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témoignage de Rahim

« Nous n’étions qu’à 10 mètres de l’île quand les garde-côtes nous ont trouvés […] Nous étions si proches, nous pensions que nous allions y arriver. Mais le bateau des garde-côtes grecs nous a rattrapés. Nous avons crevé notre bateau et sauté à l’eau pour que les garde-côtes ne puissent pas nous remorquer jusqu’en Turquie, mais ils nous ont attrapés et fait monter sur leur bateau […] Puis nous avons navigué pendant à peu près une demi-heure en direction de la Turquie […] Ils ont mis un canot pneumatique à l’eau et ils nous ont poussés dedans. Ils nous ont aussi jeté deux rames et nous ont montré la direction du rivage. Puis ils sont partis. Ils nous ont simplement abandonnés sur place. »

Rahim (16 ans)

source: https://jeunes.amnesty.be/

Boats, crossings / Bateaux, passages

Since 1994, when the Channel Tunnel rail link was opened, Britain and France have been permanently connected by 48kms of underwater tunnel. Like all large-scale infrastructure developments of this type, the Eurotunnel / Eurostar has progressively accelerated the speed and flows of people and commodities between Britain and France but only for those who can afford it.
On top of it, daily connections with ferries from Calais to Dover, buses, and even private flights from Marck airport, offer a wide range of possibilities for people willing to travel across the Channel.

25 years on, successive waves of migrants from conflict zones around the world, those from the Balkans, Iraq, Afghanistan, Yemen, Vietnam, Iran, Eritrea, Sudan, Ethiopia, North Africa, Syria and more, have made their way to Calais in an attempt to reach Britain.

The French and UK governments, working together, do not want “migrant” people to cross from Calais. As well as seeking to “protect” infrastructures such as the Tunnel and the Ferry Port, but also highways entrances, parkings, petrol stations, they put pressure on people with daily police harassment, arrests, theft and destruction on people’s belongings (see more recent examples here and here).

The destruction of the slum known as “Jungle” in late 2016 meant the dispersal of people even further from the borders, and the huge securisation works on the port and the Tunnel between 2014 and 2016  meant different, more creative or dangerous routes for crossings. While crossing with trucks and hiding in vehicles remain common, boat crossings started occurring with regularity in Autumn 2018 and, despite efforts of both French and UK government, have not slowed down since. More recently, as this way of crossing became a visible trend, the UK gave funds to the French police for surveillance drones on the coast, beach patrols and so on. As the Guardian reports, there were 297 boat crossings by migrants in 2018, 1,890 in 2019 and at least 1,040 so far this year. In this article it’s also mentioned the existence of a plan to deport more smoothly those who have crossed via boat.

Since 2018, thousands of migrants stuck in Calais have attempted to make their way through the Channel by small boats. These people, forced to risk their lives, exercising their right to freedom of movement, have seen and experienced at their expense the extra fortifications and the continued militarization of the border in Calais, and in general in Europe.

In the last few months, while most of Europe was in semi or full lockdown internally and limiting freedom of movement for their own citizens, those who do not have a piece of paper allowing them to move hassle free, continued being affected by EU border policies and fighting against them with their own bodies, defying the regime and crossing the border.

In spite of the extra fortifications and bolstered security forces, on the weekend of May 8th-10th more than 240 migrants attempted to cross the English Channel by water, of which 145 people in 7-8 small boats on Friday alone; “a record for a single day,” the Home Office stated. Since the beginning of the lockdown in France, more than one thousand made it to the UK crossing the dangerous waters of the Channel by small boat.

It makes better business sense to militarise and repress rather than regularise and welcome. And people suffering from border policies, are nevertheless determined to crumble them to pieces.

If the governments really want to stop border crossings and more specifically crossings by small boats, securization has been been proved not to work. They may just as well think of recognizing people right to free movement.

Block everything, nobody moves until everyone can move!

Open the border! Now!

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Calais_and_the_white_cliffs_of_Dover

Depuis 1994, date de l’ouverture de la liaison ferroviaire du tunnel sous la Manche, la Grande-Bretagne et la France sont reliées en permanence par un tunnel sous-marin de 48 km. Comme tous les grands projets d’infrastructure de ce type, l’Eurotunnel / Eurostar a progressivement accéléré la vitesse et les flux de personnes et de marchandises entre la Grande-Bretagne et la France, mais uniquement pour celleux qui peuvent se le permettre.
De plus, les liaisons quotidiennes avec les ferries de Calais à Douvres, les bus, et même les vols privés de l’aéroport de Marck, offrent un large éventail de possibilités aux personnes désireuses de traverser la Manche.

25 ans plus tard, des vagues successives de migrant-e-s en provenance de zones de conflit dans le monde entier, celleux venant des Balkans, d’Irak, d’Afghanistan, du Yémen, du Vietnam, d’Iran, d’Érythrée, du Soudan, d’Éthiopie, d’Afrique du Nord, de Syrie et d’autres, se sont rendu-e-s à Calais pour tenter de rejoindre la Grande-Bretagne.

Les gouvernements français et britannique, qui travaillent ensemble, ne veulent pas que les “migrants” traversent de Calais. En plus de chercher à “protéger” les infrastructures telles que le tunnel et le port, mais aussi les entrées d’autoroutes, les parkings, les stations d’essence, ils mettent de la pression sur les gens avec un harcèlement policier quotidien, des arrestations, des vols et des destructions sur les biens des gens (voir plus d’exemples ici et ici, le dernier en anglais seulement).

La destruction du bidonville connu sous le nom de “Jungle” fin 2016 a entraîné une dispersion des populations encore plus loin des frontières, et les énormes travaux de sécurisation du port et du Tunnel entre 2014 et 2016 signifient des itinéraires de traversée différents, plus créatifs ou plus dangereux. Alors que les traversées en camion et la dissimulation dans les véhicules restent courantes, les traversées en bateau ont connu une grande effervescence à l’automne 2018 et, malgré les efforts des gouvernements français et britannique, n’ont jamais ralenti. Plus récemment, alors que ce mode de traversée est devenu une tendance connue, de l’argent a de nouveau été dépensé pour des drones de surveillance sur la côte, des patrouilles de plage, etc. Comme le rapporte the Guardian, il y a eu 297 traversées de bateaux par des migrants en 2018, 1 890 en 2019 et au moins 1 040 jusqu’à présent cette année. Dans cet article, il est également fait mention de l’existence d’un plan visant à expulser plus facilement celleux qui ont traversé par bateau.

Tout cet argent ne représente qu’une fraction du coût nécessaire pour offrir un refuge aux personnes qui tentent d’atteindre le Royaume-Uni, celles que les forces de sécurité veulent désespérément empêcher d’entrer. La rhétorique derrière cette fortification et cette militarisation est le nationalisme et l’isolationnisme. Il est préférable de maintenir les sans-papiers en situation irrégulière et d’alimenter les mythes des ressources limitées volées par des étrangers hostiles, qui ont peut-être même maintenant des “problèmes de santé” pour justifier cela.

Depuis 2018, des milliers de migrant-e-s bloqué-e-s à Calais ont tenté de se frayer un chemin à travers la Manche par de petites embarcations. Ces personnes, contraintes de risquer leur vie, exerçant leur droit à la liberté de circulation, ont vu et vécu à leurs dépens les fortifications supplémentaires et la militarisation continue de la frontière à Calais, et en général en Europe.

Au cours des derniers mois, alors que la majeure partie de l’Europe était semi ou totalement verrouillée sur le plan interne et limitait la liberté de circulation de ses propres citoyen-ne-s, celleux qui n’ont pas de papiers leur permettant de se déplacer librement ont continué à être affecté-e-s par les politiques frontalières de l’UE, et à les combattre de leurs propres corps, en défiant le régime et en franchissant la frontière.

Malgré les fortifications supplémentaires et le renforcement des forces de sécurité, le week-end du 8 au 10 mai, plus de 240 migrants ont tenté de traverser la Manche par voie maritime, dont 145 personnes dans 7-8 petites embarcations rien que vendredi ; “un record pour une seule journée”, a déclaré le ministère de l’intérieur. Depuis le début du confinement en France, plus d’un millier de personnes ont réussi à rejoindre le Royaume-Uni en traversant les eaux dangereuses de la Manche à bord de petites embarcations.

Il est plus logique, d’un point de vue capitaliste, de militariser et de réprimer plutôt que de régulariser et d’accueillir. Et les personnes qui souffrent des politiques frontalières sont néanmoins déterminées à les réduire en miettes.
Si les gouvernements veulent vraiment mettre un terme aux passages irréguliers à la frontière et plus particulièrement aux traversées par de petits bateaux, la sécurisation s’étant avérée inefficace, ils peuvent tout aussi bien penser à reconnaître aux gens le droit de circuler.

Bloquez tout, personne ne bouge tant que tout le monde ne peut pas bouger !

Ouvrez la frontière ! Maintenant !

EXPULSIONS Coquelles + Oissel // DEPORTATIONS Coquelles + Oissel

La France continue d’expulser vers le Soudan!
Après avoir expulsé Jebril le 20 mars, puis Mr Abdallah le 17 avril, détenus au Centre de rétention de Coquelles (62), aujourd’hui il y a encore des soudanais enfermés dans ce CRA qui risquent une déportation vers le Soudan.
Aujourd’hui, l’un d’entre eux, ayant son passeport sur lui, a été victime d’une tentative de renvoi juste après son passage devant le Tribunal Administratif. A priori, la tentative aurait échouée car le monsieur a pu refuser le vol, mais on reste vigilant.es.
Ces cas individuels sont les rares dont nous avons connaissance. Ces expulsions vers le Soudan, comme vers d’autres pays, ne sont pas des exceptions : un demandeur d’asile Afghan enfermé à Coquelles depuis plusieurs mois, Alifayez , a déjà résisté à une première tentative de renvoi. Il risque l’expulsion vers la Suède, qui a déjà rejeté sa demande d’asile. La Suède renvoie massivement des personnes vers l’Afghanistan malgré les risques connus dans ce pays, un des pays les plus dangereux au monde.
Vous trouvez ici la pétition lance par l’association Terre d’Errance pour tenter d’empêcher cette expulsion ainsi qu’un reportage de France3 sur Shaima et Alifayez et leur histoire d’amour en France.
Ces situations ne sont pas spécifiques à Coquelles, car en ces jours d’intenses manifestations au Soudan, des personnes retenues au CRA de Oissel (près de Rouen, 76) subissent également les conséquences des politiques racistes et risquent une déportation.
En fin de semaine dernière, un jeune homme soudanais a été déporté contre son gré vers le Soudan. Il avait quelques semaines auparavant réussit à refuser un premier vol.
Les conditions particulièrement inhumaines du centre de rétention de Oissel ont rendu impossible pour lui de communiquer sa situation à quiconque et n’a pu recevoir ni passer d’appels à ses amis ou sa famille, ni de recevoir aucun soutien. Cette situation permet aux autorités d’expulser plus facilement et en toute discrétion.
A ce jour, ni ses amis à Calais, ni sa famille au Soudan n’ont de nouvelles du jeune homme déporté.
Aujourd’hui, deux autres personnes soudanaises risquent un renvoi vers le Soudan depuis le CRA de Oissel.
Pour l’un d’entre eux, Mr A., la police a donné l’information que son premier vol serait le 25 avril, soit demain. Or, la police est venu le chercher cet après-midi, mercredi 24 avril, pour le conduire à l’aéroport. Pour cette fois-ci, Mr A. a pu refuser de partir depuis le CRA.
Le deuxième ressortissant soudanais a également refusé son premier vol.
Leur situation est extrêmement précaire, ils risquent à tout moment d’être emmenés de force.
Tous deux craignent la torture, l’emprisonnement ou la mort en cas de retour au Soudan.

LA FRANCE NE DOIT RENVOYER PERSONNE VERS LE SOUDAN.

STOP AUX DÉPORTATIONS.

ICI un article qui liste les choses possibles a faire, avec les contacts de la préfecture du Pas de Calais, responsable des OQTF qui justifient le maintien en rétention et les tentatives d’expulsions de ceux enfermés a Coquelles, et de l’un des soudanais à Oissel.
Pour l’autre personne enfermée a Oissel, Mr A., c’est la Prefecture du Calvados, que vous pouvez contacter ici ou directement en écrivant un mail au Préfet camille.goyet@calvados.fr .

 

 

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ENGLISH

France continues to deport to Sudan!

After Jebril on March 20, and then Mr. Abdallah on April 17, today there are still Sudanese nationals detained in the Coquelles Detention Center (62), who are at risk of deportation to Sudan.
Today there was the attempt to return one of them, having his passport on him, just after his passage before the Administrative Court . The information that we have is that the attempt would have failed because the person could refuse the flight, but we stay alert.

These individual cases are the few we know about. Deportations to Sudan, as well as to other countries, are not exceptions: an Afghan asylum seeker is currently locked up in Coquelles since several weeks. Alifayez has already resisted a first attempt to return him to Sweden, country which has already rejected his asylum application. Sweden is massively returning people to Afghanistan despite the known risks in this country, one of the most dangerous countries in the world.
You find here the petition launched by the association Terre d’Errance to try stop this deportation as well as a report on France3 (all in French) on Shaima and Alifayez and their love story in France.

These situations are not happening solely in Coquelles detention center: in these days of intense demonstrations in Sudan, some people retained at the CRA in Oissel (near Rouen, 76) are also suffering the consequences of racist policies and are at risk deportation.

Late last week, a young Sudanese man was deported against his will to Sudan. He had, few weeks before, managed to refuse a first flight.
The particularly inhuman conditions of the Oissel detention center made it impossible for him to communicate his situation to anyone and could not receive or make calls to his friends or family, or receive any support. This situation allows the authorities to expel more easily and discreetly.

To this day neither his friends in Calais nor his family in Sudan have any news of the young man deported.

Today, two other Sudanese people are at risk of being sent back to Sudan from Oissel detention center.
For one of them, Mr. A., the police gave the information that his first flight would be April 25, tomorrow. However, the police came to pick him up this afternoon, Wednesday, April 24, to drive him to the airport. This time, Mr A. could refuse to leave from the center and was not deported.
The second Sudanese national also refused his first flight.
Their situation is extremely precarious, they risk at any moment being forcibly taken away.
Both fear torture, imprisonment or death if returned to Sudan.
FRANCE SHOULD NOT RETURN PERSON TO THE SUDAN.

STOP THE DEPORTATIONS.

HERE an article which lists the possible things you can do, with the contacts of the prefecture of the Pas de Calais, responsible for the OQTF that is ground for the retention and the eventual deportation of those locked up in Coquelles, and of one of the Sudanese in Oissel.
For the other person detained in Oissel, Mr A., ​​you can contact the Prefecture of Calvados or write directly to the Prefect camille.goyet@calvados.fr.

RISK OF DEPORTATION TO SUDAN / ALERTE, RISQUE DEPORTATION VERS LE SOUDAN

FRANÇAIS plus bas

Gibril is a person from Sudan detained since February, 26th, in the administrative detention center (CRA) of Coquelles (near Calais, just across the street of the EuroTunnel terminal). He was transferred there after having been arrested for a minor offence roughly a month before, and was made to see the embassy of Sudan in order to be deported to his home country, country that he fled to find freedom and safety.
As often happens for foreigners, especially but not only those without papers, regardless of the sentence given at the trial for the crime they are accused of, France delivers them an interdiction of territory justified by risks of public disorder.
Leave France, destination: Sudan.

A., older man from Sudan, was arrested during an attempt to cross to the UK and is also detained in Coquelles CRA as we write. Like Gibril, he has already been presented to the embassy, embassy that once recognized the person as from the country they represent, can deliver a document that allows the deportation to take place.

In these days of protests and demonstration of solidarity and rage from many cities in Europe to highlight the repression of dictator aL-bAshir, France, the country of human rights, attempts to deport two people back to Sudan. And that’s the ones we know about.
Despite the many reports on the situation in Sudan along the past years, it is not an isolated case, and several people have been deported also to other countries considered “not safe” such as Iraq and Afghanistan.

Thanks to the new Asylum Law, since January the amount of time that people can be detained has doubled from 45 to 90 days, which is to say 3 months.
Down with detention centers, prison-like places for people without “the right” documents. Support Gibril and A. and all other folks in detention.

a testimony from Gibril, published with his permission:
“Anything but not going back to Sudan. I am in danger there, for me is not safe.
I want to be free, I came here (in Europe) for this. I wanted to go to the UK but they arrested me in Calais because they said I committed a crime. I found it unjust, but it all went really fast. They put me in jail for around one month. Then they told me I was gonna be deported. But the punishment of that crime, I am sure still is not death sentence, because that is it if they deport me to Sudan.

 

What you can do:

Call on the Minister of the Interior to call for an end to the expulsion: sec.immigration@interieur.gouv.fr

Write a message or telephone the prefect of Pas-de-Calais, Fabien Sudry, responsible for the order to leave France that creates the ground for the deportation to happen, to ask him to cancel it:
Contact form: http://pas-de-calais.gouv.fr/Contactez-nous
Phone: 03.21.21.20.00

Contact the company Qatar Airways, that commonly lets deportation happen on their flights to countries such as Sudan. You can call its Paris office or go there to explain your point of view on their participation in these expulsions.
You can also contact them on facebook.

FRANÇAIS

Gibril est une personne soudanaise détenue depuis le 26 février dans le centre de rétention administrative (CRA) de Coquelles (près de Calais, juste en face du terminal EuroTunnel). Il y a été transféré après avoir été arrêté pour un délit mineur il y a environ un mois et a été contraint de se rendre à l’ambassade du Soudan pour être déporté dans son pays d’origine, pays qu’il a fuit pour chercher la liberté et la sécurité.
Comme cela arrive souvent aux étrangers, en particulier (mais pas uniquement) à ceux qui sont sans papiers, quelle que soit la peine prononcée au procès pour le crime dont ils sont accusés, la France leur impose une interdiction de territoire justifiée par des risques à l’ordre public.
Quitter la France, destination: Soudan.

A., un homme âgé du Soudan, a été arrêté alors qu’il tentait le passage pour rejoindre le Royaume-Uni. Il est également détenu au CRA de Coquelles au moment où nous écrivons. Comme Gibril, il a déjà été présenté à l’ambassade, qui, une fois qu’elle a reconnue la personne comme étant originaire du pays qu’elle représente, peut délivrer un laisser-passer permettant la déportation.

En ces jours de manifestations , de solidarité et de rage dans de nombreuses villes d’Europe pour dénoncer la répression du dictateur Al-Bachir, la France, pays des droits de l’homme, tente de renvoyer ces deux personnes au Soudan.
Malgré les nombreuses enquêtes publiées au cours des dernières années, il ne s’agit pas de cas isolés, et de nombreuses personnes ont été déportées vers le Soudan, ainsi que vers d’autres pays considérés “à risque”, tels que l’Irak et l’Afghanistan.

La nouvelle loi Asile a doublé la durée maximale de rétention administrative, passant de 45 à 90 jours, soit trois mois, au 1er janvier 2019.

A bas les centres de rétention, qui sont des prisons pour les personnes qui n’ont pas les “bons” documents. Soutenez Gibril, A. et tou-te-s les autres retenu-e-s.

Un témoignage de Gibril, que l’on publie avec son accord

“N’importe quoi mais pas retourner au Soudan. Je suis en danger là-bas,  je n’y suis pas en sécurité.
Je veux être libre, je suis venu ici (en Europe) pour ça. Je voulais aller au Royaume-Uni mais ils m’ont arrêté à Calais parce qu’ils disaient que j’avais commis un crime. J’ai trouvé cela injuste, mais tout s’est passé très vite. Ils m’ont mis en prison pendant environ un mois. Puis ils m’ont dit que j’allais être déporté. Mais la punition de ce crime, je suis sûr que ce ne doit pas être une condamnation à mort, alors que c’est le cas si on me déporte au Soudan
. “

 

Ce que vous pouvez faire – et cela a déjà marché par le passé:

Faire pression sur le gouvernement
sec.immigration@interieur.gouv.fr, 01 49 27 49 27
premier-ministre@pm.gouv.fr
Interpeller par mail Fabien Sudry, le préfet du Pas-de-Calais pour lui demander d’annuler toutes les OQTF pour le Soudan, ainsi que sa décision d’expulser Gibril S. et monsieur A. , ou encore
Par téléphone : (+33) (0) 3.21.21.20.00
Par fax : (+33) (0)3.21.55.30.30
D’autres contacts utiles :
Ministre de l’Interieur Christophe Castaner

Ou via ce formulaire.

Écrire à la compagnie Qatar Airways, auprès de laquelle sont généralement réservés les vols pour les expulsion vers de pays comme le Soudan. Vous pouvez téléphoner à son agence de Paris ou vous y rendre pour expliquer courtoisement votre point de vue sur leur participation à ces expulsions.
Vous pouvez aussi l’interpeller sur facebook.

Alerte expulsion Suède pour un afghan : un vol prévu lundi 26 juin // Alert deportation to Sweden for an afghan : a flight scheduled for monday 26th June

Mise à jour sur la situation de J., afghan dubliné en Suède, demandeur d’asile en France et détenu au CRA de Coquelles!

Il n’a pas été libéré par le-la juge à Coquelles hier matin, et il s’est fait signifié un vol prévu pour la Suède pour lundi 26 juin, c’est-à-dire dans 5 jours!

La Suède est l’un des pays qui expulse le plus vers l’Afghanistan. Le renvoyer vers la Suède, c’est le renvoyer vers l’Afghanistan!

Ce que vous pouvez faire en solidarité avec J. pour tenter d’empêcher son expulsion:

Faire pression sur le gouvernement
sec.immigration@interieur.gouv.fr, 01 49 27 49 27
premier-ministre@pm.gouv.fr

Interpeller le préfet du Pas-de-Calais pour lui demander d’annuler toutes les OQTF, ainsi que sa décision d’expulser J.:

fabien.sudry@pas-de-calais.fr

Par téléphone : (+33) (0) 3.21.21.20.00

Par fax : (+33) (0)3.21.55.30.30

Le formulaire de contact de la préfecture : http://www.pas-de-calais.gouv.fr/Contactez-nous

D’autres contacts utiles :

Ministre de l’Interieur Gérard Collomb

Directeur du cabinet de M. Collomb
stephane.fratacci@interieur.gouv.fr

///

Update on the situation of J., Afghan dublined in Sweden, asylum seeker in France and detained at CRA de Coquelles!

He was not released by the judge in Coquelles yesterday morning, and he was told a flight is scheduled for him to Sweden for Monday, June 26, which means in 5 days!

Sweden is one of the countries expelling the most to Afghanistan. Sending him back to Sweden is sending him back to Afghanistan!

What you can do in solidarity with J. to try to prevent his deportation:

Challenge the government
sec.immigration@interieur.gouv.fr, 01 49 27 49 27
premier-ministre@pm.gouv.fr

Ask the prefect of Pas-de-Calais to ask him to cancel all OQTF, as well as his decision to deport J:
fabien.sudry@pas-de-calais.fr
By telephone: (+33) (0) 3.21.21.20.00
By fax: (+33) (0) 3.21.55.30.30
The contact form of the prefecture: http://www.pas-de-calais.gouv.fr/Contactez-nous

Other useful contacts:
Minister of the Interior Gérard Collomb
– g.collomb@senat.fr
– g.collomb@interieur.gouv.fr
Director of Mr. Collomb’s Cabinet
stephane.fratacci@interieur.gouv.fr

Fuck Dublin, fuck deportations!

Alerte expulsion Dublin vers la Suède // Alert Dublin deportation to Sweden

Jahed, Afghan, est demandeur d’asile en France, dubliné en Suède, où sa demande de protection a été rejetée. Il a été arrêté le lundi 4 juin, alors qu’il allait signer au commissariat de Béthune. Il a été envoyé au CRA de Coquelles, où le juge a confirmé la prolongation de la rétention, afin de pouvoir le déporter. J, souhaitant vivement rester en France, ne s’était pas rendu aux précedents vols prévus pour le déporter. Aujourd’hui, depuis le CRA, J. risque de se faire embarquer de force dans un avion pour la Suède. Il pourrait être expulsé d’un jour à l’autre.

La Suède est l’un des pays qui expulse le plus vers l’Afghanistan. Le renvoyer vers la Suède, c’est le renvoyer vers l’Afghanistan!

Depuis juin 2017, la France continue ses expulsions et tentatives d’expulsions vers l’Afghanistan, que ce soit seule ou en collaborant avec d’autres pays comme la Suède, la Norvège et l’Allemagne via les expulsions Dublin.

Ce que vous pouvez faire en solidarité avec Jahed pour tenter d’empêcher son expulsion:

Faire pression sur le gouvernement
sec.immigration@interieur.gouv.fr, 01 49 27 49 27
premier-ministre@pm.gouv.fr
Interpeller le préfet du Pas-de-Calais pour lui demander d’annuler toutes les OQTF, ainsi que sa décision d’expulser Jahed:
Par téléphone : (+33) (0) 3.21.21.20.00
Par fax : (+33) (0)3.21.55.30.30

Le formulaire de contact de la préfecture : http://www.pas-de-calais.gouv.fr/Contactez-nous

 

D’autres contacts utiles :
Ministre de l’Interieur Gérard Collomb

Directeur du cabinet de M. Collomb
stephane.fratacci@interieur.gouv.fr

Signez la pétition here.

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Jahed, Afghan, is asylum seeker in France, dublined in Sweden, where his asylum request was rejected. He was arrested on Monday, June 4, while he was going to sign at Bethune police station. He was sent to the CRA in Coquelles, where the judge confirmed the extension of the retention. J., willing to stay in France did not go to the flights that were planed to deport him. Today, from the deport center, J. is in danger of being borded by force in a flight to Sweden. It can happen very soon, maybe tomorrow.

Sweden is one of the countries  that deport the most to Afghanistan. To send him back to Sweden is to send him back to Afghanistan!

Since June 2017, France has continued its expulsions and attempts to deport people to Afghanistan, either alone or by collaborating with other countries such as Sweden, Norway and Germany via Dublin expulsions.

What you can do in solidarity with Jahed to try to prevent his deportation:

Challenge the government
sec.immigration@interieur.gouv.fr, 01 49 27 49 27
premier-ministre@pm.gouv.fr

Ask the prefect of Pas-de-Calais to ask him to cancel all OQTF, as well as his decision to deport J:
fabien.sudry@pas-de-calais.fr
By telephone: (+33) (0) 3.21.21.20.00
By fax: (+33) (0) 3.21.55.30.30
The contact form of the prefecture: http://www.pas-de-calais.gouv.fr/Contactez-nous

Other useful contacts:
Minister of the Interior Gérard Collomb
– g.collomb@senat.fr
– g.collomb@interieur.gouv.fr
Director of Mr. Collomb’s Cabinet
stephane.fratacci@interieur.gouv.fr

Sign the petition here

STOP ALL DEPORTATIONS!

PAS UNE SEULE DÉPORTATION DE PLUS!

Noise demo at CRA: Coquelles

On Saturday, 7 January, a noise demo took place outside of the Coquelles (Calais) detention centre. Several dozen people gathered in solidarity with people imprisoned only for the offense of not having the right papers – samba music was played and lots of noise was made. Signs were hung up and later leaflets were distributed leaflets on the increasingly harsh situation of detention and deportations. A copy of the text from the leaflets is included below:

The demo was the first to take place since the police violently attacked a group of people at a gathering for peace in September 2017. Police made some surveillance but stayed afar.

Let us continue to make noise in solidarity for those in detention and affected by the border regime!

FOR THE END OF DETENTION CENTERS
AND FREEDOM OF MOVEMENT FOR ALL

Against the trivialization of confinement and the racist, cynical prison policy towards foreign people in France.

A Franco-British summit is planned in mid-January 2018, where Paris intends to complete, without denouncing, the controversial agreements of Le Touquet (2003, concerning the surveillance of the Franco-British border). The French government is seeking even more money from the British government, (140 million in 3 years already obtained to “secure” this side of the border) and a joint Franco-British police coordination center will be build near the Administrative Detention Center (CRA) of Coquelles. This security has only made the situation of exiles present in Calais even more precarious (people having to resort to smugglers more and more necessary, more risks in attempts to cross the border) by making the border ever greedier for money and human lives (2 people dead and 1 seriously injured on the motorway last week).

Since the opening of the CRA of Coquelles in 2003, recently expanded from 50 to 90 places, thousands of people who committed no offense were imprisoned for the purpose of expelling them from France, out of sight, in total invisibility. Forced returns to dangerous countries (Afghanistan, Sudan) are increasing, thanks to Europe’s collaboration with dictators. If the deportation is not possible, the administrative machine is in charge of repressing and humiliating people. The conditions of arrest (often in the middle of the night or early morning when sleeping bags and tents are removed or slashed by the police), the xenophobic remarks heard in the courtroom inside the walls of the CRA (see Paye tes droits – à Calais on facebook) as well as the conditions of detention, reflect the treatment of foreigners in France.

50,000 people were locked up in the CRA in France in 2016, including 3,000 in Coquelles (and 2,090 in the first half of 2017). Minors are also regularly locked up (260 people declared minors in the 1st half of 2017), in the most illegal way…

Relentlessly, the government now wants:

  • Increasing the maximum length of detention from 45 to 90 days, a symbolic and unnecessary measure (it is very rare for people to be deported after 12 days of detention);

  • Measures relating to “preventive” detention: allowing the confinement of foreigners, including those with a right to remain on the territory and in need of international protection. The goal will no longer be to detain a foreigner “the time strictly necessary for his departure” but to lock up more people, even before knowing if justice will decide to order their deportation;

  • Systematic detention measures for rejected asylum seekers, or for those who have left their accommodation;

  • Video conferencing hearings to further dehumanize the court process and maximize deportations;

  • The creation of 400 news places in CRA ;

    The Minister of the Interior also asked the Prefects to “have more resort of the placement in administrative detention spaces”, a more flexible structure than a proper CRA, that a prefectural decree is enough to create.

    These measures are worrying associations for the defense of foreigners because of the less demanding standards and more difficult access to rights, hindering the fundamental rights and freedoms of everyone. (the Human Rights Watch report on police abuses in Calais, the conclusions from the Defender of Rights, the cancellation in March 2017 of clearly illegal municipal ordinances prohibiting food distributions, condemnation of the State and the Municipality of Calais for inhuman and degrading treatment in June 2017).

Let us join forces and our will and call for the closure of all

detention centers in Europe!

The hearings are held from Monday to Friday at 10:00 in the courtroom of CRA of Coquelles (Kent Boulevard), These hearings are open to the public.

Francais

Samedi le 7 janvier, une manif de bruit a pris place à l’extérieur du centre de détention de Coquelles (Calais). Plusieurs douzaines de personnes se sont rassemblées en solidarité avec les personnes emprisonnées (détenues seulement parce qu’illes n’ont pas les bons papiers). Il y a eu de la musique de samba et beaucoup de bruit a été fait. Des pancartes ont été accrochées et plus tard des tracts ont été distribués sur la situation toujours plus violente et difficile de détention et de déportations. Une copie du texte du tract est incluse ci-dessous :

La manifestation est la première de la sorte depuis que la police a violemment attaqué un groupe de personnes au rassemblement pour la paix en septembre 2017. La police a fait de la surveillance mais est restée éloignée.

Continuons de faire du bruit en solidarité avec les détenu-e-s et les personnes affectées par le régime des frontières!

POUR LA FIN DES CENTRES DE RÉTENTION

ET LA LIBERTÉ DE CIRCULATION POUR TOUT.ES

Contre la banalisation de l’enfermement et la politique carcérale, cynique et raciste

à l’encontre des personnes étrangères en France

Un sommet franco-britannique est prévu à la mi-janvier 2018, où Paris entend compléter, sans les dénoncer, les accords controversés du Touquet (2003, concernant la surveillance de la frontière franco-britannique). Le gouvernement français cherche à obtenir plus d’argent de la part du gouvernement britannique, (140 millions en 3 ans déjà obtenus pour « sécuriser » la frontière) et un centre conjoint de coordination policière franco-britannique sera installé près du Centre de Rétention Administrative (CRA) de Coquelles. Cette sécurisation n’a fait que précariser davantage la situation des exilé.es présent.es à Calais (recours aux passeurs de plus en plus nécessaire, davantage de risques dans les tentatives de passages) en rendant la frontière plus vorace, toujours plus avide d’argent et de vies humaines (2 morts et 1 blessé grave sur l’autoroute la semaine dernière).

Depuis l’ouverture du CRA de Coquelles en 2003, passant de 50 à 90 places, des milliers de personnes n’ayant commis aucune infraction ont été incarcérées dans le but de les expulser hors de France, loin des regards, dans l’invisibilité la plus totale. Les renvois forcés vers des pays à risque (Afghanistan, Soudan) se multiplient, grâce à la collaboration de l’Europe avec des dictateurs. Si le renvoi n’est pas possible, la machine administrative se charge de les réprimer et de les humilier. Les conditions d’interpellation (souvent en pleine nuit ou au petit matin, où les sacs de couchage et tentes sont enlevés ou lacérés par la police),les propos xénophobes entendus en salle d’audience dans l’enceinte du CRA (voir Paye tes droits – à Calais sur facebook) ainsi que les conditions de rétention, reflètent le traitement dont les étranger.es sont victimes en France.

50 000 personnes ont été enfermées dans les CRA de France en 2016, dont 3 000 à Coquelles (et 2 090 durant le 1er semestre 2017). Des mineurs sont également régulièrement enfermés (260 personnes déclarées mineurs au 1er semestre 2017), dans l’illégalité la plus totale…

Et l’acharnement n’est pas prêt de s’arrêter, le gouvernement a déclaré souhaiter :

  • L’augmentation de la durée maximale de rétention, de 45 à 90 jours, mesure symbolique et inutile (il est très rare que des personne soient expulsées après 12 jours de rétention) ;

  • Des mesures de placement en rétention « préventive » : permettant l’enfermement des étrangers, y compris ceux ayant un droit au maintien sur le territoire et en besoin de protection internationale. Le but ne sera plus de maintenir un étranger « le temps strictement nécessaire à son départ » mais d’enfermer davantage de personnes, avant de savoir si la justice décidera d’ordonner leur renvoi ;

  • Des mesures de placement en rétention systématiques pour les déboutés de l’asile, ou pour les personnes ayant quitté leur hébergement ;

  • Des jugements par visioconférence afin de pouvoir déshumaniser un peu plus le processus judiciaire et maximiser les renvois ;

  • La création de 400 nouvelles places en CRA ;

    Le ministre de l’intérieur a aussi demandé au préfets d’«avoir davantage recours au placement en local de rétention administrative», structure plus souple, qu’un arrêt préfectoral suffit à créer.

    Ces mesures inquiètent les associations de défense des étrangers en raison de normes moins exigeantes et d’un accès aux droits plus difficile, entravant les libertés et droits fondamentaux de chacun.e (rapport d’Human Right Watch sur les abus policiers à Calais, conclusions du Défenseur Des Droits, annulation en mars 2017 d’arrêtés municipaux manifestement illégaux interdisant les distributions alimentaires, condamnation de l’État et de la municipalité calaisienne pour traitements inhumains et dégradants en juin 2017).

Joignons nos forces et notre volonté et exigeons la fermeture de tous les lieux de rétention en Europe !

Les audiences ont lieu du lundi au vendredi à 10h dans la salle d’audience du CRA de Coquelles (boulevard du Kent), ces audiences sont ouvertes au public.

Protests against the DSEI fair in London from 4th-11th September 2017

We are passing on an article written by Shoal Collective for Border Flashpoint News, about the experiences migrants and refugees are going through because of borders militarized, the supermarket of border militarization and the protests and active work against the DSEI fair (Defence and Security Equipment International, a capitalist trade fair for companies to show their work and products) happening biannually.

Calls for ‘‘a week of action to Stop the Arms Fair at London’s Docklands from 4-11 September, 2017. The Stop the Arms Fair coalition is made up of diverse groups and individuals who oppose the fair. The coalition supports groups using a diversity of different tatics to oppose the fair. It is open for new people and new movements to get involved.

Thursday 7 September’s day of action has the theme ‘Solidarity Without Borders‘ making the links between the arms and security industry. There are also events going on across the UK, in the lead up to DSEI and during the event.”

Please share and re-post this article.

 

DSEI: A Supermarket for state surveillance and border wars


As borders are increasingly militarised and their operation privatised, migration, more than ever before, is also an anti-militarist struggle.


It took Stephen* two years to get to the UK. The journey began in his home country of Sudan, crossing through Libya, Italy, France and Belgium before reaching the UK where he is applying to stay. Like thousands of others, he spent several months in France and Belgium before eventually crossing the UK border, earlier this year, in the back of a van.

Stephen had been through several months of failed attempts before this: Being discovered in Calais after several hours cramped in the back of a van from Belgium with a group of four or five others, then being stuck in France, getting the money together to travel back to Belgium and try again.

“If you have a good luck you can pass; if you don’t, the security check will take you out,” he explains. “First they use dogs, and if the dogs indicate there’s something, they will check it for themselves… If they can’t find anything easily they have to take the truck to the computer scanner… It’s quite scary.”

He says police patrols in Calais and elsewhere operate day and night, with officers carrying tasers and pepper spray. “They are using it easy – they don’t care what is going to happen, it doesn’t matter for them,” he says. “They don’t care if you die, if you don’t, if you’re injured…”

Borders are becoming increasingly militarised and unsafe places particularly for people like Stephen, who are trying to cross them undocumented. The security measures he describes are only the visible ones. As well as the X-ray machine, there’s a monitor that can detect heartbeats, and another to detect raised levels of carbon dioxide from people breathing inside the lorries.

Migrants and smugglers go to great lengths to avoid detection by such machines such as travelling in airtight lorry containers and risking death by asphyxiation, as happened to 15 year old Masud from Afghanistan in early 2016; 71 men, women and children in 2015, and 58 people from China in 2000.

The entire UK border zone at Calais is surrounded by floodlights, 2.5 miles of nine-feet high fencing, a “comprehensive network of surveillance cameras“, including thermal imaging cameras, and drones. As well as the tasers and pepper spray described by Stephen, border guards at Calais are now equipped with guns, batons and body armour.

Private companies producing and developing the technology used at borders are making money from the perceived threat of an ‘invasion’ of refugees in Europe and the very real suffering of people. Many of the companies developing and promoting equipment, surveillance technologies and the IT infrastructure to track people on the move are often among the world’s biggest arms companies.

These defence giants not only profit from the wars and state oppression that cause people to flee their homes, but also from the high-tech surveillance equipment that tracks them, the violence that greets them, and the biometric systems that register them on arrival.

The biannual Defence and Security Equipment International (DSEI) trade fair is a chance for these companies to showcase their work and products. From 12-15 September 2017, DSEI will host over 1,600 companies, from across the defence and security sector industries, at the ExCeL centre in London Docklands. It’s set to attract over 34,000 visitors, including Defence Ministers, international military representatives and private sector companies. Many of the companies who profit from borders will be represented – part of a border security market estimated at €15 billion in 2015 and predicted to rise to €29 billion by 2022.

All across Europe there has been an increasingly militarised response to migration by the European Union. Border Wars, a 2016 report from the Transnational Institute (TNI) and Stop Wapenhandel puts the total EU funding for member state border security measures at €4.5 billion between 2004 and 2020.

Technologies used against migrants include monitoring towers, cameras, land radars and wireless telecommunication, infra-red surveillance, high-tech fences, identification systems, immigration databases, drones, even warships.

The European border security industry is dominated by major arms companies, including DSEI exhibitors Thales, Safran and BAE Systemsthe third largest arms company in the world – who in 2002 won a £7.6 million contract from Romania to supply equipment used in tightening the border, including Mobile Surveillance Vehicles (MSVs), hand-held thermal imagers and night vision binoculars.

Increased surveillance technology at borders is forcing undocumented migrants everywhere to take greater and greater risks. This year over 2,400 people have already lost their lives in the Mediterranean trying to reach Europe. Over 5,000 people died in 2016.

The numbers are growing, but the routes and causes of death have changed. Starting from the summer of 2015 – the “long summer of migration” – huge numbers of people crossed the Aegean Sea from Turkey to Greece, taking the Balkan Route through Macedonia, Serbia, Croatia or Hungary, then into Austria and Germany, or on to Nordic countries such as Sweden, where Syrian citizens were at one time almost guaranteed refugee status.

During the first few weeks of January 2016, more than 30,000 people successfully crossed the Aegean to Greece, in comparison to nearly 1,500 in the whole of January 2015.

But one by one, countries along the Balkan Route began to shut their borders, even building physical walls in some cases, and criminalising migration in increasingly creative ways. After Turkey was given €3 billion to keep migrants away from EU borders, European border army FRONTEX were deployed to some of the Greek islands, and NATO warships began patrolling the Eastern Med, this stopped being the busiest route into Europe, and people began making their way to Libya instead.

Libya is now an incredibly dangerous place as rival militias compete for power. Black Africans are commonly captured and put into makeshift camps by these gangs, often in starving, torturous, and extremely poor conditions. The gangs know that the European Union likes to export its border management to external “third countries”, where monitoring of human rights conditions are harder, and trafficking people is increasingly lucrative. The European Union has been training the Libyan Coastguard and supplied it with €200 million, but rather than rescuing people, they are carrying out illegal push-backs and armed violence against migrants. Now ISIS is also active in Libya, the situation is even worse.

In 2017, nearly all deaths of migrants in the Mediterranean have been people using the Central Mediterranean route, trying to cross between Libya and Italy. NATO has now also deployed warships there as part of ‘Operation Sea Guardian’.

The British government has thrown millions at the Calais border, which seems on its way to full privatisation. The death toll is rising along with the amount of money thrown at the border, with a growing number of deaths each year. An October 2016 report from the Calais Research Network documented 40 companies benefiting from this situation, many of whom will be exhibiting at DSEI:

  • Thales Described as, “one of the top-earning companies in the border industry”, the French multinational was commissioned to supply a surveillance and access control system at Calais in 2010. In 2014 they were awarded a two year £3.8 million contract from the UK Home Office to provide a system to encrypt biometric and biographic data for Biometric Residence Permit (BRP) cards for non-EU foreigners.
  • The Chemring Group supplied PMMWI (Passive Millimeter-Wave Imaging) and vehicle scanning. Roke Manor Research, part of Chemring Group, developed the Pandora lorry scanning system, trialled in Calais.
  • FLIR Systems has supplied thermal imaging cameras for use in Calais during the night or in fog, rain or snow when CCTV cameras can’t provide a clear image.
  • L3 Technologies supplied x-ray scanning equipment at Calais.

Opposing DSEI is one way to act in solidarity with migrants. During the ‘Free Movement for People, Not Weapons’ day of action against DSEI 2015, a member of Black Dissidents said as part of a rousing speech:

“If countries are embroiled in a western-fuelled armed conflict, people will flee. They will flee to safer places. European governments have ensured that if they arrive here, they will not be safe. They will suffer the risk of deportations, detention centres, or raids. They will be scrutinised on the basis of their stories, or their age. While the privileged sell their weapons, and move freely, trans people are detained, queer people have to prove their sexuality, deaths in detention occur in parallel to deaths in custody, and privatisation of services by global security firms such as G4S, or Serco are left unaccountable with impunity.”

*name changed to protect his identity

http://bordernews.info/en/2017/08/29/dsei-a-supermarket-for-state-surveillance-and-border-wars/

 

Jusqu’au bout ils essaieront de tuer la vie.

ENGLISH BELOW. Calais. La Jungle. Dimanche 07 Août 2016.

On pourrait faire une encyclopédie des idées de notre gouvernement pour anéantir toute forme de vie sociale dans cette enclave française. À croire qu’après avoir traversé terres et mers, et perdu déjà une bonne partie de sa vie à fuir à peu près tout ce que beaucoup fuiraient aussi, on serait voué à toujours se noyer, mourir, souffrir parce que l’Europe (et la France dans notre cas) en a décidé ainsi. Jusque là rien de neuf.

Leur dernière trouvaille en date – j’ai l’impression d’avoir déjà entendu et dit ça mille fois – c’est le harcèlement policier des nombreux shops et restaurants du camp. Tous les jours, ou presque, ils sont là. Armes au poing, pointées à seulement un ou deux mètres de ceux qui sont là et qui regardent complètement désabusés, ils font leur petite promenade quotidienne.

Deux hommes prenant tranquillement le soleil, comme si de rien n'était le lance-grenade lacrymogène à la main.

Deux hommes prennent tranquillement le soleil le lance-grenade lacrymogène à la main, comme si de rien n’était. Il fait beau non ? C’est parti pour une tournée des bars ! Ah, non, des restos, pardon…

 

Un CRS probablement mis en danger par le photographe, Cow-boy de notre gouvernement. C'est vrai que là on se sent en sécurité.

Un CRS, ou plutôt un cow-boy (il y a un petit air de Lucky Luke, vous trouvez aussi ?), probablement mis en danger par le photographe. C’est vrai que là on se sent en sécurité. Et les usagers des restaurants du camp juste de l’autre côté de la route doivent aussi se sentir super bien !

Ils sourient. Ils se parlent et rient bruyamment, méprisant tous ceux qui vivent ici, bien loin de leurs vies et leurs priorités de bon petit CRS ou policier obéissant qui me donnent envie de vomir rien que d’y penser.

Des policiers, ainsi qu'un homme, probablement des services de contrôles sanitaires (il ne s'est pas présenté), qui ont franchement l'air de bien s'amuser.  Faut bien vous reconnaître le droit à la détente, pauvres policiers de mon pays, toujours armés mais victimes ! M'enfin là vous êtes quand même un peu désobligeants,, moqueurs, insultants, blessants et violents !

Des policiers, ainsi qu’un homme, probablement des services de contrôles sanitaires (il ne s’est pas présenté), qui ont franchement l’air de bien s’amuser.
Faut bien vous reconnaître le droit à la détente, pauvres policiers de mon pays, toujours armés mais victimes ! M’enfin là vous êtes quand même un peu désobligeants, moqueurs, insultants, blessants et VIOLENTS (comme toujours) !

C’est vrai qu’avoir une arme à la main c’est marrant.

C’est vrai que l’exil c’est marrant.

C’est vrai que la faim c’est marrant.

Et la promiscuité.

Et la saleté.

Etcetera, tout le monde a compris de quoi on parle.

Mais ce qu’il y a de plus poilant c’est quand même, après tout ça, de réussir encore à leur rendre la vie toujours plus dure, et à les enfoncer plus bas que terre. Ça met clairement du fun dans leur existence autant que dans celle des individus malsains composant notre gouvernement et nos « autorités » (autorité qu’ils ont d’ailleurs perdue depuis bien longtemps, bien qu’ils essayent de nous faire croire le contraire en employant systématiquement la violence, quelle que soit sa forme).

La violence à l'état pur : quand on vient d'Afghanistan, du Soudan, d'Erythrée, d'Ethiopie, de Syrie ou du Pakistan, déjà traumatisé par les morts, les combats, les traversées maritimes et les frontières, avec des forces de sécurité très accueillantes dans les Etats traversés, ça doit rappeler des bons souvenirs une intrusion quasi militaire à sa porte !

La violence à l’état pur : quand on vient d’Afghanistan, du Soudan, d’Erythrée, d’Ethiopie, de Syrie ou du Pakistan, déjà traumatisé par les morts, les combats, les traversées maritimes et les frontières, avec des forces de sécurité très accueillantes dans les Etats traversés, ça doit rappeler des bons souvenirs une intrusion quasi militaire à sa porte (et pour fermer des restaurants, attention c’était nécessaire) ! Ils sont vraiment méchants ces migrants, là, les bras croisés, ils font si peur qu’on leur braque dessus une arme qui n’est pas si agréable que ça, et encore moins à bout portant. Mais bon, pour beaucoup ils connaissent déjà ce que ça fait, alors si c’est banal pour eux, c’est pas grave. Et tant mieux, pas de surprise…

Donc, si vous n’êtes pas perdus après cette bonne tranche de rigolade, on ferme la parenthèse.

Depuis deux semaines, la préfecture envoie ses troupes visiter les shops et restaurants du camp. Au programme, au choix ou tout à la fois, on trouve : fermetures, arrestations (de n’importe qui puisqu’il n’y a ni propriétaire, ni responsable, ni vendeur à l’arrivée du contingent armé), vols et/ou destructions de biens (y compris de ce qui n’a aucun rapport avec l’activité de commerce « illégale », comme la destruction de toutes les ampoules visibles), saisies, convocations et autres cadeaux en tous genres.

Ils sont là, les CRS pleins de professionnalime qui représentent si bien notre gouvernement ! Mission accomplie parfaitement ! Le téléphone personnel pour prendre des photos, ça leur est pas aussi interdit par la loi ? Si, mais eux ils sont au dessus des lois. Et les migrants en dessous. Invisibles. Beau pays, belle mentalité.

Ils sont là, les CRS pleins de professionnalime qui représentent si bien notre gouvernement ! Mission accomplie parfaitement ! Le téléphone personnel pour prendre des photos, ça ne leur est pas interdit par la loi ? Si, mais eux ils sont au dessus des lois. Et les migrants en dessous. Invisibles. Beau pays, belle mentalité. En tout cas faut pas s’étonner qu’ils s’investissent en tant que casseurs à leur tour, pas en manif, certes, dans les restaurants des étrangers. C’est mieux et plus acceptable…

Les raisons, puisqu’il fallait qu’ils en trouvent, sont la concurrence déloyale aux commerces calaisiens, l’insécurité sanitaire des aliments servis et l’illégalité fiscale de ces lieux.

D’accord, on n’a rien à redire. Ah, si !

Une voix me dit que, en fait : d’abord, le Lidl et d’autres commerces du coin (légaux, ceux-là) doivent se frotter les mains depuis la création et l’augmentation de la population du camp, puisque beaucoup d’habitants de la Jungle ainsi que de commerces s’y approvisionnent. Et si les commerçants de Calais acceptaient les ennemis publics que sont les exilés, la question se poserait aussi moins. Du coup on aimerait savoir à qui ils font de la concurrence.

Ensuite, une interrogation se pose : est-ce que tous les Quick de France – ainsi que les autres « restaurants » aux conditions d’hygiène et de production horriblement similaires – ont été fermés après qu’un enfant y ayant mangé ait de ce fait et malheureusement trouvé la mort ? Vous connaissez la réponse. Ici ils évoquent des hospitalisations, dont personne n’a d’ailleurs jamais entendu parlé, pour pouvoir utiliser la santé des migrants et des bénévoles comme raison sanitaire à tout cela. Bon, on ne va pas se mentir, c’est bien la première fois qu’ils se soucient de la santé des migrants ! S’agissant d’un accident vasculaire cérébral, le médecin hospitalier répondra que sans demande d’asile en France il ne peut rien faire à part donner de l’aspirine, pour la pire de toutes les histoires de ce type. Bref, tout le monde ici vous le dira, on a vraiment peur des rats et des toilettes, dont le nombre diminue alors que la population augmente (logique gouvernementale), dont le nettoyage se fait rarissime et qui sont, à l’heure où ces lignes sont écrites, toutes affreusement sales et débordantes (pour rester poli). Mais sûrement pas de la cuisine des restaurants ! Leurs cuisines sont pour la plupart plus propres et présentables que celles du dernier Flunch que vous avez visité. D’ailleurs ceux qui ont fait l’expérience d’une hospitalisation en France vous le diront, ils préfèrent qu’on leur propose des plats des restaurants du camp plutôt que de perdre plusieurs kilos en quelques semaines car la nourriture de l’hôpital est immangeable. Et la même chose vous sera dite concernant les plats servis au centre d’accueil Jules Ferry : combien de fois au cours de discussions on a pu entendre que même un chien n’en voudrait pas, et que s’ils n’avaient pas aussi faim ils n’oseraient même pas y toucher… Et si on les laissait s’équiper, il ne fait aucun doute qu’ils feraient de belles cuisines qui brillent pour que les français ne se sentent pas trop dépaysés. Si ce n’est pas blanc et que ça ne brille pas la cuisine d’un resto, c’est que c’est sale ! On apprend ça à l’école de la République, non ?

Quand à l’irrégularité des restaurants, voilà un argument infaillible de la préfecture ! Des commerces illégaux avec des usagers indésirables dans un endroit qui n’a rien de légal du point de vue de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, de la loi française et européenne, des accords, conventions et traités internationaux. Ça fait sens ! Il faudrait que des personnes jugées indésirables et qu’ils veulent illégales, qu’ils essayent par tous les moyens possibles de dissuader de rester en France en leur faisant subir toute la violence républicaine, physique et psychologique, fassent les démarches administratives pour pouvoir ouvrir un commerce qui servirait à d’autres indésirables. Cherchez bien, là encore il doit y avoir une logique. Si nos élus pouvaient nous aider à la trouver, elle doit être cachée en dessous de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme qu’ils n’ont jamais lue !

Quand j’entends leurs arguments de légalité, et fiscale qui plus est, je n’arrive pas à enlever cette petite voix qui finalement crie très très fort dans ma tête : « Les Droits de l’Homme, la Constitution française, la loi française, la loi européenne, la Convention de Genève et le reste, quelqu’un de chez vous s’est préoccupé de l’appliquer ici avant d’essayer d’appliquer le droit fiscal ? ». « Vous » c’est elle, la gauche qui continue à faire perdre tout leur sens aux mots « socialisme », « démocratie » et « liberté ». On n’avait vraiment pas besoin de ça.

Depuis quand les droits à appliquer sont ils sélectifs ? Depuis quand peut-on imposer des devoirs à ceux à qui on ne donne aucun droit ? Des droits et des devoirs, elle est là la plus grande blague qu’on nous enseigne depuis la maternelle.

Les Etats, la France et l’Angleterre, par leurs erreurs volontaires sont les premiers responsables de la création de ce lieu. L’arrivée de commerces était inéluctable et ils sont nécessaires à la survie des quelques 7000 (8000, 9000 aujourd’hui ? Qui sait le chiffre que nous donnera le prochain recensement…) personnes qui (sur)vivent ici. Les distributions alimentaires et de repas ne suffisent plus depuis longtemps au ridicule chiffre d’un repas par jour par personne. Les portions sont diminuées semaine après semaine, y compris pour les familles et donc pour les enfants (dont le plus jeune a, aux dernières nouvelles, 4 mois).

Les restaurants et magasins, en plus de combler ce manque alimentaire, permettent de charger les téléphones et donc aux habitants de communiquer avec leurs familles, de prendre des nouvelles régulièrement dans les zones de conflits ou après des événements particuliers (si, si, à Kaboul aussi il y a des attentats).

Et puis, dans la survie, ils apportent aussi un peu de vie. De l’humain, du social, du lien et de la mixité entre communautés. Ça change des « lines » de distribution qui ne sont sources que de tensions. Bien des valeurs que nos gouvernements ont passées aux oubliettes depuis bien longtemps. C’est la même chose que pour la liberté de circulation des personnes ou le droit d’asile, on ne veut plus en connaître la définition, c’est bien trop contraignant ! Alors que ça règlerait les problèmes de tout le monde, du gouvernement qui les crée jusqu’à nos amis qui en subissent les dramatiques conséquences, physiquement et psychologiquement violentes et traumatisantes.

La réponse du juge des référés du tribunal administratif de Lille à propos du référé de l’Etat français pour la destruction des commerces (et donc de la vie) du camp sera connue mercredi.

La vérité c’est qu’ils essayent de tuer le peu de vitalité qu’il reste dans les yeux de ceux qui ne cherchent que protection, mais qu’ils n’y arrivent pas. Ils ne savent plus rien faire d’autre que détruire, enfermer et déporter. Et pourtant tout le monde ici continue de sourire parfois, quand il ne pense pas aux morts, aux tortures et aux violences qu’ils continuent de subir ici.

Des vraies solutions, qui demanderaient certes une réflexion positive plutôt que sécuritaire et répressive, existent pourtant : l’hébergement inconditionnel et l’ouverture des frontières pour les personnes.

Mais leur liberté est vendue des millions à l’Angleterre, les rendant esclaves d’une Europe moderne en perdition.

Mais la liberté est en voix d’extinction, dans un pays qui l’avait pourtant choisie comme première valeur il y a plus de 225 ans. Vivement la piqûre de rappel… Horria !

ENGLISH
Until when they will try to kill life.
Calais. The jungle. Sunday, 7th August 2016.

We could make an encyclopedia out of our goverment’s ideas to wipe out all forms of social life in this part of France. To believe that after crossing land and sea, and already losing much of their lives running away from what we all would flee from, we would still be doomed to drown, die, suffer, because Europe (and France in our case) has decided so. So far nothing new.

Their latest brilliant idea- It seems to me I have already heard and heard it said a thousand times – is the police harassment of the camp’s shops and restaurants. They are there almost every day. They make their short patrol, weapons in their hands, just one or two metres from those who live there, who look at them lost for words.

Two men quietly bask in the sun holding their tear gas grenade launcher, as if it was normal. It looks cool, doesn’t it? And now we go for a bar crawl! Ah, no, restaurants, sorry…

A CRS, or maybe a cowboy (kind of reminds us of Lucky Luke), feels put in danger by the photographer. It is true that there we feel safe. And customers of the restaurants of the camp just on the other side of the road must feel super good too!

They smile. They talk and laugh loudly, not giving a shit about those who live here, so far removed from their lives and their priorities as good obedient CRS or policeman that just thinking about them makes me want to vomit.

Police officers and a man, probably from health checks services (he didn’t say where), who frankly seems to be having fun.

You must recognize the right to relax, poor police of my country, always the armed victims! but finally you are still a bit derogatory, mocking, insulting, hurtful and VIOLENT (as always)!

It’s true that having a gun in his hand is funny.

It’s true that being in exile is fun.

It is true that hunger is funny.

And promiscuity.

And the dirt.

Etc, everyone understands what we are talking about.

But what winds you up even more, is even after all that, they still manage to make their lives harder, and to push them lower than dirt. It clearly puts fun in their lives as much as the unhealthy individuals that compose our government and “authorities” (authority that they lost long ago, although they try to make us believe otherwise using systematic violence, whatever its form).

Violence: when it comes to Afghanistan, Sudan, Eritrea, Ethiopia, Syria or Pakistan, already traumatized by the deaths, fights, sea crossings and borders, with very welcoming security forces in the states crossed, the almost military intrusion must recall good memories (and closing the restaurants, that was really needed!). They are really nasty these migrants with arms crossed, they create such fear that training a weapon on them, a weapon that is not as pleasant as that, let alone at close range. Still, for many they already know how it feels, It so commonplace for them, it’s okay. And better than that, it is no surprise…

So if you are not out of your mind after this good slice of fun we’ll move on to the next thing.

For two weeks, the prefecture has sent his troops to visit the shops and restaurants of the camp. Their agenda: closures, arrests (this could be anyone since there it is not obvious who is the owner nor who is responsible nor who is the seller when the Police arrive), and/or destruction of property (including that which has no connection with the “illegal” trade activity such as the destruction of light bulbs and TVs), seizures, court summonses and other gifts of all kinds.

They are there, the riot police, full of professionalism, representing or government so well! Mission accomplished perfectly! Using a smart phone to take pictures, it is not to them prohibited by law? Yes, but they are above the law. And migrants below. Invisible. Beautiful country, beautiful mentality.

Anyway is is not surprising that they behave like thugs, never towards their own people in protests, of course, but towards foreigners restaurants. It’s better and more acceptable …

The reasons, as it was necessary that they found some, are unfair competition to businesses of Calais, poor hygiene of food served and tax illegality of these places.

Okay, we have nothing to complain about. Oh yes !

Someone told me that in fact: first, Lidl and other shops in the area (legal, these ones) have seen their profits soar since the inception and increase in population of the camp, since many inhabitants of the Jungle and the shops buy their stock from them. And if Calais shops end the colour bar and start allowing in the public enemies that are the refugees, the question would be posed even less. So we would like to know who is losing out.

Then another question arises: were any fast foot restaurants in France – as well as other “restaurants” with similar conditions of hygiene and horribly similar production – closed after a child who ate there unfortunately died as a consquence? you know the answer.
Here they talk of hospitalizations, which nobody else has ever heard of, to use concern about migrant health as a reason for all this. Well, this is the first time that they have cared about the health of immigrants! In the case of a stroke, the hospital doctor will answer that without asylum in France he can not do nothing except give aspirin to the worst diseases. In short, what everyone here will tell you is that what they are really afraid of are rats and the toilets, of which the number decreases as the population increases (government logic), cleaning is extremely rare and are, at the time we are writing these lines, dirty and overflowing (to be polite). But surely no it is the restaurant kitchens! Their kitchens are mostly more cleaner than the last Flunch you’ve been in. Those who have experienced a hospitalization in France will tell you, they prefer the food they find in camp’s restaurants rather than lose several kilos in a few weeks because of the inedible hospital food. And the same will be told to you about the dishes served at the Jules Ferry Center: how often we hear that not even a dog would want it, and if they were not starving they wouldn’t touch it… And if we just let them equip themselves, there is no doubt they would have nice kitchens that will shine so the French won’t feel too disoriented. If the kitchen of a restaurant it is not white and it is not shining it means that it’s dirty! We learn this at school of the Republic, right?

Then, the informality of restaurants, this is a foolproof issue of the prefecture! Illegal businesses on with unwanted customers in a place which is squatted and not legal according to the Universal Declaration of Human Rights, the French and European law, agreements, conventions and treaties. That makes sense! Those undesirable persons -who government try by all means to dissuade to stay in France by subjecting them to any possible violence, physical and psychological- should do the paperwork to open a legally owned business that would serve other undesired people. Look around, again there must a logic. If our elected officials could please help us find it, because it must be hidden under the Universal Declaration of Human Rights that they have never read!

When I hear the reasoning of legality, which is more about taxes, I can not remove that little voice that screams loudly in my head: “The Rights of Man, the French Constitution, the French law , the European law, the Geneva Convention and the rest, has anyone been concerned to apply them here before trying to apply the tax law? “. “Anyone”, is it the Left that continues to spout out , devoid of all meaning the words “socialism,” “democracy” and “freedom.” We really don’t need that.

Since when were rights to be applied selectively? Since when can we impose duties on those who have no rights? Rights and duties, it’s the biggest joke we are taught since nursery.

Nations, France and England, through their voluntary errors hold the main responsibility for the creation of this place. The arrival of shops was inevitable and they are necessary for the survival of 7000 (8000, 9000 today? Who knows the number that the next census will state…) people living (surviving) here. Food distributions are not enough since a lot of time for it is only one meal per day per person. The portions are reduced week by week, including those for families and therefore children (the youngest of whom was, at last count, 4 months, but since then another girl has been born).

Restaurants and shops, in addition to filling this food shortage, allow migrants to charge phones and thus people to communicate with their families, having regular news from areas of conflict or after particular events (yes, also in Kabul there are terrorists attacks).

And in the struggle to survive they also bring a bit of life. They are a place for human, social relationships and are a melting pot between communities. It is a change from endless waiting in distribution lines that are the cause of so much tension. Although they are values ​​that our governments forgot long ago. This is the same as for the freedom of movement or the right to asylum, you don’t want to know the definition, is too restrictive! While it would solve the problems of everyone, from the government that created the situation up to our friends who are suffering its dramatic consequences, physical and psychological violence and trauma.

We will know on Wednesday the decision of the judge of the Administrative Court of Lille about the interim of the French State for the destruction of shops (and therefore life) of the camp.

The truth is that they are trying to kill the little vitality that remains in the eyes of those who seek only protection, but they don’t find it. They know nothing else to do than destroy, lock up and deport. Yet the people here still smile sometimes when they are not thinking about deaths, torture and violence that still exists here.

True solutions, which certainly would require a positive reflection rather than protecting safety and repression, already exist: the unconditional accommodation and the opening of borders for people.

But their freedom is sold by millions in England, making them slaves of a sinking modern Europe.

But freedom is on its way to extinction, in a country that had chosen it as the first value more than 225 years ago. A deeply felt wakeup call… Huriyeh!

Death In Calais/ Mort à Calais

This morning, Thursday 31st March, a 22 year old man from Afghanistan was killed after being hit by a truck on the A16.

On Tuesday 29th March, an underage person from Syria was seriously injured after being run over by a truck in the port. He is still in the resuscitation unit, it is still unclear whether he will survive.

 

This border kills.


 

Ce Jeudi 31 mars au matin ;un Afghan de 21 ans est décédé après avoir était écrasé par un camion sur l’A16.

Mardi 29 mars ,un mineur syrien à été grièvement blessé après avoir couru près d’un camion vers le port.Il est encore en service de réanimation ,on ne sait toujours pas si il survivra,leur pronostique vital est engagé.

Les frontières tuent.