Evictions: Last 5 homes of refugees in Calais Ville destroyed, Apartheid alive and well in Calais

Video by Andrés Solla and Carmen Menendez
http://www.theguardian.com/world/video/2015/sep/22/french-police-use-teargas-on-refugees-in-calais-video?CMP=share_btn_fb

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At around 7.30am this morning the largest of the three camps in town, inhabited by up to 300 Syrians, was evicted in traditional Calais style. A large contingent of Gendarmes, Police Nationale and BAC (undercover police) woke people up, giving them very little time to gather their belongings, and told them to go to the Jungle, the former landfill site on the outskirts of the town that serves as the only place where migrants will be tolerated. The Syrians chanted “no Jungle, no Jungle!” and sat down. They also linked arms across a bridge. The police attacked and pepper sprayed them and they moved en masse in the only direction open to them: the jungle.

They were frogmarched the 2.5 miles to the Jungle with a convoy of Gendarmes behind them. One man pictured below wearing a suit and a tricolore sash, appeared to be calling the shots all day. For many of the Syrians, this was their first time at the camp and they were unsure what to do.

On arriving at the Jungle, the police turned their attention to the dozens of tents pitched by the new arrivals at the entrance and told people to move everything back to the Jungle. A crowd from the Jungle gathered in front of the police lines. Giving people almost no notice, the police started ripping up tents and pushing people back. Some woke up to the site of armoured police dismantling their shelters from around them. We helped people save what they could, but many personal possessions were lost in the police violence. At least 6 people lost their passports, some lost money, phones with vital contacts on, others photos or details of dead or missing family. There were attempts to negotiate for some people to be allowed through the police lines to save their passports, but they were met with the stony glares of the automatons in riot gear. Diggers and council workers appeared beyond police lines to destroy and load the tents and belongings onto trucks for the municipal dump (no doubt the site of the next jungle once the current one becomes completely uninhabitable). No-one was allowed to go anywhere for several hours. In the face of this overwhelming and ridiculous show of state force, people showed defiance with chanting, singing and dancing that echoed loud under the bridge. The diversity and vibrancy of the crowd contrasted starkly with the line of fascists in navy blue boiler suits brandishing guns, batons and shields.

We went to the dump soon after to try and retrieve some belongings but found everything in a giant rubbish compactor already mixed up other waste, and were unable to save anything.

We later learnt that the two other, smaller camps in town were also evicted today, meaning that there are no  known migrant camps in Calais other than the jungle. It is clear that the 20 hectares or so that increasingly resembles a swamp is the limits of what will be tolerated for migrants in Calais. Large National Front posters are currently plastered all around the town. What the government most despises here is that migrants show their faces in the town centre and in the tourist areas, which is why the Jungle exists at all.

 

Vers 8h ce matin (21 septembre 2015, ndlt), le plus grand des trois campement de la ville, habité par plus de 300 syriens, a été expulsé dans la plus grande tradition calaisienne (il s’agit en fait de deux campements très proches, ndlt). Un important bataillon de la gendarmerie, de la police nationale et de la BAC a réveillé les gens, en leur laissant très peu de temps pour récupérer leurs affaires, et leur a dit de rejoindre la Jungle, située sur l’ancien site d’enfouissement des déchets, à la périphérie de la ville, seul lieu où les migrant-es sont tolérés. Les syriens ont scandé « pas de jungle, aucune jungle » et se sont assis par terre. Ils ont également bloqué un pont. Les flics ont attaqué, les ont pulvérisé au lacrymogène et ils se sont alors déplacés en groupe, dans l’unique direction qu’ils pouvaient prendre, celle de la jungle.

Ils ont été emmenés de force jusqu’à la jungle, suivit de près par un convoi de gendarmes. Un homme accoutré d’un costard et d’une écharpe tricolore semblait mener la danse de ces expulsions toute la journée. Pour la plupart des syriens, c’était la première fois qu’ils venaient au camp et ils ne savaient pas quoi faire.


En arrivant à la jungle, les flics ont portés leur attention vers les dizaines de tentes dressées par les nouveaux arrivants devant l’entrée et ils ont dit aux gens de se déplacer à l’intérieur de la jungle. Une foule de gens s’est alors rassemblée devant les lignes de police. Sans crier garde, les flics ont commencé à repousser les gens et à déchirer les tentes. Nous avons aidé les gens à sauver leurs affaires mais beaucoup de biens personnels ont été perdus dans ce moment de violence policière. Au moins six personnes ont perdu leur passeport, d’autres ont perdu de l’argent, des téléphones avec des numéros importants, d’autres des photos ou des infos sur leurs proches morts ou disparus. Il y a eu des tentatives de négocier pour que certaines personnes soient autorisées à passer de l’autre côté de la ligne de police pour sauver leurs passeports, mais ils ont été confrontés au peu d’esprit des automates en tenue anti-émeute. Les pelleteuses et les employés municipaux sont apparus au-delà des lignes de police, détruisant les tentes et jetant toutes les affaires dans des camions bennes et direction la déchetterie municipale (sans doute le prochain site de la jungle quand celle-ci sera devenue inhabitable). Pendant plusieurs heures suivant cette opération, personne n’a été autorisé à aller où que ce soit en dehors de la jungle.

Face à cette démonstration de force écrasante et ridicule de l’État, les gens ont fait preuve de défi en chantant, criant des slogans et dansant, faisant un bruyant écho. La diversité et le dynamisme de la foule contrastait nettement avec la ligne de fascistes en costume bleu, brandissant flingues, matraques et boucliers.


Nous sommes allés à la décharge peu de temps après pour essayer de récupérer quelques affaires, mais nous n’avons rien trouvé d’autre qu’un tas de déchets dans un gros compacteur d’ordure et ils a été impossible de récupérer quoi que ce soit.

Nous avons appris plus tard que les deux autres campements du centre-ville ont également été expulsés aujourd’hui, ce qui signifie qu’il n’y a plus d’autre campement connu à calais que la jungle. Il est clair que désormais les 20 hectares qui ressemblent de plus en plus à un marais est l’unique lieu de vie des migrants qui sera toléré à Calais.
Ce que le gouvernement méprise le plus ici c’est que les migrant-es montrent leurs visages dans le centre-ville et dans les zones touristiques, voilà pourquoi la jungle existe.

 

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