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Fight in the Calais “jungle”//Affrontement à la « jungle » de Calais

On the afternoon of Thursday, May 26, a fight broke out in the distribution line in the Jules Ferry Center, between a few individuals. Over the next hours, it escalated and spilled out over a large part of the “jungle.” As a result of the fight over 50 people were taken by ambulance to the hospitals of Calais, Dunkurque, Lille, and Boulogne-sur-Mer. Houses (mostly of people who had been forced to move during the evictions of the southern part of the jungle) were set on fire and burned down.

While the immediate cause for the fight is an individual dispute, the underlying causes for the scale of the fight are evident. There is a visible situation of competition to which people are driven through scarcity – many new people are coming to Calais, but simultaneously humanitarian aids has fallen to a low. Furthermore, after the evictions of the south part of the jungle, people have been driven to live in more dense conditions. As anywhere, less space but more people, who frequently have different aims and modes of living, fuels tension.

None of these basics could have escaped the French government, who exercised their racist policy of segregating all migrants in the container camp, Jules Ferry, and the temporarily tolerated space of the jungle (as evidenced by evictions of all squats and jungles in the city and the immediate violent evictions of attempted spaces to welcome migrants in the city).

As the fight and destruction of shelters began, the police did not step in to de-escalate it. In plain sight, police  stood on the roofs of containers in the gated camp, passively watching and even openly laughing. Furthermore, a group of migrants who had ran to the police to shelter them from the fighting were refused protection, pushed back into the violence, and even told “Go fight!”

It took over an hour of fighting for a substantial number of CRS and Gendarmerie vans to arrive and for police to begin shooting large amounts of tear gas first at one then another side of the fighting. Many fire engines stood outside the jungle, doing nothing for some time as houses burned. A large number of police did arrive to escort Fabienne Buccio, the Prefect of Pas-de-Calais, to make a few comments for the camera, as the fight continued.

Those injured and taken to the Calais hospital were given only the most basic treatment (e.g. given stitches without anaesthetics or given even basic (over-the-counter) pain medication) before being promptly told to leave (some unable to walk) only to seek further medical attention from medics present in the jungle. Racialised treatment like this prevented many injured as a result of the fight to seek medical care from the hospital (and dissuades many migrants from accessing health services).

After the fight and the fires, many people have been left with only the clothes they had on them. However, there has been a marked absence of some organizations in the jungle, as they have stated “until the situation is under control” and they have met with the police to discuss bringing in building materials. This fight and another fight in March (during which CRS purposefully gassed those helping load injured people into ambulances) have drawn public attention to violence in Calais. However, this dramatic violence pales in comparison to the numbers of people brutally injured by the police on a daily basis, by injuries sustained by trying to cross the border.

In all of this, it’s important to keep in mind that people trapped in the jungle do not want to be forced to live in a ghetto created by the French state or to have  distribution lines. A more harmonious jungle is not the solution. Better distributions  are not a solution. People want the same basic dignities that people with papers take for granted: to have access to decent healthcare, to have basic protections, but most importantly to have freedom of movement.

Open the border! Solidarity to those trapped in Calais!

FR:

Dans l’après-midi du mardi 26 mai, une bagarre a éclaté dans une ligne de distribution du centre Jules Ferry entre quelques individus. Dans les heures qui ont suivi, la bagarre a escaladé et s’est propagé à une grande part de la « jungle ». Au final, plus de 50 personnes ont été transporté par amulance dans les hôpitaux de Calais, Dunkerque, Lille et Boulogne-sur-mer. Des maisons ont été mises en feu et brûlées (principalement de personnes qui avaient été forcées à bouger dans la zone Sud pendant les expulsions).

Bien que la raison première de cet incident soit une dispute individuelle, les causes sous-jacentes de l’ampleur de l’affrontement sont évidentes. La grande précarité mène les gens à une situation de compétition bien visible, en même temps que de nombreuses nouvelles personnes arrivent à Calais, l’aide humanitaire a considérablement réduit. Au-delà de ça, après les expulsions de la partie Sud de la « jungle », ses habitant-e-s ont été forcés à vivre des des conditions très denses. Ainsi, moins d’espace mais plus de gens, avec différents modes de vies et objectifs, mène à plus de tension.

Rien de tout ça n’a pu échapper au gouvernement, qui a exercé sa politique raciste de ségrégation de tous les migrants, dans le camp de container, le centre Jules Ferry ou encore l’espace temporairement toléré qu’est la « jungle » (ouverts suite aux expulsions violentes de tous les lieux, squats et jungles où les migrants étaient les bienvenus en ville).

Alors que l’affrontement massif et la destruction des abris commencait, la police ne faisait rien pour apaiser la situation. Avec une visibilité totale, les flics sont restés sur les toits des containers dans le camp grillagé, observant passivement et même rigolant ouvertement. Un groupe de migrants qui a couru vers la police pour se protéger des combats s’est vu refuser toute protection, repoussés vers les violences sous les injonctions « Go fight ! ».

Ça aura pris plus d’une heure pour qu’un nombre substantiel de compagnies de CRS et de gendarmerie arrive et commence à tirer des gaz lacrymogènes d’un côté et de l’autre des affrontements. Beaucoup de camions de pompiers se tenaient à l’extérieur de la « jungle », immobiles pendant que les maisons brûlaient. Un grand nombre de flics est bien arrivé pour escorter la préfète, Fabienne Buccio, qui a fait quelques commentaires pendant que les affrontements continuaient.

Ceux blessés et emmenés à l’hôpital de Calais n’ont reçu que les soins les plus basiques (points de suture sans anesthésie ou même antidouleurs…) avant d’être rapidement invités à partir, même pour certains n’étant pas en l’état de marcher, pour aller quémander un suivi médical aux équipes médics de la « jungle ». Ce traitement racialisé a empêché de nombreux-ses blessé-es d’accéder aux soins médicaux de l’hôpital et en aura dissuadé beaucoup.

Après l’affrontement et les feux, de nombreuses personnes n’avaient plus rien d’autre que les habits qu’ils portaient sur eux. On a pu noter l’absence de nombreuses organisations, annoncées comme « jusqu’à ce que la situation soit sous contrôle » mais surtout leur négociation avec la police pour ramener ou non des matériaux de construction (qu’il est maintenant interdit de faire entrer sur le camp). Cet affrontement, comme celui de mars dernier (où les CRS ont volontairement gazé ceux qui aidaient les blessés à monter dans les ambulances) a attiré l’attention sur la violence à Calais. Cependant, ces incidents dramatiques s’effacent en comparaison au nombre de personnes blessées par la police quotidiennement ou blessées durant leur tentative de passage de la frontière.

Dans tout cela, il est important de garder à l’esprit que les personnes qui habitent dans la « jungle » y sont bel et bien piégées et n’aspirent pas à vivre dans un ghetto créé par l’État français et de faire la queue dans des lignes de distribution. Une jungle harmonieuse n’est pas une solution. De meilleures distributions n’est pas une solution. Ces personnes ne veulent qu’accéder aux bases de la dignité qui est acquise pour toute personne ayant des papiers : avoir accès à des soins médicaux décents, avoir certaines protections basiques mais surtout pouvoir circuler librement.

Ouvrez la frontière ! Solidarité avec tou-tes cell-eux piégé-es à Calais !

 

 

7 mai : jour de solidarité avec les personnes en rétention et manifestation // 7th may: day of solidarity with people in detention & manifestation

(read english below)

poster

https://shutdowndetentioncentres.wordpress.com

Rassemblement devant le centre de rétention de Coquelles, en face de la Cité Europe
Samedi 7 mai à 13h30

Le 7 mai s’inscrit dans une campagne transnationale plus large pour fermer les centres de rétention et mettre un terme aux politiques d’immigration abusives et violentes qui enferment des gens simplement parce qu’ils ont choisi ou été forcés de migrer.

Il y a déjà une longue histoire de luttes menées par les peuples enfermés dans des camps en France. Ces dernières années ont vu apparaître un fabuleux développement des mouvements de contestation à l’intérieur et à l’extérieur des centres de rétention. Le samedi 7 mai, plusieurs manifestations se tiendront simultanément en Europe (dans tout le Royaume-Uni, à Calais, à Idomeni, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Belgique, en Islande et dans encore bien d’autres pays) pour protester contre l’existence des centres de rétention administrative et montrer notre solidarité avec les 600 000 adultes et enfants retenu-e-s chaque année pour contrôler les migrations et ceci contre leur volonté.

A Calais, des personnes sont emprisonnées de façon quotidienne. La répression aux frontières se traduit par des arrestations racistes dans les rues de la ville, par la brutalité policière dans l’isolement des cellules et enfin elle se solde par des expulsions manu militari vers des pays en guerre. Quand le fait de migrer est criminalisé, les prisons sont centrales dans le processus de répression aux frontières.

Au centre de rétention de Coquelles, les flics ont enfermé des personnes arrêtées dans le centre-ville de Calais, au niveau du port ou du tunnel. Elles-ils ont été arraché-e-s des rues alors qu’elles-ils marchaient vers la jungle ou simplement pendant qu’ils mangeaient des frites. Certain-e-s sont relâché-e-s après de lourdes intimidations et violences en prison, d’autres sont enfermé-e-s plus longtemps puis finissent par être expulsé-e-s.

Beaucoup de personnes déjà traumatisées par la guerre et les persécutions le sont alors encore plus, on observe un grand nombre de dépressions et des tentatives de suicide. Les personnes sont retenues sans un accès adapté à un soutien légal, sans services de traduction ou de soins médicaux (dans certains pays comme le Royaume-Uni, il n’y a même pas de limite de temps).

L’incarcération fait partie intégrante de la stratégie plus large de l’État pour épuiser les migrants par une violence continue, et pour détruire les réseaux de soutien autonomes en séparant les migrants de leurs amis, camarades et proches.

Nous rappelons que les migrant-e-s sont des personnes fuyant des conditions d’existence désastreuses ou cherchant simplement à vivre une autre vie. Nous rappelons qu’au 19ème siècle des millions d’européen-ne-s ont immigré aux quatre coins du monde, fuyant la misère du « vieux continent ». Nous rappelons que la richesse économique des pays occidentaux est aussi fondée sur le pillage et l’exploitation des ressources et des populations dont sont originaires les exilé-e-s. Les lieux d’enfermement font partie du business sécuritaire financé par l’Europe et soutenu par des entreprises nationales/multinationales qui en tirent un profit faramineux.

Nous protestons en solidarité avec tou-te-s les détenu-e-s de Coquelles ou de toute autre prison.

Fermons les prisons ! Ouvrons les frontières !

Amenez des banderoles, des casseroles, des poêles, des mégaphones et autant d’objets susceptibles de faire autant de bruit que possible, sans oublier vos ami-e-s !

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7th MAY: DAY OF SOLIDARITY WITH PEOPLE IN DETENTION & PROTEST AGAINST DETENTION CENTRES

Manifestation in front of the Detention Center Coquelles
Saturday, 7th may, 13h30

May 7th is part of a wider transnational campaign to shut down detention centres and end the inherently abusive and violent system of immigration detention that detains and imprisons people simply because they have chosen or been forced to migrate.

There is a long history of struggle by people forced into these prisons and facing deportation. The last few years have seen a tremendous rise in protests inside and outside detention centres. On Saturday May 7th, simultaneous demonstrations will be held all around Europe (all over the UK, Calais, Idomeni, the Netherlands, Germany, Belgium and Iceland) to protest against the existence of immigration detention centres and show solidarity with the more then 600’000 adults and children that are detained in Europe every year for migration control purposes against their will.

In Calais, people are imprisoned on a routine basis. Border repression means racist arrests on the city streets, it means police brutality in the isolation of your cell, it means deportation back to situations of war. When migration is made a crime, prisons are central to the repression of the border.

In Coquelles detention centre, cops have locked up people taken from the centre of Calais, the port or the tunnel. They’ve been snatched from the streets while walking to the jungle or just eating fries. Some are released after a dose of prison intimidation, others are kept for longer and ultimately have been deported.

Many people already traumatised by war and persecution are traumatised further, there are high rates of depression, many attempted suicides and deaths. People are held without adequate access to legal support, translation or health care (in some countries like the UK without a time limit).

Incarceration is part of the state’s broader strategy of wearing down exiles through continual violence and destroying autonomous support networks by tearing them apart from their friends, comrades and loved ones.

We remind that in the 19th century millions of Europeans have immigrated in all directions, fleeing from the misery on the « old continent » We remind that the wealth of occidental countries is also based on the plundering and the exploitation of the resources and populations of the regions where the the detained people come from. The CRAs are part of the security industry financed by the European Union and supported by national and multnational companies that make massive profits from it.

We stand in solidarity with all detained in Coquelles or any other prison. Let us break down isolation and the walls of the border regime’s prisons!

Close Prisons! Open Borders!

Bring banners, pots, pans, megaphones and as much noise as you can (and your friends).

Evictions in the region

After the violent evictions of the southern half of the jungle (see also here and here), many people were forced to relocate their houses to the northern half of the jungle – creating more tensions in a now more densely populated area. Many people were forced to leave Calais, losing support networks – sometimes to other places in the region.

Many people are asking about the plans for a possible eviction of the northern half of the jungle; no definitive plans have been announced, leaving people waiting, in a precarious living situation. A squat opened in Calais to provide dignified housing and a space for migrants in the city was violently evicted and people were arrested; the 8 individuals on trial have won in court.

In the meantime, the government is continuing to evict people in the Nord-Pas-de-Calais region. On April 1, after an urgent verdict, the government evicted an encampment in Dieppe. On March 25, a judge ruled in favour of an eviction of a small camp near Bethune; the people living there have been served eviction papers and are waiting.

On April 6, a smaller jungle, near the motorway leading to the Tunnel, was torn down, after several eviction attempts. It served as a home for some and a resting place for those being gassed  when trying to cross the border. The police threatened the jungle several times -spraying pepper spray into homes, cutting shelters with knives, telling people the words many have come to know well in Calais: Go jungle! The small jungle existed autonomously, its residents having taken a strong stand against the forced coralling of everyone into the large jungle near Jules Ferry Day Center.

The evictions of the smaller jungles shows the stance of intolerance the French government has taken on autonomous housing – the existence, for years, of the smaller encampments shows the commitment to autonomy.

FR/

14 Avril 2016

Expulsions dans la region

Après l’expulsion violente le la partie Sud de la jungle (voir aussi ici et ici), plein de personnes ont été obligées de réinstaller leurs maisons dans la partie Nord de la jungle – ce qui à créé plus de tensions dans une zone maintenant plus densément peuplée. Plein de personnes ont été forcées de quitter Calais, parfois pour d’autres endroits dans la région, perdant leurs réseaux de soutien.

Beaucoup de personnes demandent d’en savoir plus sur les projets de destruction de la moité Nord de la jungle ; aucun plan définitif n’a été annoncé, ce qui laisse ces personnes dans l’attente, dans une situation précaire. Un squat ouvert à Calais pour fournir un logement décent et un espace dans la ville pour les migrants a été violemment expulsé et des personnes ont été arrêtées ; les 8 individus poursuivis ont gagné au tribunal.

En attendant le gouvernement continue d’expulser des personnes dans la région Nord-Pas-de-Calais. Le premier Avril, après un verdict donné dans l’urgence, le gouvernement à expulsé un campement à Dieppe. Le 25 Mars un juge à statué en faveur de l’expulsion d’un petit camp près de Béthune ; les personnes qui y habitent ont reçu les documents de notification et sont depuis dans l’attente.

Le 6 Avril, une plus petite jungle, proche de l’autoroute qui mène au Tunnel, a été démoli, après plusieures tentatives d’expulsion. Elle faisait office de logement pour certains et aussi de lieu de repos pour les personnes qui avaient été gazées en essayant de traverser la frontière. La police avait menacé cette jungle plusieures fois, gazant l’intérieur des maisons avec de la lacrymogène, tranchant des abris avec des couteaux, disant aux personnes les mots que beaucoup ont appris à connaître à Calais : « Allez à la jungle! » La petite jungle existait de manière autonome, ses résidents ayant pris position fortement contre l’emparquement forcé de tous dans la grande jungle près du Centre de Jour Jules Ferry.

Les expulsions des jungles plus petites montrent la posture d’intolérence que le gouvernement français a pris contre le logement autonome – l’existence, à travers les années, de plus petits camps montre la détermination pour l’autonomie.

 

 

A Political Victory/ Une Victoire Politique

(ENG)

On Friday,  when the judge at Boulogne-sur-mer announced, three times that the trial of 8 friends was irregular the court room erupted into applause and cheering. Waiting outside were a brace of Police de l’Air et des Frontières (PAF) waiting to take 5 of them (the foreigners) to detention after they had been served with Obligation de Quitter la Territoire Français (OQTF). But these had already escaped and were not present to appreciate the announcement of their victory.

The judges had decided that there were too many irregularities and that the authorities had not followed procedure when arresting and detaining the 8 people on the roof of an abandoned building in the centre of Calais on Sunday the 27th April.

This decision marks a political victory for our movement at a time when authorities using the state of emergency arogantly permit themselves to use all means of violence and coersion to impose their rascist politics on people in Calais and the Jungle.

In defiance of the `zero-tolerance of squats` in this city, imposed by the mayor, Natasha Bouchart, the prefecture and co, The Collective ‘Salut o Toi’ opened a building on the weekend of 26-27April. Banners hung on the facade of the building read ‘Une toit pour tous.’ and ‘Amitié entre les Peuples‘ while supporters of the action on the outside handed out pamphlets to the passers by while others filmed the police.

This action was meant to provoke a reaction from the `authorities`, according to Phillipe Mignonet ‘Natascha Bouchart had contacted Bernard Cazeneuve’ the minister of the interior after which the order to evacuate the squat was given, without any respect of any legal procedure. CRS, lots of them, made a cordon around the building whilst other police types armed with a battering ram tried to batter down the door. After failing to budge the bomb proof barricades they smashed a window at street level to enter the building and gain access to the roof where 8 people had gathered and were subsequently violently arrested.

They were put on garde à vue (GAV) which was extended to 48hours after political pressure from ‘high up’ to have a comparution immédiate (fast trial) when the prosecuter initially had indicated that there was no need to extend the GAV nor to have a comparution immediate. This put into question the independance of the judicial authority, indeed”the prosecutors department doesn’t comply the exigence of independance towards the executive power” as frequently repeated by the European Court of Human Rights.

During the initial 24hours of GAV the people were not informed of their rights ; to an interpreter, to see a lawyer, to see a doctor or to contact someone they are close to, neither had they been explicitly asked to give their photos, fingerprints and DNA.

Initially the activists were charged with violation de domicile (violating a domicile) which was soon dropped when it was realised that the building was abandoned, and dégradation en réunion (degradation in a group) but soon these charges were changed to degradation en reunion and refusal to submit to giving their DNA, fingerprints and photos.

At the end of the GAV the people were taken to see the Judge of Liberty and Detention (JLD) to see if they were to be freed or not, by this time the friends, by the counsel of their lawyers, had given their identities. Five foreigners and three French nationals went before the JLD, but only the French were released the other five were taken to detention to garantee their presence at the trial which was to be held the next day, Wednesday 30 March.

Wednesday saw the next installment of this masquerade of justice when three from the five people who had been detained in prison could not be transported from prison to court because of a lack of staff and organisation.

Instead, after a long wait, an audience was organised in a small room with five present and in person to stand trial while a video conference link to the prison where the other three were, was set up. From the begining the lawyers for our team manifested their shock at the massive presence of police, some with automatic weapons in the small room. The three who were not present stated that they wanted to stand trial that day and to be present in person in front of the court and it was the incompetence of the state that they could not be. This resulted in the demand for their immediate release from prison and the trial being postponed until Friday 1 April. The judge, dismayed by the absurdity of the situation, granted their release after the lawyers heavily insisted for a reconsideration of their detention. By the end of the night everyone was free.

Friday 1 April, the court aknowledged the many irregularities in the way the police had conducted themselves during the arrest and the GAV.

To put this victory into context, the month of March has seen the destruction of the south part of the Jungle, the homes of over two thousand people : children, women, men and families were smashed to the ground and thrown away into skips by workers and diggers protected by hundreds of CRS for three weeks until all that is left is a wasteland. This has been an act of terrorism, by a state that decries terrorism in the media, whereas the voiceless have to sew their mouthes together and starve themselves in order to be heard, as nine people did for 24 days, 2 March – 26 March.

This action is a way to shine a light on the systematic destruction of homes and the segregation that exists in Calais to denounce the injustices of this racist, fascist political system.

 

(FR)

Vendredi, quand la juge de Boulogne-sur-Mer a annoncée, en répétant trois fois, que le procès de 8 amis était irrégulier, cris de joie e applaudissements ont retentis dans la salle d’audience. Dehors un cordon de la Police de l’Air et des Frontières (PAF) attendait pour embarquer cinq d’entre eux qui avaient reçu une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF), mais celles-ci s’étaient déjà enfuies et elles n’étaient donc pas présentes pour apprécier l’annonce de leur victoire.

Les juges ont décidé qu’il y avait trop d’irrégularités et que les autorités n’avaient pas suivi les procédures pour l’arrestation et la détention de 8 personnes présentes sur le toit d’un immeuble abandonné du centre ville de Calais le dimanche 27 Avril.

Cette nouvelle marque une victoire politique pour notre mouvement à un moment où les autorités se servent de l’état d’urgence pour se permettre avec arrogance de se servir de tous les moyens de violence et de coercition pour imposer leur politique raciste à Calais et à la Jungle.

En défiant la « tolérence zero pour les squats » dans cette ville, imposée par la maire Natasha Bouchard, le collectif « Salut o Toi » a ouvert un immeuble le weekend du 26-27 avril. Des banderolles accrochées sur la facades disaient « Un toit pour tous » et « Amitié entre les Peuples », alors que des soutiens à l’action restés dehors distribuaient des tracts aux passants pendant que d’autres filmaient la police.

Cette action visait à provoquer une réaction des « autorités », et selon Phillipe Mignonet « Natasha Bouchart a contacté Bernard Cazeneuve », le ministre de l’intérieur, après quoi l’ordre d’évacuer le squat a été donné, sans même contacter le propriétaire. Des CRS en nombre ont fait un cordon autour du bâtiment pendant que d’autres types de police s’acharnaient sur la porte armés d’un bélier. Après avoir echoué à bouger les barricardes ils ont défoncé une fenêtre au niveau de la rue pour entrer dans le batiment et prendre accès au toit où 8 personnes étaient réunies, et se sont faites violemment interpellées.

Leur garde à vue a été prolongée à 48 heures suite à des pression émanant “d’en haut”, en effet le parquet n’avait initialement pas prévu la prolongation de la garde à vue ni la comparution immédiate. Cela questionne sérieusement sur l’indépendance de l’autorité judiciaire, en effet “en France, le parquet ne rempli pas l’exigence d’indépendance par rapport au pouvoir exécutif” comme fréquemment répété par la Cour Européenne des Droits de l’Homme.

Pendant les premières 24 heures de garde à vue les personnes n’ont pas été informées de leurs droits, elles n’ont pas pu voir d’interprète, ni d’avocat, ni de docteur ni n’ont pu contacter aucun proche, ils ne se sont pas vu explicitement demandés non plus de donner leur photo, empruntes et ADN.

Initialement les activistes ont été poursuivi pour violation de domicile, charge qui n’a pas été retenue puisqu’il a été rapidment constaté que le batiment était abandonné, et dégradation en réunion. Les poursuites finales seront : dégradation en réunion et refus de se soumettre au prélèvement ADN, d’empreintes digitales et de photos.

A la fin de la garde à vue les personnes ont été présentées devant le Juge des Libertés et de la Détention (JLD) qui devait statuer sur une éventuelle détention jusqu’au procès, à partir de ce moment les ami-es, avisés par leur avocate, avaient donné leurs identités. Cinq étranger-ères et trois français-es ont comparu devant le JLD, mais seul-es les français-es ont été relaché-es, les cinq autres ont été ammenés en détention dans l’attente du procès qui aurait lieu le jour suivant, Mercredi 30 Mars.

Mercredi la masquarade judiciaire est arrivée à son sumum lorsque trois personnes qui étaient en prison pour garantir leur présence au procès n’ont pas pu être transportées de la prison au tribunal pour cause d’un manque de personnel et d’organisation. Après une longue attente, une audience en visio-conférence avec la prison a finalement été organisée dans une petite salle.

Dès le début nos avocat-e-s ont manifesté leur aberation devant la présence massive de policiers, dont certaines avec des armes automatiques et  l’incompétence et l’abusrdité du système judiciaire. En effet les trois qui n’étaient pas présentes en personne ont déclaré vouloir être jugées en ce jour mais ont refusés, confomément à leurs droits d’être jugées par visio-conférence. Les avocats ont alors plaidé pour leur libération jusqu’au procès reporté au vendredi 1er avril. Les juges, affligés par le ridicule de la situation avaient demandé le maintien en détention avant d’ordonner leur remise en liberté après que les avocats aient lourdement insistés pour leur libération. Les cinq détenus ont été libérés dans la nuit.

Vendredi 1 Avril, le tribunal a reconnu les nombreuses irregularités dans la procédure de l’arrestation à la garde à vue.

Cette victoire se place dans le contexte de la destruction de toute la partie sud de la Jungle, des maisons de plus de deux mille personnes, enfants, femmes, hommes et familles qui ont été détruites et balancées en lambeaux par des travailleurs et des buldozers. Ces derniers ont été protégés par des centaines de CRS pendant trois semaines, jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’un terrain vague. Cette expulsion dite “humanitaire” est un acte de terrorisme perpétré par un Etat qui prétend combattre le terrorisme.

Cette action, en cette fin de la trêve hivernale a été une manière de mettre en lumière la destruction systématique des abris et la ségrégation qui existe à Calais, et de dénoncer les injustices de ce système politique raciste et fasciste.

Le collectif ‘Salut O Toit’ a choisi un ancien refuge pour personnes sans abris qui  est vide depuis plusieurs années, en rendant à cet espace sa fonction originelle, nous pointons du doigt l’échec des gouvernement quant à l’hébergement de personnes sans abris à Calais, et tentons de montrer que lorsque les personnes sans abris et ceux qui les soutiennent travaillent ensemble, nous parvenons à créer des initiatives réellement inspirantes.

 

Death In Calais/ Mort à Calais

This morning, Thursday 31st March, a 22 year old man from Afghanistan was killed after being hit by a truck on the A16.

On Tuesday 29th March, an underage person from Syria was seriously injured after being run over by a truck in the port. He is still in the resuscitation unit, it is still unclear whether he will survive.

 

This border kills.


 

Ce Jeudi 31 mars au matin ;un Afghan de 21 ans est décédé après avoir était écrasé par un camion sur l’A16.

Mardi 29 mars ,un mineur syrien à été grièvement blessé après avoir couru près d’un camion vers le port.Il est encore en service de réanimation ,on ne sait toujours pas si il survivra,leur pronostique vital est engagé.

Les frontières tuent.

 

 

Traffic Gas

Yesterday, around 5 PM, a group of migrants from the jungle managed to
cross the fence towards the port of Calais. The French riot police tried
to stop them using tear gas. The police kept shooting tear gas grenades
against the migrants who tried to reach the fence which protects the
road leading to the port. Soon, the police started shooting at a longer
range, hitting indiscriminately the people in the streets of the jungle.
One person was wounded, probably because he was hit by one of the grenades.

The shooting kept going until well past 6 PM.

There were again traffic jams this morning and this afternoon in the jungle. Once again the police arrived with excessive force, using gas and the water-cannon.


Hier, autour de 17h, un groupe de migrants partis de la jungle ont
réussi à franchir le grillage en direction du port de Calais. Les CRS
ont essayé de les stopper en utilisant des grenades lacrymogènes. Les
policiers ont continué à lancer des lacrymogènes sur les migrants qui
cherchaient à atteindre le grillage qui protège la route qui conduit au
port. Peu après, les CRS ont commencé à lancer à plus grande distance,
en frappant sans distinction dans les rues de la jungle. Une personne a
été blessée, probablement touchée par l’une des grenades.

Le lancement a continué jusqu’à après 18h.

Il y as eu de nouveau des bouchons ce matin et cette après-midi près de la jungle. De nouveau la police est arrivée en faisant un usage excessif de la force en usant du gaz et le canon à eau.

 

Update on trial and call for solidarity/ Mise à jour sur le procès et appel à solidarité

An update on the court case of the 8 friends arrested for squatting an empty homeless shelter in Calais.

Today, the trial scheduled to take place  at the court in Boulogne-sur-Mer was postponed until Friday, April 1. All 8 had accepted to be tried today,  under the comparution immediate (fast track procedure).

Yesterday, after spending 48 hours in police custody, 3 friends were released until the trial and 5 kept in preventive detention to ensure that they would come to court. However, 3 of those in prison were not able to be transported to appear in person before the court. This was due to an apparent lack of organisation of transport from the prison to the court.

The three friends and their lawyers refused to be put on trial via video-conference, demanding to be present in court for their trial, alongside the other 5 friends. Their lawyers openly denounced the ‘inhumane and indecent’ justice of the 21st century and the conditions of the trial -there were more cops than comrades.

Following the decision to delay the trial, the public prosecutor demanded that the three friends remain in prison until the day of trial, Friday 1st April. The lawyers refuted the demand of the public prosecutor, a demand which was completely absurd and disproportional in terms of the allegations against the three friends. They finally managed to obtain a release permit under ‘legal supervision’.

We call for support and solidarity for those on trial for trying to provide a home to those who have none.

Come to support outside of the court in Boulogne-sur-Mer at 14:00 Friday, April 1. Bring your friends, send messages of support, resist evictions and squat the lot!

To read :

https://passeursdhospitalites.wordpress.com/2016/03/31/squat-du-moulin-blanc-peripeties-dun-non-proces/

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[FR]

Mise à jour sur l’affaire des huit ami.e.s arrêtés pour l’ouverture d’un bâtiment vide pour les sans abris à Calais.

Aujourd’hui le procès en comparution immédiate au tribunal de Boulogne-sur-Mer a été reporté à vendredi 1er avril.

Hier, après 48h de garde à vue trois ami.e.s ont été libéré.es par le juge des libertés et de la détention (JLD) jusqu’au procés et cinq autres ont été mis.es en détention provisoire pour s’assurer qu’illes viendraient au tribunal aujourd’hui. Or aujourd’hui, jour du procés trois des camarades n’ont pas pu être transportées pour comparaître en personne devant le tribunal, faute de transport depuis la maison d’arrêt au tribunal. La visio-conférence qui leur avait été proposée a été refusée par les prévenu.es, ainsi que par les avocats outrés par les conditions dans lesquelles se tenaient le procès -il y avait notamment plus de flics que de soutien. Ils ont dénoncés unanimement “une justice du 21 ième siècle inhumaine et indécente.”

Suite à la décision du report du procès le procureur a requis le maintien des camarades en détention jusqu’à vendredi, détention jugée totalement absurde et disproportionnée au vu des faits reprochés par les avocats qui ont obtenus finalement une libération sous contrôle judiciaire au lieu de trois jours d’incarcération de plus.

Nous appelons au soutien et à la solidarité pour celleux qui vont être jugé.es pour avoir tenté d’ouvrir une maison pour celleux qui n’en ont pas. Venez à Boulogne-sur-Mer le vendredi 1er avril à 14h. Amenez vos amis, envoyer des messages de soutien, et de résistence.

Voir aussi :

https://passeursdhospitalites.wordpress.com/2016/03/31/squat-du-moulin-blanc-peripeties-dun-non-proces/