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MISE À JOUR Soutenir les personnes en Centre de Rétention // UPDATE Supporting people in Detention

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Pour tou-tes cell-eux qui ont des proches en centre de rétention ou qui voudraient soutenir les personnes victimes de la politique d’enfermement raciste de cell-eux qui n’ont pas les “bons” papiers, voilà un guide succinct de soutien aux personnes en rétention en france.

Ce guide vient d’etre mis à jour (lien plus bas), et il est toujours disponible sur la page Resources de ce blog.

Le répertoire des centres de rétention de France, comprenant la liste des CRA, leurs contacts et quelques infos basiques a lui aussi été mis à jour.

Au moment de la publication de ce post, les mesures actuelles post-Coronavirus induisent des changements temporaires. Ainsi, bien que les visites soient autorisées, elles sont limitées à UN visiteur qui ne peut voir qu’UN retenu à la fois. Après avoir été fermé pendant quelques semaines en plein pic de l’épidémie de Covid, le CRA de Coquelles, près de Calais, est  depuis peu rouvert, à la moitié de sa capacité.  Une fenêtre en plexiglas sera placée au milieu de la table, dans la salle destinée aux visites. Les personnes doivent porter un masque depuis l’entrée dans l’enceinte du centre et tout au long de la visite. Il nous a été dit qu’il est toujours possible d’apporter les choses habituelles que l’on souhaite donner aux personnes enfermées, mais pas de nourriture.
Des travaux sont en cours dans le bâtiment pour augmenter la capacité d'”hébergement” (c’est-à-dire d’enfermement), mais nous n’avons pas pu les voir.

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For everyone who has close ones in deport centers or who would like to support the people who are victims of the racist incarceration of those who don’t have the “good” papers, here is a short guide to supporting people in detention in France.

It’s been updated, and the new version (linked below) in now available on the page Resources on this blog.

The list ot the french deport centers with their contacts and basic infos, has also been updated.

At the time of writing, due to post – Corona Virus adaptations, visits are allowed but only one person at a time can visit one person at a time. In fact, after being closed for some weeks during the Covid outbreak, the Coquelles CRA close to Calais is open again for half of its places. A plexiglass window will be in the middle of the table, in the visitors room, where you and the person can meet. People are required to carry a mask at all times, from entering the gate and all through the visit, and we were told we could bring as usual items to give to the person visited, but not food.
Works are ongoing in the building to increase it’s “hosting” (locking in) capacity, but one can’t see them.

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Women Crossing Borders- Les Femmes Traversant les Frontieres

Les personnes exilées bloquées à la frontière Franco-Britannique sont présentes sur un territoire toujours plus large : de Grande-Synthe à Cherbourg sur le littoral, mais aussi de Steenvoorde à Marquion, plus à l’intérieur des terres.
Ces trois dernières décennies, bien que rendues largement invisibles dans les villes, les personne exilées ont été largement médiatisées. Cependant, cette couverture médiatique a principalement été à l’initiative des acteurs politiques, économiques, ou associatifs, en ciblant les conditions de vie plutôt que les causes de celles-ci, et ne s’est intéressée quasi exclusivement qu’à l’endroit où ont été déboursées les plus grandes dépenses de sécurisation de la frontière : Calais.

Conçu comme outil de sensibilisation grand public par la Plateforme des Soutiens aux Migrants, le “Journal des Jungles” est le résultat d’une résidence d’écriture de 3 jours, qui redonne directement la parole aux personnes exilées elles-mêmes.
Dans un lieu à chaque fois différent,  à proximité d’un campement et avec des habitant.e.s de ces campements, ainsi que des individu.e.s ou bénévoles de différentes associations, il touche à des thématiques diverses choisies par les participant.e.s.

Les textes rassemblés dans ce journal sont publiés dans la langue utilisée par la personne pour la rédaction et sont systématiquement accompagnés d’une traduction française et anglaise.

Le dernier numéro à été réalisé à Calais dans le cadre d’une résidence en non mixité choisie entre femmes ayant des vécus différents liés à la frontière.

Il se titre Women Crossing Borders – Les Femmes Traversant les Frontières.

Vous pouvez écouter les témoignages de certaines des autrices ici, lire le journal dans son intégralité en ligne et en demander des copies papier par mail. Des pages en complement sont aussi visibles ici.

Les autres numéros du Journal des Jungles sont également disponibles sur le même site.

Par ailleurs, aepuis la fermeture des squats Victor Hugo et de la rue de Vic, les femmes et les enfants exilée.s ont été logés par l’Etat au Centre Jules Ferry jusqu’au démantèlement de la jungle en 2016. La solidarité entre femmes et plus généralement entre “wom*n” n’a cessé depuis, face à la frontière mais aussi à une forte binarité oubliant les personnes lgbtqi+. Au cours des dernières années, une plus grande importance a été accordée à la création d’événements réguliers et pontcuels en mixité choisie dans le contexte de la situation frontalière à Calais. Bien que cette action reste relativement “petite”, elle a une grande importance pour toustes celleux qui y participent, en s’appropriant et en faisant de cet espace ce qu’il est, si ça n’est le temps des deux après-midi par semaine. Et cette solidarité permettra peut-être un jour de faire tomber la frontière en morceaux.

open the border

Exiled people stranded on the Franco-British border are present on an much larger are than Calais city: from Grande-Synthe to Cherbourg on the coast, but also from Steenvoorde to Marquion further inland.

Over the last three decades, although made largely invisible in the cities, migrant people have been widely publicised in the media. However, the media coverage has been mainly initiated by political, economic or associative actors, targeting people’s poor living conditions rather than their causes, and has focused almost exclusively the place where the greatest money on border security has been spent: Calais.
Conceived as a tool for raising public awareness by the Plateforme des Soutiens aux Migrants, the “Journal des Jungles” is the result of a 3-day writing residency, which gives a voice to the people on the move themselves.

In a different place each time, often close to a camp or in a city where migrant population is present, inhabitants of these camps, as well as individuals or volunteers from different associations gather together to write. Themes vary and are chosen by the participants. The journal is systematically published in the language in which the text is written by the person, as well as translated into English and French.

The latest issue was written in Calais in the context of a residence in chosen non mixity between women with different life experiences related to the border.

It titles: Women Crossing Borders- Les Femmes Traversant les Frontieres.

You can listen to the testimonies of some of the authors here, read the full journal online and request physical copies by email. Additional pages can also be found here.

Other issues of the Journal of Jungles are also available on the same site.

On a side note, since the the closure of squatted houses Victor Hugo and rue de Vic , women and children had been housed by the state in Jules Ferry Centre until the dismantlement of the Jungle in 2016. Women and more in general wom*n solidarity went on ever since, faced with the struggles of the border but also a strong binarity forgetful of lgbtqi+ people. Along the past years, more importance was given to creating regular as well as one-of events in chosen mixity within Calais border context. While this remain a relatively “small action”, it has great importance for all those that participate,in appropriating and making the space what it is, in the time of the regular couple afternoons per week. And this solidarity will hopefully tear down the border into pieces.

Anonymous death / Mort anonyme

On Monday May, 25, one body was found floating in the waters close to the harbour. As the corpse was in too poor conditions to be identified, it was later buried as X, without a name, a story.
One could say that if this can happen, it is also because some people do not exists in the eyes of the French law, those called “illegal”, and their death or disappearance is considered a casualty rather than the result of border politics. And that the harassment that comes with daily police presence, raids, controls, and alike, is ultimately the goal of it all. The border stands still. Draining people from their sense of legitimacy and belonging, fuelling extreme desperation, in a clear yet unclaimed attempt of mass murder.

photo de l’action Coast in Solidarity du 22 Juin 2020

Un corps a été retrouvé, lundi 25 mai 2020, flottant dans les eaux proches du port. Il a ensuite été enterré sous le nom de X, le corps étant en trop mauvais état, et en l’absence d’indices pour donner un nom, une histoire à cette personne.

On pourrait dire que si cela peut arriver, c’est aussi parce que ces personnes dites “illégales” n’existent pas aux yeux de la loi française, leur mort ou leur disparition étant considérée plus comme un fait isolé, une malchance, que le résultat d’une politique frontalière et du harcèlement exercée par la présence quotidienne de la police, des rafles, des contrôles . La frontière est toujours là. Elle vide les gens de leur sentiment de légitimité et d’appartenance, alimente un désespoir extrême, dans une tentative claire mais non revendiquée de meurtre de masse.

Pour rappel, vous trouverez ici une liste non exhaustive des morts à la frontière Franco-Britannique, et pour en savoir plus il y a cette liste chronologique de victimes, cette cartographie interactive ou encore ce papier paru dans la revue du Gisti.

Fences and cameras/ Grillages et cameras

Summer is here!

Sun, sandy beach, wind blowing sand on your french fries and seagulls eating them!

What else?

Fences. Km, dozens of km of fences. Mostly funded with your taxes, dear French or British citizen! Great, isn’t it? Exactly the kind of appliance that is known worldwide to be the “must have” of tourist destinations.

And Calais, does not disappoint in this: various types, shapes, lenght and technology, fences, barbered wires, walls.. every place has its own!

Now, even the green areas and woods in the Zone Industrielle des Dunes, “home” for some of the several hundreds of people trying to cross since the dismantlement of the Jungle. Some areas had already been fenced off. But now, the fencing is almost completed, pushing people to either live inside those fences – with all the symbolisms that goes with it- or right next to them, close to the road.
A camera, one of many, strategically put at the intersection of route des Gravelines and rue de Huttes, there were state food distribution takes place. To better watch one eating.

And since only a week, again thanks to the Town Hall, a new fence has been put nearby the Stadium, where a small group of people still lives.
It is to note that this one is not put there to “protect” infrastructure: infact it doesn’t even pretend to do so, as it’s literally enclosing a green area already closed off by the infamous “vegetal wall” along the highway leading to the port!
As the fences in the Dunes industrial area, and more and more often, fencing in Calais doesn’t even pretend anymore to have something to do with security, as it looks rather evident it’s just closing off once (or still!) inhabited pieces of land, thus rendering people more precarious or concentrating them in the left over areas, arising more tensions… only to then complain about it and dismantle the one place everyone is! Rings a bell?

Now, be reassured scared tourist: you are well protected, we even have fenced to “secure” a walls with barbered wire on top, made to “secure” the highway, nearby a 3m high wall to “secure” a petrol station, just on a side of a roundabout we have “secured” the bits under the bridge so people couldn’t sleep there! Welcome!

Next step, individual portable fences for all those who wish to go to the beach. Just in case.

L’été est là !
Le soleil, la plage de sable fin, le vent qui dépose le sable sur vos frites et les goélands qui s’en repaissent !
Qu’ajouter de plus?
Des clôtures. Des kilomètres, des dizaines de kilomètres de clôtures. Financées en grande partie par vos impôts, citoyen français ou britannique ! Génial, n’est-ce pas ? Tout à fait le type d’équipement renommé dans le monde entier pour faire d’un lieu le “must” des destinations touristiques.
Et Calais ne déçoit pas,  on y trouve toute la panoplie :   tout les types, formes, longueurs ettechnologies, clôtures, fils barbelés, murs…  chaque endroit à le sien  !

Maintenant, même les espaces verts et les bois de la Zone Industrielle des Dunes, “domicile”, depuis le démantèlement de la Jungle,  de certaines des centaines de personnes qui tentent de traverser la frontiere, sont entourés de leurs grillages et barbelés. Certaines zones avaient déjà été barricadées auparavant. Mais aujourd’hui, les clôtures sont omniprésentes, la fermeture de tout espace  est quasi totale, poussant les gens à vivre soit à l’intérieur de ces grillages – avec tout le symbolisme qui va avec – soit juste contre elles, près de la route.
Une caméra, parmi tant d’autres, placée stratégiquement à l’intersection de la route des Gravelines et de la rue de Huttes, où a lieu la distribution de nourriture par l’Etat. Pour mieux surveiller les repas.

Et depuis une semaine seulement, toujours grâce à la mairie, une nouvelle clôture a été posée près du stade de l’Épopée, où vit encore un petit groupe de personnes.
Il est à noter que celle-ci n’est pas mise là pour “protéger” les infrastructures : en fait, elle ne fait même pas semblant, puisqu’elle entoure littéralement un espace vert déjà fermé par le tristement célèbre “mur végétal” le long de l’autoroute menant au port !
Comme les clôtures dans la zone industrielle des Dunes, et de plus en plus souvent, les clôtures ne prétendent même pas avoir quelque chose à voir avec la sécurité, mais se contentent de fermer des terrains autrefois (ou encore !) habités, rendant ainsi les gens plus précaires ou les concentrant dans les zones qui restent “libre”, ce qui provoque plus de tensions… pour ensuite s’en plaindre et démanteler le seul endroit où tout le monde se trouve ! Ça vous rappelle quelque chose ?

Rassurez-vous, touriste effrayé : vous êtes desormais bien protégé.e.
Nous avons même mis un grillage, pour “sécuriser” un mur dejà surmonté de fil barbelé, fait pour “sécuriser” l’autoroute, à côté d’un mur de 3m de haut pour “sécuriser” une station service, juste à la sortie d’un rond-point  “sécurisé” en clôturant les parties sous le pont, pour que les gens ne puissent pas y dormir ! Bienvenu.e.s !
Prochaine étape: des clôtures individuelles portables pour tous ceux et toutes celles qui souhaitent aller à la plage. Juste au cas où.

#20j Calais in Solidarity / Calais en solidarité

20th, June 2020. World refugee day.
As part of the campaign Coasts in Solidarity, actions re-adapted to post Covid restrictions took place simultaneously in several cities along the european northern coast.

In Calais, testimonies and demands were posted around the city, along with stories of solidarity from Perou campaign and proverbs chosen by citizens with and without papers as activity of Secours Catholique.

A float of people and  paper boats marched to the beach in the late afternoon, where around 50 people went to the sea side attracting more than one eye. Call out for the world refugee day, but expecially to the borders that create misery for some, and solidarity that arises withing people on the move and people in border city. Special thoughts for those doing search and rescue, in the Med as in the Channel waters, nowadays also theatres of crossings but not (yet) criminalisation of those rescuing. Reading of testimonies of solidarity took place there, and a giant paper boat showed the way back up to the promenade, chanting and shouting choirs, approaching and giving paper boats to curious people around.

For the right to stay and to move! Stop deportations – once and for all!

Build solidarity cities and networks! Let us change societies from their foundations!

20 juin 2020. Journée mondiale des réfugiés.
Dans le cadre de la campagne Côtes solidaires, des actions réadaptées aux restrictions post-Covid ont eu lieu simultanément dans plusieurs villes le long de la côte nord de l’Europe.

A Calais, des témoignages et des revendications ont été affichés dans toute la ville, ainsi que des témoignages de solidarité de la campagne du Pérou et des proverbes choisis par des citoyens avec et sans papiers comme activité du Secours Catholique.

Une flotille de personnes et bateaux en papier a rejoint la plage en fin d’aprés-midi, où une cinquantaine de personnes se sont rendues au bord de la mer, attirant plus d’un regard.
Un appel à la journée mondiale des réfugiés, mais surtout aux frontières qui créent la misère pour certains, et à la solidarité qui s’établit avec les personnes en déplacement et les habitants des villes frontalières. Une pensée particulière pour celleux qui font de la recherche et du sauvetage, en Méditerranée comme dans les eaux de la Manche, aujourd’hui aussi des théâtres de passages mais pas (encore) de criminalisation de ceux qui sauvent. La lecture des témoignages de solidarité a eu lieu, et un bateau en papier géant a montré le chemin du retour vers la promenade, en chantant et en criant des slogans, en allant vers et donnant des bateaux en papier aux personnes curieuses des alentours.

Pour la liberté d’installation et de circulation ! Arrêter les expulsions – une fois pour toutes !

Construisons des villes et des réseaux de solidarité ! Changeons les sociétés depuis leurs fondations !

H for harassment / H de harcèlement

“Why do you do this? It’s ridiculous. We just move 200m and then come back. It’s annoying. It does nothing.” says someone, on a random morning, during a police raid on one of the camps located on the outskirts of the city of Calais. Officers don’t answer.

While the raid may not manage to completely erase people from the landscape, it would be incorrect to say it does nothing. These raids fail in evicting people, but they are yet very effective as part of a larger strategy of harassment. And in terms of harassing people, the government and its armed little soldiers in Calais have shown their determination, and at times creativity, to honour old practices used in Calais years ago, by repeating them these days.

When arriving in Calais, as a warm welcome, police and SNCF agents will greet you at the door of the train you arrive on and block your way out of the train station. They will stare at you, ask you for papers and/ or your train ticket. They will not be there every day, so to make it not too oppressive for the citizens to complain, and casual enough for it to look legit and justified. Then the bus may or may not stop to pick you up, but may occasionally be stopped to control papers of everyone, and if you don’t speak french or look “turisty” enough, you may be arrested.
Talking about tourists… the tourist office just put some flowers on the steps to access to the door. Cute! If they weren’t steps, not flower places, and the installation looking more like a way to get rid of the homeless people who used to sit there waiting for people to chip in some spare cash.
The army will be waiting in front of the police station, while the police drive around the town looking for anyone they think looks like a migrant. Beware not to wear hoodies or dark clothes if you don’t want them to slow down when coming from behind to stare at you better while deciding if they want to stop and search you or you look white enough. Charged because drunk on public space? Covid-19 seems to be the reason why it’s impossible for your friends, even just one or two, to enter the tribunal and support you through this. Several people without papers have been arrested and charged with offences ranging from minor ones to violence against police, solely for existing and sometimes resisting to the daily police violence in the past months alone. Private security in parkings, on top of it all, repeatedly reported as setting free their dogs to attack people, gas them and insult them.
The CRA as recently opened again, seeing one person transferred there from Lille CRA for suspected Covid, so what best idea than transferring the person to a different facility with several other people in time, and when confirmed, lock them in isolation!

The numbers of people sleeping rough while attempting to cross to the UK since the dismantlement of the slum known as Jungle have fluctuated, but according to associations on the ground have consistently remained between 500 and 1000. And despite the money spent on making the physical border more technologically sophisticated and “secure”, people are still crossing. Living conditions, often the only thing that would be mediatized or addressed, have changed at times but remained consistently bad. Trash laying around and rats running free? While this will be all blamed on the inhabitants and used by public powers to define migrant people as dirty/ uncaring in the eyes of the public, or even to evict living places, the major of Calais refused one more time to take in charge said trash -as is her duty for people living in the municipality. See here, minutes 58-55. For now and still, even if people were to put their trash in bin bags, said bags will not be collected, and it takes only a seagull and a bit of wind to spread the litter all around.
These weeks, some street artists participate in an event organized by the town hall to paint some places in the city centre, to look artsy, for the benefit of those considered worth enough (citizens, tourists) . Seen the original roots of the graffiti movement, what do they think of the politics carried on by the same municipality, amongst which the quickly erasing political messages or simple messages in political places (see: walls)?

“Pourquoi faites-vous cela ? C’est ridicule. On se déplace juste de 200m et on revient. C’est agaçant. Ça ne fait rien.”, dit une personne, lors de l’une des descentes quotidiennes matinales de l’une des nombreuses compagnies de police, dans l’un des camps situés à la périphérie de la ville de Calais. Les policiers ne répondent pas.

Même si le raid ne parvient pas à effacer complètement les gens d’un paysage, il serait faux de dire que cela ne produit rien. Les expulsions n’expulsent personne mais sont surtout des outils efficaces de la stratégie de harcèlement de l’Etat . Et en terme de harcèlement des populations, le gouvernement et ses petits soldats armés à Calais savent faire preuve de tant de créativité que de détermination pour de nouveau honorer leurs bonnes vieilles pratiques.

Ancrée sur un terrain solide comme une frontières peut l’être, à l’intersection de nombreuses oppressions systémiques, Calais.
En guise d’accueil, la police et des agents de la SNCF vous bloqueront l’accès à la sortie de la gare, en haut des escaliers à la sortie du train. Ils vous fixeront, vous demanderont vos papiers et/ou votre billet de train. Ils ne seront pas là tous les jours, afin que ce ne soit pas trop oppressant pour les citoyen.ne.s, et agiront de manière assez désinvolte pour que cela paraisse légitime et justifié. Le bus pourra s’arrêter pour vous prendre, ou non, cela dépendra, mais il arrive qu’il soit arreté pour contrôler les papiers de tout le monde, et si vous ne parlez pas français ou n’avez pas l’air assez “turiste”, vous pouvez être arrêté.
En parlant des touristes.. l’office du tourisme vient de mettre des fleur sur les marches d’accès à la porte. C’est mignon ! Si ce n’est que c’est à la base des marches, et l’installation ressemble plus à un moyen de se débarrasser des sans-abri qui étaient assis là à faire la manche.
L’armée stationnera devant le poste de police, la police fera des tours en ville. Attention à ne pas porter de sweat à capuche ou des vêtements sombres si vous ne voulez pas qu’ils ralentissent pour mieux vous fixer, le temps de décider s’ils veulent s’arrêter et vous fouiller, ou déterminer si vous avez l’air assez blanc. Inculpé.e parce ivre dans un lieu public ? Covid-19 semble être la raison pour laquelle il est impossible pour vos ami.e.s, même juste un.e ou deux, d’entrer au tribunal pour vous soutenir. Au cours de ces derniers mois, plusieurs personnes sans papiers ont été arrêtées et accusées de délits allant de faits mineurs à des violences contre la police, uniquement pour avoir osé exister et parfois résisté aux violences policières quotidiennes. La sécurité privée dans les parkings, en plus de tout cela, a été citée à plusieurs reprises comme libérant ses chiens pour qu’ils attaquent les gens, gazages et les insultes.
Le CRA a récemment rouvert ses portes, voyant une personne y être transférée du CRA de Lille pour suspicion de Covid, alors quelle bonne idée que de transférer la personne dans un autre établissement avec plusieurs autres personnes, et une fois le diagnostique confirmé, de l’enfermer en isolement !

En ce qui concerne les personnes qui dorment dans la rue en essayant de traverser vers le Royaume-Uni , les chiffres ont, selon les associations du terrain, fluctué entre 500 et 1000 depuis le démantèlement du bidonville connu sous le nom de Jungle, mais sont restés stables jusqu’à présent. Et malgré l’argent dépensé pour rendre la frontière physique plus technologique et plus “sûre”, les gens continuent de traverser. Les conditions de vie, souvent seul sujet médiatisé ou abordé, ont parfois changé, mais sont demeurées fondamentalement mauvaises .

Des déchets qui traînent et des rats qui courent en liberté ? Alors que tout cela sera imputé aux habitants et utilisé par les pouvoirs publics pour définir les immigrés comme sales/ insouciants aux yeux du public, ou encore pour expulser les-dit camps, la maire de Calais a refusé une fois de plus de prendre en charge ces ordures, comme normalement son devoir pour les personnes vivant dans la municipalité. Voir ici, minutes 58-55. Pour l’instant et encore, même si les gens mettaient leurs déchets dans des sacs poubelles, ces sacs ne seraient pas ramassés, et il suffit d’une mouette et d’un peu de vent pour répandre les déchets tout autour.
Ces semaines-ci, des artistes de rue participent à un événement organisé par la mairie pour peindre certains endroits du centre ville, pour donner un aspect artistique, visiblement au profit de celleux qui sont considérés comme suffisamment méritants (citoyens, touristes) . Vu les racines du mouvement graffiti, que pensent-ils de la politique portée par cette même municipalité, parmi laquelle la rapidité à effacer les messages politiques ou les simples messages dans les lieux politiques (voir : les murs)?

/!\ Coquelles detention centre re-opens / réouverture du CRA de Coquelles /!\

During the last months already the detention centre, located in Coquelles, was closed. Contrary to the previous rumours, which suggested that the CRA would reopen “only” in September, it reopens today, monday 15th June, for at least part of its places ( 36).
Works are in progress since the month of February to enlarge its capacity of locking people in- or “hosting capacity”, in police terms.
Maybe unfriendly individuals will then stop picking up people walking by close to camps, for supposed “controls” where no paper is given, only to drive km from the city and drop the person in the middle of nowhere? This practice was much in vogue during Summer 2017, where often people would also have their shoes stolen and having to walk back barefoot.

Ces derniers mois le centre de rétention, situé à Coquelles, était fermé. Contrairement aux rumeurs qui laissaient entendre que le CRA n’aurait rouvert “qu’en” septembre, il reprend ses activités aujourd’hui lundi 15 juin, avec 36 places, soit à peu près la moitié de sa capacité d’enfermement maximale.
Des travaux y sont en cours depuis le mois de février pour élargir la capacité d’enfermement – ou “d’accueil”, selon les termes de la police.
Peut-être que des individus peu aimables vont finalement cesser d’embarquer des gens marchant dans les rues en marge des campements, pour de soi-disant “contrôles”, en fait pour les conduire à des kilomètres de la ville et les déposer au milieu de nulle part ? Cette pratique était déjà très en vogue durant l’été 2017, où les personnes s’y faisaient souvent voler leurs chaussures et devaient rentrer pieds nus.

#BLM – Demonstrations in Calais and Dunkerque / Manifestations à Calais et Dunkerque

On the wave of Black Lives Matter movements around the globe, demonstrations took place also in Dunkerque and Calais, to denounce racist politics and their consequences.

About 80 people gathered in a public square in Calais, last Saturday, June, 13th. The speeches highlighted the violence that exiled people suffer on a daily basis in the border city, amongst which the discrimination in city buses, which was almost officially acknowledged by the president of SITAC, which manages the urban network.

The demonstration continued with a spontaneous march all the way to the sea side , chanting slogans without interruption.
“racist state, complicit police”, “police hates everyone” “no border no nation stop deportation” “no justice, no peace”… a reminder that police and racist politics such as border ones have made victims also in Calais.

The message is clear.

pictures by P. L. on facebook – photos de P. L.sur facebook

Sur la vague des mouvements Black Lives Matter dans le monde entier, des manifestations ont également eu lieu à Dunkerque et à Calais, pour dénoncer les politiques racistes et leurs conséquences.

Environ 80 personnes se sont réunies sur une place publique de Calais, ce samedi 13 Juin. Les prises de paroles ont mis en avant les violences que subissent quotidiennement les exilé-es, dont la discrimination dans les bus de ville quasi officialisée par le président de la SITAC qui gère le réseau urbain.

Le rassemblement a été suivi d’une manifestation sauvage jusqu’au front de mer avec des slogans sans interruption.
“Etat raciste, police complice”, “La police déteste tout le monde” “no border no nation stop deportation” “no justice, no peace”….. un rappel que la police et les politiques racistes comme celles des frontières ont fait des victimes également à Calais.

Le message est clair.

Plainte contre l’expulsion du 17 janvier à Calais classée sans suite / Complaint filed against the expulsion of 17 January in Calais ignored by the justice

Le 17 janvier 2018, nos ami.e.s ont été expulsé.e.s de chez elleux sans qu’aucune décision de justice ne soit prise. Cette expulsion est illégale et met nos ami.e.s à la rue. Qui plus est, nous sommes en plein hiver et la trêve hivernale empêche presque quiconque d’être mis.e à la rue du 1er novembre au 31 mars.

Nous avions porté plainte contre cette expulsion illégale et indigne.

Nous apprenons, 2 ans après les faits, qu’elle a été classée sans suite.

A Calais, les expulsions illégales sont régulières et systématiques.

Au moins deux à trois fois par semaine, selon le rapport IGPN d’octobre 2017 , les exilé.e.s qui vivent à Calais, dans les bois ou dans le centre sous les ponts, sont expulsé.e.s à coups de matraque, de gaz lacrymogène et se font systématiquement voler leurs affaires par les policièr.e.s. Et bien plus fréquemment depuis.

Il y a plus d’un an, la ville de Lille et l’État ont été condamnés par le Tribunal de Grande Instance pour avoir expulsé des Roms sans décision judiciaire, en pleine trêve hivernale (voir ici et ).

Aujourd’hui, avec des ordonnances pour requête qui justifient et masquent l’illégalité des expulsions quotidiennes sous l’étiquette de “nettoyages” ou encore de “contrôles d’identités pour identifier les réseaux de passage”, il nous semble important de rappeler qu’une loi est censée encadrer les occupations sans droit ni titre en France.
Sans surprise, dans la ville Forteresse où la frontière fait ombre sur les violations quotidienne d’un certain nombre de droits de l’homme, la loi ne protège que ceux qui ont le pouvoir.

Une ville qui, souvenez-vous, avait mis en place une adresse mail  afin que les honnêtes citoyens puissent signaler toute activité suspecte (ce qui se traduit dans un monde raciste par exemple par : des Noirs entrant chez eux, ou se promenant dans des zones résidentielles) pour “lutter” contre les “squats illégaux”. Puis, en 2015, elle a expulsé toutes les personnes du centre ville pour les concentrer dans une zone éloignée, à la périphérie d’une zone industrielle. Elle a détruit le camp un an plus tard et a prétendu que le “problème” était résolu et qu’il n’y avait plus de migrants à Calais.

Heureusement, un grand nombre de personnes résistent au péril de leur vie et de leur santé physique et mentale contre cette déshumanisation, en traversant la frontière tous les jours et en existant simplement dans une ville qui voudrait être propre, c’est-à-dire sans migrants. Et la lutte n’est pas terminée. Nous ne resterons pas silencieux et continuerons à affirmer notre droit à nous installer.

Solidarité avec tou.te.s les expulsé.e.s!

Pas une expulsion de plus!

La police entre___

On January 17, 2018, our friends were evicted from their home without any court order. This eviction was illegal and put our friends out on the street. What’s more, we were in the middle of winter, and the Trêve hivernale (the winter ‘truce’ on evictions) prevents almost anyone from being evicted between November 1 and March 31.

We had filed a complaint against this illegal and unjust eviction which, two 2 years after the case, we learned was dismissed without follow-up.

In Calais, illegal evictions are regular and systematic.

At least two or three times a week, according to the IGPN report of October 2017, exiled people living in Calais, in the woods or in the centre under bridges, are expelled with batons and tear gas and have their belongings systematically stolen by the police.  And many more evictions and destruction have taken place since.

More than a year ago, the city of Lille and the French State were condemned by the Tribunal de Grande Instance for having expelled Roma without a court decision, in the middle of winter truce (see here and there).

Today, with orders to investigate, justifying and hiding the illegality of daily expulsions through “cleansing” or “identity checks to identify the smuggling networks”, it seems important to us to recall that there is a law in France that is supposed to regulate housing occupations without rights or titles. Unsurprisingly, in the Fortress City where the border casts a shadow over daily violations of a number of human rights, the law only protects those in power.

A city that, to remember: had made an call for its citizens to report any suspicious activities (which translates in a racist world for example into: black people entering into their house, or walking around in residential areas) to “fight” against “illegal squats”. Then, in 2015, they evicted all people from the city centre to concentrate them in an area far out of sight, on the outskirts of an industrial zone. They evicted the camp only a year later and pretended the “problem” was solved and no more migrants were or would be in Calais.

Thankfully, a large number of people resist the peril of their own lives, and the physical and mental health against this dehumanization, by crossing the border every day and simply existing in a city that would like to be “clean” = without migrants. And the struggle is not over. We will not remain silent and will continue to assert our right to settle.

Solidarity with all those who have been expelled!

Not one more eviction!

Calais, barbed wire city / Calais, ville barbelée

Since February 2020, only a couple months after the public transport had become free in the city of Calais, reports started coming that some bus stops were ignored altough people were standing at the sign, waving at the driver.
As people themselves reported, as well as passengers already on the bus, groups or individual presenting as “non white”, were deemed “non french” therefore ignored by some bus drivers and thus unable to catch a bus ride or having to wait for hours at bus stops.
Another french passenger reported noticing more than once that when only migrants were waiting at bus stops, the driver would only open the back doors, allowing for a new form of appartheid to take place (black on the back, white the rest of the bus). When questioned, answered that it was “for security reasons”, and because the other passengers just wanted to have a quiet ride.
As the Covid19 outbreak hit, new rules were imposed to those taking public transports, such as different time schedules, the mandatory use of masks and one seat out of two to be left empty.
Yet, as seen elsewhere in France with rising police abuses of power in controlling people papers and “certificates” needed to move around, this also meant more excuses for bus company to cover up this discriminations in accessing public transport.
And it didn’t end with the end of the lockdown.
Friends report being asked for French ID papers, while approaching one of the central bus stops, alone, provided with face mask and keeping distance, and being refused to board the bus as they were unable to provide this.
Tourists beware: you need French papers to take the free buses!
Of course controlled did not approach other people standing at the bus stop, waiting, nor any of the other non French but white people who commented the situation.
Old school racisms hits back once again. You are a group of 5, 6 white people waiting to take the bus at any given bus stop? No problem.
You are 5, 6 non-white people, perhaps taking the bus at a stop near where you live in an industrial area, a stone’s throw from a residential area. You may have nothing in common with the other people, one of you trying to get to the hospital, the other to the city centre, you speak different languages: you are a group of “migrants”. The bus will not stop for you.

 

More recently, a video circulating on social networks outraged more than one person. In the video, two people of colour are seen in a bus, forcibly removed from the bus by police officers.
In an article on this subject, the director of Calais Opale Bus, Daniel Roussel, has the merit of being clear and honest about the way things are going: “For the moment, we avoid taking migrants”.
It should be noted that the president of the SITAC is Philippe Mignonet, accessorily deputy mayor of Calais now, during the Republican period under Mayor Mme Bouchart. And that this specific episode is one of the many results, more or less spectacular, of the apartheid policy carried out by the municipality for years.

Similar episodes of racial profiling and discrimination have taken part at different times and in different context in Calais, sometimes being as official as asking for ID to go to the swimming pool , sometimes as informal practices taking place to deter people coming to Calais at all or to stay there.

Even if Calais has never been a top tourist destination except for the now largely defunct duty free trade, it seems that Calais business seem ready to blame migrants for the loss of trade but that trade is in fact as much being affected by the towns now widespread refusal to welcome migrants into their stores and bars. Businesses are being affected by the loss of spending power,nothing really do to do with migrants . Maybe potential tourists don’t want to stop off in a town now associated with the excessive police violence, and general meanness towards refugees as well as more or less excluding them from the town . Not excluding the fact that the fascist groups that attacks migrants are widely known about not just in Calais . As Calais is quickly gaining a reputation of being associated with the far right and a new kind of apartheid.

So migrants are blamed that passing trade in the town is said to have reduced, as well as being largely excluded from the town and confined in industrial areas at the outskirt of the city with a whole lots of association-provided parallel services than those available to citizens. And dare they not, claim their right to the city, to go to the Supermarket or take the bus! Newly arrived and want to have lunch, or access to shower? The message is clear: off to the jungles, you must go. Possibly by being invisble along the way, and walk.

bp00

Depuis février 2020, deux mois à peine après que les transports publics soient devenus gratuits dans la ville de Calais, des rapports ont commencé à arriver sur le fait que certains arrêts de bus étaient ignorés alors que des personnes se tenaient debout devant le panneau, faisant signe au conducteur.

Comme les personnes elles-mêmes l’ont rapporté, ainsi que les passagers déjà dans le bus, les individus se présentant comme “non blancs”, étaient considérés comme “non français” et donc ignoré·e·s par certain·e·s chauffeur·e·s de bus et ne pouvaient donc pas prendre le bus ou ont devaient attendre pendant des heures aux arrêts.

Un autre passager français a déclaré avoir remarqué plus d’une fois que lorsque seuls des migrant·e·s attendaient aux arrêts de bus, le chauffeur n’ouvrait que les portes arrière, permettant ainsi une nouvelle forme d’appartheid (les noirs à l’arrière, les blancs dans le reste du bus). Interrogé, il a répondu que c’était “pour des raisons de sécurité”, et parce que les autres passagers voulaient juste faire un tour tranquille.
Malheureusement, cela ne nous surprend pas.

Lorsque l’épidémie de Covid19 a éclaté, de nouvelles règles ont été imposées à ceux qui prennent les transports publics, comme des horaires différents, l’utilisation obligatoire de masques et le fait qu’un siège sur deux doit rester vide.
Cependant, comme on l’a vu ailleurs en France avec l’augmentation des abus de pouvoir de la police dans le contrôle des papiers et des “attestations” nécessaires pour se déplacer, cela signifiait aussi plus d’excuses pour les compagnies de bus pour dissimuler les discriminations dans l’accès aux transports publics.
Et cela ne s’est pas terminé avec la fin du confinement et des restrictions.
Des amis rapportent qu’on leur a demandé des papiers d’identité français, alors qu’ils s’approchaient d’un des arrêts de bus centraux, seuls, munis d’un masque facial et gardant leurs distances, et qu’on leur a refusé de monter dans le bus car ils n’étaient pas en mesure de leur fournir.
Attention aux touristes : vous avez besoin de papiers français pour prendre les bus gratuits !
Bien évidemment, les contrôleurs-euses n’ont pas approché les autres personnes attendant à l’arrêt de bus, ni les autres personnes non françaises mais blanches qui ont assisté·e·s à la scène.

Le racisme de la vieille école revient à la charge. Vous êtes un groupe de 5, 6 personnes blanches qui attendent le bus à un arrêt donné? Pas de problème.
Vous êtes 5, 6 personnes non blanches, qui prennent peut-être le bus à un arrêt proche de votre lieu de vie dans une zone industrielle à deux pas d’un quartier résidentiel. Vous n’avez peut-être rien en commun avec les autres personnes, l’une cherchant à se rendre à l’hôpital, l’autre vers le centre-ville, vous parlez des langues différentes : vous êtes un groupe de “migrants”. Le bus ne s’arrêtera pas pour vous.

Plus récemment, une vidéo circulant sur les réseaux sociaux a révolté plus d’une personne. Dans le vidéo on peut observer deux personnes de couleur, dans un bus, enlevées de force dudit bus par des policiers.
Dans un article à ce sujet, le directeur de Calais Opale Bus, Daniel Roussel, a le mérite d’être clair et honnête sur la façon dont les choses se passent : “ Pour l’instant, on évite de prendre les migrants
Il est à noter que le président de la SITAC est Philippe Mignonet, accessoirement adjoint au maire de Calais à l’époque républicaine sous la Maire Mme Bouchart. Et que cet épisode spécifique est l’un des nombreux résultats, plus ou moins spectaculaires, de la politique d’apartheid menée par la municipalité depuis des années.

Des épisodes similaires de profilage racial et de discrimination ont eu lieu à différents moments et dans différents contextes à Calais, parfois de manière aussi officielle que demander une carte d’identité pour aller à la piscine,   parfois de manière informelle, pour dissuader les gens de venir à Calais ou d’y rester.

Même si Calais n’a jamais été une destination touristique de premier plan, à l’exception  du commerce duty-free (détaxé) aujourd’hui en déclin, les entreprises calaisiennes sont souvent enclines à blâmer les migrants pour la perte de leur commerce. Mais ce commerce est en fait tout autant affecté par le refus désormais généralisé des villes d’accueillir les migrants dans leurs magasins et leurs bars. Les entreprises sont touchées par la perte du pouvoir d’achat, qui n’a rien à voir avec les migrant·e·s.

Les touristes potentiels ne
veulent peut-être pas s’arrêter dans une ville désormais associée
à la violence policière excessive, à la méchanceté générale
envers les réfugiés et à leur exclusion plus ou moins grande de la
ville. Ce qui n’exclut pas le fait que les groupes fascistes qui s’en
prennent aux migrants ne sont pas seulement connus à Calais.
En effet, Calais a rapidement eu la réputation d’être associée à l’extrême droite et avec un nouveau type d’apartheid .

On reproche don aux migrant·e·s de réduire le commerce de passage à Calais,  alors que ielles sont largement exclu·e·s de la ville et confiné·e·s dans des zones industrielles en périphérie de la ville, avec tout un tas de services associatifs parallèles à ceux offerts aux citoyen·ne·s. Et ils osent en plus revendiquer leur droit à la ville, à aller au Supermarché ou à prendre le bus !
Vous venez d’arriver et vous voulez déjeuner, ou avoir accès à une douche ? Le message est clair : c’est dans la jungle qu’il faut que tu aille. Et si possible, en étant invisible sur le chemin, et à pieds.