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Anonymous death / Mort anonyme

On Monday May, 25, one body was found floating in the waters close to the harbour. As the corpse was in too poor conditions to be identified, it was later buried as X, without a name, a story.
One could say that if this can happen, it is also because some people do not exists in the eyes of the French law, those called “illegal”, and their death or disappearance is considered a casualty rather than the result of border politics. And that the harassment that comes with daily police presence, raids, controls, and alike, is ultimately the goal of it all. The border stands still. Draining people from their sense of legitimacy and belonging, fuelling extreme desperation, in a clear yet unclaimed attempt of mass murder.

Un corps a été retrouvé, lundi 25 mai 2020, flottant dans les eaux proches du port. Il a ensuite été enterré sous le nom de X, le corps étant en trop mauvais état, et en l’absence d’indices pour donner un nom, une histoire à cette personne.

On pourrait dire que si cela peut arriver, c’est aussi parce que ces personnes dites “illégales” n’existent pas aux yeux de la loi française, leur mort ou leur disparition étant considérée plus comme un fait isolé, une malchance, que le résultat d’une politique frontalière et du harcèlement exercée par la présence quotidienne de la police, des rafles, des contrôles . La frontière est toujours là. Elle vide les gens de leur sentiment de légitimité et d’appartenance, alimente un désespoir extrême, dans une tentative claire mais non revendiquée de meurtre de masse.

Pour rappel, vous trouverez ici une liste non exhaustive des morts à la frontière Franco-Britannique, et pour en savoir plus il y a cette liste chronologique de victimes, cette cartographie interactive ou encore ce papier paru dans la revue du Gisti.

Fences and cameras/ Grillages et cameras

Summer is here!

Sun, sandy beach, wind blowing sand on your french fries and seagulls eating them!

What else?

Fences. Km, dozens of km of fences. Mostly funded with your taxes, dear French or British citizen! Great, isn’t it? Exactly the kind of appliance that is known worldwide to be the “must have” of tourist destinations.

And Calais, does not disappoint in this: various types, shapes, lenght and technology, fences, barbered wires, walls.. every place has its own!

Now, even the green areas and woods in the Zone Industrielle des Dunes, “home” for some of the several hundreds of people trying to cross since the dismantlement of the Jungle. Some areas had already been fenced off. But now, the fencing is almost completed, pushing people to either live inside those fences – with all the symbolisms that goes with it- or right next to them, close to the road.
A camera, one of many, strategically put at the intersection of route des Gravelines and rue de Huttes, there were state food distribution takes place. To better watch one eating.

And since only a week, again thanks to the Town Hall, a new fence has been put nearby the Stadium, where a small group of people still lives.
It is to note that this one is not put there to “protect” infrastructure: infact it doesn’t even pretend to do so, as it’s literally enclosing a green area already closed off by the infamous “vegetal wall” along the highway leading to the port!
As the fences in the Dunes industrial area, and more and more often, fencing in Calais doesn’t even pretend anymore to have something to do with security, as it looks rather evident it’s just closing off once (or still!) inhabited pieces of land, thus rendering people more precarious or concentrating them in the left over areas, arising more tensions… only to then complain about it and dismantle the one place everyone is! Rings a bell?

Now, be reassured scared tourist: you are well protected, we even have fenced to “secure” a walls with barbered wire on top, made to “secure” the highway, nearby a 3m high wall to “secure” a petrol station, just on a side of a roundabout we have “secured” the bits under the bridge so people couldn’t sleep there! Welcome!

Next step, individual portable fences for all those who wish to go to the beach. Just in case.

L’été est là !
Le soleil, la plage de sable fin, le vent qui dépose le sable sur vos frites et les goélands qui s’en repaissent !
Qu’ajouter de plus?
Des clôtures. Des kilomètres, des dizaines de kilomètres de clôtures. Financées en grande partie par vos impôts, citoyen français ou britannique ! Génial, n’est-ce pas ? Tout à fait le type d’équipement renommé dans le monde entier pour faire d’un lieu le “must” des destinations touristiques.
Et Calais ne déçoit pas,  on y trouve toute la panoplie :   tout les types, formes, longueurs ettechnologies, clôtures, fils barbelés, murs…  chaque endroit à le sien  !

Maintenant, même les espaces verts et les bois de la Zone Industrielle des Dunes, “domicile”, depuis le démantèlement de la Jungle,  de certaines des centaines de personnes qui tentent de traverser la frontiere, sont entourés de leurs grillages et barbelés. Certaines zones avaient déjà été barricadées auparavant. Mais aujourd’hui, les clôtures sont omniprésentes, la fermeture de tout espace  est quasi totale, poussant les gens à vivre soit à l’intérieur de ces grillages – avec tout le symbolisme qui va avec – soit juste contre elles, près de la route.
Une caméra, parmi tant d’autres, placée stratégiquement à l’intersection de la route des Gravelines et de la rue de Huttes, où a lieu la distribution de nourriture par l’Etat. Pour mieux surveiller les repas.

Et depuis une semaine seulement, toujours grâce à la mairie, une nouvelle clôture a été posée près du stade de l’Épopée, où vit encore un petit groupe de personnes.
Il est à noter que celle-ci n’est pas mise là pour “protéger” les infrastructures : en fait, elle ne fait même pas semblant, puisqu’elle entoure littéralement un espace vert déjà fermé par le tristement célèbre “mur végétal” le long de l’autoroute menant au port !
Comme les clôtures dans la zone industrielle des Dunes, et de plus en plus souvent, les clôtures ne prétendent même pas avoir quelque chose à voir avec la sécurité, mais se contentent de fermer des terrains autrefois (ou encore !) habités, rendant ainsi les gens plus précaires ou les concentrant dans les zones qui restent “libre”, ce qui provoque plus de tensions… pour ensuite s’en plaindre et démanteler le seul endroit où tout le monde se trouve ! Ça vous rappelle quelque chose ?

Rassurez-vous, touriste effrayé : vous êtes desormais bien protégé.e.
Nous avons même mis un grillage, pour “sécuriser” un mur dejà surmonté de fil barbelé, fait pour “sécuriser” l’autoroute, à côté d’un mur de 3m de haut pour “sécuriser” une station service, juste à la sortie d’un rond-point  “sécurisé” en clôturant les parties sous le pont, pour que les gens ne puissent pas y dormir ! Bienvenu.e.s !
Prochaine étape: des clôtures individuelles portables pour tous ceux et toutes celles qui souhaitent aller à la plage. Juste au cas où.

#20j Calais in Solidarity / Calais en solidarité

20th, June 2020. World refugee day.
As part of the campaign Coasts in Solidarity, actions re-adapted to post Covid restrictions took place simultaneously in several cities along the european northern coast.

In Calais, testimonies and demands were posted around the city, along with stories of solidarity from Perou campaign and proverbs chosen by citizens with and without papers as activity of Secours Catholique.

A float of people and  paper boats marched to the beach in the late afternoon, where around 50 people went to the sea side attracting more than one eye. Call out for the world refugee day, but expecially to the borders that create misery for some, and solidarity that arises withing people on the move and people in border city. Special thoughts for those doing search and rescue, in the Med as in the Channel waters, nowadays also theatres of crossings but not (yet) criminalisation of those rescuing. Reading of testimonies of solidarity took place there, and a giant paper boat showed the way back up to the promenade, chanting and shouting choirs, approaching and giving paper boats to curious people around.

For the right to stay and to move! Stop deportations – once and for all!

Build solidarity cities and networks! Let us change societies from their foundations!

20 juin 2020. Journée mondiale des réfugiés.
Dans le cadre de la campagne Côtes solidaires, des actions réadaptées aux restrictions post-Covid ont eu lieu simultanément dans plusieurs villes le long de la côte nord de l’Europe.

A Calais, des témoignages et des revendications ont été affichés dans toute la ville, ainsi que des témoignages de solidarité de la campagne du Pérou et des proverbes choisis par des citoyens avec et sans papiers comme activité du Secours Catholique.

Une flotille de personnes et bateaux en papier a rejoint la plage en fin d’aprés-midi, où une cinquantaine de personnes se sont rendues au bord de la mer, attirant plus d’un regard.
Un appel à la journée mondiale des réfugiés, mais surtout aux frontières qui créent la misère pour certains, et à la solidarité qui s’établit avec les personnes en déplacement et les habitants des villes frontalières. Une pensée particulière pour celleux qui font de la recherche et du sauvetage, en Méditerranée comme dans les eaux de la Manche, aujourd’hui aussi des théâtres de passages mais pas (encore) de criminalisation de ceux qui sauvent. La lecture des témoignages de solidarité a eu lieu, et un bateau en papier géant a montré le chemin du retour vers la promenade, en chantant et en criant des slogans, en allant vers et donnant des bateaux en papier aux personnes curieuses des alentours.

Pour la liberté d’installation et de circulation ! Arrêter les expulsions – une fois pour toutes !

Construisons des villes et des réseaux de solidarité ! Changeons les sociétés depuis leurs fondations !

/!\ Coquelles detention centre re-opens / réouverture du CRA de Coquelles /!\

During the last months already the detention centre, located in Coquelles, was closed. Contrary to the previous rumours, which suggested that the CRA would reopen “only” in September, it reopens today, monday 15th June, for at least part of its places ( 36).
Works are in progress since the month of February to enlarge its capacity of locking people in- or “hosting capacity”, in police terms.
Maybe unfriendly individuals will then stop picking up people walking by close to camps, for supposed “controls” where no paper is given, only to drive km from the city and drop the person in the middle of nowhere? This practice was much in vogue during Summer 2017, where often people would also have their shoes stolen and having to walk back barefoot.

Ces derniers mois le centre de rétention, situé à Coquelles, était fermé. Contrairement aux rumeurs qui laissaient entendre que le CRA n’aurait rouvert “qu’en” septembre, il reprend ses activités aujourd’hui lundi 15 juin, avec 36 places, soit à peu près la moitié de sa capacité d’enfermement maximale.
Des travaux y sont en cours depuis le mois de février pour élargir la capacité d’enfermement – ou “d’accueil”, selon les termes de la police.
Peut-être que des individus peu aimables vont finalement cesser d’embarquer des gens marchant dans les rues en marge des campements, pour de soi-disant “contrôles”, en fait pour les conduire à des kilomètres de la ville et les déposer au milieu de nulle part ? Cette pratique était déjà très en vogue durant l’été 2017, où les personnes s’y faisaient souvent voler leurs chaussures et devaient rentrer pieds nus.

#BLM – Demonstrations in Calais and Dunkerque / Manifestations à Calais et Dunkerque

On the wave of Black Lives Matter movements around the globe, demonstrations took place also in Dunkerque and Calais, to denounce racist politics and their consequences.

About 80 people gathered in a public square in Calais, last Saturday, June, 13th. The speeches highlighted the violence that exiled people suffer on a daily basis in the border city, amongst which the discrimination in city buses, which was almost officially acknowledged by the president of SITAC, which manages the urban network.

The demonstration continued with a spontaneous march all the way to the sea side , chanting slogans without interruption.
“racist state, complicit police”, “police hates everyone” “no border no nation stop deportation” “no justice, no peace”… a reminder that police and racist politics such as border ones have made victims also in Calais.

The message is clear.

pictures by P. L. on facebook – photos de P. L.sur facebook

Sur la vague des mouvements Black Lives Matter dans le monde entier, des manifestations ont également eu lieu à Dunkerque et à Calais, pour dénoncer les politiques racistes et leurs conséquences.

Environ 80 personnes se sont réunies sur une place publique de Calais, ce samedi 13 Juin. Les prises de paroles ont mis en avant les violences que subissent quotidiennement les exilé-es, dont la discrimination dans les bus de ville quasi officialisée par le président de la SITAC qui gère le réseau urbain.

Le rassemblement a été suivi d’une manifestation sauvage jusqu’au front de mer avec des slogans sans interruption.
“Etat raciste, police complice”, “La police déteste tout le monde” “no border no nation stop deportation” “no justice, no peace”….. un rappel que la police et les politiques racistes comme celles des frontières ont fait des victimes également à Calais.

Le message est clair.

Plainte contre l’expulsion du 17 janvier à Calais classée sans suite / Complaint filed against the expulsion of 17 January in Calais ignored by the justice

Le 17 janvier 2018, nos ami.e.s ont été expulsé.e.s de chez elleux sans qu’aucune décision de justice ne soit prise. Cette expulsion est illégale et met nos ami.e.s à la rue. Qui plus est, nous sommes en plein hiver et la trêve hivernale empêche presque quiconque d’être mis.e à la rue du 1er novembre au 31 mars.

Nous avions porté plainte contre cette expulsion illégale et indigne.

Nous apprenons, 2 ans après les faits, qu’elle a été classée sans suite.

A Calais, les expulsions illégales sont régulières et systématiques.

Au moins deux à trois fois par semaine, selon le rapport IGPN d’octobre 2017 , les exilé.e.s qui vivent à Calais, dans les bois ou dans le centre sous les ponts, sont expulsé.e.s à coups de matraque, de gaz lacrymogène et se font systématiquement voler leurs affaires par les policièr.e.s. Et bien plus fréquemment depuis.

Il y a plus d’un an, la ville de Lille et l’État ont été condamnés par le Tribunal de Grande Instance pour avoir expulsé des Roms sans décision judiciaire, en pleine trêve hivernale (voir ici et ).

Aujourd’hui, avec des ordonnances pour requête qui justifient et masquent l’illégalité des expulsions quotidiennes sous l’étiquette de “nettoyages” ou encore de “contrôles d’identités pour identifier les réseaux de passage”, il nous semble important de rappeler qu’une loi est censée encadrer les occupations sans droit ni titre en France.
Sans surprise, dans la ville Forteresse où la frontière fait ombre sur les violations quotidienne d’un certain nombre de droits de l’homme, la loi ne protège que ceux qui ont le pouvoir.

Une ville qui, souvenez-vous, avait mis en place une adresse mail  afin que les honnêtes citoyens puissent signaler toute activité suspecte (ce qui se traduit dans un monde raciste par exemple par : des Noirs entrant chez eux, ou se promenant dans des zones résidentielles) pour “lutter” contre les “squats illégaux”. Puis, en 2015, elle a expulsé toutes les personnes du centre ville pour les concentrer dans une zone éloignée, à la périphérie d’une zone industrielle. Elle a détruit le camp un an plus tard et a prétendu que le “problème” était résolu et qu’il n’y avait plus de migrants à Calais.

Heureusement, un grand nombre de personnes résistent au péril de leur vie et de leur santé physique et mentale contre cette déshumanisation, en traversant la frontière tous les jours et en existant simplement dans une ville qui voudrait être propre, c’est-à-dire sans migrants. Et la lutte n’est pas terminée. Nous ne resterons pas silencieux et continuerons à affirmer notre droit à nous installer.

Solidarité avec tou.te.s les expulsé.e.s!

Pas une expulsion de plus!

La police entre___

On January 17, 2018, our friends were evicted from their home without any court order. This eviction was illegal and put our friends out on the street. What’s more, we were in the middle of winter, and the Trêve hivernale (the winter ‘truce’ on evictions) prevents almost anyone from being evicted between November 1 and March 31.

We had filed a complaint against this illegal and unjust eviction which, two 2 years after the case, we learned was dismissed without follow-up.

In Calais, illegal evictions are regular and systematic.

At least two or three times a week, according to the IGPN report of October 2017, exiled people living in Calais, in the woods or in the centre under bridges, are expelled with batons and tear gas and have their belongings systematically stolen by the police.  And many more evictions and destruction have taken place since.

More than a year ago, the city of Lille and the French State were condemned by the Tribunal de Grande Instance for having expelled Roma without a court decision, in the middle of winter truce (see here and there).

Today, with orders to investigate, justifying and hiding the illegality of daily expulsions through “cleansing” or “identity checks to identify the smuggling networks”, it seems important to us to recall that there is a law in France that is supposed to regulate housing occupations without rights or titles. Unsurprisingly, in the Fortress City where the border casts a shadow over daily violations of a number of human rights, the law only protects those in power.

A city that, to remember: had made an call for its citizens to report any suspicious activities (which translates in a racist world for example into: black people entering into their house, or walking around in residential areas) to “fight” against “illegal squats”. Then, in 2015, they evicted all people from the city centre to concentrate them in an area far out of sight, on the outskirts of an industrial zone. They evicted the camp only a year later and pretended the “problem” was solved and no more migrants were or would be in Calais.

Thankfully, a large number of people resist the peril of their own lives, and the physical and mental health against this dehumanization, by crossing the border every day and simply existing in a city that would like to be “clean” = without migrants. And the struggle is not over. We will not remain silent and will continue to assert our right to settle.

Solidarity with all those who have been expelled!

Not one more eviction!

Calais, barbed wire city / Calais, ville barbelée

Since February 2020, only a couple months after the public transport had become free in the city of Calais, reports started coming that some bus stops were ignored altough people were standing at the sign, waving at the driver.
As people themselves reported, as well as passengers already on the bus, groups or individual presenting as “non white”, were deemed “non french” therefore ignored by some bus drivers and thus unable to catch a bus ride or having to wait for hours at bus stops.
Another french passenger reported noticing more than once that when only migrants were waiting at bus stops, the driver would only open the back doors, allowing for a new form of appartheid to take place (black on the back, white the rest of the bus). When questioned, answered that it was “for security reasons”, and because the other passengers just wanted to have a quiet ride.
As the Covid19 outbreak hit, new rules were imposed to those taking public transports, such as different time schedules, the mandatory use of masks and one seat out of two to be left empty.
Yet, as seen elsewhere in France with rising police abuses of power in controlling people papers and “certificates” needed to move around, this also meant more excuses for bus company to cover up this discriminations in accessing public transport.
And it didn’t end with the end of the lockdown.
Friends report being asked for French ID papers, while approaching one of the central bus stops, alone, provided with face mask and keeping distance, and being refused to board the bus as they were unable to provide this.
Tourists beware: you need French papers to take the free buses!
Of course controlled did not approach other people standing at the bus stop, waiting, nor any of the other non French but white people who commented the situation.
Old school racisms hits back once again. You are a group of 5, 6 white people waiting to take the bus at any given bus stop? No problem.
You are 5, 6 non-white people, perhaps taking the bus at a stop near where you live in an industrial area, a stone’s throw from a residential area. You may have nothing in common with the other people, one of you trying to get to the hospital, the other to the city centre, you speak different languages: you are a group of “migrants”. The bus will not stop for you.

 

More recently, a video circulating on social networks outraged more than one person. In the video, two people of colour are seen in a bus, forcibly removed from the bus by police officers.
In an article on this subject, the director of Calais Opale Bus, Daniel Roussel, has the merit of being clear and honest about the way things are going: “For the moment, we avoid taking migrants”.
It should be noted that the president of the SITAC is Philippe Mignonet, accessorily deputy mayor of Calais now, during the Republican period under Mayor Mme Bouchart. And that this specific episode is one of the many results, more or less spectacular, of the apartheid policy carried out by the municipality for years.

Similar episodes of racial profiling and discrimination have taken part at different times and in different context in Calais, sometimes being as official as asking for ID to go to the swimming pool , sometimes as informal practices taking place to deter people coming to Calais at all or to stay there.

Even if Calais has never been a top tourist destination except for the now largely defunct duty free trade, it seems that Calais business seem ready to blame migrants for the loss of trade but that trade is in fact as much being affected by the towns now widespread refusal to welcome migrants into their stores and bars. Businesses are being affected by the loss of spending power,nothing really do to do with migrants . Maybe potential tourists don’t want to stop off in a town now associated with the excessive police violence, and general meanness towards refugees as well as more or less excluding them from the town . Not excluding the fact that the fascist groups that attacks migrants are widely known about not just in Calais . As Calais is quickly gaining a reputation of being associated with the far right and a new kind of apartheid.

So migrants are blamed that passing trade in the town is said to have reduced, as well as being largely excluded from the town and confined in industrial areas at the outskirt of the city with a whole lots of association-provided parallel services than those available to citizens. And dare they not, claim their right to the city, to go to the Supermarket or take the bus! Newly arrived and want to have lunch, or access to shower? The message is clear: off to the jungles, you must go. Possibly by being invisble along the way, and walk.

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Depuis février 2020, deux mois à peine après que les transports publics soient devenus gratuits dans la ville de Calais, des rapports ont commencé à arriver sur le fait que certains arrêts de bus étaient ignorés alors que des personnes se tenaient debout devant le panneau, faisant signe au conducteur.

Comme les personnes elles-mêmes l’ont rapporté, ainsi que les passagers déjà dans le bus, les individus se présentant comme “non blancs”, étaient considérés comme “non français” et donc ignoré·e·s par certain·e·s chauffeur·e·s de bus et ne pouvaient donc pas prendre le bus ou ont devaient attendre pendant des heures aux arrêts.

Un autre passager français a déclaré avoir remarqué plus d’une fois que lorsque seuls des migrant·e·s attendaient aux arrêts de bus, le chauffeur n’ouvrait que les portes arrière, permettant ainsi une nouvelle forme d’appartheid (les noirs à l’arrière, les blancs dans le reste du bus). Interrogé, il a répondu que c’était “pour des raisons de sécurité”, et parce que les autres passagers voulaient juste faire un tour tranquille.
Malheureusement, cela ne nous surprend pas.

Lorsque l’épidémie de Covid19 a éclaté, de nouvelles règles ont été imposées à ceux qui prennent les transports publics, comme des horaires différents, l’utilisation obligatoire de masques et le fait qu’un siège sur deux doit rester vide.
Cependant, comme on l’a vu ailleurs en France avec l’augmentation des abus de pouvoir de la police dans le contrôle des papiers et des “attestations” nécessaires pour se déplacer, cela signifiait aussi plus d’excuses pour les compagnies de bus pour dissimuler les discriminations dans l’accès aux transports publics.
Et cela ne s’est pas terminé avec la fin du confinement et des restrictions.
Des amis rapportent qu’on leur a demandé des papiers d’identité français, alors qu’ils s’approchaient d’un des arrêts de bus centraux, seuls, munis d’un masque facial et gardant leurs distances, et qu’on leur a refusé de monter dans le bus car ils n’étaient pas en mesure de leur fournir.
Attention aux touristes : vous avez besoin de papiers français pour prendre les bus gratuits !
Bien évidemment, les contrôleurs-euses n’ont pas approché les autres personnes attendant à l’arrêt de bus, ni les autres personnes non françaises mais blanches qui ont assisté·e·s à la scène.

Le racisme de la vieille école revient à la charge. Vous êtes un groupe de 5, 6 personnes blanches qui attendent le bus à un arrêt donné? Pas de problème.
Vous êtes 5, 6 personnes non blanches, qui prennent peut-être le bus à un arrêt proche de votre lieu de vie dans une zone industrielle à deux pas d’un quartier résidentiel. Vous n’avez peut-être rien en commun avec les autres personnes, l’une cherchant à se rendre à l’hôpital, l’autre vers le centre-ville, vous parlez des langues différentes : vous êtes un groupe de “migrants”. Le bus ne s’arrêtera pas pour vous.

Plus récemment, une vidéo circulant sur les réseaux sociaux a révolté plus d’une personne. Dans le vidéo on peut observer deux personnes de couleur, dans un bus, enlevées de force dudit bus par des policiers.
Dans un article à ce sujet, le directeur de Calais Opale Bus, Daniel Roussel, a le mérite d’être clair et honnête sur la façon dont les choses se passent : “ Pour l’instant, on évite de prendre les migrants
Il est à noter que le président de la SITAC est Philippe Mignonet, accessoirement adjoint au maire de Calais à l’époque républicaine sous la Maire Mme Bouchart. Et que cet épisode spécifique est l’un des nombreux résultats, plus ou moins spectaculaires, de la politique d’apartheid menée par la municipalité depuis des années.

Des épisodes similaires de profilage racial et de discrimination ont eu lieu à différents moments et dans différents contextes à Calais, parfois de manière aussi officielle que demander une carte d’identité pour aller à la piscine,   parfois de manière informelle, pour dissuader les gens de venir à Calais ou d’y rester.

Même si Calais n’a jamais été une destination touristique de premier plan, à l’exception  du commerce duty-free (détaxé) aujourd’hui en déclin, les entreprises calaisiennes sont souvent enclines à blâmer les migrants pour la perte de leur commerce. Mais ce commerce est en fait tout autant affecté par le refus désormais généralisé des villes d’accueillir les migrants dans leurs magasins et leurs bars. Les entreprises sont touchées par la perte du pouvoir d’achat, qui n’a rien à voir avec les migrant·e·s.

Les touristes potentiels ne
veulent peut-être pas s’arrêter dans une ville désormais associée
à la violence policière excessive, à la méchanceté générale
envers les réfugiés et à leur exclusion plus ou moins grande de la
ville. Ce qui n’exclut pas le fait que les groupes fascistes qui s’en
prennent aux migrants ne sont pas seulement connus à Calais.
En effet, Calais a rapidement eu la réputation d’être associée à l’extrême droite et avec un nouveau type d’apartheid .

On reproche don aux migrant·e·s de réduire le commerce de passage à Calais,  alors que ielles sont largement exclu·e·s de la ville et confiné·e·s dans des zones industrielles en périphérie de la ville, avec tout un tas de services associatifs parallèles à ceux offerts aux citoyen·ne·s. Et ils osent en plus revendiquer leur droit à la ville, à aller au Supermarché ou à prendre le bus !
Vous venez d’arriver et vous voulez déjeuner, ou avoir accès à une douche ? Le message est clair : c’est dans la jungle qu’il faut que tu aille. Et si possible, en étant invisible sur le chemin, et à pieds.

 

CRA Coquelles fermé / detention centre in Coquelles closed down

On se félicite du maintien de la fermeture du CRA de Coquelles, vide depuis plus d’un mois. De trop nombreuses personnes y étaient enfermées par la criminalisation de leur situation administrative, trop de déportations ont eu lieu, des grèves de la faim, des conditions d’hygiène précaires et des violations grossières des droits, comme dans le cas d’une personne algérienne qui avait refusé sa propre déportation, et qui a été en conséquence réveillée, droguée et de facto kidnappée pour être amenée de force dans l’avion.
Des rumeurs circulent selon lesquelles le CRA rouvrira en septembre. Mais si on peut faire sans jusque-là, peut-on tout simplement ne pas le rouvrir?

Néanmoins, d’autres centres restent ouverts, et les personnes à Calais continuent d’être arrêtées, de sortir avec des OQTF et d’être criminalisées. Plusieurs personnes ont été récemment arrêtées lors d’interventions policières dans les campements, d’émeutes à cause de la constante présence policière, ou parfois lors des démantèlements plus gros et tendus qui ont lieu en plus des destructions quotidiennes de leurs milieux de vie.

Des personnes peuvent donc toujours être placées au CRA, directement ou en sortant de prison, les CRAs les plus proches de Calais étant Oissel (Rouen), Lesquin (Lille) ou les CRAs en région parisienne. Et c’est dégueulasse. Au cours du soutien de personnes transférées de Calais à Oissel l’année dernière, les conditions nous ont paru catastrophiques. À ce moment il y avait cinq personnes dans une chambre avec deux matelas. Il n’y avait aucun accès aux smartphones pendant toute la durée de la détention, et donc aucun moyen pour la personne détenue de contacter sa famille ou ses ami-e-s pour les prévenir de la situation. Les associations qui travaillaient à l’intérieur étaient la plupart du temps absentes ou incapables de nous dire si une personne qu’on cherchait était enfermée. Dans le cas cas d’une personne en particulier que nous recherchions, elles répondaient seulement ”non” ou ”peut-être. Les ami-e-s et la famille de cette personne n’ont toujours aucune trace de leur proche disparu. En général, en plus de la détresse générée pour la personne enfermée comme pour son entourage, il est parfois trop tard quand les personnes disparues sont retrouvées. L’année dernière, une personne a été deportée discrètement au Soudan de Oissel.

Le CRA de Coquelles étant éloigné du centre de Calais, cela rend aussi plus compliqué le fait de retrouver les personnes et les soutenir. Même si certaines frontières restent fermées, certaines déportations ont pu néanmoins avoir lieu, et avec la nouvelle loi asile en vigueur depuis 2018, la durée maximale de détention est passée de 45 jours à 3 mois, augmentant non seulement les probabilités d’obtenir un laisser-passer nécessaire pour une déportation, mais aussi ayant des effets à long terme sur la santé mentale des personnes enfermées.

Maintenant plus que jamais, il est important de soutenir les personnes privées de leur liberté, au CRA comme en prison.

Une vie sans CRA c’est possible, ils ne sont pas indispensables et on en veut pas.

Pour la fermeture totale et permanente de tout centre de détention!

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We were pleased by the recent decision to keep the Coquelles CRA (detention centre) closed, as it has been for more than a month already. Too many people have been locked up by the criminalization of their administrative situation, too many deportations have taken place, hungers strikes, poor hygiene conditions and gross violations of humans rights, as in the case of an Algerian person who had refused his own deportation and was consequently awakened, drugged and in fact kidnapped to be brought by force on the plane last year. However, rumours have begun circulating that it will reopen in September. But if we can do without until then, can it not just not reopen at all?

Nevertheless, other centres across France remain open, and people in Calais continue to be arrested, receive OQTF or are criminalised. Several people have been arrested in the past week, during daily raids in the camps, fights due to the constant police presence, or during the bigger and more tense evictions which are occcuring on top of the already terrible daily destructions.

Some people can then still be placed in the CRA, directly or after being released from prison, the closest detention centres to Calais now being Oissel (Rouen), Lesquin (Lille) or the CRAs in the Paris region. And it’s not great: the support of people transferred from Calais to Oissel last year, highlighted  conditions that seemed catastrophic to us. At that time there were 5 people in a room with 2 mattresses. There as no access to smartphones at all during the detention period and therefore no way for detained people to contact family and friends to warn them of their situation. The associations working inside were mainly absent or unable to tell us if someone we were looking for was locked in. For one person in particular who we were searching for, they only responded “no” or “maybe”. Friends and family still have no trace of this missing person and, other than the distress generated by the situation for both the person locked in and their friends, it is sometimes too late when missing people in this situation are found. Last year one person was discreetly deported to Sudan from Oissel after being held incommunicado there.

The remoteness of this centre also makes it more difficult to find the people and support them. Even though some borders remain closed, deportations have still still taken place in the past months and with the New Asylum Law since 2018 the maximum duration of detention has been changed from 45days  to 3 months, affecting not only on the probability of being deported, but also on the mental health of the people locked up.

Now more than ever, it is important to support those deprived of their liberty, both in the CRAs and in prisons.

A life without detention centres is possible, they are not necessary and we do not want them.

For the total and permanent closure of all detention centres!

Border, crossings / Frontière, passages

Since 1994, when the Channel Tunnel rail link was opened, Britain and France have been permanently connected by 48kms of underwater tunnel. Like all large-scale infrastructure developments of this type, the Eurotunnel / Eurostar has progressively accelerated the speed and flows of people and commodities between Britain and France but only for those who can afford it.
On top of it, daily connections with ferries from Calais to Dover, buses, and even private flights from Marck airport, offer a wide range of possibilities for people willing to travel across the Channel.

25 years on, successive waves of migrants from conflict zones around the world, those from the Balkans, Iraq, Afghanistan, Yemen, Vietnam, Iran, Eritrea, Sudan, Ethiopia, North Africa, Syria and more, have made their way to Calais in an attempt to reach Britain.

The French and UK governments, working together, do not want “migrant” people to cross from Calais. As well as seeking to “protect” infrastructures such as the Tunnel and the Ferry Port, but also highways entrances, parkings, petrol stations, they put pressure on people with daily police harassment, arrests, theft and destruction on people’s belongings (see more recent examples here and here).

The destruction of the slum known as “Jungle” in late 2016 meant the dispersal of people even further from the borders, and the huge securisation works on the port and the Tunnel between 2014 and 2016  meant different, more creative or dangerous routes for crossings. While crossing with trucks and hiding in vehicles remain common, boat crossings started occurring with regularity in Autumn 2018 and, despite efforts of both French and UK government, have not slowed down since. More recently, as this way of crossing became a visible trend, the UK gave funds to the French police for surveillance drones on the coast, beach patrols and so on. As the Guardian reports, there were 297 boat crossings by migrants in 2018, 1,890 in 2019 and at least 1,040 so far this year. In this article it’s also mentioned the existence of a plan to deport more smoothly those who have crossed via boat.

Since 2018, thousands of migrants stuck in Calais have attempted to make their way through the Channel by small boats. These people, forced to risk their lives, exercising their right to freedom of movement, have seen and experienced at their expense the extra fortifications and the continued militarization of the border in Calais, and in general in Europe.

In the last few months, while most of Europe was in semi or full lockdown internally and limiting freedom of movement for their own citizens, those who do not have a piece of paper allowing them to move hassle free, continued being affected by EU border policies and fighting against them with their own bodies, defying the regime and crossing the border.

In spite of the extra fortifications and bolstered security forces, on the weekend of May 8th-10th more than 240 migrants attempted to cross the English Channel by water, of which 145 people in 7-8 small boats on Friday alone; “a record for a single day,” the Home Office stated. Since the beginning of the lockdown in France, more than one thousand made it to the UK crossing the dangerous waters of the Channel by small boat.

It makes better business sense to militarise and repress rather than regularise and welcome. And people suffering from border policies, are nevertheless determined to crumble them to pieces.

If the governments really want to stop border crossings and more specifically crossings by small boats, securization has been been proved not to work. They may just as well think of recognizing people right to free movement.

Block everything, nobody moves until everyone can move!

Open the border! Now!

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Depuis 1994, date de l’ouverture de la liaison ferroviaire du tunnel sous la Manche, la Grande-Bretagne et la France sont reliées en permanence par un tunnel sous-marin de 48 km. Comme tous les grands projets d’infrastructure de ce type, l’Eurotunnel / Eurostar a progressivement accéléré la vitesse et les flux de personnes et de marchandises entre la Grande-Bretagne et la France, mais uniquement pour celleux qui peuvent se le permettre.
De plus, les liaisons quotidiennes avec les ferries de Calais à Douvres, les bus, et même les vols privés de l’aéroport de Marck, offrent un large éventail de possibilités aux personnes désireuses de traverser la Manche.

25 ans plus tard, des vagues successives de migrant-e-s en provenance de zones de conflit dans le monde entier, celleux venant des Balkans, d’Irak, d’Afghanistan, du Yémen, du Vietnam, d’Iran, d’Érythrée, du Soudan, d’Éthiopie, d’Afrique du Nord, de Syrie et d’autres, se sont rendu-e-s à Calais pour tenter de rejoindre la Grande-Bretagne.

Les gouvernements français et britannique, qui travaillent ensemble, ne veulent pas que les “migrants” traversent de Calais. En plus de chercher à “protéger” les infrastructures telles que le tunnel et le port, mais aussi les entrées d’autoroutes, les parkings, les stations d’essence, ils mettent de la pression sur les gens avec un harcèlement policier quotidien, des arrestations, des vols et des destructions sur les biens des gens (voir plus d’exemples ici et ici, le dernier en anglais seulement).

La destruction du bidonville connu sous le nom de “Jungle” fin 2016 a entraîné une dispersion des populations encore plus loin des frontières, et les énormes travaux de sécurisation du port et du Tunnel entre 2014 et 2016 signifient des itinéraires de traversée différents, plus créatifs ou plus dangereux. Alors que les traversées en camion et la dissimulation dans les véhicules restent courantes, les traversées en bateau ont connu une grande effervescence à l’automne 2018 et, malgré les efforts des gouvernements français et britannique, n’ont jamais ralenti. Plus récemment, alors que ce mode de traversée est devenu une tendance connue, de l’argent a de nouveau été dépensé pour des drones de surveillance sur la côte, des patrouilles de plage, etc. Comme le rapporte the Guardian, il y a eu 297 traversées de bateaux par des migrants en 2018, 1 890 en 2019 et au moins 1 040 jusqu’à présent cette année. Dans cet article, il est également fait mention de l’existence d’un plan visant à expulser plus facilement celleux qui ont traversé par bateau.

Tout cet argent ne représente qu’une fraction du coût nécessaire pour offrir un refuge aux personnes qui tentent d’atteindre le Royaume-Uni, celles que les forces de sécurité veulent désespérément empêcher d’entrer. La rhétorique derrière cette fortification et cette militarisation est le nationalisme et l’isolationnisme. Il est préférable de maintenir les sans-papiers en situation irrégulière et d’alimenter les mythes des ressources limitées volées par des étrangers hostiles, qui ont peut-être même maintenant des “problèmes de santé” pour justifier cela.

Depuis 2018, des milliers de migrant-e-s bloqué-e-s à Calais ont tenté de se frayer un chemin à travers la Manche par de petites embarcations. Ces personnes, contraintes de risquer leur vie, exerçant leur droit à la liberté de circulation, ont vu et vécu à leurs dépens les fortifications supplémentaires et la militarisation continue de la frontière à Calais, et en général en Europe.

Au cours des derniers mois, alors que la majeure partie de l’Europe était semi ou totalement verrouillée sur le plan interne et limitait la liberté de circulation de ses propres citoyen-ne-s, celleux qui n’ont pas de papiers leur permettant de se déplacer librement ont continué à être affecté-e-s par les politiques frontalières de l’UE, et à les combattre de leurs propres corps, en défiant le régime et en franchissant la frontière.

Malgré les fortifications supplémentaires et le renforcement des forces de sécurité, le week-end du 8 au 10 mai, plus de 240 migrants ont tenté de traverser la Manche par voie maritime, dont 145 personnes dans 7-8 petites embarcations rien que vendredi ; “un record pour une seule journée”, a déclaré le ministère de l’intérieur. Depuis le début du confinement en France, plus d’un millier de personnes ont réussi à rejoindre le Royaume-Uni en traversant les eaux dangereuses de la Manche à bord de petites embarcations.

Il est plus logique, d’un point de vue capitaliste, de militariser et de réprimer plutôt que de régulariser et d’accueillir. Et les personnes qui souffrent des politiques frontalières sont néanmoins déterminées à les réduire en miettes.
Si les gouvernements veulent vraiment mettre un terme aux passages irréguliers à la frontière et plus particulièrement aux traversées par de petits bateaux, la sécurisation s’étant avérée inefficace, ils peuvent tout aussi bien penser à reconnaître aux gens le droit de circuler.

Bloquez tout, personne ne bouge tant que tout le monde ne peut pas bouger !

Ouvrez la frontière ! Maintenant !

Prefecture, trust and evictions / Préfecture, confiance et expulsions

The strict lockdown finished in France last Monday, May 11th, but restrictive measures are still in place. The day after, the police came (once again) to destroy shelters, and steal stuff from migrants. But this time, not “only” to clear some areas to continue building fences. Not only to reenact “border spectacle”, in ridiculous yet devastating attempts to show public money is well spent and border is well protected.

This time, police came and told people they may just as well choose between getting on a bus or be arrested. Around 80 people were “invited” to board on buses, destination: temporary accommodation centre. No time to take belongings from your tent, let alone your tent.

A brief note: the associations made a complaint about these thefts over a year ago. The prefecture had answered with a letter, saying police are given the order to give a certain time to people to take their personal things in the beginning of the operation, and that modalities will be put for a more effective sorting of items found on the ground, to differentiate materials/detritus and personal items. It says this plan will include sorting, drying and redistributing items taken during evictions, and give possibility for associations clearly identified to take back, on the behalf of migrants, their personal items.

This was an admission that they are stealing things from migrants by using other words, they continue to do so and they say: “Oh, we stole from you, but hey your things are not in the garbage! We keep them, we just want to dry them and decide for you what is material/detritus from personal item”. And then they let the associations deal with the recovery of things. This is hypocritical, not funny (but certainly the prefecture are having fun) and still a theft. A theft is a theft, whatever you name it!

“Ordonnances sur requête aux fins d’expulsions”.

Since March 2019 there have been 11 of these expulsions ordered by the same judge, 3 between April 20th and May 12th. This is a change in the legal situation regarding these operations. While before the police weren’t necessarily provided with court decisions allowing to carry on evictions until now, that didn’t stop them from performing said evictions, calling them “clearances”, or different names. But the existence of those “ordonnances” and the way they were put on, shows that, faced with court cases from inhabitants and supporters accusing the State of disrespecting laws deemed to protect people occupying houses or camps, the powers that be try to cover this up with quasi-legal procedures.

As per the most recent evictions, you can read here the press release written and signed by some of the associations operating on the ground.

“But why is it so bad, if there are housing proposed now?”

The shelters “proposed”, and some times imposed, for the Covid 19 outbreak are far out of Calais, with various and not necessarily good housing conditions. They have also ben at their maximum capacity since a few days after buses had started bringing people there. What clearly doesn’t help, is that there is virtually zero information given to people about the type of accommodation, or the location of it. And with evictions still going on and difficulties in moving around as per little public transport, no wonder many choose not to trust the same state that carry on border policies affecting their daily lives.

While conditions in the camp are clearly unsanitary and dire, they are also created and sustained by local powers refusing to put in place trash collection systems, let people settle where they want to, and recognize them as humans. While the opening of housing accommodations may suit the demands for isolation of some of the people stranded in Calais and had been requested by associations, creating such opportunities and giving the power of creating them to the state, also risks making State accommodation the only choice available to people. This will inevitably for further criminalize those who choose stay outside or leave the temporary accommodation centers. Too often living conditions, negotiations, or other issues present in camps were pointed out or detailed by well-meaning associations, but have been used as reason to evict said camps. This has resulted in worse conditions for the former camp residents and increased precarity and fragility for those scattered around.

Some inhabitants on houses in the same area of some camps, in the Zone des Dunes, gathered outside the subprefecture to protest the insanitary conditions and that the camp evictions were never “cleaning” away “the problem”. Laurent Nunez, Secretary of State to the Minister of the Interior, was in Calais Thursday afternoon. Meeting at the sub-prefecture, then a passage through the “Zone Industrielle des Dunes” to visit the police forces, visit to the Calais police station, visit to the detention centre, meeting with the agents of the prefecture, the Audasse and the Vie active (both associations paid by the State), and then meeting with with Natacha Bouchart … do we need to know more?

It seems clear that by harassing people and making their lives unbearable so that they leave Calais or remain invisible enough, evictions are part of the strategy rather than a goal itself. Evicting a camp only to have people move for the time you are there and settle back shows the State’s actual interest isn’t the eviction itself but harassment and the distress coming from it.

Put no more trust in negotiating with the State, especially if the negotiation is about the colour of handcuffs other people are going to have to wear!

And if the State wants to put an end to the conditions of people trying to cross the border,it’s the border that they need to open.

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Le confinementstrict s’est terminé en France lundi dernier, le 11 mai, mais les mesures restrictives sont toujours en place.

Le lendemain, la police est venue (une fois de plus) pour détruire des abris, et voler des trucs aux migrants. Mais cette fois, ce n’était pas “seulement” pour dégager certaines zones afin de continuer à construire des clôtures mais aussi pour faire le “spectacle du régime frontalier”, dans des tentatives ridicules mais dévastatrices de montrer que l’argent public est bien dépensé et que la frontière est bien protégée.

Cette fois, la police est venue et a dit aux gens qu’ils pouvaient tout aussi bien choisir entre monter dans un bus ou être arrêtés. Environ 80 personnes ont été “invitées” à monter dans les bus, destination : centre d’hébergement temporaire. Pas le temps de
prendre ses affaires dans la tente, encore moins la tente.

[Les associations avaient porté plainte pour ces vols il y a plus d’un an. La préfecture avait répondu par une lettre, qui stipulait que la police avait reçu l’ordre de donner un laps de temps aux personnes pour récupérer leurs affaires personnelles au début de l’opération, et que des modalités seraient mises en place pour un tri plus efficace des objets trouvés sur le terrain, afin de différencier les matériaux/détritus et les objets personnels. Elle précise que ce plan comprendra le tri, le séchage et la redistribution des objets pris lors des expulsions, et donnera la possibilité à des associations clairement identifiées de reprendre, au nom des
migrants, leurs objets personnels. Donc, en gros, ils ont admis qu’ils volaient les affaires des migrants en utilisant d’autres mots, ils continuent à le faire et ils disent “oh, on vous a volé, mais bon, vos affaires ne sont pas à la poubelle ! Nous les gardons, nous voulons juste les faire sécher et décider à votre place ce qui est considéré comme matériel ou détritus de ce qui est considéré comme objets personnels”.
Et puis ils laissent les associations s’occuper de la récupération des affaires. C’est hypocrite, pas drôle (mais la préfecture s’amuse certainement) et c’est quand même un vol. Un vol est un vol, quel que soit le nom que vous lui donnez ! ]

“ordonnances sur requête aux fins d’expulsions”. Depuis mars 2019, onze d’entre elles ont été ordonnées par le même juge, dont trois entre le 20 avril et le 12 mai.

Si jusqu’à présent, les policiers n’ont pas nécessairement reçu de décisions de justice leur permettant de procéder à des expulsions, cela ne les a pas empêchés de procéder à ces expulsions, en les appelant “nettoyages” ou sous d’autres noms. Mais l’existence de
ces “ordonnances” et la façon dont elles ont été mises en place, montre que face aux actions en justice des habitants et des soutiens, accusant l’Etat de ne pas respecter les lois censées protéger les personnes occupant des maisons ou des camps, les pouvoirs en place tentent de couvrir cela avec des procédures de type juridique.

Comme pour les expulsions les plus récentes, vous pouvez lire ici le communiqué de presse rédigé et signé par certaines des associations opérant sur le terrain.
“Mais pourquoi est-ce si mauvais, si des logements sont proposés
maintenant ?”
Les abris “proposés”, et parfois imposés, pour l’épidémie de Covid 19 sont loin de Calais, avec des conditions de logement diverses et pas forcément bonnes, et avaient atteint leur capacité maximale en nombre de personnes déjà quelques jours après que les bus aient commencé à y amener les gens. Ce qui n’aide évidemment pas, c’est aussi qu’aucune information n’a été donnée aux gens sur le type de logement, ni même sur son emplacement. Et avec les expulsions qui se poursuivent et les difficultés à se déplacer dans les transports publics, il n’est pas étonnant que beaucoup aient choisi de ne pas faire confiance à l’État qui mène des politiques frontalières affectant leur vie quotidienne.

Si les conditions dans le camp sont clairement insalubres et désastreuses, elles sont également créées et entretenues par les pouvoirs locaux qui refusent de mettre en place des systèmes de ramassage des ordures, de laisser les gens s’installer où ils veulent, de les reconnaître comme des êtres humains. Si l’ouverture de logements peut répondre aux demandes d’isolement de certaines des personnes bloquées à Calais et sollicitées par des associations, créer de telles opportunités et donner le pouvoir de les créer à l’Etat, c’est aussi risquer que l’Etat en fasse le seul choix possible pour les personnes, contribuant ainsi à criminaliser davantage ceux qui restent ou reviennent. Trop souvent, les conditions de vie, les conflits ou d’autres problèmes présents dans les camps ont été signalés ou détaillés par des associations bien intentionnées, mais ont été utilisés comme raison pour expulser lesdits camps, avec pour conséquence des conditions plus mauvaises pour les habitants et une fragilité accrue pour ceux qui sont dispersés parce qu’arrêtés ou amenés dans des centres ici et là.
Laurent Nunez, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur, était à Calais jeudi après-midi. Rencontre à la sous-préfecture, puis passage par la “Zone Industrielle des Dunes” pour visiter les forces de police, visite du commissariat de Calais, visite du centre de détention, rencontre avec les agents de la préfecture, l’Audasse et la Vie active (toutes deux associations payées par l’Etat), puis rencontre avec Natacha Bouchart … faut-il
en savoir plus ?
Il nous semble également évident qu’en harcelant les gens et en rendant leur vie insupportable pour qu’ils quittent Calais ou restent assez invisibles,  les expulsions font partie de la stratégie et ne sont pas un objectif en soi. Expulser un camp pour que les gens se déplacent le temps de l’intervention et se réinstallent juste après montre que
l’intérêt réel de l’État n’est pas l’expulsion elle-même mais le harcèlement et la détresse qui en découlent.

Ne faites plus confiance à la négociation avec l’État, surtout si la négociation porte sur la couleur des menottes que d’autres personnes vont devoir porter !

Et si l’État veut mettre un terme aux conditions de vie des personnes qui tentent de traverser la frontière, c’est cette frontière qu’il doit ouvrir.