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Déportations : Soudan, Irak, Afghanistan // Deportation updates : Sudan, Iraq, Afghanistan

La France continue d’expulser !

 

Vers le Soudan

Deux personnes soudanaises ont été déportées vers le Soudan en toute discrétion il y a une dizaine de jours. II semblerait que les autorités françaises de plus en plus déterminées à obtenir les laisser-passer nécessaires à ces expulsions.

 

Vers l’Irak

Le 5 décembre, 6 personnes Irakiennes retenues à Lille ont été conduites jusqu’à l’aéroport de Roissy dans le but de leur faire prendre de force un vol vers Bagdad. La déportation a échoué à la dernière minute faute de laisser passer.

Fin novembre, une délégation du consulat irakien s’est aussi présentée au CRA de Coquelles.

 

Vers l’Afghanistan

Six afghans ont été discrètement déportés de France vers l’Afghanistan cette année.

Les déportations vers l’Afghanistan “par ricochet” sont beaucoup plus régulières. Les personnes ayant leurs empreintes enregistrées dans d’autres pays européens sont expulsé-e-s vers ces pays selon la réglementation Dublin.

Or, de nombreux pays européens expulsent vers l’Afghanistan, à la connaissance de tou-te-s, souvent des dizaines de personnes par vol : Allemagne et Suède en tête, mais aussi Autriche, Finlande, Norvège, etc.

Ainsi, J., enfermé à Coquelles en juin dernier, après avoir resisté à une expulsion a finalement été déporté en Suède. Après 4 mois enfermé dans un centre de rétention, il a été déporté avec des dizaines d’autres vers l’Afghanistan fin Novembre. Dix jours à peine après son arrivée, il a de nouveau reçu les menaces de mort qui l’avaient conduit à quitter l’Afghanistan.

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France continues deportations, endangering lives!

 

To Sudan:

Two men were quietly deported to Sudan about ten days ago. The French authorities have been increasingly determined to obtained the necessary permissions and travel documents from the Sudanese authorities to achieve these deportations.

 

To Iraq:

On December 5th, 6 persons from Iraq, detained in the CRA of Lille, were taken to Roissy airport to be forcibly removed on a flight to Baghdad. The deportation finally failed at the last minute for the lack of the necessary permissions from the Iraqi authorities.

In the end of November a delegation from the Iraqi consulate was at the CRA in Coquelles to interrogate the Iraqi detainees held there.

 

To Afghanistan:

Six Afghans have been discreetly deported from France to Afghanistan this year.

Indirect deportations to Afghanistan are much more common. People who have fingerprints taken in an other European states are deported back to these countries first, according Dublin rules, then onward to Afghanistan.

Countries such as Germany and Sweden, but increasingly others like Austria, Finland, and Norway, deport regularly to Afghanistan, often with groups of dozens of people on one flight.

In one case, J., locked up in Coquelles last June was finally deported to Sweden after successfully resisting the first attempt. After four months locked in a Swedish detention center, he was deported back to Afghanistan with dozens of other Afghans late november. Hardly ten days after arriving, he once again received the death threats that forced him to leave his country before.

Alerte expulsion vers l’Afghanistan aujourd’hui // Deportation to Afghanistan today

(english below)

Nous relayons un appel de Getting the Voice Out. L’article a été initialement publié sur leur site ici.

Empêchons l’ expulsion criminelle vers l’Afghanistan ce 26/11/2018

M, 21 ans, un Hazara, peuple persécuté en Afghanistan est arrivé en Belgique en 2015 . Son père, sa mère et son frère sont décédé en Afghanistan. Il a fait une demande d’asile à son arrivée en Belgique qui lui a été refusé. L’Office des Étrangers va essayer de l’expulser ce lundi 26/11/2018 vers Kaboul via Istamboul par la compagnie Turkish Airline.
Même si c’est sa première tentative d’expulsion il y a une grand probabilité que cette expulsion sera sous escorte. M a fait une tentative de suicide  et l’office préfère s’en débarasser le plus rapidement possible. Son avocat a réintroduit une demande d’asile ce vendredi 23/11/2018, dont il n’apprendra sans doute la recevabilité qu’à l’aéroport.
M ne veut et ne peut retourner en Afghanistan ou il n’a plus personne. Son réseau social est en Belgique et il parle déjà parfaitement le Néerlandais
Il demande de l’aide pour empêcher cette expulsion.

Rendez vous à l’aéroport ce lundi 26/11/2018 à 13h 15 pour expliquer aux passagers la situation de M et leur expliquer qu’ils peuvent refuser cette expulsion sur leur vol!

Vol Turkish airline TK1939 Istanbul 15 h 15

D’autres Afghans sont dans la même situation que M dans nos centres fermés et risquent l’expulsion.

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Lettre ouverte à Charles Michel, Premier ministre, et à Theo Francken,Secrétaire d’État à l’asile et à la migration : Cessez l’expulsion de M, le retour demandeurs d’asile afghans, même indirectement vers l’Afghanistan

Comme tant de mères, tutrices, militantes et accompagnatrices belges des demandeurs d’asile afghans en Belgique, je suis très préoccupée par le rapatriement prévu de 2 jeunes Afghans les prochains jours.
Je souhaite par la présente partager mes raisons d’inquiétude avec vous étant donné les dangers que courent ces garçons vulnérables à leur retour.

Monsieur Michel, Monsieur Francken, je sais qu’il vous a été communiqué des  informations concernant l’état de sécurité en Afghanistan et, fréquemment, un avis indiquant qu’un retour en Afghanistan serait sûr.
La réalité malheureusement est différente. Le gouvernement afghan n’est pas en mesure d’assurer la sécurité des millions d’habitants de son pays, et il ne lui est pas possible de garantir la sécurité des personnes qui seraient renvoyées dans ce pays. En effet, ce gouvernement perd chaque jour du terrain face aux Talibans et à ISIS, voir le récent rapport de “l’Inspecteur général spécial pour la reconstruction de l’Afghanistan (SIGAR)” “Le gouvernement afghan ne contrôle ou n’influence actuellement que 55,5% des districts du pays, ceci représente le niveau le plus bas enregistré depuis le début de le début du contrôle des districts par SIGAR en novembre 2015 “.
Un exemple récent de la dégradation de la situation sécuritaire était l’attaque des talibans du district de Ghazni, dans une région peuplée de Hazara, qui était en sécurité depuis la chute du régime des Talibans en 2001.
L’ouest de Kaboul, partie de la capitale dans laquelle vivent les Hazara, est maintenant la première cible d’attaques, généralement revendiquées par ISIS. Vu le nombre récent d’attaques meurtrières, il est irréaliste d’imaginer Kaboul destination de retour sécurisé.

M. Abdul Ghafoor de l’organisation A.M.A.S.O (Afghanistan Migrants Advice & Support Organization) a suivi ces 5 dernières années des centaines de personnes demandeuses d’asile ayant subi un retour forcé.
Il a constaté que la peur qui habite la population afghane est plus grande que jamais auparavant. Celui qui est renvoyé se heurte à une montagne insurmontable. Outre la peur de devenir une victime d’une des nombreuses attaques il y a aussi le fait de l’inaccessibilité d’une d’une situation sociale satisfaisante et le manque de réseau économique dans un état sur lequel on ne peut pas compter.
Quelle que soit leur volonté de s’intégrer, la situation dans le pays est telle qu’elle/ils ne voient aucune chance de survie. Leur seule option est de ré-émigrer, ré-entreprendre ce voyage dangereux. Qui n’a pas la chance de le faire finit, toxicomane, contraint de rejoindre les milices ou abandonner la vie. Les garçons qui contemplent actuellement leur expulsion sont des Hazaras, sans aucun réseau social ou économique.
(les Hazaras sont un groupe ethnique minoritaire de 9% en Afghanistan,qui subissent beaucoup de souffrances et sont poursuivis, notamment parce qu’ils sont Chiites contrairement au reste de la population quiest Sunnite)

Notre pays est un pays respectueux des valeurs et des règles dans lequel un grand nombre placent haut les valeurs de solidarité, les droits de l’homme et l’assistance aux autres. Les Afghans sont les réfugiés les plus marginalisés dans le monde, leurs dirigeants échouent, ne parviennent pas à les protéger et ne défendent pas leurs droits. Il est temps pour notre gouvernement, et pour l’Europe, de reconnaître la réalité de terrain et déclarer que l’Afghanistan n’est pas un pays sûr.
Il est temps désormais que la Belgique cesse de renvoyer les Afghans au danger. Plus tard on ne manquera pas de se souvenir de ce que nous avons fait avec un groupe de jeunes qui n’étaient venus que dans l’espoir de trouver sécurité et protection.

A envoyer tel quel ou modifier aux responsables de ces expulsions criminelles:

Directeur de l’Office des Etrangers
Bur_Presse@dofi.fgov.be T02 793 80 31 (NL ¨C EN) ¨C 02 79380 30 (FR), Fax
02 274 66 40

Charles Michel
Premier Ministre
Tél: 02 501 02 11 Fax: 02512 69 52 e-mail:charles.michel@premier.fed.be

Jan Jambon
Vice Premier Ministre et Ministre de l’Intérieur
tél: 02 504 85 13 Fax:02 504 85 00 email:kabinet.jambon@ibz.fgov.be

Theo Francken
Secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration
Tél: 02 206 14 21¨C theo.francken@n-va.be kab.francken@ibz.fgov.be

Didier Reynders
Téléphone : 02 501 85 91 E-mailcontact.reynders@diplobel.fed.be

 

Ou appelez/écrivez/submergez de commentaires la compagnie aérienne:
Turkish Airlines
+32 2 620 08 49
+32 2 720 34 68
+32 2 753 26 75
bru.airport@thy.com
bru.sales@thy.com
Page Facebook: https://www.facebook.com/turkishairlines/?brand_redir=405541409459785
Twitter: https://twitter.com/TurkishAirlines

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We pass on a call out from Getting The Voice Out. This article was initially published on their website here.

Action against a deportationattempt to Afghanistan on 26/11/1018

M, 21, a Hazara, repressed people in Afghanistan arrived in Belgium in 2015. His father, mother and brother died in Afghanistan. He applied for asylum at his arrival in Belgium but it was refused by Belgian authorities. The Office des étrangers (office for foreigners) is on its way to try and deport him on Monday 26/11/2018 to Kabul via Istanbul by the Turkish company Airline.

Even though this is his first deportation attempt it is very likely that this deportation will be done with an escort. M has done suicide attempt at the closed center in Merksplas (near Antwerpen) and it seems the Office des étrangers wishes to get rid of him. His lawyer has reintroduced an asylum application this Friday, 23/11/2018, it will probably only at the ariport that he will be informed whether it is admitted or not.

M does not want and cannot return to Afghanistan where he has no one left.

His social network is in Belgium and he already speaks perfectly Dutch
He is asking for help to prevent this deportation.

Meeting at the airport on Monday 26/11/2018 at 13:35 to explain to passengers the situation of M and explain to them that they can refuse this deportation on their flight!
Turkish Airlines flight TK1939 Istanbul 3 pm

Other Afghans are in the same situation as M in our closed centres and risk deportation.

 

Open letter to Charles Michel, Prime Minister, and Theo Francken, Secretary of State for Asylum and Migration: Stop the deportation of the Afghan asylum seekers to Afghanistan

Like so many Belgian mothers, mentors and accompanying people of Afghan asylum seekers in Belgium, I am very concerned about planned deportation of 2 young Afghans in the next few days.

I hereby wish to share my concerns with you considering the dangers these vulnerable boys face upon their return.

Mr Michel, Mr Francken, I know you have been given information about the security situation in Afghanistan and, frequently, a that a return to Afghanistan would be safe.

The reality unfortunately is different. The Afghan government is not able to ensure the safety of the millions of its people, and it is not possible for it to guarantee the safety of those who are returned to that country. Indeed, this government is losing ground every day to the Talibans and ISIS, see the recent report of the “Special Inspector General for Reconstruction of Afghanistan (SIGAR) “” The Afghan government currently controls or influences only 55.5% of the country’s districts, this is the lowest level since SIGAR began monitoring districts in November. 2015 “.

A recent example of the deteriorating security situation was the Taliban attack in Ghazni district, in a region inhabited by Hazaras, that was safe since the fall of the Taliban regime in 2001.

West of Kabul, part of the capital where the Hazaras live, is now the first target of attacks, usually claimed by ISIS. Given the recent number of deadly attacks, it is unrealistic to imagine Kabul as a safe return destination.

Mr Abdul Ghafoor of the Afghanistan Migrants Advice & Support Organization (A.M.A.S.O) has followed the last 5 years hundreds of asylum seekers who have been forced back.
He found that the fear in the Afghan population is greater than ever before. The one who is sent back encounters a impossible mountain. Besides the fear of becoming a victim of one of the many attacks there is also the fact of the inaccessibility of a satisfactory social situation and the lack of economic network in a state on which they cannot rely.
Whatever their desire to integrate, the situation in the country is such that they do not see any chance of survival. Their only option is to re-emigrate, re-undertake this dangerous journey. Whoever does not have the chance to do it ends, drug addict, forced to join the militias or give up life. The boys who are currently contemplating their deportation are Hazaras, without any social or economic network. (Hazaras are a 9% minority ethnic group in Afghanistan that are suffering a great deal because they are Shiites unlike the rest of the people who are Sunni)

Our country is a country respectful of values ​​and rules in which many give high values ​​of solidarity, human rights and the assistance to others. Afghans are the most marginalized refugees in the world, their leaders fail, to protect them and do not defend their rights. It is time for our government, and for Europe, to recognize the reality and declare that Afghanistan is not a safe country.

It is now time for Belgium to stop sending Afghans back to danger. The future will not forget what we have done to a group of young people who had come only hoping to find security and protection.

Send this open lettre to the responsable persons

Eerste minister
Charles Michel
Tél: 02 501 02 11 Fax: 02512 69 52 e-mail:charles.michel@premier.fed.be
Jan Jambon
Vice Premier  en Minister van Binnenlandse zaken
tél: 02 504 85 13 Fax:02 504 85 00 email:kabinet.jambon@ibz.fgov.be
Staatsssecretaris van Asiel en Migratie
Theo Francken
Tél: 02 206 14 21– theo.francken@n-va.be kab.francken@ibz.fgov.be
Didier Reynders
Téléphone : 02 501 85 91 E-mailcontact.reynders@diplobel.fed.be
232345 /027232362

And Email to the airline that collaborates with these deportations

Turkish Airlines
+32 2 620 08 49
+32 2 720 34 68
+32 2 753 26 75
bru.airport@thy.com
bru.sales@thy.com
Page Facebook: https://www.facebook.com/turkishairlines/?brand_redir=405541409459785
Twitter: https://twitter.com/TurkishAirlines

 

STOP DEPORTATIONS TO AFGHANISTAN // Non aux déportations vers l’Afghanistan

May be of interest for some that UNHCR just released (as of 30 of August 2018) new guidelines for assessing the International Protection Needs of Asylum-Seekers from Afghanistan.
‘UNHCR considers that an IFA/IRA is generally not available in Kabul’ (p.10). (IFA/IRA = Internal Flight Alternative/Internal Relocation Alternative). See here

On that, Finland decided to stop deportations to Afghanistan and to free all Afghani detained since there are no grounds for detention -at the moment.
See on Yle news here.

What about the many European states such as France, still detaining Afghan people?
During the daily raids in camps in Calais several Afghan people are regularly controlled and placed in Coquelles administrative detention center (CRA, in French), where they can be held up to 45 days awaiting for a decision to free them or a deportation to take place.

Not to talk about the many deportations under the Dublin agreement to third countries- where the person is identified as having passed through- and that can end up in deportations to the country of origin. See here.

Do we have to wait for “new” “official” guidelines to tell us that other countries, like Sudan, aren’t “safe” neither?
And even, to tell us deportations must stop as whole?


Stop deportations, from wherever to wherever else. Freedom of movement for all!

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Le Haut Commissariat des Nations Unies aux Réfugiés (HCR) vient de publier, le 30 août 2018, de nouvelles recommandations pour établir les besoins de protection internationale des demandeurs d’asile afghans (“International Protection Needs of Asylum-Seekers from Afghanistan”).

“L’UNHCR considère qu’une IFA/IRA n’est généralement pas disponible à Kaboul” (p.10). (IFA/IRA =Vol alternatif intérieur/ Relocation intérieure alternative). (Ici en anglais)

La Finlande a par conséquent pris la décision d’arrêter les déportations vers l’Afghanistan, ainsi que de libérer tou-te-s les Afghan-e-s détenu-e-s, puisque la détention n’est pour le moment plus justifiée. (Ici, sur Yle news, en finnois)

Qu’en est-il des nombreux Etats européens comme la France qui continuent d’enfermer les personnes afghanes?

Lors des descentes de polices et expulsions quotidiennes des camps à Calais, des Afghans sont controllés et placés au Centre de Rétention de Coquelles, où ils peuvent être détenus jusqu’à 45 jours, dans l’attente d’une déportation ou d’une libération. (Voir ici)

Sans parler des nombreuses déportations effectuées sous le réglement Dublin vers des “pays tiers” (pays que la personne a manifestement traversé lors de son trajet) et qui souvent aboutissent en déportations vers les pays d’origine depuis ce “pays tiers”. (Voir ici par exemple)

 

Devons-nous attendre de “nouvelles” recommandations “officielles” pour nous convaincre que d’autres pays, tels que le Soudan, ne sont pas “sûrs” non plus?

Ou pour nous conseiller d’arrêter toute déportation?

 

Arrêtons les déportations, d’où que ce soit, vers où que ce soit. Liberté de circulation pour tous et toutes!

 

URGENT!! IMMINENT DEPORTATIONS FROM FRANCE TO AFGHANISTAN // DEPORTATIONS IMMINENTES DE LA FRANCE VERS L’AFGHANISTAN (20 et 21 juin)

UPDATE JUNE 21TH // MISE A JOUR 21 JUIN
Two deportations halted this week! The man that was bring in the plane yesterday wednesday was put out as well.
Les deux déportations qui avaient lieu cette semaine ont été arrêtées! La personne concernée hier mercredi a été mise hors de l’avion qui a decollé sans celle-ci!
UPDATE JUNE 20TH 8pm // MISE A JOUR 20 juin 20h
The deportation didn’t happen today!! The person was bring at the airport, bring in the plane, but due to solidarity actions and clear refusal and screamings from the person concerned, he was put out of the plane and bring back to the Mesnil-Amelot detention center.
La déportation n’a pas eu lieu aujourd’hui! La personne fut amenée à l’aéroport, amenée dans l’avion, mais grâce aux actions solidaires et au clair refus de la personne concernée, l’équipage a décidé de le mettre hors de l’avion et la personne fut ramenée au centre de détention Mesnil-Amelot.
UPDATE JUNE 19TH 12h // MISE A JOUR 19 juin 12h
Two flights have been cancelled, and one has been changed to take place earlier!
First deportation scheduled for TOMORROW (this flight was supposed to take place on Saturday and has been moved up).
La Chapelle Debout collective is calling for a meeting tomorrow June 20th at 2pm at Charles-de-Gaule airport (Terminal 1) to stop those deportations. Read their communique.
Contact the Prefecture of Pas-de-Calais who is responsible for the detention and deportation of those people and can therefore cancel their decision :
By telephone : (+33) (0) 3.21.21.20.00
By fax : (+33) (0)3.21.55.30.30
Other useful contacts :
Minister of Interior Mr. Gerard Collomb

Director of the Cabinet of Mr. Collomb

stephane.fratacci@interieur.gouv.fr

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Deux vols ont été annulés et un autre a été devancé!
La première expulsion aura lieu DEMAIN plutôt que samedi prochain (le vol a été devancé).
Le collectif la Chapelle Debout appelle à un rendez-vous demain le 20 juin à 14h à l’aéroport Charles-de-Gaule (Terminal 1) pour faire annuler les déportations. Voici leur communiqué sur Facebook.
Contactez la Préfecture du Pas-de-Calais qui est responsable de ces placements en détention et de ces déportations et qui peut donc annuler leur décision :
par téléphone : 03.21.21.20.00
par fax : 03.21.55.30.30
sur le formulaire de la préfecture : http://www.pas-de-calais.gouv.fr/Contactez-nous
Autres contacts utiles :
Ministre de l’Intérieur Mr. Gerard Collomb
Directeur du Cabinet de Mr. Collomb
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Four Afghan men are facing deportation directly to Afghanistan, something hasn ‘t happened in France since 2009. All of them have been arrested at the train station of Calais on May 10th, and transfered to the Mesnil-Amelot detention center near Paris.

Four flights have been scheduled for these men, starting in 3 days with 2 police escoarts for each of them :

1 on Tuesday June 20th from Paris Roissy-CDG to Kabul at 16:20 on Turkish Airlines (Terminal 1)
1 on Wednesday June 21th from Paris Roissy-CDG to Kabul at 16:20 on Turkish Airlines (Terminal 1)  flight canceled
1 on Friday June 23th from Paris Roissy-CDG to Kabul at 16:20 on Turkish Airlines (Terminal 1)
1 on Saturday June 24th from Paris Roissy-CDG to Kabul at 16:20 on Turkish Airlines (Terminal 1) flight canceled

Since the signing of an agreement between EU and Afghanistan on October 4-5th 2016 faciliting the forced return of Afghan people to Afghanistan, some countries (e.g. Germany, Sweden, and Norway) have started mass deportations to this country, seen as unsafe in the eyes of the international community. Now France is joining (something that hasn’t happened since 2009);  at least 80 Afghan people are detained in detention centers, with at least 17 at Mesnil-Amelot and 4 at risk of deportations. Two flights have been canceled last week.

For further information, see an article shared by La Cimade.

You can take action:

Contact Turkish Airlines to make pressure on this company collaborating in deportations:

with @TurkishAirlines / #turkishairlines
Turkish Airlines, 8 Place de l’Opera 75009 Paris, France, 01 56 69 44 20
To challenge the government
sec.immigration@interieur.gouv.fr, 01 49 27 49 27
premier-ministre@pm.gouv.fr
Contact the Prefecture of Pas-de-Calais who is responsible for the detention and deportation of those people and can therefore cancel their decision :
By telephone : (+33) (0) 3.21.21.20.00
By fax : (+33) (0)3.21.55.30.30
Other useful contacts :
Minister of Interior Mr. Gerard Collomb

Director of the Cabinet of Mr. Collomb

stephane.fratacci@interieur.gouv.fr

Secretaire after of Prime Minister for Gender equality

(If you know the contacts of the new members in charge of the ministerial cabinets please write to us and we’ll add it)

Stop all deportation flights! Freedom of movement and settlement for all!

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FR
4 hommes afghans font face à un risque d’expulsion directe vers l’Afghanistan, une pratique horrible qui n’était pas arrivée depuis 2009 en France. Ils ont tous été arretés à la Gare de Calais le 10 mai 2017 et transférés au centre de retention administrative Mesnil-Amelot près de Paris.

4 vols sont prévus pour chacun d’entre eux avec deux escortes de police pour chacun :

1 le mardi 20 juin de Paris Roissy-CDG vers Kabul a 16h20 avec Turkish Airlines (Terminal 1)
1 le mercredi 21 juin de Paris Roissy-CDG vers Kabul a 16h20 avec Turkish Airlines (Terminal 1) vol annulé
1 le vendredi 23 juin de Paris Roissy-CDG vers Kabul a 16h20 avec Turkish Airlines (Terminal 1)
1 le samedi 24 juin de Paris Roissy-CDG vers Kabul a 16h20 avec Turkish Airlines (Terminal 1) vol annulé

Depuis la signature d’un accord entre l’Union européenne et l’Afghanistan les 4-5 octobre derniers facilitant le retour forcé de personnes afghanes vers l’Afghanistan, certains pays de l’UE se sont précipités de déporter plusieurs centaines d’Afghan-e-s. C’est le cas de l’Allemagne, la Suède et la Norvège. Désormais la France se joint à la pratique (chose qui n’était pas arrivée depuis 2009), où au moins 80 personnes afghanes sont enfermées dans des CRA, dont 17 au Mesnil-Amelot et 4 risquant l’expulsion. 2 vols ont été annulés la semaine dernière.

Contactez Turkish Airlines qui collabore aux expulsions pour faire la pression sur eux :
Turkish Airlines, 8 Place de l’Opera 75009 Paris, France, 01 56 69 44 20

Pour faire pression sur le gouvernement :
sec.immigration@interieur.gouv.fr, 01 49 27 49 27
premier-ministre@pm.gouv.fr

Contactez la Préfecture du Pas-de-Calais qui est responsable de ces placements en détention et de ces déportations et qui peut donc annuler leur décision :
par téléphone : 03.21.21.20.00
par fax : 03.21.55.30.30
sur le formulaire de la préfecture : http://www.pas-de-calais.gouv.fr/Contactez-nous
Autres contacts utiles :
Ministre de l’Intérieur Mr. Gerard Collomb
Directeur du Cabinet de Mr. Collomb
Secretaire apres du Premier Ministre pour l’Egalite Femme-Homme
(Si vous connaissez les contacts des nouvelles personnes à charge des cabinets ministériels merci de nous écrire et nous allons l’ajouter)

Pas une seule expulsion de plus! Liberté de circulation et d’installation pour tou-te-s!

La France expulse vers l’Afghanistan // Risk of Deportations to Afghanistan

La France expulse vers l’Afghanistan malgré une situation explosive (ecrit par La Cimade)

Quelques mois après la signature en catimini d’un accord informel entre l’Union Européenne et l’Afghanistan facilitant le retour forcé des Afghans déboutés du droit d’asile, les expulsions commencent à se multiplier dans plusieurs pays européens. C’est le cas de l’Allemagne, de la Norvège et désormais de la France où six personnes afghanes enfermées au centre de rétention du Mesnil-Amelot sont directement menacées à ce jour. La Cimade dénonce ces renvois forcés vers un pays où la situation sécuritaire est déplorable.

En amont d’une grande conférence de donateurs organisée à Bruxelles pour l’Afghanistan les 4 et 5 octobre derniers, l’Union européenne a annoncé en toute discrétion qu’elle avait signé un accord avec ce pays afin de faciliter le retour forcé de personnes afghanes déboutées du droit d’asile dans ses pays membres. Ce texte d’envergure internationale a échappé au processus démocratique n’ayant même pas été soumis à l’attention des parlementaires européens. La même méthode avait été employée pour la déclaration commune « UE-Turquie » du 18 mars 2016 dont l’objectif était de stopper les arrivées en Grèce.

Ainsi, l’UE et ses États membres souhaitent établir une coopération durable avec l’Afghanistan afin d’organiser rapidement le renvoi de plusieurs dizaines de milliers de personnes afghanes en situation irrégulière. Plus de 80 000 seraient potentiellement concernées actuellement dont des personnes fragilisées telles que des mineurs isolés. Parmi les contreparties de cet accord, l’UE s’engage à construire un terminal à l’aéroport de Kaboul spécifiquement dédié aux expulsions.

Il est édifiant de voir que ce texte ne fait aucune mention de la situation politique et de l’instabilité chronique, notamment sécuritaire qui règne en Afghanistan actuellement et depuis des années. Les programmes de réintégration des personnes expulsées n’évoquent que les enjeux économiques pour consolider le marché du travail, comme si l’exil des nationaux afghans était purement économique. Ils constituent actuellement le troisième principal groupe de demandeurs d’asile dans l’Union européenne après les Syriens et les Irakiens. En France, ils obtiennent un taux de protection proche de 80 % en reconnaissance des violences généralisées qui ravagent une grande partie du pays. Les récents attentats de Kaboul viennent rappeler que l’Afghanistan est tout sauf un « pays sûr ».

Pourtant, suite à la signature de ce « dialogue commun », plusieurs pays européens en ont profité pour accélérer ou reprendre des renvois forcés de ressortissants afghans. Depuis décembre 2016, l’Allemagne a expulsé plus d’une centaine d’Afghans vers Kaboul, dont plusieurs vivaient depuis des années en Allemagne et y avaient leur famille, et ce, malgré de nombreuses mobilisations. Il aura fallu un attentat sanglant dans le quartier des ambassades la semaine dernière coûtant la vie à plus de 150 personnes, pour qu’elle annule temporairement les expulsions vers l’Afghanistan. La France, qui n’avait pas renvoyé de ressortissants afghans depuis des années a finalement commencé à en expulser en 2016.

Le 29 décembre 2016, une personne a d’abord subi 41 jours d’enfermement en centre de rétention à Metz puis au Mesnil-Amelot où elle avait été transférée la veille de son expulsion. Une autre a été libérée par un juge in extremis, avant un vol pour la capitale afghane, tandis qu’une troisième personne y a été expulsée après avoir d’abord été remise aux autorités norvégiennes qui ont procédé au renvoi vers Kaboul.

Depuis début 2017, cette politique s’accélère. Le nombre d’Afghans enfermés en rétention s’élève à 80[1]. Dix-sept d’entre eux actuellement au centre de rétention du Mesnil-Amelot et six sont sur le point d’être renvoyées de force à Kaboul. Un premier vol est programmé pour ce vendredi 9 juin et les suivants s’échelonnent jusqu’au 24 juin.

Parallèlement, des renvois sont à nouveau exécutés via la Norvège dans le cadre des accords de Dublin. Ainsi, un homme hébergé au CAO de Marvejols a été réadmis au mois de mai vers ce pays européen qui l’a expulsé à Kaboul le 3 juin.

L’accélération des expulsions directes vers Kaboul ou via des pays européens est donc la conséquence de cet arrangement entre l’UE et l’Afghanistan. Il ne prévoit aucune garantie, même minimale, quant au respect des droits des personnes visées. Il instaure même la possibilité pour l’UE d’exécuter les renvois sur la base de laissez-passer européens, en se passant de l’accord des autorités afghanes quand ces dernières ne donnent pas suite à une demande de laissez-passer consulaire dans un délai de quatre semaines. Deux des 17 personnes enfermées au Mesnil-Amelot risquent d’être expulsées dans les tout prochains jours selon ce procédé.

Pour endiguer les migrants et réfugiés le plus en amont possible et augmenter le nombre des personnes expulsées, l’Union Européenne continue de marchander avec des pays dont la situation sécuritaire et politique est particulièrement préoccupante. La Cimade dénonce vivement cette logique incompatible avec le respect des droits fondamentaux et demande à la France d’arrêter immédiatement tout renvoi forcé vers l’Afghanistan.

[1] Pour les seuls CRA de Bordeaux, Rennes, Toulouse et du Mesnil-Amelot, du 1er janvier au 31 mai 2017 ; la préfecture du Pas-de-Calais est à elle seule responsable de 50% de ces placements en rétention.

ENGLISH TRANSLATION:

France is deporting to Afghanistan despite an explosive situation

A few months after the signature of a secret and informal agreement between the EU and Afghanistan making it easier to forcibly remove Afghans denied the right of asylum in the EU, deportations are starting to multiply in several European countries. It is the case of Germany, Norway and, now, France where six people from Afghanistan, detained in the Mesnil-Amelot detention centre are immanently facing expulsion now. La Cimade denounces these forced removals to a country where the situation is far from safe.

During a big conference of donors organized in Brussels for Afghanistan on October 4th-5th 2016, the EU had discretely announced that they had signed an agreement with Afghanistan to facilitate the forcible removal of Afghans denied the right of asylum in EU member states. This internationally significant text was taken outside a democratic process and has not even been brought to the attention of Europeans parliamentarians. The same method was employed for the EU-Turkey agreement on March 18th, 2016, the objective of which was to stop migrants coming to Greece (from Turkey).

In this way, the EU and it members states want to establish a long-term cooperation with Afghanistan in order to quickly organize the deportations of tens of thousands of Afghans in an irregular situation. More than 80,000 people are currently potentially concerned, including vulnerable people such as unaccompanied minors. Among the details of this agreement, the EU is committing to build a terminal at the Kabul airport specifically dedicated to deportations.

This is edifying, to see that this text makes no mention at all of the political situation and chronical instability (especially safety) in Afghanistan today and for years. Reintegration programs for people deported are only evoke economical issues, like the consolidation of the labour market, as if though the reasons that people were leaving the Afghanistan were only economical. They currently constitute the third largest group of asylum seekers in the EU, after Syrians and Iraqis. In France, 80% are getting (humanitarian) protection, in recognition of the widespread violence across the country. Recent attacks in Kabul are a reminder that Afghanistan is everything but a  “safe country.”

Nevertheless, following the signing of this “common dialogue,” some European countries have taken advantage of it to accelerate or resume deportations to Afghanistan. Since December 2016, Germany has deported more than a hundred Afghans to Kabul, many of them were living in Germany for many years and had their families there — this happened despite many protests. It took a bloody attack in the embassies district last week in Kabul, where 150 people died, to temporarily suspend the deportations. France, who had not deported Afghani citizens for many years, had finally started to deport them in 2016.

On December 29th 2016, one person who was first detained for 41 days at the detention center in Metz and then transferred to Mesnil-Amelot the day before their deportation. Another one was released by a judge in extremis just before a flight to Kabul, while another one was deported by first being sent to Norway, where the authorities proceeded to deport them to Kabul.

Since the beginning of 2017, this policy is accelerating. The number of Afghans in detention centres has risen to 80[1]. Seventeen of them are actually at the Mesnil-Amelot detention centre and 6 are facing deportation to Kabul soon. One flight was booked for June 9th – [it has been cancelled, another one is scheduled for June 10th], and the other ones are continuing until June 24th.

At the same time, forced removals are again carried out via Norway, under the scope of the Dublin agreements. Thus, a man who housed at the CAO in Marvejols was in May deported to Norway, which deported him to Kabul on June 3th.

The acceleration of deportations directly to Kabul, or via European countries, is therefore a consequence of this agreement between the EU and Afghanistan. There is no guaranty, even a minimal one, of respecting the rights of the persons concerned. The agreement even makes it possible for the EU to carry out deportations without the agreement of Afghani authorities, when the Afghan consulate does not give a leave-for-readmission during four weeks. Two of the 17 people detained at Mesnil-Amelot are facing deportations in the next few days under this procedure.

To stem migrants and refugees at the earliest possible stage and to increase the number of people deported, the European Union continues to bargain with countries where the safety and political situation is particularly alarming. La Cimade strongly denounces this logic, which is incompatible with respect for fundamental rights and calls on France to stop immediately all deportations to Afghanistan.

[1] Only for the CRA of Bordeaux, Rennes, Toulouse and Mesnil-Amelot, from January 1st to May 31th 2017; the Prefecture of Pas-de-Calais is responsible by itself of 50% of those placements in detention.

Missing: Javed Khan, 12 year old boy from Afghanistan

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At the request of his family we are asking if anyone has seen or heard from 12 year old Javed Khan.  His family has not heard from him for 5 days and he is believed to be in the UK.  If you have any Information regarding Javed please call or email us.  Phone: 033753030410 email: calais_solidarity@riseup.net

The story of Abdul, Afghanistan, gathered in the jungle of Calais, August 2 2009

Link to a photo-reportage on “Life in the jungle and the port of Calais”:
http://www.flickr.com/photos/saraprestianni/sets/72157621821593471/show/

Abdul’s story is a macabre example of the tragic effects of European immigration policies of closure of borders, deportations often illegal, deportation, asylum that cause forced wandering which extends more for months or years and which denies any kind of protection for migrants and refugees.

Abdul, 32 years, Afghan Récit collected on 2 August 2009 in the jungle Pashto Calais

“I left for Afghanistan in December 2007 because I was threatened by the Taliban since I worked as an interpreter for an Italian NGO.

I went to Iran.

I had to walk two days and nights to reach the border with Turkey, paying 1000 euro. Once in the Kurdish area of Iran we crossed the border to pies in the night to reach the city of Van, in the southern region of Turkey.

At Van, in exchange for money, they led us in a desert area where hundreds of people waiting for a passage to continue the road to Istanbul.

After many hours came a bus that had up until thirty, we were several hundred people. The others stayed in the desert.

Once in Istanbul I stayed some days locked in a house waiting for passage to Greece. With 12 other people, we have crossed the sea, on board an inflatable boat. He was a young deported from England to Afghanistan, which organized the trip, he already knew the road! We arrived on the island of Lesvos, Greece.

Our boat was intercepted by Greek coast guards who led us in the detention camp Mitilini. Life in the camp was very tough, we slept in cell 80, while the camp was very dirty, the sheets appeared to have been changed for months. After 16 days of confinement the police gave me a paper in Greek, no interpreter, who asked me to leave Greece in a month. Camp Mitilini police took the fingerprints (ndr: a conviction would mean to seek asylum in this country, according to the Dublin Regulation).

When I arrived in Athens, I had more money, I slept in the parks. So I decided to go to Patras to try the passage to Italy. I am running behind the truck to hide underneath me and m’embarquer in a power boat. One night the commando (the port police) found me in a truck. They made me get off and they beat me very violently. They then led me to the detention camp near the town of Komotini, the detention center Venna, after one day of travel by bus to Athens.

In Venna camp, we were locked in cells 30. We could leave our cell, where there was neither air nor light, one hour every two-three jours.Il there were only two phones outside the cells. The police insulted us all the time, they called us “malaga” (strongly negative meaning in Greek). When I arrived in the camp told the police that I would have been locked up for three months. But at the end of three months in the camp they did not released me without any justification. The Greek police took me out after 6 months of confinement. With 15 other people (one Pakistani, three Afghans and 12 Arabs), the police have transferred to a military encampment to Alexandropulis. There were held several hundred other people, locked in one room.

We stayed in the camp a few hours. Around midnight the military called me with 50 other people and we drove up in an armored military truck. They led us, after 1:20 on the road, next to the river Evros. The Greek border police made us go on group of 20 small boats were pushed on the Turkish side of the border (ndr: the practice of illegal deportation from Greece to Turkey is a practice increasingly used by the Greek Government for “empty” the country of migrants. more detailed info on the subject in the Report of the borders of Migreurop to be released in September).

We started walking in the forest, but we do not know where to go, we were afraid we were cold. After a few hours of walking, we saw a house. We have therefore asked for help, something to eat. The owner of the house told us he could not help us after having called the police or he would have problems. He therefore called on the Turkish army came after a few hours. They led us to the detention camp Edirne. After 10 days, police have threatened to expel us in Afghanistan and that we should pay our ticket deportation because otherwise they would have deported via land leaving us at the border with Iran. The Turkish police are well aware that in the border region there are many Iranian kidnapping of migrants, with threats in exchange for money from the family. Sometimes the inhabitants of the region they cut your fingers or the nose of migrants because the money did not arrive. I therefore send my family the $ 500 that I had to give the Turkish police to pay for my flight deportation to Afghanistan. I was expelled with a flight line, there were 20-30 in Afghan deportees twenty Turks who went to Afghanistan to conduct business. Once in Afghanistan, I stayed in Kabul, I did not want to return to my homeland, it would be too dangerous.

After some weeks, I took the trip to Europe.

I went back across the border between Afghanistan and Iran, which separates Iran from Turkey. In Istanbul, I crossed the border with Bulgaria. It was night, I traveled to pies, I had a lot of fear because the Bulgarian border guards monitor the crossing with dogs.

I know if you find the dogs, we must stop, do not be afraid, if you run, they attack.

From Bulgaria, I returned to Greece and went directly to Patras. The situation in the camp was changed, the passage under a lorry in Italy increasingly hard, however, much higher barbed wire around the port. And I had no money for the trip. So I decided to take the land route.

We were three, we bought a map and we had crossed the border between Greece and Macedonia, as well as with Serbia, walking along the train tracks at night.

Once in Belgrade we were exhausted.

We therefore decided to ask in a park.

In a very short time the police arrived, they have checked the papers and led us in a prison in Belgrade. It was a prison where two Serbs were locked in a sector in a fruit salad and 40 Afghans. After 40 days of detention, I was able to escape. I left in the direction of Hungary by crossing the border to pies in the night. Once past the border, I took a train to Budapest, then a train to Ciprun at the border with Austria. I crossed the border on foot, to Innsbruck. The police arrested me on the train. They locked me in a camp for 26 days. In the camp I was very ill, I suffered from insomnia, so I asked to see a psychologist. Taking in my mental state, the psychologist asked the authorities who run the camp to release me.

So I was released and then I could continue my trip to Italy and then to Calais.

I arrived yesterday in Calais, I try to go to England knowing that I risk being sent back to Greece, where are my impressions … …

S’en débarrasser : le Royaume Uni se précipite pour expulser par vols charters les personnes qui traversent la Manche

Un rapport collaboratif de Corporate Watch et d’autres amis

Attention: ce document contient des récits de violence, tentatives de suicide et automutilation.

Le Royaume Uni s’attache à particulièrement réprimer les migrants traversant la Manche dans de petites embarcations, répondant comme toujours à la panique propagée par les tabloïds britanniques. Une partie de sa stratégie consiste en une nouvelle vague d’expulsions massives : des vols charters, ciblant spécifiquement les personnes traversant la Manche, vers la France, l’Allemagne et l’Espagne.

Deux vols ont eu lieu jusqu’à présent, les 12 et 26 août. Le prochain est prévu pour le 3 septembre. Les deux vols récents ont fait escale à la fois en Allemagne (Düsseldorf) et en France (Toulouse le 12, Clermont-Ferrand le 26). Un autre vol était prévu pour l’Espagne le 27 août – mais il a été annulé après que les avocat-es aient réussi à faire descendre tout le monde de l’avion.

Menées à la hâte par un Home Office en panique, ces déportations massives ont été particulièrement brutales, et ont pu impliquer de graves irrégularités juridiques. Ce rapport résume ce que nous savons jusqu’à présent après avoir parlé à un certain nombre de personnes expulsées et à d’autres sources. Il couvre :

  • Le contexte : Les traversées en bateau de Calais et l’accord entre le Royaume-Uni et la France pour les faire cesser.
  • Au Royaume-Uni : Yarl’s Wood reconverti en centre de traitement de personnes traversant la Manche ; Britannia Hotels ; le centre de détention de Brook House, toujours aussi brutal.
  • Les vols : Calendrier détaillé du charter du 26 août vers Düsseldorf et Clermont-Ferrand.
  • Qui est à bord du vol : Les personnes réfugiées, y compris des mineurs et des personnes torturées.
  • Délaissé à l’arrivée : Les personnes arrivant en Allemagne et en France qui n’ont pas la possibilité de demander l’asile se voient délivrer immédiatement des documents d’expulsion.
  • Les questions juridiques : Utilisation du règlement Dublin III pour se soustraire de la responsabilité à l’égard des réfugiés.
  • Est-ce illégal?: la précipitation du processus entraîne de nombreuses irrégularités.

“cette nuit-là, huit personnes se sont automutilées”

Cette nuit-là avant le vol (25 août), lorsque nous étions enfermés dans nos chambres et que j’ai appris que j’avais perdu en appel, j’étais désespéré. J’ai commencé à me mutiler. Je n’étais pas le seule. Huit personnes se sont automutilées ou ont tenté de se suicider plutôt que d’être emmenées dans cet avion. Un homme s’est jeté une bouilloire d’eau bouillante sur lui-même. Un homme a essayé de se pendre avec le câble de télé dans sa chambre. Trois d’entre nous ont été emmenés à l’hôpital, mais renvoyés au centre de détention après quelques heures. Les cinq autres ont été emmenés à l’infirmerie de Brook House où on leur a mis des pansements. Vers 5 heures du matin, ils sont venus dans ma chambre, des gardes avec des boucliers anti-émeutes. Sur le chemin pour aller au van, ils m’ont fait traverser une sorte de couloir rempli de gens – gardes, directeurs, fonctionnaires du Home Office. Ils ont tous regardé pendant qu’un médecin m’examinait, puis le médecin a dit : “oui, il est apte à voler”. Dans l’avion, plus tard, j’ai vu un homme très gravement blessé, du sang dégoulinant de sa tête et sur ses vêtements. Il n’avait pas seulement essayé d’arrêter le vol, il voulait vraiment se tuer. Il a été emmené en Allemagne.


Témoignage d’une personne déportée.

Le contexte : les bateaux et les accords


Le Pluvier patrouillant les côtes françaises.

Depuis les années 1990, des dizaines de milliers de personnes fuyant la guerre, la répression et la pauvreté ont franchi le “court détroit” entre Calais et Dover. Jusqu’en 2018, les personnes sans papiers qui tentaient de traverser la Manche le faisaient principalement en montant dans des camions ou des trains passant par le tunnel sous la Manche. Les systèmes de sécurité autour des parkings de camions, du tunnel et de l’autoroute ont été massivement renforcés après l’expulsion de la grande jungle en 2016. Cela a obligé les gens à chercher d’autres itinéraires, toujours plus dangereux, y compris en traversant l’une des voies navigables les plus fréquentées du monde à bord de petits bateaux. Environ 300 personnes ont emprunté cet itinéraire en 2018, 2000 autres en 2019 – et, selon les rapports, plus de 5000 personnes entre janvier et août 2020.

Ces passages ont été relayés par les médias britanniques lors de leur dernière vague de publications xénophobiques et alarmistes. Le schéma n’est que trop familier depuis le camp Sangatte en 1999 : les médias de droite (le plus célèbre étant le Daily Mail, mais aussi d’autres) diffusent des articles abusifs sur les dangereux “illégaux” qui déferleraient à travers la Manche ; et le gouvernement britannique répond par des promesses de répression.

Renforcé par le Brexit, les mesures et annonces récentes comprennent:

Les mesures concrètes se font encore attendre, mais les évolutions notables jusqu’à présent sont les suivantes :

Pour l’instant, du moins, les gouvernements respectent leurs obligations légales minimales en matière de protection de la vie en mer. Et il n’y a pas eu de preuves de “push backs” (refoulement) ou de “pull backs” illégaux : où, de force, soit des bateaux britanniques “poussent”, soit des bateaux français “tirent” des bateaux vers l’un ou l’autre côté de la frontière. Lorsque ces bateaux sont interceptés dans les eaux françaises, les voyageurs sont ramenés en France. S’ils parviennent à entrer dans les eaux britanniques, la police aux frontières britannique les récupère et les débarque à Douvres. Ils peuvent alors demander l’asile au Royaume-Uni.

Il n’y a pas de différence juridique entre demander l’asile après être arrivé par bateau, par avion ou de toute autre manière. Cependant, ces personnes traversant par petits bateaux ont été ciblées par le gouvernement pour être traitées d’une manière spéciale, semble-t-il conçue pour leur refuser le droit d’asile au Royaume-Uni.

Une fois que les personnes sont à terre et en sécurité, le deuxième volet de la stratégie de Priti Patel visant à rendre cette voie non viable entre en jeu : systématiquement faire obstacle à leur demande d’asile et, si possible, les expulser vers la France ou d’autres pays européens. En pratique, il est impossible pour le Home Office d’expulser toutes les personnes qui réussissent à traverser. Il s’agit plutôt, comme dans la grande majorité des politiques d’immigration, de faire preuve de fermeté avec un spectacle de mise en vigueur – non seulement pour tenter de dissuader d’autres arrivant-es, mais peut-être surtout pour se mettre en scène devant les principaux médias.

C’est là qu’intervient la nouvelle vague de vols charter. Les expulsions nécessitent la coopération du pays de destination, et le premier vol a eu lieu le 12 août en plein milieu des négociations franco-britanniques. Plus récemment, ces vols ont alimenté un nouveau spectacle médiatique au Royaume-Uni : le Home Office s’en prend aux “avocats militants” qui font leur travail en contestant les principales failles juridiques de ces renvois précipités.

Le Home Office a tenté de présenter ces vols d’expulsion comme une réponse immédiate et forte aux traversées de la Manche. Le message est le suivant: si vous traversez la Manche, vous serez de retour dans les jours qui suivent. Là encore, il s’agit plus de spectacle que de réalité. Toutes les personnes que nous connaissons sur ces vols étaient au Royaume-Uni plusieurs mois avant d’être expulsées.

Au Royaume-Uni : Yarl’s Wood réaffecté

Une fois à terre en Angleterre, les personnes sont emmenées à l’un des deux endroits suivants : soit la Kent Intake Unit (Unité d’admission du Kent), qui est un centre de détention du ministère de l’intérieur (c’est-à-dire un petit complexe de cellules préfabriquées) dans les docks à l’est du port de Douvres ; soit le poste de police de Douvres. Ce poste de police semble être de plus en plus l’endroit principal, car la petite “unité d’admission” est souvent pleine. Il y avait autrefois un centre de détention à Douvres où étaient détenus les nouveaux arrivants, qui était connu pour son état de délabrement, mais a été fermé en octobre 2015.

Les personnes sont généralement détenues au poste de police pendant une journée maximum. La destination suivante est généralement Yarl’s Wood, le centre de détention du Bedfordshire géré par Serco. Il s’agissait, jusqu’à récemment, d’un centre de détention à long terme qui accueillait principalement des femmes. Cependant, le 18 août, le ministère de l’intérieur a annoncé que Yarl’s Wood avait été réaménagé en “centre de détention de courte durée” (Short Term Holding Facility – SHTF) pour traiter spécifiquement les personnes qui ont traversé la Manche. Les personnes ne restent généralement que quelques jours – le séjour maximum légal pour un centre de “courte durée” est de sept jours.

Yarl’s Wood a une capacité normale de 410 prisonniers. Selon des sources à Yarl’s Wood :

La semaine dernière, c’était presque plein avec plus de 350 personnes détenues. Quelques jours plus tard, ce nombre était tombé à 150, ce qui montre la rapidité avec laquelle les gens passent par le centre. Mardi 25 août, il n’y avait plus personne dans le centre ! Il semble probable que les chiffres fluctueront en fonction des traversées de la Manche.”

La même source ajoute :

“Il y a des inquiétudes concernant l’accès à l’aide juridique à Yarl’s Wood. La réglementation relative aux centres de détention provisoire n’exige pas que des conseils juridiques soient disponibles sur place (à Manchester, par exemple, il n’y a pas d’avocats de garde). Apparemment, le roulement des avocats de garde se poursuit à Yarl’s Wood pour l’instant. Mais la rapidité avec laquelle les personnes sont traitées maintenant signifie qu’il est pratiquement impossible de s’inscrire et d’obtenir un rendez-vous avec l’avocat de garde avant d’être transféré”.

Le ministère de l’Intérieur mène les premiers entretiens d’évaluation des demandeurs d’asile pendant qu’ils sont à Yarl’s Wood. Ces entretiens se font parfois en personne, ou parfois par téléphone.

C’est un moment crucial, car ce premier entretien détermine les chances de nombreuses personnes de demander l’asile au Royaume-Uni. Le ministère de l’intérieur utilise les informations issues de cet entretien pour expulser les personnes qui traversent la Manche vers la France et l’Allemagne en vertu du règlement Dublin III. Il s’agit d’une législation de l’Union Européenne (UE) qui permet aux gouvernements de transférer la responsabilité de l’évaluation de la demande d’asile d’une personne vers un autre État. Autrement dit, le Royaume-Uni ne commence même pas à examiner les demandes d’asile des personnes.

D’après ce que nous avons vu, beaucoup de ces évaluations de Dublin III ont été faites de manière précipitée et irrégulière. Elles se sont souvent appuyées sur de faibles preuves circonstancielles. Peu de personnes ont eu la possibilité d’obtenir des conseils juridiques, ou même des interprètes pour expliquer le processus.

Nous abordons Dublin III et les questions soulevées ci-dessous dans la section “Cadre juridique”.

Au Royaume-Uni : les pires hôtels britanniques

De Yarl’s Wood, les personnes à qui nous avons parlé ont été libérées sous caution (elles devaient respecter des conditions spécifiques aux personnes immigrées) dans des hébergement pour demandeurs d’asile. Dans un premier temps, cet hébergement signifie un hôtel à bas prix. En raison de l’épidémie du COVID-19, le Home Office a ordonné aux entreprises sous-traitantes (Mears, Serco) qui administrent habituellement les centres d’accueil pour demandeurs d’asile de fermer leurs places d’hébergement et d’envoyer les personnes à l’hôtel. Cette décision est loin d’être claire, du fait que de nombreux indicateurs suggèrent que les hôtels sont bien pires en ce qui concerne la propagation du COVID. Le résultat de cette politique s’est déjà avéré fatal – voir la mort d’Adnan Olbeh à l’hôtel Glasgow en avril.

Peut-être le gouvernement essaie de soutenir des chaînes telles que Britannia Hotels, classée depuis sept ans à la suite comme la “pire chaîne d’hôtel britannique” par le magazine des consommateurs Which?. Plusieurs personnes envoyées par charter avaient été placées dans des hôtels Britannia. Le principal propriétaire de cette chaîne, le multi-millionnaire Alex Langsam, a été surnommé « le roi de l’asile » par les médias britanniques après avoir remporté précédemment à l’aide de ses taudis d’autres contrats pour l’hébergement des demandeurs d’asile.

Certaines des personnes déportées à qui nous avons parlé sont restées dans ce genre d’hôtels plusieurs semaines avant d’être envoyées dans des lieux de “dispersion des demandeurs d’asile” – des logements partagés situés dans les quartiers les plus pauvres de villes très éloignées de Londres. D’autres ont été mises dans l’avion directement depuis les hôtels.

Dans les deux cas, la procédure habituelle est le raid matinal : Des équipes de mise-en-œuvre de l’immigration (Immigration Enforcement squads) arrachent les gens de leur lit à l’aube. Comme les personnes sont dans des hôtels qui collaborent ou assignées à des maisons, il est facile de les trouver et de les arrêter quand elles sont les prochains sur la liste des déportations.

Après l’arrestation, les personnes ont été amenées aux principaux centres de détention près de Heathrow (Colnbrook et Harmondsworth) ou Gatwick (particulièrement Brook House). Quelques-unes ont d’abord été gardées au commissariat ou en détention pour des séjours de court terme pendant quelques heures ou quelques jours.

Tous ceux à qui nous avons parlé ont finalement terminé à Brook House, un des deux centres de détention de Gatwick.

« ils sont venus avec les boucliers »

Une nuit, à Brook House, après que quelqu’un se soit mutilé, ils ont enfermé tout le monde. Un homme a paniqué et a commencé à crier en demandant aux gardes « S’il vous plaît, ouvrez la porte ». Mais il ne parlait pas bien anglais et criait en arabe. Il a dit : « Si vous n’ouvrez pas la porte je vais faire bouillir de l’eau dans ma bouilloire et me la verser sur le visage ». Mais ils ne l’ont pas compris, ils pensaient qu’il était en train de les menacer et qu’il était en train de dire qu’il allait jeter l’eau bouillante sur eux. Alors ils sont arrivés avec leurs boucliers, ils l’ont jeté hors de sa cellule et ils l’ont mis en isolement. Quand ils l’ont mis là-bas, ils lui ont donné des coups et ils l’ont battu, ils ont dit : « Ne nous menace plus jamais ».


Témoignage d’une personne déportéé.

Gardes de Brook House en tenue anti-émeute se tenant prêts à extraire une personne de sa cellule. (BBC Panorama, 2018)

Brook House

Brook House reste tristement célèbre après les révélations d’un lanceur d’alerte sur les brutalités quotidiennes et les humiliations commises par les gardes qui travaillent pour G4S. Leur contrat a depuis été repris par la branche emprisonnement de Mitie – dont la devise est « Care and Custody, a Mitie company » (traduction : «  Soins et détention, une entreprise Mitie »). Probablement que beaucoup des mêmes gardes sont simplement passés d’une entreprise à l’autre.

Dans tous les cas, d’après ce que les personnes déportées nous ont dit, pas grand chose n’a changé à Brook House – le vice et la violence des gardes restent la norme. Les histoires rapportées ici en donnent juste quelques exemples. Vous pouvez lire davantage dans les récents témoignages de personnes détenues sur le blog Detained Voices.

« ils s’assurent juste que tu ne meures pas devant eux »

J’étais dans ma cellule à Brook House seul depuis 12 jours, je ne pouvais ni manger ni boire, juste penser, penser à ma situation. J’ai demandé un docteur peut-être dix fois. Ils sont venus plusieurs fois, ils ont pris mon sang, mais ils n’ont rien fait d’autre. Ils s’en foutent de ta santé ou de ta santé mentale. Ils ont juste peur que tu meures là. Ils s’en foutent de ce qui t’arrive du moment que tu ne meures pas devant leurs yeux. Et ça n’a pas d’importance pour eux si tu meurs ailleurs.

Témoignage d’une personne déportée.

Préparation des vols

Le Home Office délivre des papiers appelés « Instructions d’expulsion » (« Removal Directions » – Rds) aux personnes qu’ils ont l’intention de déporter. Y sont stipulés la destination et le jour du vol. Les personnes qui sont déjà en détention doivent recevoir ce papier au moins 72 heures à l’avance, incluant deux jours ouvrés, afin de leur permettre de faire un ultime appel de la décision.

Voir Right to Remain toolkit pour des informations détaillés sur les délais légaux et sur les procédures d’appel.

Tous les vols de déportation du Royaume Uni, les tickets qu’ils soient pour un avion de ligne régulier ou un vol charter sont réservés via une agence de voyage privée appelée Carlson Wagonlit Travel (CWT). La principale compagnie aérienne utilisée par le Home Office pour les vols charter est la compagnie de charter qui s’appelle Titan Airways.

Voir 2018 Corporate Watch report pour les informations détaillées sur les procédures de vols charter et les compagnies impliquées. Et la mise-à-jour de 2020 sur les déportations en général.

Concernant le vol du 12 août, des recours légaux ont réussi à faire sortir 19 personnes de l’avion qui avaient des Instructions d’expulsion ( Rds ). Cependant, le Home Office les a remplacées par 14 autres personnes qui étaient sur la « liste d’attente ». Les avocats suspectent que ces 14 personnes n’ont pas eu suffisamment accès à leur droit à être représentés par un-e avocat-e avant le vol, ce qui a permis qu’elles soient expulsés.

Parmi les 19 personnes dont les avocat.es ont réussi à empêcher l’expulsion prévue, 12 ont finalement été déportées par le vol charter du 26 août : 6 personnes envoyées à Dusseldorf en Allemagne et 6 autres à Clermont-Ferrand en France.

Un autre vol a été programmé le 27 août pour l’Espagne. Cependant les avocat-es ont réussi à faire retirer tout le monde, et le Home Office a annulé le vol. L’administration anglaise (Whitehall) a dit dans les médias:le taux d’attrition juridique a été de 100 % pour ce vol en raison des obstacles sans précédent et organisés que trois cabinets d’avocats ont imposés au gouvernement.” Il y a donc de fortes chances que Home Office mettra tous ses moyens à disposition pour continuer à expulser ces personnes lors de prochains vols charters.


Le « Livret d’information des vols charters » de Home Office. Le seul passage souligné notifie aux expulsés dont les mains sont menottées à la ceinture qu’ils sont susceptibles de recevoir une amende s’ils enlèvent leur masque.

Qui a été expulsé?

L’ensemble des personnes expulsées par avion sont des personnes réfugiées qui ont déposé leur demande d’asile au Royaume-Uni immédiatement après leur arrivée à Dover. La une des médias expose les personnes expulsées comme « de dangereux criminels », mais aucune d’entre elles n’a fait l’objet de poursuites.

Ils viennent de différents pays dont l’Irak, le Yemen, le Soudan, la Syrie, l’Afghanistan et le Koweit. (Dix autres Yéménis devaient être expulsés par le vol annulé pour l’Espagne. Au mois de juin, le gouvernement du Royaume-Uni a annoncé la reprise des accords commerciaux de vente d’armes avec l’Arabie Saoudite qui les utilise dans des bombardements au Yemen qui ont déjà coûté la vie à des dizaines de milliers de personnes).

Toutes ces personnes craignent à raison des persécution dans leurs pays d’origine – où les abus des Droits de l’Homme sont nombreux et ont été largement documentés. Au moins plusieurs des personnes expulsées ont survécu à la torture, ce qui a été documenté par le Home Office lui-même lors d’entretiens.

Parmi eux, un mineur âgé de moins de 18 ans a été enregistré par le Home Office comme ayant 25 ans – alors même qu’ils étaient en possession de son passeport prouvant son âge réel. Les mineurs isolés ne devraient légalement pas être traités avec la procédure Dublin III, et encore moins être placés en détention et être expulsés.

Beaucoup de ces personnes, si ce ne sont toutes, ont des ami-es et de la famille au Royaume-Uni.

Aucune de leurs demandes d’asile n’a été évaluée – toutes ont été refusées dans le cadre de la procédure Dublin III (cf. Cadre Légal plus bas).

Chronologie du vol du 26 août

Nuit du 25 août: Huit des personnes en attente de leur expulsion se mutilent ou tentent de se suicider. D’autres personnes font une grève de la faim depuis plus d’une semaine. Trois d’entre elles sont amenées à l’hôpital, hâtivement prises en charge pour qu’elles puissent être placées dans l’avion. Cinq autres se sont simplement vus délivrer quelques compresses au service des soins du centre de détention de Brook House. (cf. le témoignage ci-dessus)

26 août, vers 4 heure du matin: Les gardiens récupèrent les personnes expulsables dans leurs cellules. Il y a de nombreux témoignages de violence : trois ou quatre gardiens en tenue anti-émeute avec casques et boucliers s’introduisent dans les cellules et tabassent les détenus à la moindre résistance.

vers 4 heure du matin: Les détenus blessés sont amenés par les gardiens pour être examinés par un médecin dans un couloir, face aux fonctionnaires, et sont jugés « apte à prendre l’avion ».

vers 5 heure du matin: Les détenus sont amenés un par un dans les fourgons. Chacun est placé dans un fourgon séparé, entouré de quatre gardiens. Les fourgons portent le logo de l’entreprise Mitie « Care and Custody ». Les détenus sont gardés dans les fourgons le temps de faire monter tout le monde, ce qui prend une à deux heures.

vers 6 heure du matin: Les fourgons vont du centre de détention de Brook House (près de l’Aéroport Gatwick) à l’Aéroport Stansted et entrent directement dans la zone réservée aux vols charters. Les détenus sont sortis un par un des fourgons vers l’avion de la compagnie aérienne Titan. Il s’agit d’un avion Airbus A321-211, avec le numéro d’enregistrement G-POWU, au caractère anonyme, qui ne porte aucun signe distinctif de la compagnie aérienne. Les détenus sont escortés en haut des escaliers avec un gardien de chaque côté.

Dans l’avion quatre gardiens sont assignés à chaque personne: deux de part et d’autre sur les sièges mitoyens, un sur le siège devant et un sur le siège derrière. Les détenus sont maintenus avec une ceinture de restriction au niveau de leur taille à laquelle sont également attachées leurs mains par des menottes. En plus des 12 détenus et 48 gardiens, il y a des fonctionnaires du Home Office, des managers de Mitie, et deux personnels paramédicaux dans l’avion.

7h58 (BST) : L’avion de la compagnie Titan (dont le numéro de vol est ZT311) décolle de l’Aéroport Stansted.

9h44 (CEST) : Le vol atterrit à Dusseldorf. Six personnes sont sorties de l’avion, laissées aux mains des autorités allemandes.

10h46 (CEST) : L’avion Titan décolle de Dusseldorf pour rejoindre Clermont-Ferrand avec le reste des détenus.

11h59 (CEST): L’avion (dont le numéro de vol est maintenant ZT312) atterrit à l’Aéroport de Clermont-Ferrand Auvergne et les six autres détenus sont débarqués et amenés aux douanes de la Police Aux Frontières (PAF).

12h46 (CEST): L’avion quitte Clermont-Ferrand pour retourner au Royaume-Uni. Il atterrit d’abord à l’Aéroport Gatwick, probablement pour déposer les gardiens et les fonctionnaires, avant de finir sa route à l’Aéroport Stansted où les pilotes achèvent leur journée.


L’avion Airbus A 321-211 G POWU de la compagnie aérienne Titan sur le tarmac à Clermont-Ferrand avant son retour au Royaume-uni et après l’expulsion des personnes en Allemagne et en France, le 26 août 2020

Larguées à destination : l’Allemagne

Ce qu’il est arrivé aux personnes expulsées en Allemagne n’est pas connu, même s’il semblerait qu’il n’y ait pas eu de procédure claire engagée par la police allemande. Un des expulsés nous a rapporté qu’à son arrivée à Dusseldorf, la police allemande lui a donné un billet de train en lui disant de se rendre au bureau de la demande d’asile à Berlin. Une fois là-bas, on lui a dit de retourner dans son pays. Ce à quoi il a répondu qu’il ne pouvait pas y retourner et qu’il n’avait pas non plus d’argent pour rester à Berlin ou voyager dans un autre pays. Le bureau de la demande d’asile a répondu qu’il pouvait dormir dans les rues de Berlin.

Un seul homme a été arrêté à son arrivée. Il s’agit d’une personne qui avait tenté de se suicider la veille en se mutilant à la tête et au coup au rasoir, et qui avait saigné tout au long du vol.

Larguées à destination : la France

Les expulsés ont été transportés à Clermont-Ferrand, une ville située au milieu de la France, à des centaines de kilomètres des centres métropolitains. Dès leur arrivée ils ont été testés pour le COVID par voie nasale et retenus par la PAF pendant que les autorités françaises décidaient de leur sort.

Deux d’entre eux ont été libérés à peu près une heure et demi après, une fois donnés des rendez-vous au cours de la semaine suivante pour faire des demandes d’asile dans des Préfectures de région eloignées de Clermont-Ferrand. Il ne leur a été proposé aucun logement, ni information légale, ni moyen pour se déplacer jusqu’à leurs rendez-vous.

La personne suivante a été libérée environ une heure et demi après eux. Il ne lui a pas été donné de rendez-vous pour demander l’asile, mais il lui a juste été proposé une chambre d’hotel pour quatre nuits.

Pendant le reste de la journée, les trois autres détenus ont été emmenés de l’aéroport au commisariat pour prendre leurs empreintes. On a commencé à les libérer à partir de 18h. Le dernier a été libéré sept heures après que le vol de déportation soit arrivé. La police a attendu que la Préfecture décide de les transférer ou non au Centre de Rétention Administrative (CRA). On ne sait pas si la raison à cela était que le centre le plus proche, à Lyon, était plein.

Cependant, ces personnes n’ont pas été simplement laissées libres. Il leur a été donné des ordres d’expulsion (OQTF: Obligation de quitter le territoire francais) et des interdictions de retour sur le territoire francais (IRTF). Ces document ne leur donnent que48h pour faire appel. Le gouverment britannique a dit que les personnes déportées par avion en France avaient la possibilité de demander l’asile en France. C’est clairement faux.

Pour aller plus loin dans les contradictions bureaucratique, avec les ordres d’expulsion leurs ont été donnés l’ordre de devoir se présenter à la station de police de Clermont-Ferrand tous les jours à dix heures du matin dans les 45 prochains jours (pour potentiellement y être arrêtés et detenus à ces occasions). Ils leur a été dit que si ils ne s’y présentaient pas la police
les considèrerait comme en fuite.

La police a aussi réservé une place dans un hotel à plusieurs kilomètre de l’aéroport pour quatres nuits, mais sans aucune autre information ni aide pour se procurer de quoi s’alimenter. Il ne leur a été fourni aucun moyen de se rendre à cet hôtel et la police a refusé de les aider – disant que leur mission s’arretait à la délivrance de leurs documents d’expulsion.

Après m’avoir donné les papiers d’expulsion, le policier francais a dit
‘Maintenant tu peux aller en Angleterre’.

Temoignage de la personne expulsée

La police aux frontières (PAF) a ignoré la question de la santé et du
bien-être des personnes expulsées qui étaient gardées toute la journée.
Une des personnes était en chaise roulante toute la journée et était
incapable de marcher du fait des blessures profondes à son pied, qu’il
s’était lui même infligées. Il n’a jamais été emmené à l’hôpital malgré les
recommendations du médecin, ni durant la période de détention, ni après
sa libération. En fait, la seule raison à la visite du médecin était initialement d’évaluer s’il était en mesure d’être detenu au cas où la Préfecture le déciderait. La police l’a laissé dans ses vêtements souillés de sang toute la journée et quand ils l’ont libéré il n’avait pas eu de chaussures et pouvait à peine marcher. Ni béquilles, ni aide pour rejoindre l’hotel ne lui ont été donnés par la police. Il a été laissé dans la rue, devant porter toutes ses
affaires dans un sac en plastique du Home Office.

“La nuit la plus dure de ma vie”

Ce fut la nuit la plus dure de ma vie. Mon coeur était brisé si fort que j’ai sérieusement pensé au suicide. J’ai mis le rasoir dans ma bouche pour l’avaler ; j’ai vu ma vie entière passer rapidement jusqu’aux premières heures du jour. Le traitement en détention était très mauvais, humiliant et dégradant. Je me suis haï et je sentais que ma vie était détruite mais au même temps elle était trop précieuse pour la perdre si facilement. J’ai recraché le razoir de ma bouche avant d’être sorti de la chambre où quatre personnes à l’allure impossante, portant la même tenue de CRS et des boucliers de protéction, m’ont violemment emmené dans le grand hall au rez-de-chaussée du centre de détention. J’étais épuisé puisque j’avais fait une grève de la faim depuis plusieurs jours. Dans la chambre à côte de moi un des déportés a essayé de resister et a été battu si sévèrement que du sang a coulé de son nez. Dans le grand hall ils m’ont fouillé avec soin et m’ont escorté jusqu’à la voiture comme un dangerux criminel, deux personnes à ma gauche et à ma droite. Ils ont conduit environ deux heures jusqu’à l’aéroport, il y avait un grand avion sur la piste de décollage. […] A ce moment, j’ai vu mes rêves, mes espoirs, brisés devant moi en entrant dans l’avion.

Temoignage d’une personne déportée (de Detained Voices)
Voiture avec un nouveau logo de Mitie Care and Custody qui a été utilisé pour transférer les detenus de Brook House à l’aéroport de Standsted.

Le cade légal : Dublin III

Ces expulsions se déroulent dans le cadre du règlement Dublin III. Il s’agit de la législation déterminant quel pays européen doit évaluer la demande d’asile d’une personne réfugiée. Cette décision implique un certain nombre de critères, l’un des principaux étant le regroupement familial et l’intérêt supérieur de l’enfant. Un autre critère, dans le cas des personnes franchissant la frontières sans papiers, est le premier pays dans lequel ils entrent « irrégulièrement ». Dans cette loi, ce critère est supposé être moins important que les attaches familiales. Mais il est communément employé par les gouvernements cherchant à rediriger les demandes d’asile à d’autres Etats. Toutes les personnes que nous connaissions sur ces vols étaient « dublinés » car le Royaume-Uni prétendait qu’ils avaient été en France, en Allemagne ou en Espagne.

(Voir : briefing à l’introduction du House of Commons ; Home Office staff handbook (manuel du personnel du ministère de l’intérieur; section Dublin Right to remain .)

En se référant au règlement Dublin, le Royaume-Uni évite d’examiner les cas de demande d’asile. Ces personnes ne sont pas expulsées parce que leur demande d’asile a été refusée. Leurs demandes ne sont simplement jamais examinées. La décision d’appliquer le règlement Dublin est prise après la premier entretien filmé ( à ce jour, au centre de détention de Yarl’s Wood). Comme nous l’avons vu plus haut, peu de personnes sont dans la capacité d’avoir accès à une assistance juridique avant ces entretiens, quelquefois menés par téléphone et sans traduction adéquate.

Avec le Dublin III, le Royaume-Uni doit faire la demande formelle au gouvernement qu’il croit responsable d’examiner la demande d’asile, de reprendre le demandeur et de lui présenter la preuve à savoir pourquoi ce gouvernement devrait en accepter la responsabilité. Généralement, la preuve produite est le fichier des empreintes enregistrées par un autre pays sur la base de données EURODAC, à travers toute l’Europe.

Cependant, lors des récents cas d’expulsion, le Home Office n’a pas toujours produit les empreintes, mais a choisi de se reposer sur de fragiles preuves circonstantielles. Certains pays ont refusé ce type de preuve, d’autres en revanche l’ont accepté, notamment la France.

Il semble y avoir un mode de fonctionnement récurrent dans ces affaires où la France accepte les retours de Dublin III, quand bien même d’autres pays l’ont refusé. Le gouvernement français pourrait avoir été encouragé à accepter les « reprises/retours » fondés sur des preuves fragiles, dans le cadre des récentes négociations américano-britanniques sur la traversée de la Manche (La France aurait apparemment demandé 30 millions de livres pour aider la Grande-Bretagne à rendre la route non viable.)

En théorie, accepter une demande Dublin III signifie que la France (ou tout autre pays) a pris la responsabilité de prendre en charge la demande d’asile d’un individu. Dans la pratique, la plupart des individus arrivés à Clermont-Ferrand le 26 août n’ont pas eu l’opportunité de demander l’asile. A la place, des arrêtés d’expulsion leur ont été adressés, leur ordonnant de quitter la France et l’Europe. On ne leur donne que 48h pour faire appel de l’ordre d’expulsion, sans plus d’information sur le dispositif légal. Ce qui apparaît souvent comme quasi impossible pour une personne venant d’endurer une expulsion forcée et qui pourrait nécessiter des soins médicaux urgents.

Suite au Brexit, le Royaume-Uni ne participera pas plus au Dublin III à partir du 31 décembre 2020. Puisqu’il y a des signataires de cet accord hors Union-Européenne, comme la Suisse et la Norvège, le devenir de ces arrangements est encore flou (comme tout ce qui concerne le Brexit). S’il n’y a d’accord global, le Royaume-Uni devra négocier plusieurs accords bilatéraux avec les pays européens. Le schéma d’expulsion accéléré établi par la France sans processus d’évaluation adéquat de la demande d’asile pourrait être un avant-goût des choses à venir.

Conclusion : expéditif – et illégal?

Évidemment, les expulsions par charter sont l’un des outils les plus manifestement brutaux employés par le régime frontalier du Royaume Uni. Elles impliquent l’emploi d’une violence moralement dévastatrice par le Home Office et ses entrepreneurs ((Mitie, Titan Airways, Britannia Hotels, et les autres) contre des personnes ayant déjà traversé des histoires traumatiques.

Car les récentes expulsions de ceux qui ont traversé la Manche semblent particulièrement expéditives. Des personnes qui ont risqué le vie dans la Manche sont récupérées par une machine destinée à nier leur droit d’asile et à les expulser aussi vite que possible, pour satisfaire le besoin d’une réaction rapide à la dernière panique médiatique. De nouvelles procédures semblent avoir mises en place spontanément par des officiels du Ministère de l’Intérieur ainsi que des accords officieux avec leurs homologues français.

En résultat de ce travail bâclé, il semble y avoir un certain nombre d’irrégularités dans la procédure. Certaines ont déjà été signalées dans des recours juridiques efficaces contre le vol vers l’Espagne du 27 août. La détention et l’expulsion des personnes qui ont traversé la Manche en bateau peut avoir été largement illégale et est susceptible d’être remise en cause plus profondément des deux côtés de la Manche.

Ici, nous résumerons quelques enjeux spécifiques.

  • La nature profondément politique du processus d’expulsion pour ces personnes qui ont fait la traversée sur de petits bateaux, ce qui signifie qu’on leur refuse l’accès à une procédure de demande d’asile évaluée par le Home Office.
  • Les personnes réfugiées incluent des personnes victimes de torture, de trafic humain, aussi bien que des mineurs.
  • Des individus sont détenus, précipités d’entretiens en entretiens, et « dublinés » sans la possibilité d’avoir accès à une assistance juridique et aux informations nécessaires.
  • Afin d’éviter d’avoir à considérer des demandes d’asile, la Grande-Bretagne applique le règlement Dublin III, souvent en employant de faibles preuves circonstancielles – et la France accepte ces demandes, peut-être en conséquence des récentes négociations et arrangements financiers.
  • De nombreuses personnes expulsées ont des attaches familiales au Royaume-Uni, mais le critère primordial du rapprochement familial du rêglement Dublin III est ignoré
  • En acceptant les demandes Dublin, la France prend la responsabilité légale des demandes d’asile. Mais en réalité, elle prive ces personnes de la possibilité de demander l’asile, en leur assignant des papiers d’expulsion.
  • Ces papiers d’expulsions (« Obligation de quitter le territoire français » and « Interdiction de retour sur le territoire français » ou OQTF et IRTF) sont assignées et il n’est possible de faire appel que dans les 48 heures qui suivent. C’est inadéquat pour assurer une procédure correcte, à plus forte raison pour des personnes traumatisées, passées par la détention, l’expulsion, larguées au milieu de nulle part, dans un pays où elles n’ont aucun contact et dont elles ne parlent pas la langue.
  • Tout cela invalide complètement les arguments du Home Office qui soutient que les personnes qu’il expulse peuvent avoir accès à une procédure de demande d’asile équitable en France.

Cast away: the UK’s rushed charter flights to deport Channel crossers

A collaborative report with Corporate Watch and friends

Warning: this document contains accounts of violence, attempted suicides and self harm.

The British government has vowed to clamp down on migrants crossing the Channel in small boats, responding as ever to a tabloid media panic. One part of its strategy is a new wave of mass deportations: charter flights, specifically targeting channel-crossers, to France, Germany and Spain.

There have been two flights so far, on the 12 and 26 August. The next one is planned for 3 September. The two recent flights stopped in both Germany (Duesseldorf) and France (Toulouse on the 12, Clermont-Ferrand on the 26). Another flight was planned to Spain on 27 August – but this was cancelled after lawyers managed to get everyone off the flight.

Carried out in a rush by a panicked Home Office, these mass deportations have been particularly brutal, and may have involved serious legal irregularities. This report summarises what we know so far after talking to a number of the people deported and from other sources. It covers:

  • The context: Calais boat crossings and the UK-France deal to stop them.
  • In the UK: Yarl’s Wood repurposed as Channel-crosser processing centre; Britannia Hotels; Brook House detention centre as brutal as ever.
  • The flights: detailed timeline of the 26 August charter to Dusseldorf and Clermont-Ferrand.
  • Who’s on the flight: refugees including underage minors and torture survivors.
  • Dumped on arrival: people arriving in Germany and France given no opportunity to claim asylum, served with immediate expulsion papers.
  • The legalities: use of the Dublin III regulation to evade responsibility for refugees.
  • Is it illegal?: rushed process leads to numerous irregularities.

“that night, eight people cut themselves”

That night before the flight (25 August), when we were locked in our rooms and I heard that I had lost my appeal, I was desperate. I started to cut myself. I wasn’t the only one. Eight people self-harmed or tried to kill themselves rather than be taken on that plane. One guy threw a kettle of boiling water on himself. One man tried to hang himself with the cable of the TV in his room. Three of us were taken to hospital, but sent back to the detention centre after a few hours. The other five they just took to healthcare [the clinic in Brook House] and bandaged up. About 5 in the morning they came to my room, guards with riot shields. On the way to the van, they led me through a kind of corridor which was full of people – guards, managers, officials from the Home Office. They all watched while a doctor examined me, then the doctor said – ‘yes, he’s fit to fly’. On the plane later I saw one guy hurt really badly, fresh blood on his head and on his clothes. He hadn’t just tried to stop the ticket, he really wanted to kill himself. He was taken to Germany.

Testimony of a deported person.

The context: boats and deals

The Pluvier patrolling the French coast.

Since the 1990s, tens of thousands of people fleeing war, repression and poverty have crossed the “short straits” between Calais and Dover. Until 2018, people without papers attempting to cross the Channel did so mainly by getting into lorries or on trains through the Channel Tunnel. Security systems around the lorry parks, tunnel and highway were escalated massively following the eviction of the big Jungle in 2016. This forced people into seeking other, ever more dangerous, routes – including crossing one of the world’s busiest waterways in small boats. Around 300 people took this route in 2018, a further 2000 in 2019 – and reportedly more than 5,000 people already by August 2020.

These crossings have been seized on by the UK media in their latest fit of xenophobic scaremongering. The pattern is all too familiar since the Sangatte camp of 1999: right-wing media outlets (most infamously the Daily Mail, but also others) push-out stories about dangerous “illegals” swarming across the Channel; the British government responds with clampdown promises.

Further stoked by Brexit, recent measures have included:

The concrete measures are still emerging, but notable developments so far include:

For the moment, at least, the governments are respecting their minimal legal obligations to protect life at sea. And there has not been evidence of illegal “push backs” or “pull backs”: where the British “push” or the French “pull” boats back across the border line by force. When these boats are intercepted in French waters the travellers are taken back to France. If they make it into UK waters, Border Force pick them up and disembark them at Dover. They are then able to claim asylum in the UK.

There is no legal difference in claiming asylum after arriving by boat, on a plane, or any other way. However, these small boat crossers have been singled out by the government to be processed in a special way seemingly designed to deny them the right to asylum in the UK.

Once people are safely on shore the second part of Priti Patel’s strategy to make this route unviable kicks in: systematically obstruct their asylum claims and, where possible, deport them to France or other European countries. In practice, there is no way the Home Office can deport everyone who makes it across. Rather, as with the vast majority of immigration policy, the aim is to display toughness with a spectacle of enforcement – not only in an attempt to deter other arrivals, but perhaps, above all else, to play to key media audiences.

This is where the new wave of charter flights come in. Deportations require cooperation from the destination country, and the first flight took place on 12 August in the midst of the Franco-British negotiations. Most recently, the flights have fed a new media spectacle in the UK: the Home Office attacking “activist lawyers” for doing their job and challenging major legal flaws in these rushed removals.

The Home Office has tried to present these deportation flights as a strong immediate response to the Channel crossings. The message is: if you make it across, you’ll be back again within days. Again, this is more spectacle than reality. All the people we know of on the flights were in the UK for several months before being deported.

In the UK: Yarl’s Wood repurposed

Once on shore people are taken to one of two places: either the Kent Intake Unit, which is a Home Office holding facility (i.e., a small prefab cell complex) in the Eastern Docks of Dover Port; or the Dover police station. This police stations seems increasingly to be the main location, as the small “intake unit” is often at capacity. There used to be a detention centre in Dover where new arrivals were held, notorious for its run-down state, but this was closed in October 2015.

People are typically held in the police station for no more than a day. The next destination is usually Yarl’s Wood, the Bedfordshire detention centre run by Serco. This was, until recently, a longer term detention centre holding mainly women. However, on 18 August the Home Office announced Yarl’s Wood been repurposed as a “Short Term Holding Facility” (SHTF) specifically to process people who have crossed the Channel. People stay usually just a few days – the legal maximum stay for a “short term” facility is seven days.

Yarl’s Wood has a normal capacity of 410 prisoners. According to sources at Yarl’s Wood:

last week it was almost full with over 350 people detained. A few days later this number had fallen to 150, showing how quickly people are moving through the centre. As of Tuesday 25th of August there was no one in the centre at all! It seems likely that numbers will fluctuate in line with Channel crossings.”

The same source adds:

There is a concern about access to legal aid in Yarl’s Wood. Short Term Holding Facility regulations do not require legal advice to be available on site (in Manchester, for example, there are no duty lawyers). Apparently the rota for duty lawyers is continuing at Yarl’s Wood for the time being. But the speed with which people are being processed now means that it is practically impossible to sign up and get a meeting with the duty solicitor before being moved out.”

The Home Office conducts people’s initial asylum screening interviews whilst they are at Yarl’s Wood. Sometimes these are done in person, or sometimes by phone.

This is a crucial point, as this first interview decides many people’s chance of claiming asylum in the UK. The Home Office uses information from this interview to deport the Channel crossers to France and Germany under the Dublin III regulation. This is EU legislation which allows governments to pass on responsibility for assessing someone’s asylum claim to another state. That is: the UK doesn’t even begin to look at people’s asylum cases.

From what we have seen, many of these Dublin III assessments were made in a rushed and irregular way. They often used only weak circumstantial evidence. Few people had any chance to access legal advice, or even interpreters to explain the process.

We discuss Dublin III and these issues below in the Legal Framework section.

In the UK: Britain’s worst hotels

From Yarl’s Wood, people we spoke to were given immigration bail and sent to asylum accommodation. In the first instance this currently means a cheap hotel. Due to the COVID-19 outbreak, the Home Office ordered its asylum contractors (Mears, Serco) to shut their usual initial asylum accommodation and move people into hotels. It is not clear why this decision was made, as numerous accounts suggest the hotels are much worse as possible COVID incubators. The results of this policy have already proved fatal – we refer to the death of Adnan Olbeh in a Glasgow hotel in April.

Perhaps the government is trying to prop up chains such as Britannia Hotels, judged for seven years running Britain’s worst hotel chain” by consumer magazine Which?. Several people on the flights were kept in Britannia hotels. The company’s main owner, multi-millionaire Alex Langsam, was dubbed the “asylum king” by British media after winning previous asylum contracts with his slum housing sideline.

Some of the deportees we spoke to stayed in hotel accommodation for several weeks before being moved into normal “asylum dispersal” accommodation – shared houses in the cheapest parts of cities far from London. Others were picked up for deportation directly from the hotels.

In both cases, the usual procedure is a morning raid: Immigration Enforcement squads grab people from their beds around dawn. As people are in collaborating hotels or assigned houses, they are easy to find and arrest when next on the list for deportation.

After arrest, people were taken to the main detention centres near Heathrow (Colnbrook and Harmondsworth) or Gatwick (particularly Brook House). Some stopped first at a police station or Short Term Holding Facility for some hours or days.

All the people we spoke to eventually ended up in Brook House, one of the two Gatwick centres.

“they came with the shields”

One night in Brook House, after someone cut himself, they locked everyone in. One man panicked and started shouting asking the guards please open the door. But he didn’t speak much English, he was shouting in Arabic. He said – ‘if you don’t open the door I will boil water in my kettle and throw it on my face.’ But they didn’t understand him, they thought he was threatening them, saying he would throw it at them. So they came with the shields, took him out of his room and put him into a solitary cell. When they put him in there they kicked him and beat him, they said ‘don’t threaten us again’.

Testimony of a deported person.
Brook House guards in riot gear getting ready to extract someone from their cell. (BBC Panorama, 2018)

Brook House

Brook House remains notorious, after exposure by a whistleblower of routine brutality and humiliation by guards then working for G4S. The contract has since been taken over by Mitie’s prison division – branded as “Care and Custody, a Mitie company”. Presumably, many of the same guards simply transferred over.

In any case, according to what we heard from the deported people, nothing much has changed in Brook House – viciousness and violence from guards remains the norm. The stories included here give just a few examples. See recent detainee testimonies on the Detained Voices blog for much more.

“they only care that you don’t die in front of them”

I was in my room in Brook House on my own for 12 days, I couldn’t eat or drink, just kept thinking, thinking about my situation. I called for the doctors maybe ten times. They did come a couple of times, they took my blood, but they didn’t do anything else. They don’t care about your health or your mental health. They are just scared you will die there. They don’t care what happens to you just so long as you don’t die in front of their eyes. It doesn’t matter if you die somewhere else.

Testimony of a deported person.

Preparing the flights

The Home Office issues papers called “Removal Directions” (RDs) to those they intend to deport. These specify the destination and day of the flight. People already in detention should be given at least 72 hours notice, including two working days, which allows them to make final appeals.

See the Right to Remain toolkit for detailed information on notice periods and appeal procedures.

All UK deportation flights, both tickets on normal scheduled flights and chartered planes, are booked by a private contractor called Carlson Wagonlit Travel (CWT). The main airline used by the Home Office for charter flights is a charter company called Titan Airways.

See this 2018 Corporate Watch report for detailed information on charter flight procedures and the companies involved. And this 2020 update on deportations overall.

On the 12 August flight, legal challenges managed to get 19 people with Removal Directions off the plane. However, the Home Office then substituted 14 different people who were on a “reserve list”. Lawyers suspect that these 14 people did not have sufficient access to legal representation before their flight which is why they were able to be removed.

Of the 19 people whose lawyers successfully challenged their attempted deportation, 12 would be deported on the next charter flight on 26 August. 6 were flown to Dusseldorf in Germany, and 6 to Clermont-Ferrand in France.

Another flight was scheduled for the 27 August to Spain. However, lawyers managed to get everyone taken off, and the Home Office cancelled the flight. A Whitehall source was quoted as sayingthere was 100% legal attrition rate on the flight due to unprecedented and organised casework barriers sprung on the government by three law firms.” It is suspected that the Home Office will continue their efforts to deport these people on future charter flights.

The Home Office’s “Charter Flight Information Booklet”. The only portion underlined notifies deportees whose hands will be shackled to their waist that they are liable to receive a fine if they remove their face coverings.

Who was deported?

All the people on the flights were refugees who had claimed asylum in the UK immediately on arrival at Dover. While the tabloids paint deportation flights as carrying “dangerous criminals”, none of these people had any criminal charges.

They come from countries including Iraq, Yemen, Sudan, Syria, Afghanistan and Kuwait. (Ten further Yemenis were due to be on the failed flight to Spain. In June, the UK government said it will resume arms sales to Saudi Arabia to use in the bombardment of the country that has cost tens of thousands of lives).

All have well-founded fears of persecution in their countries of origin, where there have been extensive and well-documented human rights abuses. At least some of the deportees are survivors of torture – and have been documented as such in the Home Office’s own assessments.

One was a minor under 18 who was age assessed by the Home Office as 25 – despite them being in possession of his passport proving his real age. Unaccompanied minors should not legally be processed under the Dublin III regulation, let alone held in detention and deported.

Many, if not all, have friends and families in the UK.

No one had their asylum case assessed – all were removed under the Dublin III procedure (see Legal Framework section below).

Timeline of the flight on 26 August

Night of 25 August: Eight people due to be on the flight self-harm or attempt suicide. Others have been on hunger strike for more than a week already. Three are taken to hospital where they are hastily treated before being discharged so they can still be placed on the flight. Another five are simply bandaged up in Brook House’s healthcare facility. (See testimony above.)

26 August, 4am onwards: Guards come to take deportees from their rooms in Brook House. There are numerous testimonies of violence: three or four guards enter rooms with shields, helmets, and riot gear and beat up prisoners if they show any resistance.

4am onwards: The injured prisoners are taken by guards to be inspected by a doctor, in a corridor in front of officials, and are certified as “fit to fly”.

5am onwards: Prisoners are taken one by one to waiting vans. Each is placed in a separate van with four guards. Vans are labelled with the Mitie “Care and Custody” logo. Prisoners are then kept sitting in the vans until everyone is loaded, which takes one to two hours.

6am onwards: Vans drive from Brook House (near Gatwick Airport) to Stansted Airport. They enter straight into the airport charter flight area. Deportees are taken one by one from the vans and onto Titan’s waiting plane. It is an anonymous looking white Airbus A321-211 without the company’s livery, with the registration G-POWU. They are escorted up the steps with a guard on each side.

On the plane there are four guards to each person: one seated on each side, one in the seat in front and one behind. Deportees are secured with restraint belts around their waists, so that their arms are handcuffed to the belts on each side. Besides the 12 deportees and 48 guards there are Home Office officials, Mitie managers, and two paramedics on the plane.

7.48AM (BST): The Titan Airways plane (using flight number ZT311) departs Stansted airport.

9.44AM (CEST): The flight lands in Dusseldorf. Six people are taken off the plane and are handed over to the German authorities.

10.46AM (CEST): Titan’s Airbus takes off from Dusseldorf bound for Clermont-Ferrand, France with the remaining deportees.

11.59AM (CEST): The Titan Airways plane (now with flight number ZT312) touches down at Clermont-Ferrand Auvergne airport and the remaining six deportees are disembarked from the plane and taken into the custody of the Police Aux Frontières (PAF, French border police).

12:46PM (CEST): The plane leaves Clermont-Ferrand to return to the UK. It first lands in Gatwick, probably so the escorts and other officials get off, before continuing on to Stansted where the pilots finish their day.

Titan Airways’ Airbus A321-211 G-POWU on the tarmac in Clermont-Ferrand before returning to the UK after deporting people to Germany and France on 26 August, 2020

Dumped on arrival: Germany

What happened to most of the deportees in Germany is not known, although it appears there was no comprehensive intake procedure by the German police. One deportee told us German police on arrival in Dusseldorf gave him a train ticket and told him to go to the asylum office in Berlin. When he arrived there, he was told to go back to his country. He told them he could not and that he had no money to stay in Berlin or travel to another country. The asylum office told him he could sleep on the streets of Berlin.

Only one man appears to have been arrested on arrival. This was the person who had attempted suicide the night before, cutting his head and neck with razors, and had been bleeding throughout the flight.

Dumped on arrival: France

The deportees were taken to Clermont-Ferrand, a city in the middle of France, hundreds of kilometres away from metropolitan centres. Upon arrival they were subjected to a COVID nose swab test and then held by the PAF while French authorities decided their fate.

Two were released around an hour and a half later with appointments to claim asylum in around one week’s time – in regional Prefectures far from Clermont-Ferrand. They were not offered any accommodation, further legal information, or means to travel to their appointments.

The next person was released about another hour and a half after them. He was not given an appointment to claim asylum, but just provided with a hotel room for four nights.

Throughout the rest of the day the three other detainees were taken from the airport to the police station to be fingerprinted. Beginning at 6PM these three began to be freed. The last one was released seven hours after the deportation flight landed. The police had been waiting for the Prefecture to decide whether or not to transfer them to the detention centre (Centre de Rétention Administrative – CRA). We don’t know if a factor in this was that the nearest detention centre, at Lyon, was full up.

However, these people were not simply set free. They were given expulsion papers ordering them to leave France (OQTF: Obligation de quitter le territoire français), and banning them from returning (IRTF: Interdiction de retour sur le territoire français). These papers allowed them only 48 hours to appeal. The British government has said that people deported on flights to France have the opportunity to claim asylum in France. This is clearly not true.

In a further bureaucratic contradiction, alongside expulsion papers people were also given orders that they must report to the Clermont-Ferrand police station every day at 10:00AM for the next 45 days (potentially to be arrested and detained at any point). They were told that if they failed to report, the police would consider them on the run.

The Prefecture also reserved a place in a hotel many kilometres away from the airport for them for four nights, but not any further information or ways to receive food. They were also not provided any way to get to this hotel, and the police would not help them – stating that their duty finished once they gave the deportees their papers.

After giving me the expulsion papers the French policeman said “Now you can go to England.

Testimony of deported person.

The PAF showed a general disregard for the health and well-being of the deportees who were in the custody throughout the day. One of the deportees had been in a wheel-chair throughout the day and was unable to walk due to the deep lacerations on his feet from self-harming. He was never taken to the hospital, despite the doctor’s recommendation, neither during the custody period nor after his release. In fact, the only reason for the doctor’s visit in the first place was to assess whether he was fit to be detained should the Prefecture decide that. The police kept him in his bloody clothes all day, and when they released him he did not have shoes and could barely walk. No crutches were given, nor did the police offer to help him get to the hotel. He was put out on the street having to carry all of his possessions in a Home Office issue plastic bag.

“the hardest night of my life”

It was the hardest night of my life. My heart break was so great that I seriously thought of suicide. I put the razor in my mouth to swallow it; I saw my whole life pass quickly until the first hours of dawn. The treatment in detention was very bad, humiliating and degrading. I despised myself and felt that my life was destroyed, but it was too precious to lose it easily. I took the razor out from my mouth before I was taken out of the room, where four large-bodied people, wearing armour similar to riot police and carrying protective shields, violently took me to the large hall at the ground floor of the detention centre. I was exhausted, as I had been on hunger strike for several days. In a room next to me, one of the deportees tried to resist and was beaten so severely that blood dripping from his nose. In the big hall, they searched me carefully and took me to a car like a dangerous criminal, two people on my right and left, they drove for about two hours to the airport, there was a big passenger plane on the runway. […] That moment, I saw my dreams, my hopes, shattered in front of me when I entered the plane.

Testimony of deported person (from Detained Voices).
Van with new Mitie Care and Custody logo similar to that used to transfer deportees from Brook House to Standsted Airport.

The Legal Framework: Dublin III

These deportations are taking place under the Dublin III regulation. This is EU law that determines which European country is responsible for assessing a refugee’s asylum claim. The decision involves a number of criteria, the primary ones being ‘family unity’ and the best interests of children. Another criterion, in the case of people crossing borders without papers, is which country they first entered ‘irregularly’. In the law, this is supposed to be less important than family ties – but it is the most commonly used ground by governments seeking to pass on asylum applicants to other states. All the people we know of on these flights were “Dublined” because the UK claimed they had previously been in France, Germany or Spain.

(See: House of Commons intro briefing; Home Office staff handbook; Right to Remain toolkit section on Dublin.)

By invoking the Dublin regulation, the UK evades actually assessing people’s asylum cases. These people were not deported because their asylum claims failed – their cases were simply never considered. The decision to apply Dublin III is made after the initial screening interview (now taking place in Yarl’s Wood). As we saw above, very few people are able to access any legal advice before these interviews are conducted and sometimes they are carried out by telephone or without adequate translation.

Under Dublin III the UK must make a formal request to the other government it believes is responsible for considering the asylum claim to take the person back, and present evidence as to why that government should accept responsibility. Typically, the evidence provided is the record of the person’s fingerprints registered by another country on the Europe-wide EURODAC database.

However, in the recent deportation cases the Home Office has not always provided fingerprints but instead relied on weak circumstantial evidence. Some countries have refused this evidence, but others have accepted – notably France.

There seems to be a pattern in the cases so far where France is accepting Dublin III returns even when other countries have refused. The suspicion is that the French government may have been incentivised to accept ‘take-back’ requests based on very flimsy evidence as part of the recent Franco-British Channel crossing negotiations (France reportedly requested £30m to help Britain make the route ‘unviable’).

In theory, accepting a Dublin III request means that France (or another country) has taken responsibility to process someone’s asylum claim. In practice, most of the people who arrived at Clermont-Ferrand on 26 August were not given any opportunity to claim asylum – instead they were issued with expulsion papers ordering them to leave France and Europe. They were also only given 48 hours to appeal these expulsions orders without any further legal information; a near impossibility for someone who has just endured a forceful expulsion and may require urgent medical treatment.

Due to Brexit, the United Kingdom will no longer participate in Dublin III from 31 December 2020. While there are non-EU signatories to the agreement like Switzerland and Norway, it is unclear what arrangements the UK will have after that (as with basically everything else about Brexit). If there is no overall deal, the UK will have to negotiate numerous bilateral agreements with European countries. This pattern of expedited expulsion without a proper screening process established with France could be a taste of things to come.

Conclusion: rushed – and illegal?

Charter flight deportations are one of the most obviously brutal tools used by the UK Border Regime. They involve the use of soul-crushing violence by the Home Office and its contractors (Mitie, Titan Airways, Britannia Hotels, and all) against people who have already lived through histories of trauma.

For these recent deportations of Channel crossers the process seems particularly rushed. People who have risked their lives in the Channel are scooped into a machine designed to deny their asylum rights and expel them ASAP – for the sake of a quick reaction to the latest media panic. New procedures appear to have been introduced off the cuff by Home Office officials and in under-the-table deals with French counterparts.

As a result of this rush-job, there seem to be numerous irregularities in the process. Some have been already flagged up in the successful legal challenges to the Spanish flight on 27 August. The detention and deportation of boat-crossers may well be largely illegal, and is open to being challenged further on both sides of the Channel.

Here we recap a few particular issues:

  • The highly politicised nature of the expulsion process for small boat crossers means they are being denied access to a fair asylum procedure by the Home Office.
  • The deportees include people who are victims of torture and of trafficking, as well as under-aged minors.
  • People are being detained, rushed through screening interviews, and “Dublined” without access to legal advice and necessary information.
  • In order to avoid considering asylum requests, Britain is applying Dublin III often just using flimsy circumstantial evidence – and France is accepting these requests, perhaps as a result of recent negotiations and financial arrangements.
  • Many deportees have family ties in the UK – but the primary Dublin III criterion of ‘family unity’ is ignored.
  • In accepting Dublin III requests France is taking legal responsibility for people’s asylum claims. But in fact it has denied people the chance to claim asylum, instead immediately issuing expulsion papers.
  • These expulsion papers (‘Order to quit France’ and ‘Ban from returning to France’ or ‘OQTF’ and ‘IRTF’) are issued with only 48 hour appeal windows. This is completely inadequate to ensure a fair procedure – even more so for traumatised people who have just endured detention and deportation, then been dumped in the middle of nowhere in a country where they have no contacts and do not speak the language.
  • This completely invalidates the Home Office’s argument that the people it deports will be able to access a fair asylum procedure in France.

Milad’s testimonial

“My name is Milad, 21 years old from Afghanistan. Before entering the European soil, I had some imaginations from Europe, for example, European countries respect a lot to human rights, so that Europe will be the best place to have a safe and comfortable life, but unfortunately, Moria refugee camp proved that it’s nothing but an imagination, I realized that in the first days in Moria. And I’ve been in this hell for five months.

In Moria, at days I’m facing to the danger which is treating people’s lives all around the world, COVID-19, which is treating my life as well because in this camp, unlike the rest of the world which people have the ability to protect themselves from this virus by washing their hands frequently, keeping their distance from each other or even having sufficient and suitable medical equipments and supplies to be far from getting infected by this virus, we don’t have enough medical supplies, we don’t have enough water to wash our hands, even we can’t keep our distance between each other because of long lines like food lines, shower lines, toilet lines, market lines, Doctor lines or even ATM line, and the reason is that because it is an overcrowded camp. And at nights I’m facing to the danger of being injured or killed in huge fights between refugees, which keeps me awake for hours at nights. I have to be awake in nights when fights are happening because of my safety.

Europe was a strong big hope for me like a narrow bright light in the deepest terrifying darkness days of my life, but Moria proved that it was nothing but an imagination and took that light from me and took me to another deepest terrifying darkness days of my life again in another place.”

Moria refugee camp, Greece, 19th of May 2020

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