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Updates of the Demo// Nouvelles de la Manif

A comrade was arrested and charged for attempting to conceal his identity and participating in an unauthorized demonstration; the trial will be on 7 November, in Boulogne sur Mer.

Un camarade a été arrêté et inculpé pour essayer à dissimuler son identité et la participation à une manifestation interdite; le procès sera le 7 Novembre, à Boulogne sur Mer.

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Published on October 3, 2016 on Squat!net with some photos (in French only).

Publié le 3 octobre 2016 sur Squat!net avec quelques photos:
https://fr.squat.net/2016/10/03/calais-recit-et-reflexions-a-propos-de-la-manif-interdite-du-1er-octobre/

> Calais: récit et réflexions à propos de la manif interdite du 1er

Ce samedi 1er octobre, une manifestation de solidarité avec lesmigrant-e-s était prévue à Calais (link, link) au départ de la «Jungle», nom donné au plus grand bidonville de France, où vivent plusieurs milliers de migrants (pratiquement que des hommes). La manifestation devait traverser Calais pour finir au centre-ville.

Deux jours avant, la manif était «interdite» par la préfète du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio, qui annonçait «l’interdiction de toute manifestation revendicative en lien avec la question des migrants à Calais, Sangatte, Coquelles, Fréthun et Marck-en-Calaisis, pour l’ensemble de la journée du 1er octobre 2016».

Il n’y avait pourtant aucun souci pour manifester un mois plus tôt contre la présence de migrants à Calais… (link)  Mais, là, pas moyen d’exprimer sa solidarité avec les migrants, surtout pas en plein centre-ville.

Cette journée a donc pris place dans une ambiance d’occupation policière devenue banale: dans les rues de Calais, surtout du côté de la Jungle, des centaines de flics (des CRS en première ligne, et des gardes mobiles au cas où) étaient là pour montrer à chacun-e le visage de la république française. Le tout, dans un décor «parfai » pour illustrer ce qu’on appelle la «forteresse Europe»: un bidonville gigantesque à côté d’une route «protégée» de plusieurs couches de grilles et de barbelés, desmilliers de migrants qui survivent dans des conditions difficiles à imaginer. Cette ghettoïsation a été imposée par l’État, qui, après avoir expulsé tous les lieux de vie et de survie ouverts à Calais, a forcé tout le monde à s’installer dans ce no man’s land à l’écart de la ville.

Après la confirmation par le Tribunal administratif de Lille de l’interdiction de la manifestation, les organisateurs (la CISPM, Coalition Internationale des Sans-Papiers et Migrants) ont toutefois décidé de maintenir la manifestation.

Celle-ci s’est mise en place tranquillement sous le pont de sortie de la Jungle, mais elle a immédiatement été bloquée par plusieurs cordons de CRS. Quelques centaines de personnes étaient réunies, de nombreux migrants, ainsi que des militant-e-s venu-e-s d’un peu partout. Dans un premier temps, l’ambiance était plutôt festive, avec batucada et slogans entonnés (principalement de simples «UK, UK», comme «Royaume-Uni», chantés par ceux qui souhaitent traverser la Manche…). Puis, la pluie s’est mise à tomber, et les flics en ont profité pour nous faire chier. Commençant à bousculer les premiers rangs et à balancer des lacrymos pour faire reculer tout le monde, les CRS ont mis tout le monde sous la pluie, avant de noyer l’entrée de la Jungle par des salves de grenades lacrymogènes.

Aux lacrymos ont répondu de premières pierres, puis le canon à eau est entré dans le jeu, et ça s’est enchaîné, les affrontements durant ainsi quelques heures, pratiquement sans discontinuer, s’étandant sur divers points de fixation le long de la route (partout «protégée» par des grillages et des barbelés).

Pendant ce temps-là, quatre bus (près de 200 personnes) ont été bloqués environ deux heures par la police au péage de Setques, à 40 kilomètres au sud de Calais, forcés à faire demi-tour.

D’après le syndicat SGP Unité Police FO, cité dans une dépêche Reuters (link), 700 grenades lacrymogènes ont été tirées durant ces heurts, qui ont duré plus de trois heures et mobilisé plus de 200 membres des forces de l’ordre (sans compter tous ceux qui circulaient autour de la zone…). Selon la même dépêche Reuters, «un face-à-face aussi violent n’était pas survenu depuis le début du démantèlement, le 29 février (link), de la partie Sud du plus grand bidonville de France». Mais ce que ne dit pas l’agence de presse, c’est qu’aussi bien avant qu’après l’expulsion du 29 février dernier, les flics mettent la pression régulièrement sur la Jungle, balançant des lacrymos au beau milieu des habitations et rendant invivable le quotidien des migrants, parfois en pleine nuit. De quoi accroître une rage et un dégoût de ce monde de frontières… et de flics.

Alors le Ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve peut bien «condamner avec la plus grande fermeté les violences commises par des activistes», de fait l’ambiance émeutière a été créée d’abord par ses flics. Enfin, la rage, les pierres lancées, les palets de lacrymo écrasés ou renvoyés, l’entraide, le partage du matos de soin et de protection contre les lacrymogènes, l’attention envers les personnes blessées ou perdues dans les nuages de lacrymo, si tout cela a été vécu activement par «des activistes», ça l’a été aussi, et principalement, par des migrants. C’est leur lutte avant tout, c’est leur quotidien. Nous étions là ensemble depuis des expériences de vie totalement différentes mais pour des objectifs communs: ouvrir/détruire les frontières.

Et si l’usage de la violence contre la police ne fait pas consensus parmi les migrants (comme parmi les militant-e-s européen-ne-s), l’hétérogénéité émeutière de cette journée était belle au sens où elle montrait qu’on était un certain nombre à refuser de baisser les bras et de se laisser écraser par la force policière. La solidarité entre migrants et «activistes» européen-ne-s se tenait dans une colère collective contre la police, contre l’interdiction de la manif, contre la situation de merde imposée quotidiennement aux migrants, contre ce projet de mur anti-migrants pour «protéger» le port de Calais  Et pour un monde ouvert, à l’opposé de celui qui ces derniers temps ne cesse de se refermer sur lui-même, de fermer toujours plus ses frontières, de rejeter toujours plus «l’autre».

Alors tant mieux si quelques véhicules de flics ont été esquintés (sept selon un représentant du syndicat SGP Police-FO), d’autant qu’il fallait être sacrément habile pour y arriver: balancer des caillasses sur les CRS et leurs camions alors qu’on était en contrebas à essayer de les atteindre, tout protégés qu’ils étaient par des grilles et des barbelés hauts de plus de 3 mètres, c’était pas une mince affaire! Chaque pierre touchant sa cible était accueillie par des hourras, au milieu des lacrymos.

Lors des affrontements, il y a eu plusieurs blessés côté manifestants (quelqu’un aurait eu un bras cassé…), vu les tirs tendus de grenades et de flashballs c’est peu étonnant. Quelques flics auraient été blessés aussi ; mais on le sait, il ne leur suffit pas de grand-chose pour se déclarer blessés. Chercher un arrêt de travail quand on est flic, ça se comprend. Un taf pareil, ça doit donner envie de démissionner tous les jours.

À l’heure où les expressions de racisme décomplexé se multiplient (link), il est nécessaire d’exprimer notre attachement à l’internationalisme (et/ou au refus de tous les nationalismes). La liberté, l’égalité et la fraternité ne peuvent exister sans la destruction des frontières (et des États, et du capitalisme, qui exploitent et détruisent nos vies partout sur la planète).

Si la solidarité avec les migrant-e-s doit continuer de s’exprimer au grand jour par des manifs, des rassemblements et toutes sortes d’occupation antiraciste de la rue, elle peut aussi s’exprimer par des tas d’autres moyens, notamment bien sûr par l’action directe.

Comme on peut le lire dans cet appel à agir contre les entreprises (link) collabos du «système répressif et de la machine à expulser» :

Du vandalisme au sabotage rien n’est trop beau pour dissuader les entreprises de collaborer.

Notre champ d’action est bien plus vaste que la zone des jungles. Les pourvoyeurs de l’arsenal policier sont répartis sur tout le territoire. D’où la nécessité, selon nous, d’une riposte décentralisée contre ces fournisseurs du contrôle gouvernemental. Des bornes biométriques aux lunettes thermiques, il y en a forcément près de chez vous. Après l’annonce de l’expulsion et le déplacement forcé des exilé-e-s aux quatre coins de la France, les possibilités d’actions sont multipliées. L’enjeu est de taille et délocalisé.

Maintenant, à nous.

NO BORDER NO NATION

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ENGLISH

This Saturday, October 1st, a solidarity demonstration was scheduled in Calais departing from the “Jungle”, the name given to the largest slum of France, where thousands of migrants are living. The event had to cross through Calais to reach its ending point downtown.

Two days before, the protest had been “prohibited” by the prefect of the Pas-de-Calais, Fabienne Buccio, who announced “a ban on any protest demonstrations in connection with the issue of migrants in Calais, Sangatte, Coquelles, Fréthun and Marck-Calaisis, during the entire day of October 1, 2016.”

There was, however, no problem from the prefect when, a month earlier, a protest took place against the presence of migrants in Calais… But here there’s no way to express solidarity with migrants, especially downtown.

This day took place in an atmosphere of the police occupation which has become commonplace here: in the streets of Calais, especially towards the Jungle, hundreds of cops (CRS and gardes mobiles) were there to show everyone the true face of the French Republic. All of this took place in a ‘perfect’ illustration of ‘Fortress Europe’: a giant slum next to a road ‘protected’ by several layers of fences and barbed wire, where thousands of migrants are surviving in difficult to imagine conditions. This ghettoization was imposed by the state after they evicted all the places of life and survival in Calais and forced everyone to settle in this desolate place far away from the city.

After the Administrative Tribunal of Lille confirmed the ban on the demonstration, the organizers (CISPM, International Coalition of Sans-papiers and Migrants) decided to hold the event anyway.

It took place quietly under the bridge at the exit to the Jungle, but it was immediately blocked by several cordons of riot police. A crowd of a few hundred migrants and supporters gathered, coming from many different places. Initially, the atmosphere was pretty festive, with batucada and slogans being chanted (mainly ‘UK, UK’ being shouted by those wishing to cross the channel…). Then the rain started to fall, and the cops took the opportunity to fuck with us. Starting to shake up the first rows of people and throwing tear gas to push everyone back, the CRS pushed everyone out under the rain, before drowning the entrance to the Jungle with salvos of tear gas grenades.

The first stones were thrown in response to the teargas, then the water cannon entered the game, and it was chained, during clashes lasting a few hours, so practically without interruption, spilling out from various fixing points along the road (all ‘protected’ by fences and barbed wire).

Meanwhile, four buses (about 200 people) were blocked for two hours by police at the toll booth at Setques, 40 kilometres south of Calais, and were forced to make a u-turn.

According to the union SGP Unité Police FO, quoted in a dispatch from Reuters, 700 tear gas grenades were fired during the clashes, which lasted for more than three hours and mobilized more than 200 members of the security forces (not counting those who were circulating around the area…). According to the same dispatch from Reuters, “such a violent head-to-head had not occurred since the beginning of the dismantling of the southern part of the largest slum in France on February 29.” But what the news agency does not say it is that both before and after the expulsion on February 29 the cops had regularly put pressure on the Jungle, shooting tear gas in the middle of the houses, sometimes in the middle of the night, and making migrants’ daily lives unliveable. It’s enough to incite rage and disgust at this world of borders… and cops.

Then the Minister of the Interior Bernard Cazeneuve announced his “condemnation with the greatest firmness of the violence committed by activists”, while in fact the ambiance of riotousness was created first by his cops. Finally, it must be pointed out that the “activists” Cazeneuve is speaking of, who experienced rage, threw rocks, did acts of mutual aid, shared stuff for care and protection against teargas, gave attention to the people who were injured or lost in the clouds of tear gas, were mostly migrants. It is their struggle above all, it’s their everyday lives. We were there together but coming from totally different life experiences for common goals: open/destroy the borders.

And if the use of violence against the police does not have consensus among migrants (as it doesn’t among European activists either), the riotous heterogeneity of this day was beautiful because it showed that we refused to give up and be crushed by the police forces. Migrants and European “activists” stood in collective anger against the police, against the ban on the protest, against the shitty situation imposed on a daily basis on migrants, against this anti-migrant wall project to ‘protect’ the port of Calais and for an open-world, against a world in which ever more borders are closed and ever more “others” are shut out.

So much the better if some police vehicles were damaged (seven according to a SGP Police-FO Union representative), especially as one had to be pretty clever to do this: throwing stones on the difficult to reach CRS and their trucks, all protected as they were by fences and more than 3 meters high barbed wire, was not an easy task! Each stone that met its target was greeted with cheers, amidst tear gas.

In the clashes, there were several wounded on the side of protesters (someone broke their arm…), after observing the rounds of flashballs and grenades it is little wonder. Some cops were injured too; but you know, it does not take much before they declare themselves injured. You’re looking for a way to get off work when you’re a cop, it’s understandable. A job like that, it must inspire one to resign every day.

At a time where uninhibited expressions of racism are multiplying, it is necessary to express our commitment to anti-national solidarity across borders. The French ideals of freedom, equality and “brotherhood” are meaningless in the absence of the destruction of borders (and the state, and of capitalism, which exploits and destroys our lives everywhere on the planet, and patriarchy, which thinks ‘brotherhood’ is synonymous with solidarity).

Even while solidarity with migrants must continue to be expressed publicly through demonstrations, rallies and all kinds of anti-racist occupations of the street, it can also be expressed in a lot of other ways, including of course through direct action.

As can be read in this call to act against companies collaborating with the “repressive system” and the deportation machine:

“From vandalism to sabotage, nothing is too good for discouraging companies to collaborate.

Our field of action is much larger than the area of the jungles. The purveyors of the police arsenal are spread throughout the territory. Hence, in our view, there is a necessity for a decentralized response against these suppliers of government control. From biometric devices to infrared glasses, there are companies near you producing these things. After the announcement of the eviction and the forced displacement of migrants across France, the possibilities for action have proliferated. The stakes are high and the field of action is delocalized.

Now, it’s our turn.

NO BORDER NO NATION

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Upcoming Evictions, expected March 2015 // Expulsions attendues prochainement à Calais, mars 2015

**en francais en bas**

In April 2015 the municipality of Calais in collaboration with the socialist state government intends to open the Day Centre Jules Ferry for all migrants living in and around the city. This centre is sold by the government and its media as a humanitarian gesture. This is bullshit! This is a poor attempt to alleviate the catastrophic situation of the migrants here. A situation that is created by the very policies the government have put in place. The opening of the day centre will go along with the mass eviction of 2000 people and the destruction of their homes: the squats and jungles of Calais.

It has been made clear that the opening of the day centre is going come with a large clearing of existing spaces in the centre of Calais, as camps will only be ‘tolerated’ in the area surrounding the day centre. The clear intention to be clearing the streets of Calais, creating a migrant ghetto outside of the city. So the reality of life for those communities can be happily ignored by locals and the government can easily deny its existence. There is no confirmed date at the moment, but it seems likely that this will be happening at the end of March, in time with the complete opening of the centre in April. Obviously more concrete dates will be announced if we hear anything.

The last round of big evictions on the 2nd July 2014 were a intense display of state force. With a simultaneous eviction of the Salam ( old food distrubution place squatted by hundreds people after been evicted of camps at the end of may 2014) and four squats, everyone perceived to be a migrant in those spaces were arrested and taken to detention centres across France. After having been beaten and gassed by the police. With the French government showing an increasing will to deport people to Sudan, the consequence of an eviction like this again could be catastrophic for some.

Whilst some people are considering relocating “voluntarily”, until now the majority of people are refusing to move. Despite the systematic police repression and harsh weather conditions the migrant communities have been able to create and defend autonomous spaces and to build temporary, self-designed homes. In these spaces (the camps and the squats) a minimum of freedom is maintained, for example the possibility to come and go when you want to, to permit or refuse entry to others, to share, to party, to pray, to run little businesses…

We are making a callout for people to come to Calais in March to help us prepare for this time and to stand with those who do not accept being evicted and pushed out of town. Come and help resist this attempt to firm up the reality of apartheid and segregation on the streets of Calais. Fight against police violence, against the ones who create it, against the ones who support and protect it, and against the ones who close their eyes. We call you to struggle against the borders who are a tool for power and control. Not just in Calais, but wherever you are.

Freedom of movement for all- the border regimes must fall.

Please come prepared ! Bring a tent, or a van or arrange your own sleeping space in Calais. It is going to be a turbulent time on the ground and we cannot really grantee much in terms of infrastructure.


En avril 2015 la municipalité de Calais en collaboration avec le gouvernement socialiste vont ouvrir le centre de jour Jules Ferry pour toutes et tous les migrants-es vivants-es dans et à l’extérieur de la ville. Ce centre est vendu par le gouvernement et ses médias comme une manœuvre humanitaire. C’est des conneries! Ceci est une piètre tentative pour apaiser la situation catastrophique des migrants-es ici. Une situation créée par les politiques elles-mêmes que le gouvernement a mis en place. L’ouverture du centre de jour ira de pair avec une expulsion massive de près de 2000 personnes ainsi que la destruction de leurs habitats: les squats et camps de Calais.

Il a été clairement annoncé que l’ouverture du centre de jour se fera en même temps qu’un nettoyage des espaces de vie existants dans le centre de Calais, et des camps ne seront “tolérés” qu’aux abords du centre de jour. L’intention est claire : vouloir vider les rues de Calais créant ainsi un ghetto de migrants-es en dehors de la ville. Ainsi toutes réalités de vie dans lesquelles vivent les communautés peuvent facilement être ignorées par la population locale et permettre au gouvernement de nier leurs existences. Il n’y a pas de dates confirmées pour le moment mais il semble probable que cela se passera à la fin du mois de mars en même temps que l’ouverture complète du centre en avril (plutôt début avril). Bien sûr des dates seront communiquées dès qu’on entend quoi que ce soit à ce sujet.

La dernière vague d’expulsions du 2 juillet 2014 fut une démonstration d’ampleur de la force d’état. Avec l’expulsion simultanée de Salam (ancien lieu de distribution de nourriture squatté par des centaines de personnes après la destruction de leurs camps à la fin du mois de mai 2014) et de quatre squats, quiconque perçue comme un-e migrant-e dans ces lieux fut arrêté et déporté dans différents centres de rétention en France après avoir été frappé-es et gazé-es par la police. Et le gouvernement français de faire preuve d’une volonté grandissante de déporter des personnes vers le Soudan, les conséquences d’une telle expulsion pourrait être catastrophique pour certains-es.

Pendant ce temps-là certaines personnes réfléchissent à un déménagement volontaire mais jusqu’à présent la majorité des gens-gentes refusent de déménager. Malgré la répression policière systématique et les conditions climatiques très difficiles les communautés de migrants-es ont été capables de créer et défendre des espaces autonomes et de construire des habitats temporaires auto-construits. Dans ces espaces (camps et squats) un minimum de liberté est maintenu, par exemple, la possibilité d’aller et venir comme bon leur semble, de permettre ou refuser l’accès à certains-es, de partager, faire la fête, prier, d’avoir son petit commerce…

Nous faisons un appel à venir à Calais en mars pour aider à préparer ce moment et d’être de celles et ceux qui n’acceptent pas de se faire expulser et repousser à l’extérieur de la ville. Venez et aidez à résister à cette tentative d’affirmer la réalité d’un apartheid et d’une ségrégation dans les rues de Calais. Battons-nous contre les violences policières, contre celles et ceux qui les créent, contre ceux et celles qui ferment leurs yeux. Nous appelons à lutter contre les frontières qui sont un outil de pouvoir et de contrôle.

Liberté de mouvement pour toutes et tous. Le régime des frontières doit tomber.

S’il vous plait, venez préparer! Amenez vos tentes, camions ou arrangez-vous votre propre espace pour dormir dans Calais. Cela s’annonce comme une période turbulente ici et nous ne pouvons pas vraiment garantir grand chose en termes d’infrastructure pour vous accueillir.

https://calaismigrantsolidarity.wordpress.com

Jules Ferry Centre: Another step towards segregation // le centre Jules Ferry: un autre pas vers la segregation

*francais en bas

On the 15th of January, the Jules Ferry Centre, a new day centre for Calais was partially opened for the first time. When it is finished, around the beginning of April, the day centre will allegedly provide showers, one meal a day, places to charge phones and a women’s and children’s sleeping place with room for 100 people.

For some people this will be seen as a positive step for the situation in Calais. After all, the State is finally providing something for the migrant population of Calais and showing some form of humanitarian responsibility. But we need to be careful to put this new centre in context. It has not come about because of a compassionate change of heart by the government. It comes as part of a new security agenda agreed with the UK to strengthen the border and prevent people from crossing. The day centre is part of the same strategy that saw the UK and France put €15million into extra funding for police, increasing the level of violence and intimidation against migrants, and the new security fence. The intention is to make crossing the border near impossible at the same time as making life for migrants in Calais minutely managed and controlled or else unbearable. The new day centre is there to deal with the nightmarish fall out from this policy and to provide a humanitarian balm for the racist wounds inflicted by the border. But it is important not to forget that it is first and foremost part of a repressive package designed to monitor, control, and expel the migrant population.

The new centre is not about protection but about policing, not about refugee support but about racial segregation. Located 6km from central Calais, all services provided by associations around the town will now be confined to this remote location. For those living on the other side of Calais, in Galloo or the camp of “leader-price”, the centre is practically beyond reach. Whilst the mayor has indicated that camps will be tolerated in the barren expanse surrounding the centre (dotted with WW II bunkers, the occasional hunter and wet lands) they will be forcefully demolished elsewhere in Calais, and all squats are to be evicted. Bouchart (the mayor) has also declared the provision of food to migrants anywhere outside this centre to be illegal. People are saying that the authorities will start with a ‘soft eviction’ approach by encouraging people to relocate with the promise of services and safety from police harassment. But forcing people to relocate through the use of starvation and threats of police violence for noncompliance seems anything but soft.

What we are witnessing is the creation of a racial ghetto under the guise of liberal humanitarian concern. But the logic of segregation at play is clear : you will be free and safe from persecution, provided with basic amenities and some legal advice, so long as you remain in the ghetto. If you stray from this open prison, if you follow your own goals, you will be hounded by police and persecuted by the authorities. Even if we accept that the provision of aid offered by the centre is a good thing, it still reinforces the idea that migrants cannot be helped here, do not belong here, that they must be kept at a distance and ‘dealt with’. Out of sight out of mind. Everyone in ‘their own’ place. The stench of racism is nauseating.

To us this strategy is not only a cynical response to the cries of local racists but also a clear attempt to cut the links and ties with the people of Calais which have developed over the years and further isolate the migrant communities. Since the closure of Sangatte in 2001, life in Calais for those without papers has been a constant struggle to carve out a space for themselves, trying to find warm, dry, and safe places to sleep, being able to stay in public without fear of police harassment and building increasing relationships and community with locals from Calais. The last few years have seen some progress, especially in terms of public involvement in Victor Hugo and the opening of Galloo, and connections have been made which continue to grow and strengthen, with more local contact with the jungles than ever before. Along with sustained efforts over the years to capture and raise awareness of police violence, these connections across communities have frustrated the State’s ability to police with impunity and offered a challenge to the repressive policies of the authorities. The new day centre will disrupt these connections by limiting (or perhaps preventing entirely) access to the site for non-migrants. By severing the ties we have developed over the years the authorities hope to stop the the seeds of solidarity and struggle from taking root, from growing and become stronger.

The setting up of Jules Ferry has happened without any consultation with the migrant populations, without asking what support they need and how they would like to see it provided. Involvement of local associations has been minimal from the beginning and other plans in the works for cooperation, e.g. the ‘migrant housing project’, have been forgotten. Instead the State is bringing in an external association, La Vie Active, with no experience of the practicalities or the politics of Calais or the different communities and issues present here to manage the centre. The intention is clear : a new association can more easily be the puppet of the State and its interests as it will not have the expertise or the local connections to be able to make and effective challenge.

Breaking up cross-community cooperation, ending existing work, and destroying all the jungles and squats, this new day centre is an attempt to completely alter the playing field, to change the practical situation in such a way that neutralises all effective challenge from migrants and local communities and puts the State firmly in control. Having redrawn the map they can position themselves as the primary driver of any future developments in Calais.

Whilst some people are considering relocating voluntarily to camp near the centre, the majority of migrants are refusing to move. Many of the jungles have been developed extensively over the last half a year, and whilst conditions are still harsh people have been able to carve out an autonomous space and make something approaching a home for themselves. At least here there is some amount of freedom, for example, to come and go as and when, to permit or refuse entry to others, to walk into town etc. Out by the day centre the police can easily control access down the one long narrow track. And out there, away from the prying eyes of the public, they would be free to carry out their attacks with even more enthusiasm. Miles from the nearest shop, everyone will be forced even further into a dependence on charity and on the day centre itself for their survival.

The day centre is an attempt to shackle people to an isolated wilderness outside Calais to frustrate their efforts to cross to the UK and to keep them tied up in one place, ready for any mass round ups and deportations required by changes in the political agenda. Jules Ferry will be an open prison and the provision of aid will be the chains that bind people to it.

Instead:

What is needed is not charity but solidarity. Migrant communities are more than capable of organising and looking after themselves, they are just prevented from accessing many of the basic things of life by the racism of European citizenship and the violence of the UK border. To stand beside people and support them as much or as little as they need in their efforts to cross the border, or whatever their plans might be, is what is needed not a day centre designed to control. We should support those who want to resist evictions and forced relocation and continue to struggle for autonomous life beyond the control of the State .

Ultimately what is needed is political change. Calais is just one location of the racist European project and its control of migration, whilst people all over the world will continue to move. No matter how hostile the conditions in Calais, no matter how high they build that fence, no matter what remote and desolate location people are forced to live on, the reasons driving people to move around the world are more powerful. Sooner or later something must give. People should not be seen as a problem. The problem is how others respond to their presence. The rise of racist and nationalist ideologies throughout Europe is not a separate issue to those we face in Calais, and our solidarity must also involve a struggle against fascism. The State is able to get away with its systematic repression of migrants in Calais and elsewhere because of the implicit support they receive from a hateful and frustrated electorate who more and more are leaning towards fascism.

Many people have said they will not go to the centre, and the many more who will arrive in the future are unlikely to allow themselves to simply be herded so far out. The police repression will undoubtedly increase around town as well as around the parkings and traffic jams, and any attempt to create an autonomous space to live is likely to be met with abuse and intimidation from the authorities. We will continue to stand in solidarity with migrants in Calais and to resist the violence of the state, the police, and the racist border regime. But we must do more than react. With the new day centre the authorities have taken the initiative and will try to gain the advantage. Now is a time for creativity and new ideas in the fight against the border.

*francais

Le 15 Janvier, le Centre Jules Ferry, un nouveau centre de jour pour Calais a été partiellement ouvert pour la première fois. Quand il sera fini, vers le début d’Avril, le centre de jour fournira prétendument des douches, un repas par jour, des lieux pour recharger les téléphones et un lieu de couchage pour les femmes et les enfants pour une capacité de 100 personnes.

Pour certaines personnes, cela est considéré comme une étape positive pour la situation à Calais. Après tout, l’État à finalement fournit quelque chose pour la population migrante de Calais et montre ainsi une certaine forme de responsabilité humanitaire. Mais nous devons être prudents-es et bien contextualiser l’arrivée de ce nouveau centre. Car il n ‘arrive pas grace à un élan compassionnel de la part du gouvernement. Il est livré dans le cadre d’un nouveau programme de sécurité convenu avec le Royaume-Uni pour renforcer la frontière et ainsi rendre le passage vers le Royaume-Uni plus difficile. Le centre de jour fait partie de la même stratégie qui a vu le Royaume-Uni et la France mettre 15 millions € en financement supplémentaire pour la police, augmentant ainsi le niveau de violence et d’intimidation (venant de la police) contre les migrants-es, et la nouvelle barrière de sécurité. L’intention est de rendre la traversée de la frontière presque impossible, et en même temps de rendre la vie des migrants-es à Calais minutieusement gérée et contrôlée, ou bien insupportable. Le nouveau centre de jour est là pour faire face à l’échec cauchemardesque de cette politique et fournir un baume humanitaire pour les blessures racistes infligées par la frontière. Mais il est important de ne pas oublier que ce centre est d’abord et avant tout partie prenante d’un ensemble répressif conçu pour surveiller, contrôler et expulser la population migrante.

Le nouveau centre n’est pas axé sur la protection mais le maintien de l’ordre, non sur l’aide aux réfugiés-es, mais la ségrégation raciale. Situé à 6 km du centre de Calais, tous les services fournis par des associations dans ou à proximité de la ville devront maintenant se limiter à cet endroit reculé. Pour celles et ceux qui vivent de l’autre côté de Calais, au camp de « leader price »  ou au squat Galloo, le centre est pratiquement hors de portée. Alors que la mairesse, a indiqué que les camps seront tolérés dans l’étendue désertique entourant le centre (parsemée de bunkers de la seconde guerre mondiale, de chasseurs occasionnels et autres marécages), ils seront démolis de force ailleurs dans Calais, et tous les squats seront expulsés. Bouchart (la mairesse) a également déclaré que la fourniture de nourriture aux migrants-es n’importe où en dehors de ce centre sera désormais illégale. Les gens disent que les autorités commenceront avec une approche «d’expulsion en douceur», encourageant les gens à déménager avec la promesse de services et de sécurité contre le harcèlement de la police. Mais forcer les gens à déménager par l’utilisation de la famine et de menaces de violence policières semble tout sauf «doux».

Ce que nous voyons ici est la création d’un ghetto racial sous couvert d’un souci humanitario- libérale. Mais la logique de ségrégation en jeu est clair: vous serez libre et à l’abri de la persécution, muni d’équipements de base et des conseils juridiques, tant que vous restez dans le ghetto. Si vous vous écartez de cette prison à ciel ouvert, si vous suivez vos propres objectifs, vous serez traqués par la police et persécutés par les autorités. Même si nous acceptons que fournir une aide offerte par le centre soit une bonne chose, cela renforce encore l’idée que les migrants ne peuvent pas être aidés ici, ils et elles n’appartiennent pas a ici, qu’ils et elles doivent être maintenues à distance et «faire avec». Loin des yeux, loin du cœur. Tout le monde dans «sa propre » case. La puanteur du racisme est nauséabonde.

Pour nous cette stratégie n’est pas seulement une réponse cynique aux pleurs des racistes locaux mais aussi une tentative évidente de couper les liens et les rapports avec les gens de Calais qui se sont développés au fil des ans et d’isoler d´avantage les communautés de migrants-es. Depuis la fermeture de Sangatte en 2001, la vie à Calais pour les sans-papiers a été une lutte constante pour se faire une place, trouver des endroits chauds, secs et sûrs pour dormir, être capable de rester en public sans crainte de harcèlement de la police. Cela tout en renforçant de plus en plus les relations avec la communauté et les habitants de Calais. Nous avons vu quelques progrès ces dernières années, notamment en termes de participation publique avec le squat pour les familles a Victor Hugo et l’ouverture de Galloo, et les liens qui ont été crées continuent de grandir et se renforcer, en contact constant avec les camps plus fort que jamais. Grâce aux efforts soutenus au fil des ans afin d’informer et de sensibiliser la population sur les violence policières, ces connexions entre les communautés ont frustré l’État et ont nui à leur capacité de fliquer en toute impunité, et elles représentent un défi pour les autorités et politiques répressives. Le nouveau centre de jour va perturber ces connexions et liens intimes, cela en limitant (ou peut-être interdisant complètement) l’accès au site aux non-migrant-es. En brisant les liens que nous avons développés au fil des années, les autorités espèrent ainsi pourrir les graines de solidarité et de lutte qui prennent racines, poussent et ne cessent de croître et devenir plus en plus fort.

La mise en place du lieu Jules Ferry est arrivée sans aucune consultation avec les populations migrantes, sans leur demander quels soutiens ils ont besoin et comment ils aimeraient les voir se concrétiser. La participation des associations locales a été minime par rapport aux plans du début, idem pour d’autres œuvres de coopération, par exemple le projet de  « maisons des migrants-es», qui ont été oubliés. Au lieu de cela l’État apporte à une association externe, La Vie active, n’ayant aucune expérience des pratiques ou politiques de Calais ou connaissance des différentes communautés et tous les problèmes ou questions que cela pose pour gérer un tel centre. L’intention est claire: une nouvelle association peut plus facilement être la marionnette de l’Etat et de ses intérêts car il n’ aura pas l’expertise ou les connexions locales pour être en mesure d’en faire un défi efficace.

Briser la coopération inter-communautaire, mettant un terme au travail existant et projets en cours, et en détruisant toutes les jungles et squats, ce nouveau centre de jour est une tentative de modifier complètement les règles du jeu, de changer la situation concrète de manière qui neutralise tous les défis effectifs entre migrants-es et communautés locales permettant ainsi à l’État d’asseoir son contrôle. Ayant redessiné les cartes, l’Etat pourra ainsi se positionner comme le principal moteur des développements futurs à Calais.

Alors que certaines personnes envisagent de déménager volontairement au camp près du centre, la majorité des migrants-es refusent de bouger. Beaucoup des jungles ont été largement développées au cours de la dernière moitié de l’année 2014, et tandis que les conditions sont encore difficiles des gens ont pu se tailler un espace autonome et construire quelque chose s’approchant d’une maison pour eux-elles mêmes. Au moins ici, il y a une certaine quantité de liberté, par exemple, d’aller et venir comme et quand les personnes le souhaitent, pour autoriser ou refuser l’entrée à d’autres, marcher en ville, etc. Au centre de jour, la police peut facilement contrôler l’accès au long et étroit chemin d’accès. Et là-bas, loin des regards indiscrets du public, la police sera libre de mener leurs attaques avec encore plus d’enthousiasme. A des kilomètres de la boutique la plus proche, tout le monde sera forcé à une plus grande dépendance à la charité et au centre de jour lui-même pour leur propre survie.

Le centre de jour est une tentative d’isoler les gens dans un désert isolé en dehors de Calais et ainsi entraver leurs efforts pour traverser au Royaume-Uni, et de les garder groupés en un seul endroit, prêtes ainsi à toutes opérations de masse et possibles déportations au grès des changements d’agendas politiques. Jules Ferry sera une prison à ciel ouvert et l’aide fournie sera un maillon des chaînes qui lient les gens à lui.

Au lieu de cela:

Ce qui est nécessaire n’est pas la charité, mais la solidarité. Les communautés de migrants-es sont plus que capables de s’organiser et de s’occuper d’eux et d’elles-mêmes, ils-elles sont juste empêchés d’accéder à la plupart des choses de base de la vie par le racisme de la citoyenneté européenne et la violence de la frontière avec le Royaume-Uni. Ce dont nous avons besoin c´est de se tenir à côté des gens et de les soutenir autant ou aussi peu que dont ils ont besoin dans leurs efforts pour franchir la frontière ou pour réaliser leurs projets quels qu´ils soient ; pas d´un centre de jour destiné à contrôler. Nous devons soutenir ceux qui veulent résister à des expulsions et déplacements forcés et continuent à lutter pour la vie autonome au-delà du contrôle de l’Etat.

En fin de compte ce qui est nécessaire est un changement politique. Calais est juste un des lieux du projet européen raciste et son contrôle de la migration, tandis que les gens du monde entier continueront à se déplacer. Peu importe comment les conditions hostiles à Calais, peu importe à quelle hauteur ils construisent cette clôture, peu importe dans quels emplacement éloignées et désolés les gens sont forcés de vivre, les raisons qui poussent des personnes à se déplacer à travers le monde sont plus puissantes. Tôt ou tard, quelque chose doit donner. Les gens ne devraient pas être considérés comme un problème. Le problème est de savoir comment les autres réagissent à leur présence. La montée des idéologies racistes et nationalistes dans toute l’Europe n´est pas une question distincte de ce que nous rencontrons à Calais, et notre solidarité doit également impliquer une lutte contre le fascisme. L’État est en mesure de s´en tirer avec sa répression systématique des migrants à Calais et ailleurs grace à l’appui implicite qu’ils reçoivent de l’électorat haineux et frustré qui de plus en plus se penche vers le fascisme.

Beaucoup de gens ont dit qu’ils n´iront pas au centre, et de nombreux autres qui arriveront à l’avenir ne vont certainement pas de se laisser tout simplement être parqués si loin. La répression policière va sans aucun doute augmenter autour de la ville ainsi que dans les parkings et les embouteillages, et toute tentative de créer un espace autonome de vie est susceptible de rencontrer abus et intimidation de la part des autorités. Nous continuerons à être solidaires avec les migrants à Calais et à résister à la violence de l’État, la police, et le régime de la frontière raciste. Mais nous devons faire plus que de réagir. Avec le nouveau centre de jour, les autorités ont pris l’initiative et vont essayer de prendre l’avantage. Maintenant, il faut de la créativité et de nouvelles idées dans la lutte contre la frontière.

Ségrégation au Leader Price

Le samedi 27 septembre 2014, le magasin Leader Price situé avenue Roger Salengro à Calais a pratiqué la ségrégation à l’entrée de son magasin, interdisant l’accès aux personnes de couleurs qui désiraient faire leurs courses. Un groupe d’une dizaine de personnes habitant le campement de migrants soudanais situé derrière le magasin n’a en effet pas eu accès au magasin, la porte ouverte de ce dernier étant contrôlée par un vigile qui ne les a pas laissé rentre, obéissant au consigne du directeur. Plusieurs personnes ont été témoins de la scène et ont filmé les vidéos qui sont jointes.

Mayor once again attempts to segregate public spaces – this time banning football

Sunday, like every Sunday for more than two years, people of many nationalities gathered in the citadel, a sports area in Calais to play football

However in recent weeks it seems the Town Hall has decided it no longer wants ‘migrants’ to play football in public areas.

On Sunday, September 7, the group Sauvons Calais, supported by radical far-right organizations, demonstrate before the town hall of Calais. A ‘Football Against Racism’ tournament is organised in parallel on the grounds of the citadel, where they play every Sunday. But they find the citidel doors closed because of a decision of the municipality to prevent the tournament. So people decided to move the tournament to a different field, people had a great day and it finished beautifully with a rap battle.

On Sunday, September 14, people come again to train at the citadel as usual. The caretaker of the citadel tells them they are not allowed to play. They ask for an official written decision, there is none – so they start playing. Three officials from the Town Hall; Agius, Garnet and Mignonet with their favourite police ushers, came down personally to tell people the Mayor does will not allow them to play football on this public land. They say the Mayor has decided only liscenced clubs or children under 10 years old are allowed to play football here (or more like white-looking European people). Players decided to ignore this clearly racist attempt to stop them coming to this popular sports area, and continued to play.

So the national police were instructed to come on to the pitch and ask the players to leave the field. But the players refused, and people continued to play football.

On Sunday 21st people come again to play football at the citedel. The city council has put a sign at the entrance to the site to reserve the use of the licensed clubs and students, following on from their attempt last Sunday to deny access. The Deputy Mayor Mignonet, comes again accompanied by his other favourite users, bailiffs, to claim people playing football will be charged with ‘occupation of the land’. The bailiff became very aggressive when we asked him why it is no problem for other young people of Calais who were playing on the same field.

When interviewed by the local paper, it seems the Town Hall is wanting to extend this to every public space in Calais. If you want to play football, says Emmanuel Agius, you must request permission from the town hall unless you are under 10 years. Agius says, “You can walk in public places, but for the rest, you have to ask permission from the mayor. We do not play ball in the park, at least not that way! If they ask permission, the mayor will decide. Me anyway, I do not give a favorable opinion to the No Border: These convicts are clearly my enemies.” [1]

And so the Town Hall shows its alliances once again ; neo-Nazis fascists are given permission to have a platform outside the Town Hall to openly incite racist hatred and violence, while at-the-same-time, ‘migrants’ are banned – with assistance of cops and baliffs – from playing football or ‘the rest’ in public places. There are elected officials who consider municipal property as their private property, and can choose to exclude those they dislike.

Hundreds join Neo-Nazis in Fascist Demo

Outside the Town Hall on Sunday 7th September over three hundred fascists made a demonstration against the presence of ‘migrants’ in the city. The demo was organised by the racist neo-Nazis group, ‘Sauvons Calais’, and attended by local fascists and other ultra-right groups and individuals from other parts of France, Belgium and UK.

There can be no doubt about the violently racist and xenophobic ideology of this rally, from Nazis salutes, to swastika tattoos, SS division t-shirts and signs that say ‘Lets Get Them Out’ : the message was clear from just looking at the crowd.

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‘High-profile’ neo-Nazis speakers (pictured above and below) were invited to incite hatred, racial violence and the values of white supremacy also, for example, praising the actions of Golden Dawn in Greece who are well known for organising openly as neo-Nazis and attacking and murdering ‘migrants’ and anti-fascists under the banner of a ‘pure nationalism’.

Here is a closer look at what some of these ‘high-profile’ speakers look and sound like – the quotes below are taken from their speeches to the crowds or interviews with journalists during the demo:

Thomas Joly (secrétaire général du Parti de la France, formerly from the Front National) :

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“Yes we want a camp, a camp for imprisonment and expulsion of aliens to their country of origin”, [1]

“The black-blanc-beur [a phrase relating to the coming together of black, whites and arabs] caused the destruction of this country”, “[we need] to conduct a war for the survival of our country and our people, to make France for the French”, [2]

“The future of the white world is challenged”. [3]

Yvan Benedetti, (conseiller municipal de Venissieux and former-member of the now banned organization L’Œuvre française) :

yvanBenedetti

“We must finish with the migrants”, “We are against extreme left and foreign scum”. [2]

Richard Roudier (of Réseau dentités), a network which wants to create a “strong France”, “protect our civilisation”, and “stop the human and cultural immigration that tends to transform Europe into a multi-ethnic society” :

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“It’s good that my anger has been made happy today, it is from Brest to Vladisvostok and from Calais to Lampedusa, that the people are rising up and saying no to the invasion of our continent. [3]

And of course, lest not forget, the self-appointed spokesperson of Sauvons Calais, Kevin Riche, the one with the swastika tattoo on his chest who invited all these fascists to Calais to fight the “invasion of migrants”, yet stills tries to convince journalists at the demo “we are neither racist nor Nazi”, whilst people at the demo hail-Hitler salute behind him.

kevin

“For me, the event went well overall, the Calais is mobilizing people. I did not see racism. I have not seen anything shocking”. [3]

…Kevin, who is also chummy with Marine Le Pen…
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Also, in the crowd are ‘Blood and Honour’ supporters, symbolised by the code 28, referring to the second and eighth letters of the alphabet,”B” and “H”. Jackets worn at the demo have “Support 28 Hexagon” symbol (see below), which is the French branch of the organization…
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Blood and Honour’ is an organisation openly calling for Nazism and was a motto of the Hitler Youth.

There was also plenty SS t-shits, including “Charlemagne 1944″ in reference to a French SS division…
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The micro-totalitarian state that is Calais has not only given neo-Nazis a platform, but has laid the foundations. The fascists are an extension of what the state has created, and a continuation of what the state can not so easily, or publicly, get away with.

The government are the puppeteers behind over a decade of harassment and attacks aimed at physically removing a certain section of society, ‘migrants’, from Calais; beating and tiring people down whilst destroying their means of living – with local, border and riot cops all employed, day in and day out, in order to try to disappear ‘migrants’ from the city, as well as using ‘extra-ordinary’ measures to crack down on its supporters – from general harassment to futile arrests or banning ‘supportive’ events or festivals and closing down and fencing off public spaces..

And so it is no co-incidence that meanwhile, on the same day as the fascist demo is permitted to rally in the centre of town, the Mayor decides to close the citadelle (and sports area in Calais) by way of a “Municipal Decree” to prevent an event “Football of the World Against Racism” organised the same day involving eight teams, hundreds of refugees and some locals and associations.