Introduction to Calais / Introduction a Calais

At the time of writing (Spring 2011), there are just under 200 migrants in the town of Calais itself, with many more communities scattered across the coastline of northern France. These migrants are asylum seekers and others in search of an existence that is more than mere survival. They are from places as diverse as Afghanistan, Iran, Vietnam, Kurdistan, Palestine, Iraq, Somalia, Egypt, Sudan, Eritrea and Ethiopia, with the East African communities the larger at present.

People live in disused buildings, or squatted camps known as ‘jungles’ – from ‘dzhangal’, the Pashto word for forest. On this blog, you will see frequent reference to places such as Africa House, Palestine House, Hazara jungle, etc. These are the names given mainly by migrants themselves to the major squats in Calais inhabited by dozens of people.

UK immigration law makes it near impossible for the vast majority of non-nationals to enter the country, since you need a visa to do so, for which you need money and must satisfy a strict criteria. Unless you are already in the country on a visa, you cannot claim asylum from abroad. British law therefore necessitates illegal entry to the UK for almost all those who want to claim asylum. This forces migrants, most of whom have survived war or human rights violations – and many of whom are very young – to risk their lives making clandestine entries in or under the lorries that travel to the UK. People have died and countless others have been injured in this process.

Of course, this border is not the only place people are risking their lives in search of safety; all across Fortress Europe, and in particular, on its perimeter, thousands and thousands of people have died over the past 20 years in an attempt to attain just a measure of the safety and security enjoyed by many EU nationals.

So while many of those who seek safety in Europe go to other countries (France, Germany and Sweden each receive considerably more asylum claims than the UK*) , others head for the UK, partly due to its colonial links with their countries of origin, and therefore more familiar language and culture, or because they may have a friend or relative there.

The real story in Calais is not, however, that there are people seeking asylum in Britain. Given the historical context and continued wars of aggression, that should not come as a surprise. The real story in Calais is the persecution of any foreigner who isn’t white in Britain’s enforcement of its border regime (and it is no exagerration to say this is a race issue – there have been many incidents of harassment and arrest of people with the correct documents on the basis of their appearance). The real story is that migrants in Calais are systematically hunted down and arrested on a daily basis by the French police who are given the real responsibilty for British immigration control, the purpose of this strategy being to disperse migrants from the area.  At times, the police activity has been so intense that it made it impossible to wander around openly as a migrant in Calais. Interestingly, as well as being routinely arrested (and a person might even be detained twice in one day), they are also routinely released shortly afterwards. It may seem arbitrary and senseless, but it is in fact a carefully orchestrated strategy designed to meet arrest quotas and emotionally exhaust and deter those who dare seek asylum in the UK (for example, the walk back to calais from the police station takes an hour each time – difficult after your first couple of arrests, and even more difficult if you have a broken leg, which is remarkably common in Calais).

The strategy goes far beyond arrest however. The CRS (French riot police) and PAF (French border police) use other psyop tactics in their war of attrition against migrants in Calais. These include beatings, repeated eviction and destruction of shelters, tear-gassing and confiscating essential possessions such as sleeping bags and cooking materials, pouring chemicals into scarce drinking water, and desecrating the Bible and the Koran.

It is also worth noting that there have been quite a lot of unaccompanied minors in Calais over the past couple of years, many in their early teens, who, as well as having suffered the traumas of war, have by no means been immune from this treatment.

Calais Migrant Solidarity activists provide direct material and as far as is possible, emotional, support to migrants in Calais in the face of this repression (see links to the  for more on what we do). Yet the police find it difficult to tolerate any dissent, and are clearly unnerved by the fact that we have drawn a spotlight on their activities in Calais. As such, they also harass, arrest and assault those of us who stand in solidarity with migrants. In particular, French activists have been prosecuted and convicted of various offences associated with criticising the police.

This has been a brief overview of the situation here. Welcome to Calais.

*UNHCR 2010 statistics

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INTRODUCTION A CALAIS

A l’époque où nous écrivons (printemps 2011), un peu moins de 200 migrants résident à Calais même, avec bien plus de communautés dispersées le long du littoral nord de la France. Ces migrants sont demandeurs d’asile ou en recherche d’une vie qui dépasse la simple survie. Ils viennent d’endroits aussi divers que l’Afghanistan, l’Iran, le Pakistan, le Kurdistan, la Palestine, la Somalie, l’Egypte, le Soudan, l’Erythrée et l’Ethiopie, les communautés d’Afrique de l’est étant les plus nombreuses actuellement.

Les migrants vivent dans des bâtiments désaffectés, ou des camps squattés connus sous le nom de “jungles ” – qui vient de “dzanghal”- le mot pashtun pour forêt.

Sur ce blog vous verrez fréquemment des références à des lieux tels que l’Africa House, la Palestine house, la jungle des Hazara, etc. Ce sont des noms que les migrants ont majoritairement choisi pour désigner les grands squats de Calais où vivent des dizaines de personnes.

Les lois d’immigration britannique rendent presque impossible pour la grande majorité des non-nationaux l’entrée dans le pays, puisqu’ un visa est nécessaire pour cela, visa pour lequel on doit avoir de l’argent et remplir des critères très stricts. A moins d’être déjà sur le territoire et muni d’un visa, on ne peut donc pas demander l’asile de l’étranger. La loi britannique plonge ainsi inévitablement dans l’illégalité presque tous ceux qui souhaitent obtenir cette protection. Ceci force les migrants, dont la majorité ont survécu aux guerres et aux violations des droits humains – et dont nombre d’entres-eux sont très jeunes – à risquer leur vie en tentant d’entrer clandestinement à l’intérieur ou sous les camions qui font route pour l’Angleterre. Des gens sont morts, et un nombre indéfini d’entre eux a été blessé dans ce processus.

Bien sûr, cette frontière n’est pas la seule où les hommes risquent leurs vies à la recherche d’une existence meilleure ; à travers toute l’Europe forteresse, et en particulier le long de ses frontières, des milliers et des milliers de personnes sont mortes au cours des 20 dernières années pour atteindre simplement le bien être et la sécurité dont jouissent de nombreux citoyens européens.

Alors, lorsque nombre d’entre ceux qui recherchent une vie meilleure en Europe vont dans d’autres pays (la France, l’Allemagne et la Suède reçoivent considérablement plus de demandes d’asile que le Royaume-Uni), d’autres cherchent à rejoindre l’Angleterre, en parti du aux liens coloniaux avec leurs pays d’origine, et donc l’existence d’une culture et d’une langue avec lesquelles ils sont plus familiers, ou parce-qu’ils ont un ami ou un parent là-bas.

La vraie histoire de Calais n’est pas, cependant, que des hommes cherchent l’asile en Grande-Bretagne. Etant donné le contexte historique et la permanence de la chasse à l’étranger, au migrant, cela ne devrait pas être une surprise : la vraie histoire de Calais, c’est la persécution de tout étranger qui n’est pas blanc, persécution que le Royaume-Uni met en oeuvre dans sa politique des frontières (et ce n’est pas une exagération d’ d’affirmer que c’est un problème racial – il y a eu de nombreux incidents d’arrestations et d’agressions de personnes avec des papiers en règles sur la base de leur apparence physique-). La vraie histoire de Calais, c’est que des migrants sont systématiquement chassés et arrêtés par la police française, à qui l’on donne la vraie responsabilité du contrôle d’immigration britannique, le but de cette stratégie étant de disperser les migrants sur une zone étendue.

A certains moments, l’activité policière a été tellement intense qu’il était impossible de se promener ouvertement dans Calais lorsqu’on était un migrant. Curieusement, de la même manière qu’ils sont arrêtés régulièrement, (une même personne peut être détenue jusqu’à deux fois par jour) ils sont aussi souvent relâchés peu de temps après. Cela peut sembler arbitraire et illogique, mais dans les faits c’est une stratégie soigneusement orchestrée dans le but d’atteindre les quotas d’arrestation, et d’épuiser émotionnellement ceux qui osent demander l’asile au Royaume-Uni. (par exemple le chemin du retour du poste de police jusqu’à Calais dure chaque fois une heure – ce qui est difficile après les premières paires d’arrestations et encore plus dur lorsque l’on a une jambe cassée, ce qui est remarquablement commun à Calas-).

Cette stratégie va néanmoins bien plus loin que la simple arrestation. Les CRS ( la police française de “contrôle des émeutes” ) usent d’autres tactiques psychologiques dans cette guerre d’épuisement contre les migrants. Ceci inclue violences physiques, expulsions à répétition et destruction systématique des abris, gazage et confiscation des biens essentiels comme les sacs de couchage et le matériel de cuisine, verser des produits chimiques dans l’eau potable et désacraliser la Bible et le Coran…

Il faut également noter qu’il y a eu un nombre conséquent de mineurs non accompagnés à Calais au cours de ces deux dernières années, beaucoup au début de leur adolescence, qui, en plus d’avoir subi et souffert des traumatismes de la guerre, n’ont pas été épargnés par ces pratiques policières.

Les activistes de Calais Migrant Solidarity pourvoient directement du matériel et aussi souvent qu’il est possible, un soutien émotionnel aux migrants face à cette répression. ( voir les autres liens pour plus d’informations sur ce que nous faisons)
Cependant, la police supporte difficilement toute dissidence, et est clairement énervée par le fait que nous mettons en lumière leurs pratiques répressives. Par conséquent, ils agressent et arrêtent également ceux qui se tiennent aux côtés et en solidarité avec les migrants. En particulier, les activistes français, qui ont été jugés pour des offenses diverses liées à la critique de la police.

Ceci est un court survol de la situation ici. Bienvenue à Calais.