Racist ID police operations at Calais train station / Controles d’identite racistes a la gare de Calais

En français ci-dessous:

Link to a video from the 13th of August

IMG_7938The French state is continuing it’s desperate attempt to control people’s movement in Calais. A new repressive tactic in recent days involves major police operations against migrants arriving at the Calais train station.

We have observed these operations at the Calais Ville train station every day since 10 August. The police arrive in force, cordon off all the exits to the station, and then perform document checks on people coming off the train. They only check the papers of people without white skin, letting white passengers walk past unmolested. (An example of this can be clearly seen in the video footage shot on 13 August. First a number of white passengers leave the train without being stopped by the police; then a number of black passengers get off, all of whom are controlled.)

These operations have involved large numbers of officers from the CRS, Police Nationale, PAF frontier police, and also BAC undercover officers. The operations have not always led to arrests. In the operations we observed, we saw 8 arrests on the 10th of August, 0 arrests on the 11th, 1 arrest on the 13th and 2 arrests on the 14th. For sure, there have been other operations when we were not present. As well as using large amounts of resources and numbers of officers to catch a small number of people, these controls militarize the space, psychologically intimidating people traveling through Calais.

We suspect these operations may be part of a national strategy, as they coincide with other large police activities in cities including Lille and Paris – where there have been large numbers of arrests at migrant camps as well as at the Gare Du Nord train station.

IF YOU ARE IN CALAIS: these operations seem to be happening at unpredictable times, during the evening but also in the daytime. If you have some free time, why not pass by the station and see if anything is going on. If you see a racist police control, please call us on 07 58 62 58 63.

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L’État français continue ses tentatives désespérées de contrôle de
mouvements de populations à Calais. Une nouvelle tactique répressive ces
derniers jours a entraîné d’importantes opérations policières contre les
migrants arrivant à la station de train de Calais.

Nous avons observé ces opérations policières à la gare tous les jours
depuis le 10 août. La police arrive en nombre, fermant toutes les
sorties de la gare, et vérifie les identités des personnes qui sortent
des trains. Ils demandent les papiers seulement aux gens de couleurs,
laissant les personnes blanches continuer leur chemin tranquillement. Un
exemple clair de cette discrimination peut être vu sur la vidéo
suivante: d’abord des passagers
“blancs” sortent du train sans être arrêtés par la police, puis des gens
de couleur sortent et sont touTEs contrôlées.

Ces opérations ont entraîné l’augmentation du nombre d’agents de la
police nationale, de la PAF, de la bac et de CRS. Ces opérations ne
donnent pas toujours lieu à des arrestations. Le 10 août huit personnes
ont été arrêtés, le 11 pas d’arrestation, le 13 une personne, et le 14
deux personnes. D’autres arrestations ont certainement eu lieu en notre
absence. Non seulement ces rafles mobilisent un grand nombre de
policiers, mais permet aussi de militariser la zone, intimidant ainsi un
grand nombre de personne de venir à Calais.

Il est probable que ces opérations fassent parties d’une stratégie
nationale, qui coïnciderait avec d’autres opérations policières à Lille
et à Paris, où de nombreuses arrestations ont eu lieu sur des camps,
ainsi qu’à la gare du Nord.

Si vous êtes à Calais : ces opérations on l’air d’avoir lieux de manière
aléatoire, de jour comme de nuit. Si vous avez du temps de libre, passez
à la gare, voir ce qui s’y passe. Si vous voyez des contrôles de police
racistes, appeler le 07 58 62 58 63.

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Lettre des habitant.e.s du squat fort Galoo/letter from the inhabitants of the squat fort Galoo

” Monsieur, Madame,

Nous sommes les réfugiés qui squattons cet endroit et nous sommes de différentes nationalités. Nous vous demandons de ne pas faire preuve d’une violence sadique contre nous et de ne pas nous expulser de cet espace sans nous offrir des solutions dignes.

Nous avons fui nos pays à cause de l’injustice, des guerres, de la dictature, du nettoyage ethnique, de la pauvreté, des emprisonnements arbitraires, des persécutions religieuses, des régimes théocratiques qui nous empêchent de jouir de la liberté de croyance et d’opinion : par exemple, au Soudan, boire une bière vous expose à 40 coups de fouet. Nous souffrons de la marginalisation dans nos pays parce-que nous combattons l’oppression de nos gouvernements et par conséquent, nous n’avons pas accès aux soins, aux écoles, nous n’avons accès à rien.

Nous vous demandons maintenant une protection en tant qu’être humain et nous ne voulons pas que notre situation soit utilisée à des fins de propagande politique. Nous demandons au gouvernement, aux associations humanitaires, aux médias, à la population, de nous soutenir et d’être à nos côtés.

Si nous demandons l’asile en France, nous allons devoir attendre de nombreux mois avant d’avoir accès à un abri, alors qu’en Angleterre, en Allemagne, en Hollande, nous avons accès à une maison, à l’école, à de la nourriture, en somme à des conditions de vie dignes. La France nous laisse à la rue pour plus de souffrance.

Nous voulons que la France donne de bonnes conditions de vie aux réfugiés, et s’ils ne peuvent pas faire cela, ils doivent ouvrir les frontières et laisser les personnes passer en Angleterre. Beaucoup de réfugiés qui ont essayé de se rendre là-bas en sont morts, écrasés sous les roues d’un train, d’un camion, d’un bus. Un migrant soudanais qui essayait de rejoindre l’Angleterre caché sur le toit d’un train a été coupé en deux par un pylone électrique, beaucoup d’autres sont morts sous les roues d’un camion ou à l’intérieur de ces derniers qui sont parfois des camions frigorifiques. “

Les habitants et habitantes du 10 impasse des Salines, Calais.

English version :

Mr, Mrs,

We are the refugees who squat this place and we are from different nationalities. We demand you not to use sadistic violence against us and not to make us go out of this place without any dignified solution.

We ran away from our countries because of injustice, war, dictatorship, ethnic cleansig, poverty, arbitrary imprisonment, religious persecution, theocracy which prevent us from believing in what we want : for example, in Sudan, if you drink a beer you can be whiped 40 times. We suffer from marginalisation in our countries because we fight the opression of our government and because of this we don’t have access to medical care, to school, we don’t have access to anything.

We request now protection as human beings and we don’t want our situation to be used as political propaganda. We ask the government, the humanitarian associations, the people, the media, to support us and to stand with us.

If we ask for asylum in France, they will make us wait many months before we can have access to a a shelter, whereas in England, in Germany, in Holland, they give us a house, we have access to school, to proper food and dignified conditions of life. France leaves us in the streets for more suffering.

We want France to give good living conditions to the refugee and if they can’t do this, they have to open the borders and to let people go to England. Many persones who tried to go to England died from it, crushed under the train, the trucks of the buses. One sudanese migrant who was trying to reach england hiden on the roof of a train got divided apart by an electric pylone, many other ones died under the wheels or inside the freezer of a truck.”

The inhabitants of the squat 10 impasse des Salines, Calais

Communiqué de presse occupation Fort Galoo/ Press release occupation fort Galoo

 

Forteresse Heure Hope ?

Depuis le 28 mai à Calais, les opérations policières violentes et absurdes contre la population migrante de passage se sont succédées : démantèlement de l’ensemble des espaces de vie, rafles, mises en rétention, destruction du matériel humanitaire, etc… Les exilés ont donc été acculés dans les espaces périphériques de la ville où ils sont condamnés à subir un processus d’invisibilisation et sont en proie au harcèlement policier, à une traque quotidienne, à une lutte permanente pour l’accès à des besoins élémentaires tels que la nourriture, la santé, l’hygiène, la sécurité.

Un ensemble d’individus, de collectifs, d’associations ont décidé de ne pas accepter cette situation et de s’opposer à cette réponse étatique purement répressive en construisant ensemble un espace protégé où l’accès à un minimum de dignité et de sécurité ne serait pas l’objet d’un combat acharné. Un lieu d’expérimentation de vie en commun qui permettrait de mettre l’État devant ses responsabilités en montrant que l’accueil et l’hospitalité ne se limitent pas aux centres de rétention et aux reconduites à la frontière.

Ainsi, depuis le 12 juillet, l’ancien site industriel Vandamme, situé 10 impasse des Salines à Calais, est revenu à la vie. C’est aujourd’hui une centaine de personnes sans-abris, de multiples nationalités, de passage ou non, qui y vivent, et plusieurs centaines d’autres qui le fréquentent pour une tasse de thé, un cours de français, un repas collectif, un jeu de cartes, une douche, une coupe de cheveux , un rasage de près…etc. Plusieurs centaines d’habitant.e.s, de soutiens de multiples horizons, de Calaisien.ne.s curieux qui, chaque jour, animent cet endroit, profitent et construisent un espace de repos et de socialisation multiculturel à l’abri de la violence de la rue, du harcèlement policier, de la traque, du délit de faciès, etc….

Aujourd’hui, l’ultimatum est tombé, « la justice » a tranché : les habitant.e.s du lieu ont 10 jours pour faire leurs bagages et partir. Mais partir où ? C’est la question qui est sur toutes les lèvres des occupant.e.s qui, à ce jour, refusent ce départ forcé et affirment vouloir rester, résister à cet ultimatum si aucune solution d’hébergement digne de leur est proposée. Actuellement, aucune solution de sortie n’a été avancée, la seule réponse étant, comme d’habitude, une décision d’expulsion avec remise à la rue des personnes. Cette mise en danger délibérée et répétée d’autrui ne doit pas être acceptée et ne le sera pas par les habitant.e.s et leurs soutiens qui sont déterminé.e.s à rester si d’autres espaces de vie dignes, assurant la sécurité et le respect de la population migrante dans le passage et des sans abris ne leur sont pas proposés.

Nous avons conscience que ce n’est pas au propriétaire Vandamme qu’incombe la responsabilité de trouver des solutions à cet état d’urgence humanitaire prolongé dans lequel l’État, la mairie et leurs complices ont plongé Calais, mais nous lui demandons de prendre en considération les spécificités de cette occupation. Nous appelons le gouvernement, le préfet, la mairie, à ne pas céder une fois de plus à la tentation du tout répressif et à travailler sur une solution de sortie afin d’accueillir dignement cette population sans abris qui est aujourd’hui hébergée dans des squats faute de toute autre forme de réponse étatique. Nous rappelons au propriétaire et aux autorités que la procédure d’expulsion de ce site était fondée, pour le propriétaire, sur le caractère d’extrême dangerosité de l’endroit. Le recours à la force publique afin de vider le lieux de ses occupan.t.e.s nous semble donc une opération aussi absurde que dangereuse. Avant d’en arriver à envisager la mise en danger d’autrui comme unique solution, il nous semble pertinent, dans l’intérêt de tous et toutes, qu’une autre forme de réponse soit discutée.

NoBorder Calais

 

Le welcome squat Impasse des Salines * Welcome to the squat Impasse des Salines

Les murs de fort Galloo * The walls of fort Galloo

Besoin de films pour les projections
Besoin d’activités, musiques, danses, chants
Besoin d’ateliers sur les droits en Angleterre, Allemagne et ailleurs
Besoin de cuisiniers
Besoins d’idées

Besoin de monde !!!!

Donc le welcome squat impasse des Salines est tranquille au moins jusqu’au 6 aout et sans doute plus loin.

Venez avec nous construire le rapport de force et obtenir pour nos amis un lieu de vie hors d’atteinte des harcèlements et violences policières.

Venez construire ce lieu avec nous!

C’est maintenenant que nous avons besoin de vous ici.

*

We need films for screenings
We need activities, music, dancing, singing
We need rights workshops in England, Germany and elsewhere
We need cooks
We needs ideas

We need people!!

So welcome to the squat on Impasse des Salines, it is quiet at least until Aug. 6 and probably further.

Come with us to build a rebalance of power and support our friends to have a place of life beyond the reach of police harassment and violence.

Come build this place with us!

It is now we need you here.

SOUTIEN À L’OCCUPATION GALOU / SUPPORT THE GALOU OCCUPATION

à lire sur : http://passeursdhospitalites.wordpress.com/


DU 28 JUILLET AU 6 AOÛT – CALAIS ET PARTOUT AILLEURS

JULY 28 TO AUGUST 6 – CALAIS AND EVERYWHERE ELSE

(English bellow)

2 juillet : le terrain aménagé pour la distribution des repas, occupé depuis un mois par des exilés, et trois squats, sont évacués. Plus de 600 personnes sont arrêtées, plus de 200 placées en rétention. Relâchées petit-à-petit, ces personnes reviennent à Calais.

12 juillet : à la fin d’une manifestation, les bâtiments désaffectés de l’usine Galloo sont ouverts et occupés par des exilés et des soutiens. Des douches sont construites, des toilettes et des tentes amenées par Médecins du Monde. L’ancienne maison du patron sert aussi au couchage. Une cuisine et des espaces de vie sont aménagés. La solidarité des Calaisiens et des associations fournit le nécessaire de la vie quotidienne et permet de préparer des repas. Des cours de langue, des concerts se mettent en place. Plus d’une centaine de personnes y habitent, mais le lieu sert aussi de ressource pour les autres exilés présents à Calais.

24 juillet : verdict du tribunal d’instance de Calais saisi par le propriétaire, les habitants ont dix jours pour quitter le lieu qui devient ensuite expulsable. Ce délais de 10 jours commence dès que l’huissier sera venu signifier le jugement, ce qui est possible dès lundi.

Les habitants ne veulent pas partir tant qu’aucune solution leur soit proposée. Ils demandent à toutes les personnes prêtes à les soutenir de se mobiliser :

- en venant participer à la vie du lieu et en faire un lieu de créativité et de résistance. Tous les talents sont les bienvenus pour des ateliers ou toute forme d’expression artistique, et avant tout pour être là en solidarité.

- en interpelant là où vous êtes les autorités françaises, préfectures si vous êtes en France, ambassades et consulats à l’étranger (coordonnées sur http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/le-ministere-et-son-reseau/annuaires-et-adresses-du-maedi/ambassades-et-consulats-francais-a/) pour leur dire que vous soutenez l’occupation et que vous êtes opposé-e à toute expulsion sans solution de relogement.

July 2: the equipped site for the distribution of food, occupied since one month by exiles, and three squats, were evacuated. More than 600 people were arrested, more than 200 are in detention. Released small to small, they return to Calais.

July 12: At the end of a demonstration, disused buildings Galloo plant are open and occupied by exiles and supporters. Showers are constructed, toilets and tents brought by Médecins du Monde. The old house of the boss of the factory is also used for sleeping. Kitchen and living spaces are arranged. The solidarity of Calaisians and associations provides the necessary daily life and enables to prepare meals. Language courses, concerts are taking place. More than a hundred people live there, but the place also serves as a resource for other exiles present in Calais.

July 24: verdict of the District Court of Calais seized by the owner, the residents have ten days to leave the place which afterwards becomes liable to expulsion. This time of 10 days begins when the bailiff comes to mean the judgment, which is possible on Monday.

The people do not want to leave them as long as no solution is proposed. They ask all the people willing to support them to mobilize:

- coming participate in the life of the place and make it a place of creativity and resistance. All talents are welcome for workshops or any form of artistic expression, and above all to be there in solidarity.

- in heckling where you are the French authorities, prefectures if you are in France, embassies and consulates abroad (contact details on http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/le-ministere-et-son-reseau/annuaires-et-adresses-du-maedi/ambassades-et-consulats-francais-a/) to tell them that you support the occupation and that you are opposed to any eviction without rehousing.