Du quotidien des habitants de la Jungle

– Le 5 septembre, manif prévue de fachos. Sur la jungle on n’en verra pas la couleur (à part plusieurs exilés attaqués par les fachos à côté de la gare et envoyés par ces derniers à l’hôpital). Par contre, vers 20h, alors que les gens jouent au foot et au criquet sur le no man’s land, et dansent, la jungle se fait gazer. Un activiste qui apporte du maalox à des parents de 2 bébés de 3 et 4 mois est délibérément visé, une lacrymogène explose à côté du petit groupe.

– Le 6 septembre, de nouveau la jungle se fait gazer sans raison (pas de dougar à proximité). Un jeune afghan de 17 ans qui ne faisait qu’observer se prend une balle de flashball, qui lui ouvre la tête. Ambulance appelée, au pont, les flics le braquent, ainsi que ceux qui l’accompagnent, au flashball, leur sommant de reculer, malgré les personnes qui leurs crient, en français, qu’il est mineur et blessé à la tête, et demandent aux policiers de bien vouloir le laisser passer jusqu’à l’ambulance des pompiers. Ils acceptent, à condition qu’il avance seul. Le gamin manque de s’effondrer, est rattrapé par un autre gamin de 16 ans, qui l’accompagne pour traduire du pachto à l’anglais. Finalement ils les laisseront passer une fois les pompiers arrivés. À deux. Pas de traduction de l’anglais au français. Le gamin de 16 ans supportant difficilement à lui tout seul celui de 17.

– Mi-septembre, les flics chopent dans un camion un exilé qui essaie de passer en Angleterre. Il est 5h du matin. Ils l’emmènent dans une maison abandonnée, ferment la porte, il n’aura ni à manger ni à boire de toute la journée, et ne comprendra pas ce qu’il se passe. Il finira par casser la porte et rentrer sur la jungle.

– Dans la nuit de jeudi à vendredi 16 septembre, vers 5h du matin, un jeune de 14 ou 15 ans est renversé à proximité de la jungle. Le camion sur lequel il était monté aurait slalomé. On appelle pas ça un accident, on appelle ça un meurtre. 15 ans, né à Jalalabad, il avait fui les talibans et tentait de rejoindre son frère en Angleterre. Une procédure légale était en cours pour lui, mais la durée trop longue de celle-ci l’a forcé à essayer de nouveau la voie illégale de passage.

– Depuis quelques jours, recrudescence des violences policières au port. Utilisation d’électro chocs contre les exilés, exilés gazés à bout portant, dont le visage et les yeux sont encore brûlés le surlendemain.

– Hier, les forces de l’ordre présentes le long de la rocade ont même été vues lançant des pierres aux éxilés se trouvant de l’autre côté de la barrière.

A suivre…