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Décision de Victor Hugo donné … mais pas pour nous!

Hier après-midi, la justice sa décision en faveur de l’expulsion du squat 51 Victor Hugo, un squat à Calais qui abrite, à l’heure actuelle, une trentaine de femmes et leurs enfants.

Le processus d’obtention de la décision de la cour était extrêmement confuse et a augmenté le sentiment d’insécurité, la peur et la colère des habitants de la maison. Encore à ce moment, nous n’avons pas vu le jugement réelle (il n’a pas été donné à notre avocat), noua l’avons apprit dans la presse !

À partir de 08h30 les gens se sont rassemblés devant le palais de justice pour exprimer leur soutien. Nous avons été très encouragés de voir tous les calaisiens qui sont venues par solidarité !

Ils ont partagé notre colère et notre frustration quant a l’oppression continue des migrants à Calais, les carences du «gouvernement» local a respecter la dignité des personnes. En ce moment , nous continuons à attendre pour plus d’informations et nous vous communiquerons davantage une fois que nous aurons le jugement.

Decision of Victor Hugo given… but not to us!

Yesterday afternoon the justice gave the decision to evict 51 Victor Hugo, a squat in Calais which houses, at the moment, around thirty women and children.  The process of obtaining the decision from the court was extremely confusing and created more feelings of insecurity, fear, and anger from the residents of the house. Still at this time we have not seen the actual judgment (nor has it been given to our lawyer), only learning what we have through the press!

Starting from 8:30AM people gathered outside the court house to express their continued support. We were very encouraged to see all the local people who came in solidarity! They shared our anger and frustration at the ongoing oppression of migrants in Calais, and the failings of the local government to respect people’s dignity.

At this moment, we continue to wait for more information and will communicate further once we have the judgment.

Squat on Victor Hugo served papers by bailiff

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Occupied now for a month and a half, the squat on Boulevard Victor Hugo was visited by the city bailiff and a vanload of CRS yesterday so that they could take the name on the house and begin legal proceedings.

One week after the beginning of the occupation, the Assistant Mayor Phillippe Mignonet showed up with police and used obvious demagogy to try and convince us of our illegitimacy, but without actually being able to do anything. The politician (who holds extremely right wing views and celebrates repression against migrants in general) told us, “I will make your life hell. It’s not a threat, it’s a promise!”

Although this may be his intention, he is in fact completely impotent in the face of our occupation. This was acknowledged by the article in the Nord Littoral newspaper entitled ‘Un groupe de No Borders indélogeable’, which stated that despite the passage of the police and the municipality it’s impossible to dislodge the squatters after 48 hours of occupation without going through a legal process.

This is the second ‘legal’ squat in Calais after Rue Caillette that the police cannot enter or evict imminently, which gives people here a bit more stability.

At the moment the space has started to flourish and many actions gravitate around it. Many neighbors have shown their support and are happy about our presence, while during the day, curious people from the street stop by and talk with us.

So far this space has been used as a work space for the kitchen and a safe space for vulnerable people in Calais, and we are looking forward to seeing how it will continue to evolve in the future.

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Paroles des femmes de la maison du 51 boulevard Victor-Hugo

Nous n’avons pas d’endroit où vivre, nous asseoir, ou se reposer. Nous n’avons rien donc nous voulons rester ici. Nous voulons avoir une chance de rester dans cette maison.

Nous avons quitté notre pays à la recherche d’une vie meilleure et maintenant nous avons encore peur. Jusqu’à quand allons-nous encore avoir peur ? Nous ne sommes pas libre ici, c’est le jeu du chat et de la souris et nous devons toujours fuir, fuir, fuir. Nous sommes venues en Europe pour trouver la liberté mais où est-elle ?

Nous sommes toutes arrivées par la mer, d’abord au Soudan, en Libye, puis en Italie, nous nous échappons depuis le début de notre voyage. Nous n’avons pas quitter notre pays, l’Érythrée, pour des raison économiques, nous avions de la nourriture et un abris là-bas, quelques-unes d’entre nous allaient même à l’université. En Érythrée, les femmes et les hommes doivent faire leur service militaire pendant au moins deux ans qui peuvent devenir des années. Nous n’avons pas d’autre choix que d’y aller et tout le monde s’enfuit parce-qu’ils en ont peur.

Maintenant nous sommes parties, nous avons eu une chance de quitter notre pays et nous en pourrons jamais revenir. Si nous le faisions, nous serions en grand danger, nous risquons la prison pour très longtemps, ou nous pouvons même être tuées. Quand nous nous sommes enfuies de notre pays nous cherchions la liberté. Personne ne s’enfuit de son pays et prend autant de risque pour des raisons économiques. Notre voyage était vraiment dangereux, il y a beaucoup de racisme, par exemple en Libye beaucoup de personnes africaines ont été tuées. Et maintenant en Europe c’est le jeu du chat et de la souris, chaque fois qu’on voit un policier on fuit. Où est la démocratie ? Qu’est-ce qu’on a fait de mal ? Est-ce que c’est parce-que nous sommes illégales ou que nous sommes noires que les gens nous traitent comme ça ?

Nous avons besoin de liberté. L’une d’entre nous pense à rester en France mais après ce que nous avons vécu ici, on ne voie pas la liberté et on ne veut pas subir encore une fois le racisme. Nous sommes venus pour la liberté, pas pour ça. Plus que tout c’est la liberté qui nous importe, plus que la nourriture ou l’abri. Une de mes amies a été frappée par la police et jetée dans des ordures, une autre a été conduit en plein milieu de la nuit loin de Calais et elle a du revenir à pied. Pourquoi ? Pour quelles raisons ? Maintenant, nous n’avons nulle part autre où aller que cette maison, si elle est fermée nous serons à la rue. Nous ne voulons pas bouger d’ici. Nous aimerions avoir la chance d’y rester.

Women Crossing Borders- Les Femmes Traversant les Frontieres

Les personnes exilées bloquées à la frontière Franco-Britannique sont présentes sur un territoire toujours plus large : de Grande-Synthe à Cherbourg sur le littoral, mais aussi de Steenvoorde à Marquion, plus à l’intérieur des terres.
Ces trois dernières décennies, bien que rendues largement invisibles dans les villes, les personne exilées ont été largement médiatisées. Cependant, cette couverture médiatique a principalement été à l’initiative des acteurs politiques, économiques, ou associatifs, en ciblant les conditions de vie plutôt que les causes de celles-ci, et ne s’est intéressée quasi exclusivement qu’à l’endroit où ont été déboursées les plus grandes dépenses de sécurisation de la frontière : Calais.

Conçu comme outil de sensibilisation grand public par la Plateforme des Soutiens aux Migrants, le “Journal des Jungles” est le résultat d’une résidence d’écriture de 3 jours, qui redonne directement la parole aux personnes exilées elles-mêmes.
Dans un lieu à chaque fois différent,  à proximité d’un campement et avec des habitant.e.s de ces campements, ainsi que des individu.e.s ou bénévoles de différentes associations, il touche à des thématiques diverses choisies par les participant.e.s.

Les textes rassemblés dans ce journal sont publiés dans la langue utilisée par la personne pour la rédaction et sont systématiquement accompagnés d’une traduction française et anglaise.

Le dernier numéro à été réalisé à Calais dans le cadre d’une résidence en non mixité choisie entre femmes ayant des vécus différents liés à la frontière.

Il se titre Women Crossing Borders – Les Femmes Traversant les Frontières.

Vous pouvez écouter les témoignages de certaines des autrices ici, lire le journal dans son intégralité en ligne et en demander des copies papier par mail. Des pages en complement sont aussi visibles ici.

Les autres numéros du Journal des Jungles sont également disponibles sur le même site.

Par ailleurs, aepuis la fermeture des squats Victor Hugo et de la rue de Vic, les femmes et les enfants exilée.s ont été logés par l’Etat au Centre Jules Ferry jusqu’au démantèlement de la jungle en 2016. La solidarité entre femmes et plus généralement entre “wom*n” n’a cessé depuis, face à la frontière mais aussi à une forte binarité oubliant les personnes lgbtqi+. Au cours des dernières années, une plus grande importance a été accordée à la création d’événements réguliers et pontcuels en mixité choisie dans le contexte de la situation frontalière à Calais. Bien que cette action reste relativement “petite”, elle a une grande importance pour toustes celleux qui y participent, en s’appropriant et en faisant de cet espace ce qu’il est, si ça n’est le temps des deux après-midi par semaine. Et cette solidarité permettra peut-être un jour de faire tomber la frontière en morceaux.

open the border

Exiled people stranded on the Franco-British border are present on an much larger are than Calais city: from Grande-Synthe to Cherbourg on the coast, but also from Steenvoorde to Marquion further inland.

Over the last three decades, although made largely invisible in the cities, migrant people have been widely publicised in the media. However, the media coverage has been mainly initiated by political, economic or associative actors, targeting people’s poor living conditions rather than their causes, and has focused almost exclusively the place where the greatest money on border security has been spent: Calais.
Conceived as a tool for raising public awareness by the Plateforme des Soutiens aux Migrants, the “Journal des Jungles” is the result of a 3-day writing residency, which gives a voice to the people on the move themselves.

In a different place each time, often close to a camp or in a city where migrant population is present, inhabitants of these camps, as well as individuals or volunteers from different associations gather together to write. Themes vary and are chosen by the participants. The journal is systematically published in the language in which the text is written by the person, as well as translated into English and French.

The latest issue was written in Calais in the context of a residence in chosen non mixity between women with different life experiences related to the border.

It titles: Women Crossing Borders- Les Femmes Traversant les Frontieres.

You can listen to the testimonies of some of the authors here, read the full journal online and request physical copies by email. Additional pages can also be found here.

Other issues of the Journal of Jungles are also available on the same site.

On a side note, since the the closure of squatted houses Victor Hugo and rue de Vic , women and children had been housed by the state in Jules Ferry Centre until the dismantlement of the Jungle in 2016. Women and more in general wom*n solidarity went on ever since, faced with the struggles of the border but also a strong binarity forgetful of lgbtqi+ people. Along the past years, more importance was given to creating regular as well as one-of events in chosen mixity within Calais border context. While this remain a relatively “small action”, it has great importance for all those that participate,in appropriating and making the space what it is, in the time of the regular couple afternoons per week. And this solidarity will hopefully tear down the border into pieces.

Eviction is a process

The evictions have already started. Eviction is not just the moment when the police come to the jungles and squats and kick people out through a physical confrontation, but it begins way before. The women’s house Victor Hugo is a good example of this. The eviction on the 25th of March happened in a subtle way. The women and children living within Victor Hugo did not want to leave, but instead have been forced to move to the Jules Ferry Day Centre. They were evicted under the threat of violence. This imposed and non consensual arrangement has happened without considering the wishes, opinions, needs or safety of the women living in the Victor Hugo house. The media have supported this by talking about the eviction in terms of “moving out”, therefore this violence has been ignored and made invisible. This forced relocation is an example of how the state controls movement and physical bodies and how it perpetuates and reproduces violence against women.

The house of Victor Hugo for women and children began as a No Border squat which lasted for almost one year before it was handed over to the association Solidaire, who continued to live and work with the women for almost another year. Now the residents of Victor Hugo have been forced to move to the Jules Ferry Day Centre. This centre is isolated, far from the city and crossing points, and will reduce the possibility of women being able to cross independently and safely. Visitors will also not be allowed into the centre, especially anyone who is not part of an official association. This segregation is a deliberate cutting of ties, connections and friendships between the women of Victor Hugo and the associations and activists who have been supporting them. Isolation is one of the first steps towards control and violence.

Jules Ferry Centre: Another step towards segregation // le centre Jules Ferry: un autre pas vers la segregation

*francais en bas

On the 15th of January, the Jules Ferry Centre, a new day centre for Calais was partially opened for the first time. When it is finished, around the beginning of April, the day centre will allegedly provide showers, one meal a day, places to charge phones and a women’s and children’s sleeping place with room for 100 people.

For some people this will be seen as a positive step for the situation in Calais. After all, the State is finally providing something for the migrant population of Calais and showing some form of humanitarian responsibility. But we need to be careful to put this new centre in context. It has not come about because of a compassionate change of heart by the government. It comes as part of a new security agenda agreed with the UK to strengthen the border and prevent people from crossing. The day centre is part of the same strategy that saw the UK and France put €15million into extra funding for police, increasing the level of violence and intimidation against migrants, and the new security fence. The intention is to make crossing the border near impossible at the same time as making life for migrants in Calais minutely managed and controlled or else unbearable. The new day centre is there to deal with the nightmarish fall out from this policy and to provide a humanitarian balm for the racist wounds inflicted by the border. But it is important not to forget that it is first and foremost part of a repressive package designed to monitor, control, and expel the migrant population.

The new centre is not about protection but about policing, not about refugee support but about racial segregation. Located 6km from central Calais, all services provided by associations around the town will now be confined to this remote location. For those living on the other side of Calais, in Galloo or the camp of “leader-price”, the centre is practically beyond reach. Whilst the mayor has indicated that camps will be tolerated in the barren expanse surrounding the centre (dotted with WW II bunkers, the occasional hunter and wet lands) they will be forcefully demolished elsewhere in Calais, and all squats are to be evicted. Bouchart (the mayor) has also declared the provision of food to migrants anywhere outside this centre to be illegal. People are saying that the authorities will start with a ‘soft eviction’ approach by encouraging people to relocate with the promise of services and safety from police harassment. But forcing people to relocate through the use of starvation and threats of police violence for noncompliance seems anything but soft.

What we are witnessing is the creation of a racial ghetto under the guise of liberal humanitarian concern. But the logic of segregation at play is clear : you will be free and safe from persecution, provided with basic amenities and some legal advice, so long as you remain in the ghetto. If you stray from this open prison, if you follow your own goals, you will be hounded by police and persecuted by the authorities. Even if we accept that the provision of aid offered by the centre is a good thing, it still reinforces the idea that migrants cannot be helped here, do not belong here, that they must be kept at a distance and ‘dealt with’. Out of sight out of mind. Everyone in ‘their own’ place. The stench of racism is nauseating.

To us this strategy is not only a cynical response to the cries of local racists but also a clear attempt to cut the links and ties with the people of Calais which have developed over the years and further isolate the migrant communities. Since the closure of Sangatte in 2001, life in Calais for those without papers has been a constant struggle to carve out a space for themselves, trying to find warm, dry, and safe places to sleep, being able to stay in public without fear of police harassment and building increasing relationships and community with locals from Calais. The last few years have seen some progress, especially in terms of public involvement in Victor Hugo and the opening of Galloo, and connections have been made which continue to grow and strengthen, with more local contact with the jungles than ever before. Along with sustained efforts over the years to capture and raise awareness of police violence, these connections across communities have frustrated the State’s ability to police with impunity and offered a challenge to the repressive policies of the authorities. The new day centre will disrupt these connections by limiting (or perhaps preventing entirely) access to the site for non-migrants. By severing the ties we have developed over the years the authorities hope to stop the the seeds of solidarity and struggle from taking root, from growing and become stronger.

The setting up of Jules Ferry has happened without any consultation with the migrant populations, without asking what support they need and how they would like to see it provided. Involvement of local associations has been minimal from the beginning and other plans in the works for cooperation, e.g. the ‘migrant housing project’, have been forgotten. Instead the State is bringing in an external association, La Vie Active, with no experience of the practicalities or the politics of Calais or the different communities and issues present here to manage the centre. The intention is clear : a new association can more easily be the puppet of the State and its interests as it will not have the expertise or the local connections to be able to make and effective challenge.

Breaking up cross-community cooperation, ending existing work, and destroying all the jungles and squats, this new day centre is an attempt to completely alter the playing field, to change the practical situation in such a way that neutralises all effective challenge from migrants and local communities and puts the State firmly in control. Having redrawn the map they can position themselves as the primary driver of any future developments in Calais.

Whilst some people are considering relocating voluntarily to camp near the centre, the majority of migrants are refusing to move. Many of the jungles have been developed extensively over the last half a year, and whilst conditions are still harsh people have been able to carve out an autonomous space and make something approaching a home for themselves. At least here there is some amount of freedom, for example, to come and go as and when, to permit or refuse entry to others, to walk into town etc. Out by the day centre the police can easily control access down the one long narrow track. And out there, away from the prying eyes of the public, they would be free to carry out their attacks with even more enthusiasm. Miles from the nearest shop, everyone will be forced even further into a dependence on charity and on the day centre itself for their survival.

The day centre is an attempt to shackle people to an isolated wilderness outside Calais to frustrate their efforts to cross to the UK and to keep them tied up in one place, ready for any mass round ups and deportations required by changes in the political agenda. Jules Ferry will be an open prison and the provision of aid will be the chains that bind people to it.

Instead:

What is needed is not charity but solidarity. Migrant communities are more than capable of organising and looking after themselves, they are just prevented from accessing many of the basic things of life by the racism of European citizenship and the violence of the UK border. To stand beside people and support them as much or as little as they need in their efforts to cross the border, or whatever their plans might be, is what is needed not a day centre designed to control. We should support those who want to resist evictions and forced relocation and continue to struggle for autonomous life beyond the control of the State .

Ultimately what is needed is political change. Calais is just one location of the racist European project and its control of migration, whilst people all over the world will continue to move. No matter how hostile the conditions in Calais, no matter how high they build that fence, no matter what remote and desolate location people are forced to live on, the reasons driving people to move around the world are more powerful. Sooner or later something must give. People should not be seen as a problem. The problem is how others respond to their presence. The rise of racist and nationalist ideologies throughout Europe is not a separate issue to those we face in Calais, and our solidarity must also involve a struggle against fascism. The State is able to get away with its systematic repression of migrants in Calais and elsewhere because of the implicit support they receive from a hateful and frustrated electorate who more and more are leaning towards fascism.

Many people have said they will not go to the centre, and the many more who will arrive in the future are unlikely to allow themselves to simply be herded so far out. The police repression will undoubtedly increase around town as well as around the parkings and traffic jams, and any attempt to create an autonomous space to live is likely to be met with abuse and intimidation from the authorities. We will continue to stand in solidarity with migrants in Calais and to resist the violence of the state, the police, and the racist border regime. But we must do more than react. With the new day centre the authorities have taken the initiative and will try to gain the advantage. Now is a time for creativity and new ideas in the fight against the border.

*francais

Le 15 Janvier, le Centre Jules Ferry, un nouveau centre de jour pour Calais a été partiellement ouvert pour la première fois. Quand il sera fini, vers le début d’Avril, le centre de jour fournira prétendument des douches, un repas par jour, des lieux pour recharger les téléphones et un lieu de couchage pour les femmes et les enfants pour une capacité de 100 personnes.

Pour certaines personnes, cela est considéré comme une étape positive pour la situation à Calais. Après tout, l’État à finalement fournit quelque chose pour la population migrante de Calais et montre ainsi une certaine forme de responsabilité humanitaire. Mais nous devons être prudents-es et bien contextualiser l’arrivée de ce nouveau centre. Car il n ‘arrive pas grace à un élan compassionnel de la part du gouvernement. Il est livré dans le cadre d’un nouveau programme de sécurité convenu avec le Royaume-Uni pour renforcer la frontière et ainsi rendre le passage vers le Royaume-Uni plus difficile. Le centre de jour fait partie de la même stratégie qui a vu le Royaume-Uni et la France mettre 15 millions € en financement supplémentaire pour la police, augmentant ainsi le niveau de violence et d’intimidation (venant de la police) contre les migrants-es, et la nouvelle barrière de sécurité. L’intention est de rendre la traversée de la frontière presque impossible, et en même temps de rendre la vie des migrants-es à Calais minutieusement gérée et contrôlée, ou bien insupportable. Le nouveau centre de jour est là pour faire face à l’échec cauchemardesque de cette politique et fournir un baume humanitaire pour les blessures racistes infligées par la frontière. Mais il est important de ne pas oublier que ce centre est d’abord et avant tout partie prenante d’un ensemble répressif conçu pour surveiller, contrôler et expulser la population migrante.

Le nouveau centre n’est pas axé sur la protection mais le maintien de l’ordre, non sur l’aide aux réfugiés-es, mais la ségrégation raciale. Situé à 6 km du centre de Calais, tous les services fournis par des associations dans ou à proximité de la ville devront maintenant se limiter à cet endroit reculé. Pour celles et ceux qui vivent de l’autre côté de Calais, au camp de « leader price »  ou au squat Galloo, le centre est pratiquement hors de portée. Alors que la mairesse, a indiqué que les camps seront tolérés dans l’étendue désertique entourant le centre (parsemée de bunkers de la seconde guerre mondiale, de chasseurs occasionnels et autres marécages), ils seront démolis de force ailleurs dans Calais, et tous les squats seront expulsés. Bouchart (la mairesse) a également déclaré que la fourniture de nourriture aux migrants-es n’importe où en dehors de ce centre sera désormais illégale. Les gens disent que les autorités commenceront avec une approche «d’expulsion en douceur», encourageant les gens à déménager avec la promesse de services et de sécurité contre le harcèlement de la police. Mais forcer les gens à déménager par l’utilisation de la famine et de menaces de violence policières semble tout sauf «doux».

Ce que nous voyons ici est la création d’un ghetto racial sous couvert d’un souci humanitario- libérale. Mais la logique de ségrégation en jeu est clair: vous serez libre et à l’abri de la persécution, muni d’équipements de base et des conseils juridiques, tant que vous restez dans le ghetto. Si vous vous écartez de cette prison à ciel ouvert, si vous suivez vos propres objectifs, vous serez traqués par la police et persécutés par les autorités. Même si nous acceptons que fournir une aide offerte par le centre soit une bonne chose, cela renforce encore l’idée que les migrants ne peuvent pas être aidés ici, ils et elles n’appartiennent pas a ici, qu’ils et elles doivent être maintenues à distance et «faire avec». Loin des yeux, loin du cœur. Tout le monde dans «sa propre » case. La puanteur du racisme est nauséabonde.

Pour nous cette stratégie n’est pas seulement une réponse cynique aux pleurs des racistes locaux mais aussi une tentative évidente de couper les liens et les rapports avec les gens de Calais qui se sont développés au fil des ans et d’isoler d´avantage les communautés de migrants-es. Depuis la fermeture de Sangatte en 2001, la vie à Calais pour les sans-papiers a été une lutte constante pour se faire une place, trouver des endroits chauds, secs et sûrs pour dormir, être capable de rester en public sans crainte de harcèlement de la police. Cela tout en renforçant de plus en plus les relations avec la communauté et les habitants de Calais. Nous avons vu quelques progrès ces dernières années, notamment en termes de participation publique avec le squat pour les familles a Victor Hugo et l’ouverture de Galloo, et les liens qui ont été crées continuent de grandir et se renforcer, en contact constant avec les camps plus fort que jamais. Grâce aux efforts soutenus au fil des ans afin d’informer et de sensibiliser la population sur les violence policières, ces connexions entre les communautés ont frustré l’État et ont nui à leur capacité de fliquer en toute impunité, et elles représentent un défi pour les autorités et politiques répressives. Le nouveau centre de jour va perturber ces connexions et liens intimes, cela en limitant (ou peut-être interdisant complètement) l’accès au site aux non-migrant-es. En brisant les liens que nous avons développés au fil des années, les autorités espèrent ainsi pourrir les graines de solidarité et de lutte qui prennent racines, poussent et ne cessent de croître et devenir plus en plus fort.

La mise en place du lieu Jules Ferry est arrivée sans aucune consultation avec les populations migrantes, sans leur demander quels soutiens ils ont besoin et comment ils aimeraient les voir se concrétiser. La participation des associations locales a été minime par rapport aux plans du début, idem pour d’autres œuvres de coopération, par exemple le projet de  « maisons des migrants-es», qui ont été oubliés. Au lieu de cela l’État apporte à une association externe, La Vie active, n’ayant aucune expérience des pratiques ou politiques de Calais ou connaissance des différentes communautés et tous les problèmes ou questions que cela pose pour gérer un tel centre. L’intention est claire: une nouvelle association peut plus facilement être la marionnette de l’Etat et de ses intérêts car il n’ aura pas l’expertise ou les connexions locales pour être en mesure d’en faire un défi efficace.

Briser la coopération inter-communautaire, mettant un terme au travail existant et projets en cours, et en détruisant toutes les jungles et squats, ce nouveau centre de jour est une tentative de modifier complètement les règles du jeu, de changer la situation concrète de manière qui neutralise tous les défis effectifs entre migrants-es et communautés locales permettant ainsi à l’État d’asseoir son contrôle. Ayant redessiné les cartes, l’Etat pourra ainsi se positionner comme le principal moteur des développements futurs à Calais.

Alors que certaines personnes envisagent de déménager volontairement au camp près du centre, la majorité des migrants-es refusent de bouger. Beaucoup des jungles ont été largement développées au cours de la dernière moitié de l’année 2014, et tandis que les conditions sont encore difficiles des gens ont pu se tailler un espace autonome et construire quelque chose s’approchant d’une maison pour eux-elles mêmes. Au moins ici, il y a une certaine quantité de liberté, par exemple, d’aller et venir comme et quand les personnes le souhaitent, pour autoriser ou refuser l’entrée à d’autres, marcher en ville, etc. Au centre de jour, la police peut facilement contrôler l’accès au long et étroit chemin d’accès. Et là-bas, loin des regards indiscrets du public, la police sera libre de mener leurs attaques avec encore plus d’enthousiasme. A des kilomètres de la boutique la plus proche, tout le monde sera forcé à une plus grande dépendance à la charité et au centre de jour lui-même pour leur propre survie.

Le centre de jour est une tentative d’isoler les gens dans un désert isolé en dehors de Calais et ainsi entraver leurs efforts pour traverser au Royaume-Uni, et de les garder groupés en un seul endroit, prêtes ainsi à toutes opérations de masse et possibles déportations au grès des changements d’agendas politiques. Jules Ferry sera une prison à ciel ouvert et l’aide fournie sera un maillon des chaînes qui lient les gens à lui.

Au lieu de cela:

Ce qui est nécessaire n’est pas la charité, mais la solidarité. Les communautés de migrants-es sont plus que capables de s’organiser et de s’occuper d’eux et d’elles-mêmes, ils-elles sont juste empêchés d’accéder à la plupart des choses de base de la vie par le racisme de la citoyenneté européenne et la violence de la frontière avec le Royaume-Uni. Ce dont nous avons besoin c´est de se tenir à côté des gens et de les soutenir autant ou aussi peu que dont ils ont besoin dans leurs efforts pour franchir la frontière ou pour réaliser leurs projets quels qu´ils soient ; pas d´un centre de jour destiné à contrôler. Nous devons soutenir ceux qui veulent résister à des expulsions et déplacements forcés et continuent à lutter pour la vie autonome au-delà du contrôle de l’Etat.

En fin de compte ce qui est nécessaire est un changement politique. Calais est juste un des lieux du projet européen raciste et son contrôle de la migration, tandis que les gens du monde entier continueront à se déplacer. Peu importe comment les conditions hostiles à Calais, peu importe à quelle hauteur ils construisent cette clôture, peu importe dans quels emplacement éloignées et désolés les gens sont forcés de vivre, les raisons qui poussent des personnes à se déplacer à travers le monde sont plus puissantes. Tôt ou tard, quelque chose doit donner. Les gens ne devraient pas être considérés comme un problème. Le problème est de savoir comment les autres réagissent à leur présence. La montée des idéologies racistes et nationalistes dans toute l’Europe n´est pas une question distincte de ce que nous rencontrons à Calais, et notre solidarité doit également impliquer une lutte contre le fascisme. L’État est en mesure de s´en tirer avec sa répression systématique des migrants à Calais et ailleurs grace à l’appui implicite qu’ils reçoivent de l’électorat haineux et frustré qui de plus en plus se penche vers le fascisme.

Beaucoup de gens ont dit qu’ils n´iront pas au centre, et de nombreux autres qui arriveront à l’avenir ne vont certainement pas de se laisser tout simplement être parqués si loin. La répression policière va sans aucun doute augmenter autour de la ville ainsi que dans les parkings et les embouteillages, et toute tentative de créer un espace autonome de vie est susceptible de rencontrer abus et intimidation de la part des autorités. Nous continuerons à être solidaires avec les migrants à Calais et à résister à la violence de l’État, la police, et le régime de la frontière raciste. Mais nous devons faire plus que de réagir. Avec le nouveau centre de jour, les autorités ont pris l’initiative et vont essayer de prendre l’avantage. Maintenant, il faut de la créativité et de nouvelles idées dans la lutte contre la frontière.

Houses without people. People without houses. Demonstration April 1st

1st April 2014 : Gathering to support the houses of  Auber, Vic and Massena
8am Tribunal Administratif de Calais, Place Crèvecoeur 

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At the End of February 2014, four houses were occupied by the collective “Salut o Toit”  for the right to housing for all. One of them, located rue Leclercq, was evicted on February 28 , and on March 2 reoccupied by its habitants then evicted again the next day . Both were illegal evictions .

The other three houses, Rue de Massena , Rue Auber and Rue de Vic , belong to the DPO and were visited by a bailiff in early March, with a notice to the Administrative Court for March 18 . At our request, the court was delayed and will be on April 1st.

Just like Victor Hugo, the house which enables women, children and sick people to find a space for rest and life, these three houses allow people with or without papers (asylum seekers), to have a roof and a space to live and rest in safety. A place other than the streets, bridges and parks.

For some months “Save Calais “, a local fascist group, have been supporting Bouchart, the local mayor, in her anti-migrant fight. These new features make these living spaces and activities , as well as their support even more necessary . Despite being unused for years, these places are already threatened by eviction proceedings conducted by the DPO . If they are expelled , they will probably stay empty.

A demonstration will be held on Tuesday April 1st at 8 am in front of the Administrative Tribunal of Calais. Your presence is important to affirm support for different people living in the houses and to oppose the hatred broadcast by Bouchart and “Save Calais”.

Maisons sans Gens. Gens sans Maisons. Manifestation le 1er Avril 2014

1er Avril 2014 : Rassemblement en soutien aux habitant.es des maisons rue
Auber, Vic et Massena
Dès 8h au Tribunal Administratif de Calais, Place Crèvecoeur 

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Fin Février 2014, quatre maisons ont été occupées par le collectif "Salut Ô Toit", collectif pour le droit au logement pour toutes et tous. L'une d'entre elle, située rue Leclercq, a été expulsée le 28 Février, réoccupée le 2 mars par ses habitant.es puis expulsée de nouveau le lendemain. Ces deux expulsions étaient pleinement illégales.

Les trois autres maisons ouvertes, rue Massena, rue Auber et rue de Vic, appartiennent à l'OPH et ont reçu la visite d'un huissier début mars, avec une convocation au Tribunal Administratif pour le 18 mars. A notre
demande, un report a eu lieu au 1er Avril.

Tout comme la maison rue Victor Hugo permet aux femmes, enfants et personnes malades de trouver un espace de repos et de vie, ces trois maisons permettent à des personnes avec ou sans papier (demandeurs
d'asile), d'avoir un toit et un espace où vivre et se reposer en sécurité. Un endroit autre que la rue, les ponts ou les parcs, qui sont ce que l'Etat leur laisse, à défaut de remplir ses missions et de proposer des solutions de logements.

Depuis quelques mois "Sauvons Calais" vient appuyer Bouchart dans sa lutte anti-migrants, et s'est déployé il y a quelques semaines comme la branche opérationnelle de l’appel à la délation de la maire de Calais. Ces nouveaux éléments rendent ces espaces de vie et d'activités, ainsi que leur soutien, encore davantage nécessaires. Malgré leur inutilisation depuis des années, ces lieux sont déjà menacés par une procédure
d'expulsion menée par l'OPH. Si ils se font expulser, ils resteront encore vides probablement pendant longtemps.


Un rassemblement est organisé ce mardi 1er Avril à 8 heures en face du Tribunal Administratif de Calais. Votre présence est importante pour affirmer un soutien aux habitant.es des différentes maisons occupées et une opposition à la haine de l'autre que diffusent Bouchart et "Sauvons Calais".

Pas d'expulsions sans relogement ! Un toit pour toutes et tous !

Call out for anti-migrant counter-demo January 11th

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The anti-migrant and idiot collective “Sauvons Calais” which appeared last October plans to hold their anti-migrant demonstration this Saturday, 9:45 at the Place d`Armes. They are demanding:

-The expulsion of migrants from Calaisien territory
-The cessation of any grant awarded to support migrants
-The prohibition of the movement “No Border”
-The prohibition of the association “S.A.L.A.M.”
-The arrest of any person hosting clandestine migrants

but seem to forget to protest against the border controls that keep people stuck for months in this miserable city or the lack of accommodation for migrants forcing them to squat in derelict properties or sleep in tent camps. Theirs is truely an analysis that only goes skin deep…

While primarily an online presence (https://www.facebook.com/page.sauvons.calais http://sauvonscalais.wix.com/sauvons-calais), on the 8th of November about forty people from this group stood outside the townhall in the rain looking quite sorry for themselves until Philippe Mignonet came out to thank them for their hard work.

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After this they had to cancel two demonstrations (one at the court case of Victor Hugo and one at S.A.L.A.M. in December), after the police and townhall asked them not to come as they would inevitably have a problem. However, this time they are allowed to go ahead. According to their Facebook page over 100 people appear to be coming. Furthermore, the callout of this demonstration is posted at the webpage of the French far-right “Jeune Nation“.

This demonstration is taking place soon after a series of fascist attacks in the city leaving the showers for migrants burnt down and the windows of cars with foreign plates smashed!

We must resist this demonstration to make sure that the myopic and fascist ideology it is promoting is not able to have a platform from which to speak, and that this Facebook group remains just that; unable to garner any sort of street presence!

People in Calais would be happy to see wide support on this day!!!
If you plan to come please write an email to : calais_solidarity@riseup.net