Links / Liens

from Coasts in Solidarity

Transnational

https://afrique-europe-interact.net/ (English, French, German)

https://alarmphone.org/en/ (Arabic, English, French, German, Italian, Spanish)

http://www.migreurop.org (English, French, German, Italian, Spanish)

http://www.noborder.org/ (English)

https://trans-border.net/ (English)

https://watchthemed.net/ (English)

https://w2eu.info/ (Arabic, English, Farsi, French)

Calais, barbed wire city / Calais, ville barbelée

Since February 2020, only a couple months after the public transport had become free in the city of Calais, reports started coming that some bus stops were ignored altough people were standing at the sign, waving at the driver.
As people themselves reported, as well as passengers already on the bus, groups or individual presenting as “non white”, were deemed “non french” therefore ignored by some bus drivers and thus unable to catch a bus ride or having to wait for hours at bus stops.
Another french passenger reported noticing more than once that when only migrants were waiting at bus stops, the driver would only open the back doors, allowing for a new form of appartheid to take place (black on the back, white the rest of the bus). When questioned, answered that it was “for security reasons”, and because the other passengers just wanted to have a quiet ride.
As the Covid19 outbreak hit, new rules were imposed to those taking public transports, such as different time schedules, the mandatory use of masks and one seat out of two to be left empty.
Yet, as seen elsewhere in France with rising police abuses of power in controlling people papers and “certificates” needed to move around, this also meant more excuses for bus company to cover up this discriminations in accessing public transport.
And it didn’t end with the end of the lockdown.
Friends report being asked for French ID papers, while approaching one of the central bus stops, alone, provided with face mask and keeping distance, and being refused to board the bus as they were unable to provide this.
Tourists beware: you need French papers to take the free buses!
Of course controlled did not approach other people standing at the bus stop, waiting, nor any of the other non French but white people who commented the situation.
Old school racisms hits back once again. You are a group of 5, 6 white people waiting to take the bus at any given bus stop? No problem.
You are 5, 6 non-white people, perhaps taking the bus at a stop near where you live in an industrial area, a stone’s throw from a residential area. You may have nothing in common with the other people, one of you trying to get to the hospital, the other to the city centre, you speak different languages: you are a group of “migrants”. The bus will not stop for you.

 

More recently, a video circulating on social networks outraged more than one person. In the video, two people of colour are seen in a bus, forcibly removed from the bus by police officers.
In an article on this subject, the director of Calais Opale Bus, Daniel Roussel, has the merit of being clear and honest about the way things are going: “For the moment, we avoid taking migrants”.
It should be noted that the president of the SITAC is Philippe Mignonet, accessorily deputy mayor of Calais now, during the Republican period under Mayor Mme Bouchart. And that this specific episode is one of the many results, more or less spectacular, of the apartheid policy carried out by the municipality for years.

Similar episodes of racial profiling and discrimination have taken part at different times and in different context in Calais, sometimes being as official as asking for ID to go to the swimming pool , sometimes as informal practices taking place to deter people coming to Calais at all or to stay there.

Even if Calais has never been a top tourist destination except for the now largely defunct duty free trade, it seems that Calais business seem ready to blame migrants for the loss of trade but that trade is in fact as much being affected by the towns now widespread refusal to welcome migrants into their stores and bars. Businesses are being affected by the loss of spending power,nothing really do to do with migrants . Maybe potential tourists don’t want to stop off in a town now associated with the excessive police violence, and general meanness towards refugees as well as more or less excluding them from the town . Not excluding the fact that the fascist groups that attacks migrants are widely known about not just in Calais . As Calais is quickly gaining a reputation of being associated with the far right and a new kind of apartheid.

So migrants are blamed that passing trade in the town is said to have reduced, as well as being largely excluded from the town and confined in industrial areas at the outskirt of the city with a whole lots of association-provided parallel services than those available to citizens. And dare they not, claim their right to the city, to go to the Supermarket or take the bus! Newly arrived and want to have lunch, or access to shower? The message is clear: off to the jungles, you must go. Possibly by being invisble along the way, and walk.

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Depuis février 2020, deux mois à peine après que les transports publics soient devenus gratuits dans la ville de Calais, des rapports ont commencé à arriver sur le fait que certains arrêts de bus étaient ignorés alors que des personnes se tenaient debout devant le panneau, faisant signe au conducteur.

Comme les personnes elles-mêmes l’ont rapporté, ainsi que les passagers déjà dans le bus, les individus se présentant comme “non blancs”, étaient considérés comme “non français” et donc ignoré·e·s par certain·e·s chauffeur·e·s de bus et ne pouvaient donc pas prendre le bus ou ont devaient attendre pendant des heures aux arrêts.

Un autre passager français a déclaré avoir remarqué plus d’une fois que lorsque seuls des migrant·e·s attendaient aux arrêts de bus, le chauffeur n’ouvrait que les portes arrière, permettant ainsi une nouvelle forme d’appartheid (les noirs à l’arrière, les blancs dans le reste du bus). Interrogé, il a répondu que c’était “pour des raisons de sécurité”, et parce que les autres passagers voulaient juste faire un tour tranquille.
Malheureusement, cela ne nous surprend pas.

Lorsque l’épidémie de Covid19 a éclaté, de nouvelles règles ont été imposées à ceux qui prennent les transports publics, comme des horaires différents, l’utilisation obligatoire de masques et le fait qu’un siège sur deux doit rester vide.
Cependant, comme on l’a vu ailleurs en France avec l’augmentation des abus de pouvoir de la police dans le contrôle des papiers et des “attestations” nécessaires pour se déplacer, cela signifiait aussi plus d’excuses pour les compagnies de bus pour dissimuler les discriminations dans l’accès aux transports publics.
Et cela ne s’est pas terminé avec la fin du confinement et des restrictions.
Des amis rapportent qu’on leur a demandé des papiers d’identité français, alors qu’ils s’approchaient d’un des arrêts de bus centraux, seuls, munis d’un masque facial et gardant leurs distances, et qu’on leur a refusé de monter dans le bus car ils n’étaient pas en mesure de leur fournir.
Attention aux touristes : vous avez besoin de papiers français pour prendre les bus gratuits !
Bien évidemment, les contrôleurs-euses n’ont pas approché les autres personnes attendant à l’arrêt de bus, ni les autres personnes non françaises mais blanches qui ont assisté·e·s à la scène.

Le racisme de la vieille école revient à la charge. Vous êtes un groupe de 5, 6 personnes blanches qui attendent le bus à un arrêt donné? Pas de problème.
Vous êtes 5, 6 personnes non blanches, qui prennent peut-être le bus à un arrêt proche de votre lieu de vie dans une zone industrielle à deux pas d’un quartier résidentiel. Vous n’avez peut-être rien en commun avec les autres personnes, l’une cherchant à se rendre à l’hôpital, l’autre vers le centre-ville, vous parlez des langues différentes : vous êtes un groupe de “migrants”. Le bus ne s’arrêtera pas pour vous.

Plus récemment, une vidéo circulant sur les réseaux sociaux a révolté plus d’une personne. Dans le vidéo on peut observer deux personnes de couleur, dans un bus, enlevées de force dudit bus par des policiers.
Dans un article à ce sujet, le directeur de Calais Opale Bus, Daniel Roussel, a le mérite d’être clair et honnête sur la façon dont les choses se passent : “ Pour l’instant, on évite de prendre les migrants
Il est à noter que le président de la SITAC est Philippe Mignonet, accessoirement adjoint au maire de Calais à l’époque républicaine sous la Maire Mme Bouchart. Et que cet épisode spécifique est l’un des nombreux résultats, plus ou moins spectaculaires, de la politique d’apartheid menée par la municipalité depuis des années.

Des épisodes similaires de profilage racial et de discrimination ont eu lieu à différents moments et dans différents contextes à Calais, parfois de manière aussi officielle que demander une carte d’identité pour aller à la piscine,   parfois de manière informelle, pour dissuader les gens de venir à Calais ou d’y rester.

Même si Calais n’a jamais été une destination touristique de premier plan, à l’exception  du commerce duty-free (détaxé) aujourd’hui en déclin, les entreprises calaisiennes sont souvent enclines à blâmer les migrants pour la perte de leur commerce. Mais ce commerce est en fait tout autant affecté par le refus désormais généralisé des villes d’accueillir les migrants dans leurs magasins et leurs bars. Les entreprises sont touchées par la perte du pouvoir d’achat, qui n’a rien à voir avec les migrant·e·s.

Les touristes potentiels ne
veulent peut-être pas s’arrêter dans une ville désormais associée
à la violence policière excessive, à la méchanceté générale
envers les réfugiés et à leur exclusion plus ou moins grande de la
ville. Ce qui n’exclut pas le fait que les groupes fascistes qui s’en
prennent aux migrants ne sont pas seulement connus à Calais.
En effet, Calais a rapidement eu la réputation d’être associée à l’extrême droite et avec un nouveau type d’apartheid .

On reproche don aux migrant·e·s de réduire le commerce de passage à Calais,  alors que ielles sont largement exclu·e·s de la ville et confiné·e·s dans des zones industrielles en périphérie de la ville, avec tout un tas de services associatifs parallèles à ceux offerts aux citoyen·ne·s. Et ils osent en plus revendiquer leur droit à la ville, à aller au Supermarché ou à prendre le bus !
Vous venez d’arriver et vous voulez déjeuner, ou avoir accès à une douche ? Le message est clair : c’est dans la jungle qu’il faut que tu aille. Et si possible, en étant invisible sur le chemin, et à pieds.

 

Testimonials / Témoignages

from Coasts in Solidarity

In this category, you can find: /
Dans cette catégorie, vous trouvez:

Testimonials for paper folding boats /
Témoignages pour les bâteaux en papiers
Agnes’ testimonial (in English)
témoignage de Jamila (en français)
J.’s testimonial (in English)
Kobra’s testimonial (in English)
témoignage de Majid (en français)
Milad’s testimonial (in English)
P.’s testimonial (in English)
témoignage de Rahim (en français)
Voice of Unaccompanied minors (in English)

All these testimonials in one pdf-file for printing / Tous ces témoignages dans un document pdf pour imprimer (mix: français, English & Deutsch)

You can send us your or other testimonials /
Vous pouvez nous envoyer vos ou autres témoignages:
–> solicoast@riseup.net

Music songs… / Des chansons de musique…

Links to testimonials on other websites / Des liens aux témoignages sur d’autres sites

AUDIOFILES testimonials of migrants and activists for speakers, mobile phones to spread out, we got permission to use them for your actions

FICHIERS AUDIO témoignages des migrant.e.s et activist.e.s à diffuser via les hautes parleurs et téléphones mobiles, nous avons reçu l’accord de tout.e.s de les utiliser pour vos actions:

Belgium ( en Français/ French speaking):

Porte parole “Migrant Librelecture communiquée de presse action sans papiers à Bruxelles le 20 avril 2020 pendant le confinement.

Un réportage audio “j’ai envie d’ouvrir ma gueule et beugleravec entre autre un entretien avec le porte parole Migrant Libre à Bruxelles pendant le confinement.

Prise de parole d’une porte parole du “comité des femmes sémans papierspendant l’action pour la regularisation le 12 juin 2020 à Bruxelles

Témoignages audio depuis les centres fermés en Belgique.

Témoignage d’une militante en soutien qui travaille dans une cuisine mobile à l’aide aux migrants à Bruxelles pendant le confinement.

Productions vidéo/audio fait par ZinTv est un media d’action collective: en collaboration avec gettingthevoiceout “Les Enfermées” sur les centres fermés et une autre avec des témoignages des sans papiers qui habitent Bruxelles ” sous-contrôle pendant le confinement.

Belgium ( English)

Testimonials of undocumented Migrants in detention centers of Belgium.

Le Ravage d’Ali Baba is a project by De Koffie Van Morgen, creative platform of drummer and graphic artist Simon Plancke. Together with Musicians of Belgian jazz: Hendrik Lasure, Thijs Troch and Elias Devoldere, known from SCHNTZL, An Pierlé Quartet, Nordmann, Hypochristmutreefuzz… They went with volunteers. from Vzw Humain to refugee camps in Brussels and Dunkirk.

France

En Français:

Primitivi est un télé//visionlocale de la rue à Marseille qui à plusieurs vidéos et aussi un film sur la thématique de la Migration avec entre autre:

video/audio: Sea rescue is not a crime

video/audio: Je suis Pecheur et je suis du côte de la Loi de la mer

Film long 2019: Marges de manoeuvre

In English/En Anglais:

Testimonials of migrants in Calais from You tube:

Migrants,refugees remain stranded in Calais amid covid 19 crisis (Al jazeera)

A young refugee’s extraordinary story (channel 4 news)

Seeking Home: Life inside the Calais migrant camp in 2015 ( AP digital products)

Mediterraean sea and Aegean Sea/ Mer méditerranée et Mer Egée

Alarmphone

Témoignage d‘un membre d’alarmphone au Maroc (description situation des migrant.e.s pendant confinement en Maroc et explication frontex et la commission européen) (en Français)

Témoignage d’un membre d’alarmphone en Tunis (en Français)

Webinar about Central Med Libya/Malta and alarmphone ( german speaking/auf deutsch)

Lesbos

Témoignage dun migrant depuis 2 ans dans le camp Moria. ( En Français)

Testimonials of youngsters in Moria camp. (In English)

Testimonials in English about et en Français sur Mare Nostrum from you tube:

Testimonial monsieur 300: being a refugee in Patra (GREECE) 2010 ( In English et en Français)

Testimonials of refugees in Patras made by UNHCR in 2010: Greece: A Harsh Welcome to Europe UNHCR (In English)

2014 Plus de 200 000 migrants ont tenté de traverser la Méditerranée cette année (en Français)

Escape to Europe: the migrants story ( 19 june 2015 BBC News en English)

Calls for action / Appels aux actions

from Coasts in Solidarity

Below on this page you can find the call for action in several languages:
Arabic, Dutch, English, Farsi, French, German, Italian, Spanish, Swahili, Turkish
Don’t hesitate to send us translations into other languages –> solicoast@riseup.net /

Ci-dessous vous pouvez trouver l’appel aux actions dans des langues divers: allemand, anglais, arab, espagnol, farsi, français, italien, néerlandais, swahili, turc
N’hésitez pas de nous envoyer des traductions dans autres langues –> solicoast@riseup.net

Lists of deaths / Listes des morts

This is a list of 36 570 persons who died since 1993 (counted until 1 of April 2019) because of the fatal policies of “Fortress Europe” (border closure, asylum laws, accommodation, detention policy, deportations, carrier sanctions…). Documented by: UNITED for Intercultural Action

You can either read it out in the public or write the names with chalk on the ground to remember the thousands of people dying on their way to a better life.

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C’est une liste de 36 570 personnes qui sont morts depuis 1993 (compté jusqu’au 1 avril 2019) à cause de la politique mortelle de la forteresse européenne (fermeture de frontière, loi d’asile, hébergement, politique de détention, explusions, sanctions contre transporteurs…). Documenté de: UNITED for Intercultural Action

Vous pouvez soit lire à haute voix au public ou écrire avec de la craie au sol pour commémorer les milliers de personnes qui meurent en route vers une vie meilleure.

Agnes’ testimonial

“I was beaten with bare hands, with sticks, with guns.”

“I left Eritrea four years ago with my husband. My husband was made to serve in the army, and he couldn’t provide for us. If he left the army, he’d be put in jail. Many people go to jail for no reason in Eritrea.

When we left we went to Sudan. We spent three years going from place to place, looking for work and trying to make enough money to come to Europe. Finally we made a bit of money, but it wasn’t enough for all of us, so I left with my daughter. My husband couldn’t come with us.

Crossing the desert between Sudan and Libya was very difficult. It took seven days, non-stop, in an overcrowded car.

After crossing the border, we moved from one town to the next until we arrived in Tripoli. We travelled in containers, like animals or objects. It was very dark and hot in the containers. Many people fainted because of the heat, and some died.

Libya is a very dangerous place. There are a lot of armed people. Some of them are Daesh. They kill a lot of people and carry out a lot of kidnappings.

When we arrived in Tripoli they put us in a house with 600 to 700 other people and locked us in. We had no water to wash ourselves, we had very little food and we were forced to sleep one upon the other. It was very difficult for my daughter – she fell sick many times.

There was a lot of violence. I was beaten with bare hands, with sticks, with guns. If you move, they beat you. If you talk, they beat you. We spent two months like that, being beaten every day.

They asked us to pay to go to Europe, so I paid US$1,700 for me and my daughter. We were lucky because women and children were put on the deck of the boat. The people below were in the dark and it was really hot down there. I could hear some of them saying they couldn’t breathe.

I knew that the journey would be very dangerous and difficult, especially for my daughter. But what was the alternative? We could not survive in Eritrea or Sudan. Our government does not allow people to leave. With our documents in Eritrea, there was no other way for us to get to Europe.”

published by: https://www.msf.org/

témoignage de Jamila

De plus en plus de migrants n’hésitent pas à prendre des risques inconsidérés en tentant de traverser La Manche en canot ou même à la nage pour rejoindre l’Angleterre depuis les côtes françaises.

Par sept fois Jamila a tenté la traversée de La Manche. Sept échecs. Cette Irakienne de Bagdad, mère de cinq enfants, est bloquée à Grande-Synthe, dans le nord de la France, depuis bientôt un an. “Je n’aime pas ce pays, je sais que les demandes d’asile des Irakiens sont quasiment toutes refusées. Ma seule chance, c’est l’Angleterre”, confie-t-elle à InfoMigrants.

Mais les tentatives avortées commencent à peser sur son moral. Et la dernière, il y a un peu plus de deux mois, fut même traumatisante pour la mère de famille : “Nous sommes partis de la plage à minuit. Nous étions 20 dans un petit canot. Rapidement, le bateau a commencé à prendre l’eau. Pétrifié, mon petit dernier de un an s’est évanoui. J’ai crié pour essayer de le réveiller, mais il restait inconscient”, raconte-t-elle, la gorge nouée.

Les passagers du bateau ont alors décidé d’appeler les secours. “Ils sont arrivés vers 4 heures du matin. J’ai eu si peur, je me suis dit que c’était la dernière fois que je montais sur un canot”, raconte Jamila. “Depuis, nous avons tenté deux fois de passer en Angleterre en se cachant ou en sautant dans des camions. Cela ne marche pas non plus. Et en plus les passeurs m’obligent à donner des médicaments à mon bébé pour le faire dormir et éviter qu’il ne pleure. Je suis désespérée…”

source: https://www.infomigrants.net/

J.’s testimonial

“Each person has their own way to experience and to bear the crossing of the Mediterranean Sea…
They put us in a covered pick-up truck, we were a lot and really squeezed together. Four hours later we arrived in a very dark place. They put us in an abandoned house without any water or food all day long until 7 pm. Then we walked 5 hours up and down in the Turkish hills. Finally, we arrived on the shoreline. They inflated the dinghy in front of us. We left close to midnight. 1.5 hours later the Turkish coastguards stopped us on the sea and they brought us back to Turkey. We were 29 people on board. When they released us we went back to Izmir. I didn’t have any strength anymore. The smugglers told me ‘you have to leave.’ Two days later we tried again. Same group, same way. Five hours of walking again. And again, we couldn’t reach Greece. The big boats came close to our rubber boat to make big waves and they were yelling at us to leave and go back to Turkey. This time we spent one week in the police station. The third time, we arrived in Greek waters and called the Greek Coastguard, that came to pick us up. But we had to throw away our personal belongings because the boat was filling up with water. There was complete disorder on board, no organisation. After we had called them for the first time, we still waited three hours until they came to pick us up.”

Kobra’s testimonial

“My name is Kobra. I am 18 years old and I come from Somalia. I want to tell you the story of my rescue in the Mediterranean Sea on September 2019. I don’t know how to find the words to describe the suffering I went through, and I don’t want to remember what happened before I left Libya. I also never want to forget the moment, after nearly two days at sea, when we finally saw a small sailing-boat on the horizon that ended our suffering.

We were full of fear, because finally our phone, our only connection to the world, had stopped functioning and water was rapidly entering the boat. It was a miracle when we finally found this sail-boat. We were about 45-50 people in a blue rubber boat, and seven of us onboard were coming from Somalia.

I never learned how to swim, so the idea of the boat flooding was a possible death sentence to me.

We were on the OCEAN VIKING for one week because no country wanted to take us in. This time was difficult, but it was much better than what we experienced before. The crew was always with us and they tried to support us however they could. We had enough food. We had a doctor whenever we felt sick. They even gave us clothing. We felt welcome.

Finally, Lampedusa decided to take us in. When we finally left the boat after such a long time at sea it was not as warm of a welcome. We received food only after being forced to give our fingerprints and we were brought to a dirty place with barbed wire. I could not stay in Italy; the conditions    were so poor. Today I struggle to live in Germany with the fear of my fingerprints on record and that I will be deported back to Italy.

I will never forget the good people on these ships, who welcomed me before I arrived in Europe. They will stay in my memory. Maybe, one day I will meet them again. Until then I want to encourage them to continue what they are doing and I send them all my greetings.”

Kobra was rescued by the Ocean Viking in September 2019

published by: https://alarmphone.org/

témoignage de Majid

«  Nous étions 400 personnes dans l’embarcation. Il y avait des hommes, des femmes ; certaines étaient enceintes. Plusieurs personnes sont mortes durant le trajet. Nous le savions parce qu’ils ne bougeaient plus ; ils étaient là, immobiles et il y avait cette odeur… D’autres, désespérés, se sont jetés par-dessus bord, n’ayant pas le courage d’affronter la réalité. La traversée a duré plusieurs jours. J’étais comme déjà mort. Le ciel se confondait avec la mer. A un moment, nous avons aperçu des garde-côtes ; nous étions tellement heureux ! Il s’agissait de Maltais. Ils nous ont dit de couper le moteur et nous ont remorqués pendant plusieurs heures. Nous avons alors cru que nous allions rejoindre la terre ferme. Hélas, il n’en a rien été, bien au contraire… Ils nous ont emmenés plus loin en mer et ils sont partis. Nous avons remis le moteur en marche et continué à avancer. Nous avons alors croisé la route d’autres garde-côtes, des Italiens cette fois. Ils nous ont demandé, eux aussi, de couper le moteur, mais nous ne les avons pas écoutés et sommes arrivés à Lampedusa. Quelle joie d’être enfin sur de la terre ferme et, surtout, d’être en vie. Mais certains étaient vraiment mal en point et avaient besoin de soins. A notre arrivée, des personnes nous ont examinés, sans rien nous dire, en nous laissant assis par terre, en file indienne. Aucun geste, aucune parole : rien. Nous avons été traités sans aucune humanité.

Les Européens pensent que nous sommes ici pour leur prendre quelque chose, mais ce n’est pas vrai. Beaucoup d’entre nous sont des étudiants, des médecins ; nous avons tout perdu et jamais nous ne retrouverons ce que nous avions. Les migrants en Italie sont dans une situation terrible. Ils sont livrés à eux-mêmes, sans pouvoir se laver, sans manger. Ils peuvent avoir un repas s’ils parviennent à entrer en contact avec des associations et s’ils attendent pendant des heures. Ce sera leur seul repas de la journée.

Si vraiment l’Europe prône les valeurs inscrite dans la Déclaration des droits de l’homme, alors cela devrait concerner tout le monde de façon équitable. Moi, j’ai eu de la chance. Un peu plus d’un an après cet épisode, j’ai obtenu des papiers et je travaille maintenant dans un centre pour réfugiés. Je parle italien, autant par la voix que par les gestes ; je m’intègre au fur et à mesure et je mélange finalement les cultures. C’est ce que nous devons partager, nos cultures. Cette diversité est une richesse.

Tout ce que je souhaite maintenant, c’est enfin avancer dans ma vie, d’une manière paisible et aider les personnes dans le besoin.  »

source: https://jeunes.amnesty.be/