant qu’on arrêtera pas de filmer, ils passent au plan B. Assez classique, l’un des CRS se met à nous filmer, l’air de dire “vous voyez, moi aussi je sais le faire !”, presque moqueur. Évidemment il le fait avec son téléphone personnel, sinon c’est pas drôle. Sauf que nous on a théoriquement notre droit à l’image pour nous, puisqu’on est pas des agents dépositaires de l’autorité publique dans l’exercice de nos fonctions… Il le sait probablement très bien, et il doit aussi savoir qu’en tant que CRS et dans l’exercice de ses fonctions, il a peu voire aucun risque d’être inquiété puisque protégé par son plus grand supérieur hiérarchique, le gouvernement. D’ailleurs deux de ses collègues l’imitent, à croire que la connerie c’est contagieux ou que c’est inclus en option à la naissance chez certains.

Ça y est, les renforts arrivent ! Un van qui se met juste devant le premier, afin de cacher le contrôle et de limiter l’accès à celui-ci, dont les hommes sortent rapidement et se rapprochent de nous (la vilaine pression…) et un autre qui se met à quelques mètres, nous observant. Au cas où on aurait pas compris, les hommes de loi sont là, attention à nous. Cette fois on est un peu trop nombreux pour un contrôle d’identité, ils veillent juste au moindre faux-pas. D’ailleurs un copain commence à leur faire la morale, histoire d’échanger les rôles, sur le racisme d’état, leur foutu boulot de merde qui consiste à emmerder toute personne qui n’a pas assez l’air française. C’est pas le moment de déraper, sinon quinze CRS te tombent dessus pour outrage, reste calme, même si c’est pas facile d’accepter toute cette merde et de fermer sa gueule.

Comme si ça suffisait pas, voilà qu’un encagoulé apparemment engagé par le ministère de l’intérieur – même si c’est difficile à prouver puisqu’il cache son matricule avec son écusson CRS – confisque le téléphone d’une des personnes contrôlées. La PAF arrive, fourgon blanc banalisé, là ça sent pas bon du tout pour les copains égyptiens contrôlés, et ils l’ont très bien compris. Ça sent même la rafle à plein nez. L’un deux commence à protester. Paraîtrait qu’il sort déjà de centre de rétention. Par ici ça compte pas, tant qu’ils font leurs quotas de placements en CRA, peu importe le motif et si t’en sors tout juste (voir la Crazette n°15 de la Cimade pour plus d’histoires croustillantes sur les placements abusifs). Ils les embarquent, sans explication ni ménagement, traînant et secouant celui qui tente de protester. Salut les copains, bonne chance et désolé pour vous de ne pas avoir les bons papiers sur vous au bon moment…

On passera plus vite sur les suivants : dans les minutes qui suivent, la même équipe du monsieur avec sa cagoule qui cache son matricule contrôle un Monsieur noir à 10 mètres du précédent contrôle, plus proche de la gare. Le contrôle ne dure pas longtemps, il a des papiers en règle et parle français. Bel exemple de l’humiliation du contrôle au faciès. Encore une fois on a honte et on est désolés, mais probablement pas autant que lui.

Dans la foulée on reçoit un coup de fil, des copains français se font contrôler pas loin, près du parc Richelieu, par la fine équipe du cagoulé. La raison ? Ils filmaient un contrôle d’identité, celui de deux français pas blancs, ce qui n’est a priori pas interdit. Les deux personnes en question s’étaient déjà faites contrôler dix minutes avant.

Du coup pendant qu’ils contrôlaient les copains qui avaient filmé, les deux personnes contrôlées à l’origine s’indignaient devant les CRS des contrôles au faciès, sans qu’aucun d’entre eux ne semble choqué ni gêné de ce qu’ils font subir à longueur de journée à toutes les personnes dont la tronche ne leur revient pas parce qu’elle n’est pas 100% pur blanche. J’ai la foutue impression de me répéter. C’est toujours pareil. Police, contrôle des copains exilés, contrôle des copains français qui s’insurgent. Pas de contrôle du français blanc lambda. Jamais. Et puis quand t’entend ce même CRS cagoulé et cachant son matricule faire l’apologie d’Eric Zemmour et te dire que, vu qu’il se reconnaît dans son idéologie, il n’a absolument pas honte de faire son taf pourri et de contrôler les gens à leur gueule, ça y est là t’as vraiment envie de pleurer. Ou de l’allonger mais là tu prends des risques. Et puis le mec te sort le plus naturellement du monde que le port du matricule n’est plus obligatoire. Il ne répétera évidemment rien de tout ça quand on aura sorti nos caméras. On a la rage et le rire nerveux.

Un des copains toujours contrôlé se voit palper pour avoir utilisé son téléphone pendant le contrôle. La prochaine étape c’est quoi ? Au coin parce qu’on a parlé entre nous ? Ils font ça devant tout le monde, alors que le copain a demandé à ce que ce soit fait à l’abri des regards, comme le prévoit l’article R. 434-16 « Contrôles d’identité » du Code de déontologie de la police nationale et de la gendarmerie nationale : « chaque fois que les circonstances le permettent, la palpation de sécurité est pratiquée à l’abri du regard du public ». Et pour se payer notre tête jusqu’au bout, lorsqu’un copain demande à voir la réquisition du procureur pour ces contrôles d’identité, le chef accepte la requête sous condition de présenter une pièce d’identité, ce qu’il fait. Ce à quoi le CRS répond : «en fait le papier est dans l’autre camion !», voyez comme ils sont drôles. A se demander si CRS n’est pas le nom de la classe qu’il y a entre le CP et le CE1.

Bien sûr, étant tous français, avec des papiers en règles et n’ayant rien fait d’illégal, tout le monde repart libre. On a au moins la chance d’avoir les « bons » papiers.

Avant de partir, en montant dans son camion, la bête cagoulée nous gratifiera de quelques cris a priori porcins mais en tout cas assez difficiles à analyser. On a toujours pas saisi si c’était une blague islamophobe ou juste une manifestation de son instinct sauvage. Sans vouloir tomber dans la diffamation, peut-être un peu des deux. Dans tous les cas, j’ai vraiment eu pitié de lui à ce moment comme jamais dans ma vie. Même avec une cagoule je n’aurais pas osé. Même un cochon avec une cagoule n’aurait d’ailleurs probablement pas osé. On oubliera pas non plus, les recroisant dans leur camion un quart d’heure plus tard et ouvrant la fenêtre en nous voyant le à peine moqueur « bon appétit », le sourire aux lèvres visiblement contents et fiers d’avoir satisfait leurs besoins en plaisanteries et d’avoir finit la soirée sur une si bonne note.

Ce texte ne serait pas complet si nous n’ajoutions pas que, bien évidemment, sur toute cette fin d’après-midi et ce début de soirée des plus sympathiques, nous n’avons pu observer aucun contrôle d’identité d’une personne blanche. Et pourtant on en a passé du bon temps auprès des dépositaires de l’autorité publique ce jour-là. On est même retournés à la gare vers 22h30 23h pour surveiller les gendarmes qui surveillaient l’arrivée d’un train. Seuls des blancs en sont descendus, et l’un des gendarmes a laissé échapper un soupire d’ennui, disant qu’il se faisait vraiment « chier ». S’ils avaient envie de s’occuper ils auraient pu faire semblant de ne pas faire des contrôles qu’au faciès en contrôlant quelques voyageurs même s’ils avaient l’air de bon français. Mais non, apparemment ça ne fait pas partie de leur travail.

Le lendemain on recroisera une des deux dernières personnes dont nous avons filmé le contrôle, travaillant à la gare. Oui, on peut avoir le teint un peu foncé et être français, en règle et même travailler. Mais plus que ça on devrait aussi pouvoir être exilé et avoir le droit de circuler librement !

Mais à Calais en ce moment, si t’es pas assez blanc, faut te cacher pour échapper à la police et aux rafles. Le racisme d’Etat n’est pas prêt de s’arrêter, à tous de faire attention à ce qu’il ne dérive pas sur des pentes encore plus abruptes, n’oublions pas les Histoires.

Douce France…

Grèves de la faim et mouvements de protestation en série dans les CAO // Mass hunger strikes and revolts in CAOs

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Tout au long de la semaine dans de nombreux CAO, des mouvements de protestations ont eu lieu (grève de la faim, révoltes, boycotte des activités proposées par les gestionnaires…). Ces “incidents” n’ont pas vocations à sortir des centres, la “prise en charge”* et la “mise à l’abris”* des éxilées de Calais ne pourrait être entachée de quelquonques insatisfactions de la part des personnes “bénéficiaires”*.

Aucunes infos sur ces mouvements et sur la portée politique des revendications des personnes expulsées de Calais ne semble devoir se faire entendre, elles ne sont relayées par aucuns médias nationaux et encore moins par les préfectures. Seuls quelques collectifs et associations présentEs dans et autour de ces lieux ont pu relayer ce que certaines d’entre elles qualifient de “manifestation d’un malaise”, et que d’autres qualifient plutôt de mouvement de protestation ou de révoltes.

On note d’ailleurs que la capacité des exilées à exprimer leurs colères varie selon la postures des associations et collectifs en lien avec elleux.

Certaines soutiennent les exilées en leur facilitant l’accès a des moyens de diffusion et d’expression de leur revendications, notamment au CAO de Rennes où les exilées ont entamé une grève de la faim et écrit un communiqué pour protester contre le retournement de veste des préfectures concernant les personnes dublinées, qui selon les déclarations officelles avant l’expulsion du bidonville auraient du être assurées de ne pas être déportées malgrè la présence d’emprintes dans d’autres pays, promesse évidemment non tenue avec des demandes de réadmission vers l’Italie en cours.

Dans d’autres CAO  les associations administrent, se posent en gestionnaire des éxilées en adoptant des postures patriarcales tendant à nier ou minimiser la capacité des protestataires à porter elles mêmes leurs revendications, n’hésitant pas à se positionner en médiatrices/négociatrices avec les autorités, les éxilées n’ayant pas la possibilité  de s’exprimer en leurs noms, comme au  CAO de Beaucé où certaines ont également refuser de s’alimenter pour des raisons similaires à celles des personnes du CAO de Rennes.

Aujourd’hui c’est au CAO de Laon (Aisne) que la colère des exilées s’est manifestée pour des raisons qui ne sont pas précisées par les souitiens sur place. Une personne suite à ce mouvement de révolte a été placée en garde à vue pour “menaces physiques proférées contre une éducatrice” .

Il est difficile de se faire une idée de la multitude de mécontentements et de révoltes au sein des CAO, parfois très isolés et eloignés des réseaux de soutien. Il est cependant évident que celles-ci vont se multiplier dans les jours/semaines à venir compte tenu des promesses non tenues des préfectures et des tentatives de déportations dans le cadre des accords de Dublin et des personnes déboutées menacées d’OQTF présentes en nombre dans les CAO.

*ces mots sont empruntés aux déclaration des officiels. cynisme oblige…

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EN:

Throughout the week in many CAOs, protests have taken place (hunger strike, revolts, boycotts of activities proposed by managers there …). These “incidents” have no particular call to leave the centers, the “being put in care”* and the “sheltering”* of the exiles of Calais could not be tainted by some dissatisfactions on the part of the “beneficiaries.”*

No information on these movements and on the political significance of the claims of those expelled from Calais seems to be something that has to be heard – they are not relayed by any national media, and even less by the prefectures. Only a few collectives and associations present in and around these places have been able to relay what some of them describe as “a manifestation of malaise,” and which others describe instead as protest or revolts.

Moreover, the ability of the exiles to express their anger varies depending on the position of the associations and collectives associated with them.

Some support the exiles by facilitating access to means of disseminating and expressing their claims, notably at the CAO in Rennes. There, the exiles have begun a hunger strike and wrote a statement to protest against the prefectures’ flip-flopping (going back) on their word concerning those with “Dublin” fingerprints: according to official statements given before the expulsion of the jungle, these people should have been assured that they would not be deported despite the presence of fingerprints in other countries, a promise evidently not kept as there are are requests for readmission to Italy in progress.

In other CAOs, the administering associations pose as managers of the exiles by adopting patriarchal positions that tend to deny or minimize the capacity of protestors to carry out their own demands; these associations do not hesitate to position themselves as mediators/negotiators with the authorities and the exiles do not have the opportunity to express themselves in their names. E.g. in the CAO Beauce, where some people refuse to eat for reasons similar to those given in the CAO in Rennes.

Today, in the CAO of Laon (Aisne), the anger of the exiles manifested for reasons that are not specified by the supporters on site. A person following this revolt was placed in custody for “physical threats against an educator.”

It is difficult to get an idea of the multitude of dissatisfactions and revolts within CAOs, sometimes very remote and isolated from support networks. It is clear, however, that they will multiply in the coming days/weeks considering of the broken promises made by the prefectures and the attempts to deport people under the Dublin agreements, and considering the numbers of rejected persons threatened with OQTF (obligation to leave french territory) in the CAO.

* These words are taken from official statements. Cynicism required …

Marseille : manifs, occupations devant l’Ofii. Des demandeureuses d’asile réclament un toit ! // Marseille: Asylum Seekers Demand a Roof!

ofii3Depuis le 3 Novembre, un groupe de demandeureuses d’asiles afghanNEs – rejoint rapidement par des soudanaisEs –  a décidé de manifester devant l’OFII de Marseille pour demander l’accès au logement au CADA <Centre d’accueil de demandeurs d’asile> aquel ils ont droit en tant que demandeurs d’asile, mais dont ils sont prive’s depous plusieurs mois (plus d’une année pour certains).

“Nous demandons l’application de nos droits en tant que demandeurs
d’asile en France. Nous n’avons pas de logement (alors que certains
d’entre nous sont là depuis au moins un an)”

Leurs revendications de droit au logement sont soutenues par le
collectif El Manba/Soutien Migrant.e.s 13, dans la foulée des actions
collectives menées récemment en faveur du logement des personnes
migrantes mises à la rue à la veille de la trêve hivernale (demandeurs
d’asile, mineurs isolés étrangers, sans-papiers).

chronique chronologique :

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communiqué du 16 novembre:

Suite à la mobilisation de ce matin, L’OFII PROMET D’HÉBERGER LES DEMANDEURS D’ASILE SOUS 40 JOURS…
En attendant l’hiver commence et leur seule solution reste la rue !

Les demandeurs d’asile mobilisés ont rédigé un communiqué et souhaitent le partager :

” Sans réponse de l’OFII 10 jours après notre dernière mobilisation devant ses bureaux, nous nous sommes à nouveau rassemblés au 61 boulevard Rabateau ce matin-même, à partir de 10h, afin de demander le logement en CADA (Centre d’accueil des Demandeurs d’asile) auquel nous avons droit et dont l’attribution traîne depuis des mois (parfois plus d’une année).
Cette fois-ci nous avons pu nous entretenir avec le directeur de l’OFII, qui nous a dit avoir bien pris connaissance de nos revendications et nous a promis de nous proposer des solutions de logement dans les 40 jours à venir, à Marseille ou dans les alentours.
L’ensemble des personnes présentes, une cinquantaine, majoritairement des demandeurs d’asile afghans, pakistanais et soudanais, dont quelques familles, se sont identifiées sur une liste nominative en faisant référence à leur numéro de demandeurs d’asile.
Il va sans dire que durant ces 40 jours de recherche de solutions promises, nous n’avons toujours pas de solution d’hébergement : c’est le début de l’hiver et dans la rue, c’est la loi du plus fort que nous subissons.
Nous avons toutefois décidé d’accorder notre confiance au directeur de l’OFII, respectueux du travail de l’administration et du droit français. Réciproquement, nous attendons que nos droits soient aussi respectés et qu’il tienne les engagements pris à ce jour devant nous.
Dans 40 jours, nous ferons un nouveau point public de la situation pour les personnes signataires de la liste.
Le groupe d’Afghans.”
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Communiqué du 11 novembre:

Sans réponse de l’OFII à leurs revendications d’hébergement en ce début d’hiver, les copains demandeurs d’asile reconduisent leur mobilisation au 61 boulevard Rabateau.

Chacun est invité à venir les soutenir d’autant de manières possibles à partir de 10h ce matin! Thé, café, sandwichs, matos pour occuper la place!

Voici leurs revendications rédigées dans deux communiqués :

“Nous sommes venus ici pour demander un logement pour tous. En tant que demandeur d’asile en France nous avons le droit d’exiger une place en CADA. De même, nous avons droit à des cours de français. Nous somme toujours dans la rue, comment on peut faire pour passer l’hiver ? Nous attendons une solution de logement depuis des mois (de quelques mois jusqu’à deux ans) mais aucune solution a été trouvée. Nous allons continuer notre rassemblement ici et faire pression sur l’OFII et sur les institutions compétentes afin que nos revendications soient prises en compte.
Un groupe d’Afghans”

“Nous les personnes soudanaises, nous venons à l’OFII depuis un an et plus. Nous n’avons eu aucune réponse de la part de l’OFII depuis 10, 11, 9 mois. L’hiver arrive et nous habitons toujours dans la rue. Personne de nous a donné accès, ni à une maison, même temporaire, ni à l’école pour apprendre le français, ni à la gratuité des transports, ni à la carte de sécurité sociale. Pourtant ça fait partie de nos droits de demandeurs d’asile. Ce qu’on a c’est juste une adresse postale où on peut recevoir du courrier. Pourquoi ? C’est incompréhensible.
Le groupe soudanais”


 

communiqué du collectif Manba (CSM13) du 4 novembre en soutien à la mobilisation devant l’Ofii

Un toit c’est la loi…. Et l’hébergement d’urgence aussi. Pour toutes et tous, avec ou sans papiers. Depuis 2012, c’est même reconnu par le Conseil d’État comme un droit fondamental. Pour ce qui concerne les demandeurs d’asile, on y ajoute quelques textes, conventions et règlements. C’est un droit pour tou-te-s. Une obligation pour l’Etat. Sauf qu’en pratique, avec ou sans papiers, majeurs ou mineurs, Afghans Soudanais Syriens et autres demandeurs d’asile de tant de pays differents, avec ou sans bébé malade de 9 mois, tout le monde est à la rue. Hébergements jamais donnés, ou non renouvelés. Le 115 avec la gale et les puces. Restaient les squats… Ca, c’était avant que les squats ne soient expulsés.

Les humains viennent demander des comptes à l’OFII. La rue c’est la mort. L’hiver arrive. L’OFII décide qu’ils sont fermés. Ils ne dialogueront avec personne. Même pas une petite tentative, non. Wallou, mafichi, rien, niet, néant.

Les flics passent. Premier avertissement: il faut dégager le passage. Mais puisque le passage n’est pas encombré? Ça doit signifier qu’il faut dégager tout court. Rester invisible. Ne pas avoir le droit d’exister.

De Calais à Vintimille, de Paris à Marseille, la solidarité avec les migrants ne tarira pas. Ils font pousser des barbelés? Cultivons les tenailles! Pas un pas en arrière. Solidarité avec les demandeurs d’asile en lutte pour leurs droits!


communiqué du 3  novembre:

Un groupe de demandeurs d’asile afghans a décidé de manifester devant l’OFII de Marseille jeudi (aujourd’hui) pour demander l’accès au logement au CADA auquel ils ont droit en tant que demandeurs d’asile, mais dont ils sont privés  depuis plusieurs mois (plus d’une année pour certains).

“Nous demandons l’application de nos droits en tant que demandeurs d’asile en France. Nous n’avons pas de logement (alors que certains d’entre nous sont là depuis au moins un an). L’Etat français doit nous considérer comme n’importe quel autre réfugié et nous donner tout ce à quoi nous avons droit.
Le groupe des demandeurs d’asile afghans de Marseille ”

Leurs revendications de droit au logement sont soutenues par le collectif El Manba/Soutien Migrant.e.s 13, dans la foulée des actions collectives menées récemment en faveur du logement des personnes migrantes mises à la rue à la veille de la trêve hivernale (demandeurs d’asile, mineurs isolés étrangers,  sans-papiers).

A LEUR DEMANDE, SOYONS NOMBREUX A LES SOUTENIR !
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Pour rappel, notre collectif a déjà dénoncé à plusieurs reprises les manquements de l’Etat et des institutions en matière de logement, y compris quand il s’agit de mineurs isolés étrangers, et alors que le rythme  des expulsions des lieux occupés d’habitation s’accélère à Marseille (menées manu  militari et hors de tout cadre légal, sous les invectives racistes de la police).

Depuis plusieurs mois, il dénonce aussi le discours mensonger du gouvernement sur une prétendue politique d’accueil des exilés, servi en vernis à l’expulsion du  campement de Calais, alors qu’elle ne trouve aucune application dans la réalité,  bien au contraire, et que les libertés élémentaires des migrants sont de plus en  plus gravement atteintes.


En lien,  un son de la manif du premier jour ( 5 min) pour partager l’ambiance et la détermination.

Vous pouvez écouter aussi le début du journal de midi30 de vendredi sur galère où des manifestants sont venus raconter la situation et leurs revendications

Doc vidéo sur la manif du lundi 7 novembre (Primitivi)

 

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ENGLISH:

Since 3 November, a group of Afghani asylum seekers – quickly joined by Sudanese (asylum seekers) – has decided to demonstrate in front of the OFII of Marseille to request access to housing in the CADA (Reception Center for Asylum Seekers) to which they are entitled as asylum seekers, but of which they have been deprived for several months (more than a year for some).

“We demand the enforcement of our rights as asylum seekers in France. We do not have housing (although some of us have been there for at least a year).”

Their demands for housing rights are supported by the Collective El Manba/Soutien Migrant.e.s 13, in the wake of the collective actions recently carried out in favour of housing for migrant people (asylum seekers, isolated minor foreigners, undocumented migrants)  placed on the street on the eve of the “winter truce” (a pause in evictions in France during the winter months).

Chronology:

Statement of 16 November:

Following the mobilization this morning, OFII PROMISES TO HOST ASYLUM SEEKERS WITHIN 40 DAYS …
Meanwhile the winter begins and the street remains their only solution!

The mobilized asylum seekers have drafted a communiqué and wish to share it:

“Without a reply from OFII ten days after our last mobilization in front of their offices, we again gathered at 61 Boulevard Rabateau this morning, from 10 am, to request housing in CADA (Reception Center for Asylum Seekers) to which we are entitled and whose allocation has lagged for months (sometimes more than a year).
This time, we were able to talk to the director of the OFII, who told us that he had taken note of our demands and promised us to offer housing solutions in the next 40 days, in Marseille or surrounding area.
All those present, about fifty, mostly Afghan, Pakistani and Sudanese asylum-seekers, including some families, identified themselves on a list of names with reference to their asylum-seeker number.
It goes without saying that during these 40 days in search for promised solutions, we still do not have an accommodation solution: we are at the beginning of winter and in the street, we suffer under the law of the strongest.
We decided, however, to give our confidence to the director of the OFII, respectful of the work of French administration and law. In return, we expect our rights to also be respected and that he will fulfill the commitments made in front of us on this day.
In 40 days, we will make a new public point on the situation for the people signed up on the list.
The group of Afghans.”
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Statement of 11 November:

Without response from the OFII to their demands for accommodation at the beginning of winter, the asylum seeker friends renew their mobilization at 61 Boulevard Rabateau.

Everyone is invited to support them in as many ways as possible from 10am this morning! Tea, coffee, sandwiches, materials for occupying the place!

Here are their claims written in two statements:

“We have come here to demand housing fall all. As asylum seekers in France, we have the right to demand a place in CADA, likewise, we have the right to French language courses. We
We are still in the street – how can we spend the winter? We are waiting for a housing solution for months (from a few months to up to two years) but no solution has been found. We will continue our gathering here and put pressure on the OFII and the relevant institutions so that our demands are taken into account.
A group of Afghans ”

“We, the Sudanese people, have come to the OFII for a year and more. We have had no response from OFII for 10, 11, 9 months. The winter is coming and we still live in the street. No one has given us access, neither to a house, even a temporary one, nor to a school to learn French, neither to the free transportation, nor to the social security card. Yet, it is part of our rights as asylum seekers. What we have is just a mailing address where you can receive mail. Why? It’s incomprehensible.
The Sudanese group”
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Statement from the Collective Manba (CSM13) of 4 November in support of the mobilization infront of the OFII

A roof is the law …. And emergency accommodation too. For all, with or without papers. Since 2012, it is even recognized by the Council of State as a fundamental right. As far as asylum seekers are concerned, there are some added texts, conventions and regulations. It is a right for all. A duty of the State. Except that in practice, with or without papers, adults or minors, Afghanis Sudanese Syrians and other asylum-seekers from so many different countries, with or without a sick 9-month-old baby, everyone is out on the street. Accommodations never given, or not renewed. The 115 <accomodations> with scabies and fleas. There remained squats … That was before the squats were evicted.

The humans come to hold the OFII accountable. The street is death. Winter is coming. OFII decides that they are closed. They will not talk to anyone. Not even a small attempt, no. Wallou, mafichi, nothing, niet, nil.

The cops go by. First warning: you have to clear the passage. But since the passage is not blocked? It must mean that you have to simply go away. Stay invisible. Not having the right to exist.

From Calais to Ventimiglia, from Paris to Marseille, solidarity with migrants will not dry up. Are they growing barbed wire? Grow the pincers! Not a step back. Solidarity with asylum seekers fighting for their rights! ———————————————————————————————–

Statement of 3 November:

A group of Afghan asylum seekers decided to protest before the OFII in Marseilles on Thursday (today) to request access to housing in the CADA (Reception Center for Asylum Seekers) to which they are entitled as asylum seekers, but of which they have been deprived for several months (more than a year for some).

“We demand the enforcement of our rights as asylum seekers in France. We do not have housing (although some of us have been there for at least a year). The French state must consider us like any other refugee and give us everything we have a right to.
The group of Afghan asylum seekers in Marseille ”

Their demands for housing rights are supported by the Collective El Manba/Soutien Migrant.e.s 13, in the wake of the collective actions recently carried out in favour of housing for migrant people (asylum seekers, isolated minor foreigners, undocumented migrants)  placed on the street on the eve of the “winter truce” (a pause in evictions in France during the winter months).

AT THEIR REQUEST, BE NUMEROUS TO SUPPORT THEM!
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As a reminder, our collective has already repeatedly denounced the State’s and institutions’ failures to provide housing, including in the case of unaccompanied foreign minors, and whereas the pace of evictions from occupied dwellings accelerates in Marseille (carried out in a military manner and out of any legal framework, under racist the insults from police).

For several months we have also denounced the government’s deceitful rhetoric about an alleged policy of welcoming the exiles, served in vain for the eviction of the Calais camp , whereas it finds no implimentation in reality; quite the contrary, and that that the basic freedoms of migrants are increasingly seriously violated.
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A link to the sounds of the first day (5 min) to share in the atmosphere and determination.

You can also listen to the beginning of the Friday midi30 new on galère, where protesters came to tell the situation and their demands.

Doc video on the demonstration of Monday 7 November (Primitivi)

No Deportations to Sudan!

Update from Nov.17: the deportations are postponed pending a hearing that will take place on Saturday but it still makes sense to contact the prefecture or prepare other plans for the possibility the deportations will still take place. For further details see Passeurs d’Hospitalite.

Update from Nov. 18: It’s true the flights are cancelled for now but the information that the hearing will take place on Saturday was false, according to La Chapelle Debout (see more details there). To keep informed on updates you can text “stop déportation” to 07 68 77 97 16

Update from Nov. 21: Two of the persons who were under a risk of deportation are now free but one other still have a plane scheduled on Tuesday the 22nd at 9.20pm, same flight as last time passing by Doha. Qatar Airways phone number is : (+33) (0) 170950580. See Passeurs d’Hospitalites

Update from Nov. 23: Baker refused to board the plane yesterday, and wasn’t forced to. He remains at immanent risk of deportation, however. See Passeurs d’Hospitalites.

Update from December 2: In the early morning, after OFPRA refused his asylum claim late on December 1, without advance warning, the police deported Baker on December 2, on Qatar Airways.


Deportations from France to Sudan are scheduled to take place this week: One of them is already planned for tomorrow evening from Paris to Doha, likely on a flight by Qatar Airways. We are calling on people to contact the Pas-de-Calais Prefecture and Qatar Airways, or to autonomously think of other ways to disrupt the deportation! (Info below or in French on Passeurs d’Hospitalites)

Sudan has seen decades of civil war (deeply linked to the aftermath of over half a century of violent colonial occupation by Britain and Egypt before its independence in 1956), systematic persecutions of people, rape, aerial bombardments, destruction of means of living and mass killings at the hands of a brutal dictatorship and militias.

The president, Omar al-Bashir, has several arrest warrants by the International Criminal Court out against him for war crimes, genocide and crimes against humanity, yet states including France still continue to threaten and sometimes achieve forced returns of people despite well documented evidence of a real risk of immediate imprisonment, persecution, torture or death. So far these deportations are still exceptional in France but further deportations could set a dangerous precedent. Recently deportations to Sudan have been ramped up throughout the EU, especially from Italy, where a new agreement between Italy and Sudan was signed in August. The EU, led by Germany, has not only ignored the systematic violence taking place in Sudan, but is in fact eagerly pursuing collaboration with the dictatorship, delivering cameras, scannners, and other infrastructural support to Bashir’s regime to keep refugees trapped in the region.

vincennes.png

Vincennes Detention Center in flames after revolts against a deportation this July.

The information we have is that the person concerned will leave Vincennes detention center tomorrow at 15h, and take a flight later in the evening to Doha. As this is the only flight scheduled to Doha from Paris that evening, it is likely this one (but we emphasize that this is not confirmed):

9:20 PM departure CDG – DOH
Flight Number 3538
Operated by Qatar Airways 38

Another flight is planned for Nov. 19.

Please contact the Pas-de-Calais Prefecture to demand that they cancel their decision to deport:

By telephone : (+33) (0) 3.21.21.20.00

By fax : (+33) (0)3.21.55.30.30

The prefecture contact from : http://www.pas-de-calais.gouv.fr/Contactez-nous

To challenge the government and the people in charge of the Ministerial Cabinets:

jean-pierre.jouyet@elysee.fr, sylvie.hubac@elysee.fr, premier-ministre@pm.gouv.fr, manuel.valls@pm.gouv.fr, bernard.cazeneuve@interieur.gouv.fr, thierry.lataste@interieur.gouv.fr, eric.morvan@interieur.gouv.fr, pierre-antoine.molina@interieur.gouv.fr, gabriel.kunde@interieur.gouv.fr, sec.chefcab@interieur.gouv.fr, raphael.sodini@interieur.gouv.fr, muriel.nguyen@interieur.gouv.fr, luc.derepas@interieur.gouv.fr

Or contact Qatar Airways (unconfirmed but likely operator of the flights) to demand they refuse to operate the flight:

http://www.qatarairways.com/fr/fr/contact-us.page

Or on twitter with @qatarairways / #qatarairways

Eurotunnel: death at the fences, profits for Goldman Sachs

channel-tunnel

Death at the fences, profits for Goldman Sachs

At least 15 people were killed in or around the channel tunnel in 2015. Some were electrocuted, some run over by trains, some chased by police into traffic near the entrance. All these deaths were a direct result of people trying to get past the intensive security put in place by Eurotunnel, funded by the British and French governments, to stop them reaching England.

Responding to these deaths, Eurotunnel apologised for the inconvenience caused to its passengers. Its boss Jacques Gounon explained that the migrants dying at his door are “very far from poor unfortunates who seek refuge in England and have a right to a humanitarian approach”, but instead are “veritable commandos, well coordinated” who seek “to make politics and destabilise the government.”

Also in 2015 Eurotunnel, which runs the tunnel under a concession lasting until 2086, made a €100 million profit. €97 million of this was paid out as a dividend and handed straight to its shareholders, international investment firms led by major shareholder and creditor Goldman Sachs. Despite this record year, Eurotunnel is demanding millions more in compensation from the governments for “lost earnings” due to the “migrant crisis”.

But just what is the Eurotunnel company, and how has it come to play a key role in the militarisation of the UK/France border?

The new report on Eurotunnel by Calais Research Network profiles the company’s business and growth strategy; its owners, decision-makers, and powerful political connections; its history and crucial role in the border system at Calais; and some issues for its future development. Read it in full here.

Key Points

  • Eurotunnel has played a key role in the militarisation of the border from the start. The treaties that originally exported the UK border to France, bringing a new world of barbed wire and police patrols to Calais, emerged from negotiations around the tunnel. The governments outsource border security to the company, handing over tens of millions to fund a 300 strong private security army headed by an ex-police chief and ex-army colonel, and to install an array of surveillance and security technologies.
  • Eurotunnel is where political, financial, and military interests come together at the heart of the Calais border system. Directors include politicians from both sides of the channel, including disgraced British ex-ministers Patricia Hewitt and Tim Yeo and local Pas de Calais heavyweight Philippe Vasseur, alongside the likes of arms industry fixer Lord Levene (chair of General Dynamics UK, and former National Armaments Advisor), and the infrastructure boss of Goldman Sachs.
  • Nearly 3/4 of the company’s income comes from its 90+ year tunnel concession. Almost half of revenue is from the “Shuttle” train transporting cars and trucks, another quarter from access fees paid by Eurostar and freight train operators. These revenues are regarded as highly stable: so long as trade flows freely across the channel, Eurotunnel is on to a sure thing. The biggest cloud on the horizon is the great unknown of Brexit.
  • Eurotunnel is now highly profitable, after a difficult start when it was held down by massive debts from the tunnel construction. Debt restructuring in 2007 reversed the company’s fortunes — at the expense of thousands of small shareholders who saw their holdings slashed in value. The company is now the property of international investment funds, first amongst them Goldman Sachs with 15% ownership, who extract big dividends and pay minimal tax.
  • Eurotunnel still has outstanding debts of around €4 billion, and is currently looking to refinance these at lower interest rates.
  • The man who pushed through the 2007 Goldman Sachs deal was Jacques Gounon, who has been at the helm since then unchallenged as both chairman and chief executive.
  • Eurotunnel had a record year in 2015, despite terror scares and the “migration crisis”. This hasn’t stopped it announcing plans to make a €29 million claim on the governments for “revenue losses due to migrant pressure”. Back in 2009 it won a €24 settlement from the two states in a secretive ISDS court ruling about earlier costs related to border security in 1999-2002. This is on top of the undisclosed millions transferred every year by the governments for border security outsourced to Eurotunnel.
  • Although the company’s income from the tunnel is stable, it offers limited growth. So Eurotunnel is seeking to expand into new business areas, including expanding its own rail freight business. Other new schemes include a golf course and “eco-village” development near the French tunnel terminal at Sangatte; the Eleclink electricity grid interconnector; and participating in a failed bid for London City Airport.

With a long term concession on key trans-national infrastructure, backed by two governments and one of the world’s most powerful investment banks, with powerful friends on the board and even a state-subsidised private army, Eurotunnel’s future seems assured. But nothing is for sure, and the last section of the report profiles some challenges for the company’s future.

Will Brexit lead to a trade downturn? Will security problems return on the tracks and roads that lead to the tunnel? Will workers stay quiet if there are new “restructurings”? Will dependence on specialist suppliers be an issue? Can Eurotunnel keep local authorities sweet as it continues to expand its terminals and facilities? How will it fare as it moves into new riskier ventures?

An Update on Some of the Companies Collaborating in the Calais Eviction // Mise à jour sur quelques entreprises qui ont collaboré à l’expulsion de Calais

The Calais Research Network has created a list of some of the many companies that profited off of the eviction in the last weeks, razing the camp and dispersing people across France. This is an update to the longer list of companies implicated in Calais border violence that the group released last month.

4200

VINCI

A subsidiary of VINCI, the SNH (Sogea Nord Hydraulics), has again played a major role in evicting the jungle, destroying people’s shelters and clearing the rubble of those that had already burned. The company served the same function during the eviction of the south part of the camp earlier this year. According to the CGT Union of VINCI, which publicly opposed the company’s role in the eviction, workers were advised to wear neutral clothes during the destruction of the camp so that they wouldn’t be recognised in the media.

Now that thousands of people have been displaced from Calais, some of the police forces involved have been freed up again. The threat of eviction still hangs over ZAD, where VINCI has long hoped to construct an airport. The eviction there was purported to have been postponed due to the difficulty of organizing two major eviction operations simulataneously. A similar strategy as seen in Calais has been planned for ZAD, however. Around the jungle, a special zone was announced barring all unauthorised persons from entry, making the camp into a playground for the police to test out new repressive tools for accelerating the state’s response to ‘infractions’ against order.

Sorting Centre

Joly Location
353 CD 940 Bleriot Plage 62231
Joly rented out the warehouse nearby the jungle that was converted into a sorting center for sending people on buses throughout France. The company generally provides equipment such as bulldozers and building material in the area (but we are not aware of any of their equipment being used in the eviction).

Transport to CAOs

Local bus companies organised trips from the jungle to centres throughout France also profited from the evictions, leading local newspaper La Voix du Nord to cynically praise the eviction for its contribution to the local economy.
The companies below were legally requisitioned by the prefecture to provide buses for the eviction, with funding coming from OFII. (See here, here, here, and here) :

Littoral Nord Autocar
251 Avenue Henri Ravisse
Z.A.C. TRANSMARCK
62730 MARCK
Tel.: 03.21.46.39.39

Voyages Moleux
ZI de l’inquieterie
24 rue de la Capelle
62 280 Saint Martin Boulogne
Tel. : 03 21 10 34 34

Autocars PORTAL
ZI. des Dunes Chemin du Pont Trouille 62100 Calais
Tel.: 03 21 35 13 79
06 09 62 51 45
Fax: 03 21 82 32 70
E-mail: autocars.portal@wanadoo.fr

Voyages Inglard
Route Départementale 943, 62921 Aire-sur-la-Lys, France
Tel.: 0321954430
E-mail: inglard-airesurlalys@selectourafat.com

Made Tourism
Route de Bourbourg
62162 Vieille-Église

Voyages Cattteau
BP 357 – 59463 Lomme cedex / Locaux : Avenue des Marronniers – 59840 Pérenchies
Tel.: 03 20 92 45 11 – Fax 03 20 22 01 45
Email: contact@voyages-catteau.com

We have also spotted buses from:

Delgrange voyage
22 Boulevard Sainte-Barbe, 59122 Dunkerque, France

Mariot Voyages
2, rue de la Paix, 59480, La Bassee, France

Voyages Mullie
Address: 246 Rue de Condé, 62160 Grenay, France
Tel.: +33 3 21 29 02 36

Dumont

L’Oiseau Bleu

///////////[FR]

L’équipe de Calais Research Network a listé certaines des nombreuses entreprises qui auront profité de l’expulsion ces dernières semaines, de la destruction du camp àla dispersion des gens dans toute la France. Ceci est une mise à jour de la liste plus complète des entreprises responsables de la violence de la frontière à Calais que le groupe a publié le mois dernier.

VINCI

Une des filiales de VINCI, SNH (Sogea Nord Hydraulique), a encore joué un rôle majeur dans l’expulsion de la jungle, détruisant les abris et dégageant les décombres de ceux déjà brûlés. L’entreprise avait rempli la même mission durant l’expulsion de la zone Sud au début de l’année. Selon la section CGT de Vinci, qui s’est publiquement opposé au rôle de l’entreprise dans l’expulsion, les travailleurs ont reçu l’ordre de porter des vêtements neutres pendant l’expulsion afin de ne pas être reconnus dans les médias.

Maintenant que des milliers de personnes ont été expulsées de Calais, une partie des forces de police impliquées sont de nouveau disponibles. Une menace d’expulsion plane encore sur la ZAD, où Vinci espère depuis longtemps construire un aéroport. L’expulsion y avait été repoussée soi-disant du fait de la difficulté de mener deux opérations majeures d’expulsion en même temps. Une stratégie similaire à celle de Calais a cependant été prévue pour la ZAD. Autour de la jungle, une zone spéciale a été annoncée interdisant l’accès à toutes les personnes non autorisées, transformant le camp en une cour de récréation pour la police où ils soient libres de tester leurs nouveaux outils répressifs afin d’accélerer les réponses de l’Etat aux “infractions” à l’ordre public.

Centre de tri

Location Joly
353 CD 940 Bleriot Plage 62231
Joly a loué le hangar proche de la jungle qui a été converti en centre de tri pour emmener les gens dans des bus à travers la France. L’entreprise fournit généralement de l’équipement tel que des bulldozers ou des matériaux de construction dans la région (nous ne savons pas si certains de leurs équipements ont été utilisés dans l’expulsion).

Transport pour les CAO

Les compagnies de bus locales qui ont organisé des départs de la jungle pour des centres à travers la France ont aussi profité de cette expulsion, ce qui aura valu les cyniques louanges du journal La Voix du Nord quant à cette expulsion pour ses contributions à l’économie locale. Les entreprises ci-dessous ont été réquisitionnées par la préfecture pour fournir des bus à l’expulsion, financées par l’OFFI. (Voir ici, ici, ici et ici)

Littoral Nord Autocar
251 Avenue Henri Ravisse
Z.A.C. TRANSMARCK
62730 MARCK
Tel.: 03.21.46.39.39

Voyages Moleux
ZI de l’inquieterie
24 rue de la Capelle
62 280 Saint Martin Boulogne
Tel. : 03 21 10 34 34

Autocars PORTAL
ZI. des Dunes Chemin du Pont Trouille 62100 Calais
Tel.: 03 21 35 13 79
06 09 62 51 45
Fax: 03 21 82 32 70
E-mail: autocars.portal@wanadoo.fr

Voyages Inglard
Route Départementale 943, 62921 Aire-sur-la-Lys, France
Tel.: 0321954430
E-mail: inglard-airesurlalys@selectourafat.com

Made Tourism
Route de Bourbourg
62162 Vieille-Église

Voyages Cattteau
BP 357 – 59463 Lomme cedex / Locaux : Avenue des Marronniers – 59840 Pérenchies
Tel.: 03 20 92 45 11 – Fax 03 20 22 01 45
Email: contact@voyages-catteau.com
Nous avons aussi repéré des bus des compagnies suivantes :

Delgrange voyage
22 Boulevard Sainte-Barbe, 59122 Dunkerque, France

Mariot Voyages
2, rue de la Paix, 59480, La Bassee, France

Voyages Mullie
Address: 246 Rue de Condé, 62160 Grenay, France
Tel.: +33 3 21 29 02 36

Dumont

L’Oiseau Bleu

Raids, raids and raids

As we had already said, the policy of the french State in Calais now is one of true appartheid. It is impossible to walk down the street and not be witness of racial profiling episodes, arrests, or at least to notice the massive police presence.

We know that the police keeps on arresting people, at least at the train stations of Calais, Hazebrouck and Lille, that most of our non-white friends who live in Calais are controlled several times a day, whether with or without the good papers, and that from Calais people are brought to several deport centers around France.

Here is a brief overview of the arrests we witnessed last week, when we were monitoring different places in Calais. Part of the information reported has been collected by people who run a number for legal support; another part comes from people we know. It is sure the list is incomplete: more people have been arrested, and we didn’t hear about it.

Arrests on the 3rd of November

-15 people arrested around the central train station

-1 minor arrested near Coquelles

Arrests on the 30th of October

-1 person registered as underage arrested in the central train station, then released

Arrests on the 29th of October

-1 person from Kuwait arrested in the city

-8 people arrested in town around 4.30pm

-1 Afghan minor person arrested in Fontinettes train station around 6.30pm

Arrests on the 28th of October

-3 Afghan people who were supposed to go to a CAO arrested in town, at night, two of them might be deported to Italy on October 31st

Arrests on the 27th of October

-2 activists arrested and put in custody in L‘Ecole des Dunes in the Jungle because they didn’t have authorization, around 10am (they are now released without charges)

-a group of minors taken by the police around 11am in the jungle

-3 people violently arrested and put in custody during a press conference around 11.30am (they are now released without charges)

-3 people arrested in town around 4pm

-1 person arrested in front of the central train station around 5.30pm

-7 people arrested in Frethun train station around 6pm

-2 Afghan people arrested in town, near the Jungle around 7.30pm

-3 young Eritrean and Oromo people arrested near the central train station around 8.30pm

-a group of young people chased by 15 cops in full gear in front of the town hall and 2 of them arrested around 9pm

-3 Sudanese people with bracelets for underage/minors arrested while on bikes in Rue Mollien (between the town and jungle)

-1 person arrested in the train station

-1 person arrested near the jungle

-1 person arrested

-1 Eritrean minor person arrested

-1 person arrested in the central train station

-2 persons arrested in the central train station

Arrests on the 26th of October

-6 or 7 people controlled by the police and at least one of them arrested

-1 young person arrested by the PAF in the Frethun train station

Arrests on the 25th of October

-4 people arrested under the bridge in the jungle, including 3 Afghan people who stayed in deport center

-7 persons arrested in the Frethun train station (more than 30 people put in deport center)

Arrests on the 24th of October

-more than 10 people controlled and taken by the police in the central train station, including 4 still in deport center