Category: News

De l’huile sur le feu

Comment (presque) provoquer une émeute, ou la police française dans la Jungle

 

Mardi dernier la police de Calais a créé un dangereux mouvement en mettant de l’huile sur le feu pour faire s’embraser les violences dans un moment déjà très tendu sur la Jungle. Si les violences éclatent, l’Etat aurant du sang sur les mains. Pour l’instant, les différentes communautés de la Jungle se sont refusées à mordre à l’hameçon que l’Etat leur tend.

Dans la nuit du Lundi d’avant, une bagarre a explosé sur l’autoroute près de Marck, principalement entre des groupes d’Afghans et de Soudanais tentant de faire la traversée pour le Royaume-Uni. La police est intervenue avec des canons à eau pour disperser la foule. Dans le courant de la nuit, 15 Soudanais ont été hospitalisés, dont un blessé gravement, et un a été tué. Les circonstances exactes entourant sa mort restent floues.Mardi, une bande d’au moins 20 policiers – des CRS et la Police Judiciaire – sont entrées dans la Jungle vers 18 heures. Ils ont marché jusqu’à l’intersection sur la rue principale, où les quartiers Soudanais et Afghans se rejoignent, se sont mis en formation, les armes prêtes à servir et semblent avoir affiché une seule photo sur  le mur d’un bâtiment.

La photo était apparemment un gros-plan de l’homme tué la nuit d’avant. Mort, donc.

Les policiers sont réstés en formation et regardaient, l’un deux filmant les passants. Ils ont ensuite continué leur défilé à travers la Jungle, pour enfin se retirer et se cacher dans le parc à containers de La Vie Active, protégés par les grillages et les vigiles de la sécurité privée entourant celui-ci. Avant de partir, se démarquant car filmé par un militant, un des hommes de la Police Judiciaire a physiquement menacé le militant, l’agrippant pendant qu’un de ses collègues l’avertissait lui de vive voix en lui disant “take care” à 3 reprises d’un air effrayant.

Une fois les policiers partis, les tensions ont commencé à augmenter. Les conversations se répandaient dans la jungle comme une traînée de poudre. Les groupes habituels de deux ou trois personnes sur la rue principale étaient remplacés par des groupes beaucoup plus gros – cinq, dix, quinze – principalement rassemblés par nationalité.

L’insulte et l’indignation étaient particulièrement palpables dans le quartier soudanais. Un de leurs frères avait été tué la nuit précédente et la police ajoutait insulte et manque de respect à la tragédie, photographiant le mort et l’affichant ensuite en plein milieu de la place pubique, comme une menace imminente ou un trophée exhibé à travers rues.

Des Africains de différentes nationalités ont commencé à se rassembler et les Afghans, munis de battes de cricket, de tuyaux et de planches de bois, ont commencé à emplir les rues, fourmillant, les tensions augmentant encore.

Etrangement, l’après-midi s’est terminée dans un calme relatif, bien que le risque de violences était loin d’être terminé. Plusieurs informations concordaient à dire que les représentants communautaires ont entrepris de désamorçer les tensions avant qu’elles ne se transforment en violences sérieuses. Tandis que les tensions latentes entre les différentes communautés de la Junglesont sans-cesse exacerbées par l’Etat, via les démantèlements et la surpopulation qui en résultent, l’intervention de la police concernant ce meurtre semblant au mieux profondément irresponsable, voire franchement criminel au pire.

Quoi qu’il en soit des circonstances de la mort de cet homme, afficher une photo d’un corps, mort, dans un endroit public à la jonction géographique entre les deux premières communautés impliquées est une insulte à la personne décédée et à la communauté. C’est également une incitation à la violence.

Comme répandre des rumeurs pour entretenir les tensions existantes, les agissements de la police semblent avoir eu clairement pour but d’inciter la violence dans la Jungle, comme cela était arrivé en février. Après l’affichage de la photo, ils sont partis, invisibles. Ils ont mis le feu aux poudres avant de s’enfuir.

L’absence de violence après le décès de l’homme Soudanais et les “investigations” (si on peut appeler cela comme ça) de la police qui suivirent sont la preuve d’une maturité collective réussissant à gagner malgré les circonstances largement défavorables. Les agissement de la police ont fourni, plus que le bois, aussi la poudre et l’étincelle pour mettre le feu dont on n’est vraiment pas passé loin. Avant que la police ne s’en mêle, la violence entre les communautés était une possibilité bien réelle ; après leur intervention elle semblait presque inévitable. Néanmoins le moment est passé. Correctement.

Bien sûr, la police niera toute mauvaise intention et soutiendra qu’ils enquêtaient juste sur le décès de la nuit précédente et cherchaient des témoins ou de nouvelles informations (en accrochant une photo sans donner d’explications à personne ni poser de questions, oui c’est comme ça qu’on enquête en France apparemment). Mais certaines pratiques ne doivent pas être passées sous silence. La police et la préfecture savent que le nettoyage (le démantèlement comme on l’appelle pour rester courtois) de la Jungle rencontre de nombreux obstacles, autant à cause des gens vivant ici que des retombées politiques de l’action lourde qu’une éviction majeure provoquerait inévitablement.

Si la colère ambiante de 9 000 personnes (sur)vivant dans des conditions bien souvent inhumaines peut être utilisée comme un outil pour, de un, détruire des morceaux de la Jungle par elle-même (à travers émeutes, incendies volontaires, etc.) et comme un prétexte pour, de deux, intensifier les violences policières, alors la police fera très certainement de son mieux pour exploiter et encourager cette colère. Ce qu’ils ont fait Mardi à la perfection.

Ce qui, ce Mardi, aurait pu apparaître comme l’une des plus innoffensives interventions des flics dans la Jungle, n’est vraiment pas passé loin de devenir l’une de leurs plus destructrices. Jusqu’à présent, l’équilibre a tenu malgré d’immenses conflits. Mais s’il se rompt, l’Etat français aura du sang sur les mains.

Fuel

How to (nearly) incite a riot: Lessons from the French police in the Jungle

 

On Tuesday the Calais police made a dangerous move to fuel violence in an already-tense moment in the Jungle. If violence erupts, the state will have the blood on their hands. For now, the communities in the Jungle have refused to rise to the bait.

On Monday night, conflict broke out on the motorway near Marck, between predominantly Afghan and Sudanese groups attempting to make the crossing to the UK. The police were called in with water cannons to disperse the crowd. In the course of the evening, 15 Sudanese were hospitalised and one was killed. The exact circumstances surrounding his death remain unclear.
On Tuesday, a gang of at least 20 cops – some CRS, some Police Judiciare – entered the Jungle at approximately 6pm. They marched to the intersection on the main road where the Sudanese and Afghan neighbourhoods meet, held formation, weapons ready, and seemed to post a single photo on the wall of a building.
The photo was apparently a close-up image of the man who had been killed the night before. Dead.
The police stood in formation and watched, with one filming those passing by. They then marched through the Jungle, concealing themselves in the La Vie Active container park, surrounded by fences and private security. Before leaving, one of the Policia Judiciare, having his unmarked car filmed by an activist, physically grabbed and threatened the activist, while a colleague threateningly told them to ‘Take care.’
Once the police were gone, tensions began to rise. The conversations spread throughout the Jungle like wildfire. The usual groups of twos and threes on the main road were replaced by bigger groups – five, ten, fifteen, mostly divided by nationality.
The outrage in the Sudanese quarter was palpable. One of their brothers had been killed the night before, and the police had piled insult and disrespect onto the tragedy, by photographing the deceased and then posting the photo in the middle of a public place, like a looming threat or a game trophy to be paraded through the streets.
Africans of different nationalities began to group together and Afghans with cricket bats, pipes and planks of wood began to fill the streets, milling about, as tensions rose.
Remarkably, the afternoon ended in relative calm, though the possibility of violence has far from gone. Several reports have said that community leaders managed to defuse tensions before they erupted into serious violence. While the ongoing tensions between different communities in the Jungle are constantly exacerbated by the state, via evictions and the resulting overcrowding, the police intervention surrounding this murder seemed deeply irresponsible at best, and outright criminal at worst.
Whatever the circumstances surrounding this man’s death, to post a photo of a dead body in a public place, at the geographic juncture between the two primary communities involved, is an insult to the deceased and to the community. It is also an incitement to violence.
Like spreading rumours to stoke existing tensions, the police’s move appears to have been aimed at inciting violence in the Jungle, as happened in February. After the photo posting, they left and were not to be seen. They chucked a match into the petrol and then walked away.
The lack of violence following the death of the Sudanese man and the following instigations by the police, is a testament to a collective maturity winning out in the Jungle under massively unfavourable circumstances. The actions of the police provided more than the kindling, but also the spark for a wildfire that very nearly was. Even before the police arrived, violence between communities was a very-real possibility; after their intervention, it seemed almost inevitable. Yet the moment passed.
Of course, the police will deny any ill-intent, and argue that they were simply investigating the death of the night before and searching for witnesses or new information. But such tactics must not be allowed to pass unnoticed. The police and the prefecture know that clearing the Jungle faces many obstacles, from both the people living there, as well as the political fall-out of the heavy-handed action that a major eviction would inevitably require.
If the boiling anger of 9,000 people living in often-subhuman conditions can be used as a tool to either destroy parts of the Jungle itself (through riots and arson, etc), or as a pretext for escalating police violence, then the police will surely do their best to exploit and encourage this anger. Which is what they did on Tuesday.
What may appear one of the cops’ more innocuous interventions into the Jungle on Tuesday, very nearly became one of their most-destructive. So far, the levee has held against immense odds, but if it breaks, the state will have blood on its hands.

Converted_file_03b81087

The Line (fr)

Règle numéro un pour les toilettes : frappe toujours avant d’essayer d’ouvrir la porte. Prie pour que ce que tu trouves derrière la porte ne déborde pas. Tiens la porte pour te protéger du vent et des autres personnes. Laisse traîner tes mains le moins possible. Retiens ta respiration. Couvre ton visage avec tout ce que tu peux.

Règle numéro un pour les tentes : fais attention à ce que personne ne te suive. Des mains, des mains partout. Tu ferais mieux de ne pas marcher seul la nuit. Tu ferais mieux de ne pas être une femme. En fait, tu ferais probablement mieux de ne pas être là du tout. Mais ok, tu es là. Des gens t’appellent. Des gens sifflent. Des gens rient. Certains sont sympas, d’autres pas.

Des déchets et des vêtements boueux répandus sur le sol, vols, de longues “lines” pour réussir à se procurer une quantité ridicule de nourriture, différents âges et différentes langues, de nouveaux amis, des cinglés, de l’alcool, de la drogue. Tu n’emmènerais jamais ta fille de 4 mois là-bas.

Ca pourrait être le début du récit d’un des festivals où tu as probablement été cet été.

Mais ça ne l’est pas.

Oui, il y a une tente de premiers secours. Oui il y a un Welcome Point, bien qu’il soit à court de dons et fermé maintenant. Il y a aussi beaucoup d’autres services, qui fonctionnent plus ou moins.

Il y a aussi des écoles. L’une d’elles a été complétement détruite par un incendie il y a quelques jours, ainsi que les cabanes qui l’entouraient et dans lesquelles habitaient les 14 réfugiés soudanais qui s’occupaient de l’école. Ils avaient été “relogés” à titre temporaire dans des tentes, mais la police leur a demandé de les enlever.

« …la veille… [la police] est venue et a dit qu’il ne s’agissait pas d’une école parce qu’il y avait des sacs de couchage. Ils ont forcé les gars à dégager tout ce qui servait à dormir ou vivre et qui n’avait pas de rapport avec l’école ou l’éducation. Ce jour-là ils ont laissé une tente debout parce qu’il y avait des tables et des chaises (signe que c’était bien une école). Ils étaient sans-merci et certains d’entre eux se sont permis des commentaires et des menaces horriblement racistes » raconte une témoin de la descente de police.

Et il y a eu d’autres feus. Un viol la nuit dernière. Beaucoup de bagarres, de surpopulation et de tensions. Des descentes de police et de la violence. Une zone classée Seveso : qui pourrait oublier l’odeur des usines chimiques Tioxide et GrafTech qui constituent le voisinage ?

D’après le syndicat de la police, une moyenne de 100 grenades lacrymogènes sont tirées chaque jour depuis Octobre 2015.

Tu fais le choix d’aller un festival l’été. Aucune des personnes bloquées à Calais n’avaient envie de vivre dans la Jungle. Aucun festival dans les dernières années. Aucun festival n’est autant inhospitalier, aucun festival ne se base sur la maltraitance et la négation de l’Homme en tant qu’« Être Humain ».

De la premier chant du muezzin, passant par les cris des mouettes jusqu’à le son d’une sirène, tout le monde déteste “the Line”.

Il y a une « line » pour la nourriture, mais pas assez pour que tout le monde puisse se coucher le ventre plein.

Il y a une « line » pour avoir les toilettes les plus propres, pendant que des rats courent joyeusement et librement à travers les lieux de vie.

Il y a un fossé aussi grand que le sont ces « lines » entre être aidé et se sentir inutile, à mi-chemin entre vivant et survivant.

Il y a un fossé entre la France et l’Angleterre.

Si l’Etat veut mettre fin aux conditions indignes dans lesquelles ces personnes survivent, c’est sur ce dernier point qu’il devrait se pencher, pas sur les restaurants les shops ou les cabanes, ni même les toilettes. C’est ce fossé que ces Hommes veulent traverser et c’est donc à partir de ce point que nous devrions commencer.

En l’effaçant.

Converted_file_9e4666fd

The Line

Rule number one for the portable toilets: Always knock before opening the door. Pray that what you find behind the door is not too overwhelming. Hold the door to be protected from wind and other people. Touch as little as possible. Hold your breath. Cover your face with whatever you can.

Rule number 1 for the tents: Take care that no one follows you. Hands, hands all over. You’d better not walk alone at night. You’d better not be a woman, actually, you probably shouldn’t be there at all. But there you are. People calling you. People whistling. People laughing. Some of them are nice. Some are not.

Trash spread all over the ground, muddy clothes, thefts, long lines to get a ridiculous amount of food, different ages and different languages, new friends, weirdos, alcohol, drugs. You don’t want to bring your 4-month-old daughter there.

It could easily be the beginning of a story from one of the festivals you’ve been to this summer.

It is not.

Yes, there is a first aid tent. There is a Welcome Caravan, but it ran out of donations and is no longer open. There are also many other facilities, more or less working.

There are also schools. One burnt down a few days ago, along with the shelters around it that housed 14 refugees from Sudan who looked after it. They were given temporary tents, and then told by the police to take them down.

“…the day before… [the police] came and said it was not a school because there were sleeping bags. They forced the boys to move everything away that was a sign of sleeping/living and not education/school. That day they allowed one tent to remain because there were tables and chairs (signs that it was a school). They were merciless and some of them were disgustingly racist in the comments and threats they used,” said a witness of the police raid.

And there were other fires. A rape last night. Lots of fights, overcrowding and tension. Police raids and violence. Seveso area: how can we forget with the smell of the neighbouring Tioxide and GrafTech chemical factories wafting through the night air?

An average of 100 tear gas cans have been launched every day by the police since last October, state the French police union.

You go by choice to a summer festival. None of the people stranded in Calais aimed to live in the Jungle. No festival lasts years. No festival is this inhospitable, no festival is built on the mistreatment of human beings.

From the first sounds of the muezzin to the night long sound of sirens, everyone hates the line.

The line to get food, where you find there is not enough for everyone to go to sleep with a full stomach.

The line to get the cleanest toilet, while rats happily run free through living spaces.

The line between being helped and feeling useless, the line between surviving and living.

The line between France and the UK.

If the state wants to put an end to the horrific conditions in which people have been living, it is at this last line it should look, not at restaurants, shops nor shelters, and not even at the toilets. It is that line that people want to cross, and it is at that line we all should start.

By erasing it.

TRIBUNAL ADMINISTRATIF DECISION AND REASONS

ENGLISH
The Prefecture’s request to demolish the shops and restaurants was rejected on ALL COUNTS by the Tribunal Administratif in Lille. Reasons below:
-places of commerce have existed since April 2015
-lack of authorization and sanitation worries are the same for all “lieux de vie” ie shelters, school and places of worship, for the judge there is no differentiation
-the places of business serve other important functions: places to meet, to charge phones, to accommodate new arrivals
-destroying them would aggravate tensions and endanger the well-being of residents and degrade their living conditions
The judge took on board arguments regarding long waiting lines for government run services and rising tensions due to them
The request to demolish was rejected on all counts.
We won? The decision just means that the police won’t DEMOLISH the shops and restaurants.
The prefecture said this morning that they will intensify the controls on the shops; so we have to be clear with the refugees : this is not an authorisation from the judge to re open the restaurants and shops!
The situation remains the same.
We just obtain this thing: a judge said that restaurants, shops, barber, hamman, are useful in the jungle and they could’nt be demolished.
Now another legal fight has to be lead …

FRENCH
On a vraiment été entendu par le juge, sur quasiment tous nos arguments.
Il rejette la requête qui est infondée sur l’urgence ET sur l’utilité.
Le juge retient que:
– les commerces existent depuis avril 2015
– la situation sanitaire des restaurants, pas d’autorisation administrative, risque d’incendie etc.. est la même situation pour tous les abris du camp ainsi que des lieux de vie (école, lieux de culte..).
– les commerces et magasins remplissent d’autres fonctions pour les exilés : lieux de rencontres apaisés entre bénévoles et migrants, se mettre à l’abri pendant la journée, de se détendre, de recharger les téléphones portables, solution d’hébergement pour les arrivants
– la destruction de ces lieux constitueraient une dégradation des conditions de vie déjà très problématiques
La requête est rejetée en toutes conclusions et la décision est extrêmement favorable.
On a gagné? La décision signifie simplement que la police ne vais pas a DÉMOLIR les shops et les restaurants.
La préfecture a dit ce matin que les contrôles sur les magasins seront intensifiés; nous devons donc être clair avec les réfugiés: cette victoire n’est pas une autorisation du juge à ouvrir à nouveau les restaurants et les magasins!
La situation reste la même.
Nous obtenons juste cette chose: un juge a dit que les restaurants, boutiques, coiffeur, hamman, sont utiles dans la jungle et ils ne peuvent pas être démoli.
Maintenant donc une autre lutte juridique devrait être mené…

Jusqu’au bout ils essaieront de tuer la vie.

ENGLISH BELOW. Calais. La Jungle. Dimanche 07 Août 2016.

On pourrait faire une encyclopédie des idées de notre gouvernement pour anéantir toute forme de vie sociale dans cette enclave française. À croire qu’après avoir traversé terres et mers, et perdu déjà une bonne partie de sa vie à fuir à peu près tout ce que beaucoup fuiraient aussi, on serait voué à toujours se noyer, mourir, souffrir parce que l’Europe (et la France dans notre cas) en a décidé ainsi. Jusque là rien de neuf.

Leur dernière trouvaille en date – j’ai l’impression d’avoir déjà entendu et dit ça mille fois – c’est le harcèlement policier des nombreux shops et restaurants du camp. Tous les jours, ou presque, ils sont là. Armes au poing, pointées à seulement un ou deux mètres de ceux qui sont là et qui regardent complètement désabusés, ils font leur petite promenade quotidienne.

Deux hommes prenant tranquillement le soleil, comme si de rien n'était le lance-grenade lacrymogène à la main.

Deux hommes prennent tranquillement le soleil le lance-grenade lacrymogène à la main, comme si de rien n’était. Il fait beau non ? C’est parti pour une tournée des bars ! Ah, non, des restos, pardon…

 

Un CRS probablement mis en danger par le photographe, Cow-boy de notre gouvernement. C'est vrai que là on se sent en sécurité.

Un CRS, ou plutôt un cow-boy (il y a un petit air de Lucky Luke, vous trouvez aussi ?), probablement mis en danger par le photographe. C’est vrai que là on se sent en sécurité. Et les usagers des restaurants du camp juste de l’autre côté de la route doivent aussi se sentir super bien !

Ils sourient. Ils se parlent et rient bruyamment, méprisant tous ceux qui vivent ici, bien loin de leurs vies et leurs priorités de bon petit CRS ou policier obéissant qui me donnent envie de vomir rien que d’y penser.

Des policiers, ainsi qu'un homme, probablement des services de contrôles sanitaires (il ne s'est pas présenté), qui ont franchement l'air de bien s'amuser.  Faut bien vous reconnaître le droit à la détente, pauvres policiers de mon pays, toujours armés mais victimes ! M'enfin là vous êtes quand même un peu désobligeants,, moqueurs, insultants, blessants et violents !

Des policiers, ainsi qu’un homme, probablement des services de contrôles sanitaires (il ne s’est pas présenté), qui ont franchement l’air de bien s’amuser.
Faut bien vous reconnaître le droit à la détente, pauvres policiers de mon pays, toujours armés mais victimes ! M’enfin là vous êtes quand même un peu désobligeants, moqueurs, insultants, blessants et VIOLENTS (comme toujours) !

C’est vrai qu’avoir une arme à la main c’est marrant.

C’est vrai que l’exil c’est marrant.

C’est vrai que la faim c’est marrant.

Et la promiscuité.

Et la saleté.

Etcetera, tout le monde a compris de quoi on parle.

Mais ce qu’il y a de plus poilant c’est quand même, après tout ça, de réussir encore à leur rendre la vie toujours plus dure, et à les enfoncer plus bas que terre. Ça met clairement du fun dans leur existence autant que dans celle des individus malsains composant notre gouvernement et nos « autorités » (autorité qu’ils ont d’ailleurs perdue depuis bien longtemps, bien qu’ils essayent de nous faire croire le contraire en employant systématiquement la violence, quelle que soit sa forme).

La violence à l'état pur : quand on vient d'Afghanistan, du Soudan, d'Erythrée, d'Ethiopie, de Syrie ou du Pakistan, déjà traumatisé par les morts, les combats, les traversées maritimes et les frontières, avec des forces de sécurité très accueillantes dans les Etats traversés, ça doit rappeler des bons souvenirs une intrusion quasi militaire à sa porte !

La violence à l’état pur : quand on vient d’Afghanistan, du Soudan, d’Erythrée, d’Ethiopie, de Syrie ou du Pakistan, déjà traumatisé par les morts, les combats, les traversées maritimes et les frontières, avec des forces de sécurité très accueillantes dans les Etats traversés, ça doit rappeler des bons souvenirs une intrusion quasi militaire à sa porte (et pour fermer des restaurants, attention c’était nécessaire) ! Ils sont vraiment méchants ces migrants, là, les bras croisés, ils font si peur qu’on leur braque dessus une arme qui n’est pas si agréable que ça, et encore moins à bout portant. Mais bon, pour beaucoup ils connaissent déjà ce que ça fait, alors si c’est banal pour eux, c’est pas grave. Et tant mieux, pas de surprise…

Donc, si vous n’êtes pas perdus après cette bonne tranche de rigolade, on ferme la parenthèse.

Depuis deux semaines, la préfecture envoie ses troupes visiter les shops et restaurants du camp. Au programme, au choix ou tout à la fois, on trouve : fermetures, arrestations (de n’importe qui puisqu’il n’y a ni propriétaire, ni responsable, ni vendeur à l’arrivée du contingent armé), vols et/ou destructions de biens (y compris de ce qui n’a aucun rapport avec l’activité de commerce « illégale », comme la destruction de toutes les ampoules visibles), saisies, convocations et autres cadeaux en tous genres.

Ils sont là, les CRS pleins de professionnalime qui représentent si bien notre gouvernement ! Mission accomplie parfaitement ! Le téléphone personnel pour prendre des photos, ça leur est pas aussi interdit par la loi ? Si, mais eux ils sont au dessus des lois. Et les migrants en dessous. Invisibles. Beau pays, belle mentalité.

Ils sont là, les CRS pleins de professionnalime qui représentent si bien notre gouvernement ! Mission accomplie parfaitement ! Le téléphone personnel pour prendre des photos, ça ne leur est pas interdit par la loi ? Si, mais eux ils sont au dessus des lois. Et les migrants en dessous. Invisibles. Beau pays, belle mentalité. En tout cas faut pas s’étonner qu’ils s’investissent en tant que casseurs à leur tour, pas en manif, certes, dans les restaurants des étrangers. C’est mieux et plus acceptable…

Les raisons, puisqu’il fallait qu’ils en trouvent, sont la concurrence déloyale aux commerces calaisiens, l’insécurité sanitaire des aliments servis et l’illégalité fiscale de ces lieux.

D’accord, on n’a rien à redire. Ah, si !

Une voix me dit que, en fait : d’abord, le Lidl et d’autres commerces du coin (légaux, ceux-là) doivent se frotter les mains depuis la création et l’augmentation de la population du camp, puisque beaucoup d’habitants de la Jungle ainsi que de commerces s’y approvisionnent. Et si les commerçants de Calais acceptaient les ennemis publics que sont les exilés, la question se poserait aussi moins. Du coup on aimerait savoir à qui ils font de la concurrence.

Ensuite, une interrogation se pose : est-ce que tous les Quick de France – ainsi que les autres « restaurants » aux conditions d’hygiène et de production horriblement similaires – ont été fermés après qu’un enfant y ayant mangé ait de ce fait et malheureusement trouvé la mort ? Vous connaissez la réponse. Ici ils évoquent des hospitalisations, dont personne n’a d’ailleurs jamais entendu parlé, pour pouvoir utiliser la santé des migrants et des bénévoles comme raison sanitaire à tout cela. Bon, on ne va pas se mentir, c’est bien la première fois qu’ils se soucient de la santé des migrants ! S’agissant d’un accident vasculaire cérébral, le médecin hospitalier répondra que sans demande d’asile en France il ne peut rien faire à part donner de l’aspirine, pour la pire de toutes les histoires de ce type. Bref, tout le monde ici vous le dira, on a vraiment peur des rats et des toilettes, dont le nombre diminue alors que la population augmente (logique gouvernementale), dont le nettoyage se fait rarissime et qui sont, à l’heure où ces lignes sont écrites, toutes affreusement sales et débordantes (pour rester poli). Mais sûrement pas de la cuisine des restaurants ! Leurs cuisines sont pour la plupart plus propres et présentables que celles du dernier Flunch que vous avez visité. D’ailleurs ceux qui ont fait l’expérience d’une hospitalisation en France vous le diront, ils préfèrent qu’on leur propose des plats des restaurants du camp plutôt que de perdre plusieurs kilos en quelques semaines car la nourriture de l’hôpital est immangeable. Et la même chose vous sera dite concernant les plats servis au centre d’accueil Jules Ferry : combien de fois au cours de discussions on a pu entendre que même un chien n’en voudrait pas, et que s’ils n’avaient pas aussi faim ils n’oseraient même pas y toucher… Et si on les laissait s’équiper, il ne fait aucun doute qu’ils feraient de belles cuisines qui brillent pour que les français ne se sentent pas trop dépaysés. Si ce n’est pas blanc et que ça ne brille pas la cuisine d’un resto, c’est que c’est sale ! On apprend ça à l’école de la République, non ?

Quand à l’irrégularité des restaurants, voilà un argument infaillible de la préfecture ! Des commerces illégaux avec des usagers indésirables dans un endroit qui n’a rien de légal du point de vue de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, de la loi française et européenne, des accords, conventions et traités internationaux. Ça fait sens ! Il faudrait que des personnes jugées indésirables et qu’ils veulent illégales, qu’ils essayent par tous les moyens possibles de dissuader de rester en France en leur faisant subir toute la violence républicaine, physique et psychologique, fassent les démarches administratives pour pouvoir ouvrir un commerce qui servirait à d’autres indésirables. Cherchez bien, là encore il doit y avoir une logique. Si nos élus pouvaient nous aider à la trouver, elle doit être cachée en dessous de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme qu’ils n’ont jamais lue !

Quand j’entends leurs arguments de légalité, et fiscale qui plus est, je n’arrive pas à enlever cette petite voix qui finalement crie très très fort dans ma tête : « Les Droits de l’Homme, la Constitution française, la loi française, la loi européenne, la Convention de Genève et le reste, quelqu’un de chez vous s’est préoccupé de l’appliquer ici avant d’essayer d’appliquer le droit fiscal ? ». « Vous » c’est elle, la gauche qui continue à faire perdre tout leur sens aux mots « socialisme », « démocratie » et « liberté ». On n’avait vraiment pas besoin de ça.

Depuis quand les droits à appliquer sont ils sélectifs ? Depuis quand peut-on imposer des devoirs à ceux à qui on ne donne aucun droit ? Des droits et des devoirs, elle est là la plus grande blague qu’on nous enseigne depuis la maternelle.

Les Etats, la France et l’Angleterre, par leurs erreurs volontaires sont les premiers responsables de la création de ce lieu. L’arrivée de commerces était inéluctable et ils sont nécessaires à la survie des quelques 7000 (8000, 9000 aujourd’hui ? Qui sait le chiffre que nous donnera le prochain recensement…) personnes qui (sur)vivent ici. Les distributions alimentaires et de repas ne suffisent plus depuis longtemps au ridicule chiffre d’un repas par jour par personne. Les portions sont diminuées semaine après semaine, y compris pour les familles et donc pour les enfants (dont le plus jeune a, aux dernières nouvelles, 4 mois).

Les restaurants et magasins, en plus de combler ce manque alimentaire, permettent de charger les téléphones et donc aux habitants de communiquer avec leurs familles, de prendre des nouvelles régulièrement dans les zones de conflits ou après des événements particuliers (si, si, à Kaboul aussi il y a des attentats).

Et puis, dans la survie, ils apportent aussi un peu de vie. De l’humain, du social, du lien et de la mixité entre communautés. Ça change des « lines » de distribution qui ne sont sources que de tensions. Bien des valeurs que nos gouvernements ont passées aux oubliettes depuis bien longtemps. C’est la même chose que pour la liberté de circulation des personnes ou le droit d’asile, on ne veut plus en connaître la définition, c’est bien trop contraignant ! Alors que ça règlerait les problèmes de tout le monde, du gouvernement qui les crée jusqu’à nos amis qui en subissent les dramatiques conséquences, physiquement et psychologiquement violentes et traumatisantes.

La réponse du juge des référés du tribunal administratif de Lille à propos du référé de l’Etat français pour la destruction des commerces (et donc de la vie) du camp sera connue mercredi.

La vérité c’est qu’ils essayent de tuer le peu de vitalité qu’il reste dans les yeux de ceux qui ne cherchent que protection, mais qu’ils n’y arrivent pas. Ils ne savent plus rien faire d’autre que détruire, enfermer et déporter. Et pourtant tout le monde ici continue de sourire parfois, quand il ne pense pas aux morts, aux tortures et aux violences qu’ils continuent de subir ici.

Des vraies solutions, qui demanderaient certes une réflexion positive plutôt que sécuritaire et répressive, existent pourtant : l’hébergement inconditionnel et l’ouverture des frontières pour les personnes.

Mais leur liberté est vendue des millions à l’Angleterre, les rendant esclaves d’une Europe moderne en perdition.

Mais la liberté est en voix d’extinction, dans un pays qui l’avait pourtant choisie comme première valeur il y a plus de 225 ans. Vivement la piqûre de rappel… Horria !

ENGLISH
Until when they will try to kill life.
Calais. The jungle. Sunday, 7th August 2016.

We could make an encyclopedia out of our goverment’s ideas to wipe out all forms of social life in this part of France. To believe that after crossing land and sea, and already losing much of their lives running away from what we all would flee from, we would still be doomed to drown, die, suffer, because Europe (and France in our case) has decided so. So far nothing new.

Their latest brilliant idea- It seems to me I have already heard and heard it said a thousand times – is the police harassment of the camp’s shops and restaurants. They are there almost every day. They make their short patrol, weapons in their hands, just one or two metres from those who live there, who look at them lost for words.

Two men quietly bask in the sun holding their tear gas grenade launcher, as if it was normal. It looks cool, doesn’t it? And now we go for a bar crawl! Ah, no, restaurants, sorry…

A CRS, or maybe a cowboy (kind of reminds us of Lucky Luke), feels put in danger by the photographer. It is true that there we feel safe. And customers of the restaurants of the camp just on the other side of the road must feel super good too!

They smile. They talk and laugh loudly, not giving a shit about those who live here, so far removed from their lives and their priorities as good obedient CRS or policeman that just thinking about them makes me want to vomit.

Police officers and a man, probably from health checks services (he didn’t say where), who frankly seems to be having fun.

You must recognize the right to relax, poor police of my country, always the armed victims! but finally you are still a bit derogatory, mocking, insulting, hurtful and VIOLENT (as always)!

It’s true that having a gun in his hand is funny.

It’s true that being in exile is fun.

It is true that hunger is funny.

And promiscuity.

And the dirt.

Etc, everyone understands what we are talking about.

But what winds you up even more, is even after all that, they still manage to make their lives harder, and to push them lower than dirt. It clearly puts fun in their lives as much as the unhealthy individuals that compose our government and “authorities” (authority that they lost long ago, although they try to make us believe otherwise using systematic violence, whatever its form).

Violence: when it comes to Afghanistan, Sudan, Eritrea, Ethiopia, Syria or Pakistan, already traumatized by the deaths, fights, sea crossings and borders, with very welcoming security forces in the states crossed, the almost military intrusion must recall good memories (and closing the restaurants, that was really needed!). They are really nasty these migrants with arms crossed, they create such fear that training a weapon on them, a weapon that is not as pleasant as that, let alone at close range. Still, for many they already know how it feels, It so commonplace for them, it’s okay. And better than that, it is no surprise…

So if you are not out of your mind after this good slice of fun we’ll move on to the next thing.

For two weeks, the prefecture has sent his troops to visit the shops and restaurants of the camp. Their agenda: closures, arrests (this could be anyone since there it is not obvious who is the owner nor who is responsible nor who is the seller when the Police arrive), and/or destruction of property (including that which has no connection with the “illegal” trade activity such as the destruction of light bulbs and TVs), seizures, court summonses and other gifts of all kinds.

They are there, the riot police, full of professionalism, representing or government so well! Mission accomplished perfectly! Using a smart phone to take pictures, it is not to them prohibited by law? Yes, but they are above the law. And migrants below. Invisible. Beautiful country, beautiful mentality.

Anyway is is not surprising that they behave like thugs, never towards their own people in protests, of course, but towards foreigners restaurants. It’s better and more acceptable …

The reasons, as it was necessary that they found some, are unfair competition to businesses of Calais, poor hygiene of food served and tax illegality of these places.

Okay, we have nothing to complain about. Oh yes !

Someone told me that in fact: first, Lidl and other shops in the area (legal, these ones) have seen their profits soar since the inception and increase in population of the camp, since many inhabitants of the Jungle and the shops buy their stock from them. And if Calais shops end the colour bar and start allowing in the public enemies that are the refugees, the question would be posed even less. So we would like to know who is losing out.

Then another question arises: were any fast foot restaurants in France – as well as other “restaurants” with similar conditions of hygiene and horribly similar production – closed after a child who ate there unfortunately died as a consquence? you know the answer.
Here they talk of hospitalizations, which nobody else has ever heard of, to use concern about migrant health as a reason for all this. Well, this is the first time that they have cared about the health of immigrants! In the case of a stroke, the hospital doctor will answer that without asylum in France he can not do nothing except give aspirin to the worst diseases. In short, what everyone here will tell you is that what they are really afraid of are rats and the toilets, of which the number decreases as the population increases (government logic), cleaning is extremely rare and are, at the time we are writing these lines, dirty and overflowing (to be polite). But surely no it is the restaurant kitchens! Their kitchens are mostly more cleaner than the last Flunch you’ve been in. Those who have experienced a hospitalization in France will tell you, they prefer the food they find in camp’s restaurants rather than lose several kilos in a few weeks because of the inedible hospital food. And the same will be told to you about the dishes served at the Jules Ferry Center: how often we hear that not even a dog would want it, and if they were not starving they wouldn’t touch it… And if we just let them equip themselves, there is no doubt they would have nice kitchens that will shine so the French won’t feel too disoriented. If the kitchen of a restaurant it is not white and it is not shining it means that it’s dirty! We learn this at school of the Republic, right?

Then, the informality of restaurants, this is a foolproof issue of the prefecture! Illegal businesses on with unwanted customers in a place which is squatted and not legal according to the Universal Declaration of Human Rights, the French and European law, agreements, conventions and treaties. That makes sense! Those undesirable persons -who government try by all means to dissuade to stay in France by subjecting them to any possible violence, physical and psychological- should do the paperwork to open a legally owned business that would serve other undesired people. Look around, again there must a logic. If our elected officials could please help us find it, because it must be hidden under the Universal Declaration of Human Rights that they have never read!

When I hear the reasoning of legality, which is more about taxes, I can not remove that little voice that screams loudly in my head: “The Rights of Man, the French Constitution, the French law , the European law, the Geneva Convention and the rest, has anyone been concerned to apply them here before trying to apply the tax law? “. “Anyone”, is it the Left that continues to spout out , devoid of all meaning the words “socialism,” “democracy” and “freedom.” We really don’t need that.

Since when were rights to be applied selectively? Since when can we impose duties on those who have no rights? Rights and duties, it’s the biggest joke we are taught since nursery.

Nations, France and England, through their voluntary errors hold the main responsibility for the creation of this place. The arrival of shops was inevitable and they are necessary for the survival of 7000 (8000, 9000 today? Who knows the number that the next census will state…) people living (surviving) here. Food distributions are not enough since a lot of time for it is only one meal per day per person. The portions are reduced week by week, including those for families and therefore children (the youngest of whom was, at last count, 4 months, but since then another girl has been born).

Restaurants and shops, in addition to filling this food shortage, allow migrants to charge phones and thus people to communicate with their families, having regular news from areas of conflict or after particular events (yes, also in Kabul there are terrorists attacks).

And in the struggle to survive they also bring a bit of life. They are a place for human, social relationships and are a melting pot between communities. It is a change from endless waiting in distribution lines that are the cause of so much tension. Although they are values ​​that our governments forgot long ago. This is the same as for the freedom of movement or the right to asylum, you don’t want to know the definition, is too restrictive! While it would solve the problems of everyone, from the government that created the situation up to our friends who are suffering its dramatic consequences, physical and psychological violence and trauma.

We will know on Wednesday the decision of the judge of the Administrative Court of Lille about the interim of the French State for the destruction of shops (and therefore life) of the camp.

The truth is that they are trying to kill the little vitality that remains in the eyes of those who seek only protection, but they don’t find it. They know nothing else to do than destroy, lock up and deport. Yet the people here still smile sometimes when they are not thinking about deaths, torture and violence that still exists here.

True solutions, which certainly would require a positive reflection rather than protecting safety and repression, already exist: the unconditional accommodation and the opening of borders for people.

But their freedom is sold by millions in England, making them slaves of a sinking modern Europe.

But freedom is on its way to extinction, in a country that had chosen it as the first value more than 225 years ago. A deeply felt wakeup call… Huriyeh!

Ventimiglia update: Hundreds breach the border / Informations depuis la frontière / Informazioni dal confine

cropped-11232358_10207279415442992_8257557415493947517_n

Original articles: No Borders Ventimiglia (FR/IT) – RABBLE (EN)

Français en bas. (EN) Info from Ventimiglia

On the night of 4th August 2016, around 300 migrants left the Italian Red Cross Centre in the direction of the French border. The sans-papiers stopped at Balzi Rossi, 50m from the border where there had been the No Border camp last year. Their aim was to leave the Red Cross Centre, demand the opening of the border, and call for the release of a Sudanese man who had been arrested and deported to the Brindisi detention centre.

Some people acting in solidarity came to bring water and were arrested by the Italian police and taken to Ventimiglia police station. Two comrades received an administrative restriction of territory ( “foglio di via”) that denies them access to 16 towns of the province of Imperia. Two others were detained at the police station of the French PAF (border police) and received an order banning them from Italy for five years.

The police violently dispersed the migrants, and during the operation seven people were arrested and taken to the prefecture of Imperia. We don’t know if they will get an immediate trial for resistance or whether they will be released quickly. In total 17 European comrades were arrested by Italian and French police.

During the action, 200 migrants succeeded in escaping the Italian police. Some swam around the border and joined Menton. French police launched several violent charges and fired tear gas on migrants in the water. Most people crossed the border on foot. A hundred managed to escape the police, then became the object of a manhunt in the streets of Menton, Cannes, Sospel and Nice. 144 migrants were subsequently arrested and are being held in containers and buildings of the PAF (border police) of Menton Garavan, France.

French police prevented journalists from France 3 and press from taking photographs. They destroyed camera equipment and made numerous arrests, to prevent word of the day’s events getting out and the news that they had lost control of the border.

Several buses run by Lignes Azur took people to the border for deportation, but they were prevented from getting off, as there was insufficient space in the PAF bases to handle the number of arrestees. So far only 60 people have been sent back to Italy. Yet French police also tried a diplomatic approach in order to pacify the migrants, giving them food and drink. We do not know whether migrants will be returned to the Red Cross centre or deported back to hotspots or detention centres further south in Italy, since the number of those arrested is more significant than usual.

venti

(FR) Info de Vintimille

Quelques éléments d’information sur les événements des 4 et 5 août. Plus d’informations prochainement.

La nuit du 4 août 2016, environ 300 migrant-es ont quitté le centre de la Croix Rouge italienne en direction de la frontière française. Les sans-papiers se sont arrêtés à Balzi Rossi à 50m de la frontière où se tenait l’année dernière le camp No Border. Leur objectif était de quitter le centre de la cri, exigeant l’ouverture de la frontière, la libération de leur compagnon arrêté et déporté au cie-cra de Brindisi.

Quelques solidaires sont arrivés pour apporter de l’eau et ont été arrêtés par la police italienne et emmenés au commissariat de Vintimille. 2 compagnons ont reçu une restriction administrative de territoire (« foglio di via ») qui leur interdit l’accès à 16 communes de la province d’Imperia. 2 autres ont été détenus au poste de police de la PAF française et ont reçu une interdiction de territoire italien pour 5 ans.

La police a évacué les migrants avec violence, et pendant cette opération 7 compagnons ont été arrêtés et emmenés à la préfecture d’Imperia. Nous ne savons pas s’ils attendent un procès en comparution immédiate pour résistance ou s’ils peuvent être relâchés rapidement. Au total 17 compagnons européens ont été arrêtés par les polices italienne et française.

Durant l’opération, 200 migrants ont réussi a échapper a la police italienne. Certains ont traversé la frontière à la nage et ont rejoint Menton. La police française a lancé plusieurs charges violentes et des gaz lacrymogènes sur les migrants dans l’eau. La plupart ont traversé à pied. Une centaine a réussi à échapper à la police, faisant alors l’objet d’une chasse à l’homme dans les rues de Menton, Cannes, Sospel et Nice.

144 migrants ont ensuite été arrêtés et sont actuellement détenus dans les containers et les bâtiments de la PAF de Menton Garavan.

La police française a empêché les journalistes de France 3 et de presse de prendre des photographies, détruisant du matériel photo et procédant à de nombreuses arrestations, pour ne pas laisser publier les informations du jour et laisser comprendre qu’ils avaient perdu le contrôle de la frontière.

Plusieurs bus des Lignes Azur ont porté les personnes à la frontière pour déporter les personnes, ne les autorisant pas à descendre, du fait du manque de place dans les locaux de la PAF pour gérer les arrestations. Jusqu’ici seulement 60 personnes ont été renvoyées vers l’Italie. Dans le même temps la police française a essayé de mener une approche diplomatique essayant de calmer les migrants, leur donnant à manger et boire. Nous ne savons pas si les migrants seront renvoyés vers le centre de la cri ou déportés à nouveau vers les hotspots ou des CIE plus au sud en Italie, considérant que le nombre de personnes arrêtées est plus important qu’habituellement.

—————————-

(IT) Info da Ventimiglia:

Nella notte del 4 Agosto 2016 oltre 300 migranti lasciano il centro della Croce Rossa a Ventimiglia per andare al confine con la Francia, le persone senza documenti si sono fermate nei pressi dei Balzi Rossi a 50 metri dalla frontiera (dove l’estate scorsa c’era il No-Border Camp). Il loro obbiettivo era quello di abbandonare il centro della croce rossa, reclamare l’apertura del confine e il rilascio del ragazzo sudanese detenuto dentro il CIE (Centro di Identificazione ed Espulsione) di Brindisi.

Alcuni solidali arrivano sul posto per portare acqua ai migranti e vengono fermati dalla polizia e portati alla stazione di polizia di Ventimiglia. 2 compagni hanno ricevuto una restrizione amministrativa “foglio di via” che gli impedisce l’accesso a 16 comuni della prefettura di Imperia e altri 2 son stati trattenuti nella stazione francese della PAF (Police aux Frontières) e hanno ricevuto un interdizione dall’Italia per cinque anni.

La polizia sgombera i migranti dai Balzi Rossi con violenza, durante questa operazione 7 solidali vengono arrestati e sono attualmente nella questura di Imperia. Non sappiamo se sono in attesa di un processo immediato per resistenza o se verranno rilasciati a breve.

In totale 17 compagni europei sono stati fermati dalla polizia italiana e francese.

Durante l’operazione circa 200 migranti riescono a sfuggire alla polizia italiana, alcuni attraversando la frontiera a nuoto raggiungendo la spiaggia di Menton in Francia, la maggior parte attraversa a piedi e si scatena una caccia all’uomo per le strade di Menton, Cannes, Sospel, Nizza. La polizia francese reagisce con violenza, con cariche e sparo di lacrimogeni sui migranti che escono dall’acqua.

118 migranti sono attualmente detenuti nei container e altri 25 nella stazione della PAF.

La polizia francese impedisce ai giornalisti di effettuare riprese, distruggendo le telecamere e arrestandone molti per non far trapelare notizie e non far capire che hanno perso il controllo della frontiera.

Diversi bus della Linee Azur trasportano i migranti fino alla frontiera Italo-Francese per deportarli, si fermano e non li fanno scendere, perché non ci sono più posti per detenerli nei container previsti dalla PAF per il fermo dei migranti. Finora vi sono state solo 60 riammissioni in Italia, nel frattempo la polizia francese ha tentato un approccio diplomatico provando a calmare i migranti, dando cibo e bevande. Non sappiamo se verranno rinviati verso il centro della Croce Rossa o deportati verso gli hotspots o i CIE del sud Italia, essendo molto più numerosi che normalmente.

Secondo un’impasse pare che la polizia italiana non riaccetterà tutti i migranti anche per paura di non riuscire a rispettare il piano Alfano che prevede di risolvere la questione migranti con la loro deportazione nell’sud Italia.