L’État agrandit le C.R.A (Centre de rétention) de Lesquin pour toujours plus d’enfermé.es ! // The State expands the C.R.A (Retention Center) of Lesquin for more and more people locked up!

Des personnes ont cherché les profiteurs de frontières qui travaillent dans le centre de rétention administrative de Lesquin et sur son extension // People have been looking for border profiteers around the extension of the Lesquin retention center and published their findings. English version below.

Macron et son gouvernement, depuis leur accession au pouvoir, se placent dans la continuité de leur prédécesseurs, à savoir s’inscrire dans une vision répressive de ’immigration. Depuis trois ans, la politique du ministère de l’intérieur est de renforcer le contrôle et l’enfermement des personnes étrangères avec, notamment, la loi asile et immigration de 2019. Cette loi, rappelons-le, permet notamment d’enfermer une personne pour une durée maximale de 90 jours contre 45 auparavant. Dans le même temps, l’État entreprend des travaux afin d’augmenter sa capacité à mettre des personnes derrière les barreaux. Rien que pour l’année 2020, 481 nouvelles places seront disponibles. Selon les endroits il peut s’agir de ré-ouvertures de centre (Hendaye, Geispolsheim), de travaux d’extension ou de construction de nouveaux centres comme à Lyon, Olivet et Bordeaux, dont les ouvertures sont prévues pour fin 2023. Les deux centres de la région (Coquelles et Lesquin) sont également concernés.

Au centre de Lesquin, créé en 2006, les travaux portent sur la création de 30 nouvelles places d’enfermement pour porter la capacité totale du site à 116 places (contre 86 actuellement) en 2021. La rénovation comporte également la réfection des parties réservées à la police aux frontières. Pour faire simple, le projet de l’État c’est plus de places pour enfermer les personnes étrangères dans des cellules plus petites qu’actuellement (16,2 à 12,7 m2) avec plus de confort pour les matons !

Quand l’État opte pour un contrôle, une mise à l’écart et l’expulsion des personnes, des entreprises vivent et s’enrichissent de cette machine à expulser. Pour l’extension du centre de Lesquin, le magot s’élève à 1 900 000 €.

  • L’architecte est le même que celui à l’origine des plans lors de la création du centre. Il s’agit de Anaa Architectures situé au 14 rue du quai à Lille.
  • Le gros œuvre ainsi que les travaux de plomberie sont réalisés par la grande entreprise du BTP de la région, Ramery Bâtiment ( 740 Rue du Bac, 59193 Erquinghem-Lys).
  • La coordination en matière de normes de sécurité et d’hygiène est assurée par DEKRA, 78 rue Gustave Delory à Lesquin.
  • Le contrôle technique se fait par le groupe Qualiconsult, 13 rue Pierre et Marie Curie à Lezennes.
  • Pour l’électricité, c’est Ramery Energie (rue Jacques Messager, 59175 Templemars) qui s’en charge, et enfin Consult Energie Bat (1 Rue Jean Wiener, 62210 Avion) joue un rôle d’expert et de consulting.

L’agrandissement du C.R.A met sur le devant de la scène des entreprises insensibles à l’enfermement et à l’expulsion des personnes quand il est question de profit. Elles ne sont pas les seules. D’autres acteurs, quotidiennement au service du CRA de Lesquin, participent activement à la machine à enfermer, à expulser :

  • La Police aux Frontières (PAF) gère le centre. Elle s’occupe des fouilles, des déportations, des transferts vers les tribunaux ou autres CRA, de l’accueil des visiteur.euses, de réprimer les révoltes… Leur commandant est Denis Philippe.
  • Le nettoyage des bâtiments et la blanchisserie sont réalisés par ONET, leader français dans le domaine de la propreté, également connu pour exploiter des sans papiers. La nourriture infâme est préparée par Compass (92 rue du royale, Lille), spécialiste de la restauration collective. La maintenance des bâtiments (plomberie, électricité, chauffage …) est effectuée par le groupe Engie Axima.

Dans chaque centre de rétention, une association est censée réaliser des « prestations d’aides juridiques et sociales ». À Lesquin, c’est l’Ordre de Malte (57 rue Pascal, Lille) qui a remporté l’appel d’offre. Dans l’ensemble, elles ont pour rôle principal de pacifier les relations à l’intérieur du centre. L’accompagnement se réalise uniquement individuellement, par des biais juridiques.

Les travailleur.euses maintiennent une ambiguïté quant à leur capacité à faire sortir les personnes enfermées par le biais de recours juridiques. Il est difficile de placer ses espoirs dans le droit quand, depuis des années, ce dernier est uniquement répressif. À cela s’ajoute, dans la pratique, le tri des dossiers selon les chances de voir le recours aboutir.

La logique de ces associations n’est pas censée être répressive. Cependant, même lorsqu’elles font une critique des CRA, cette dernière porte davantage sur les conditions d’incarcération plutôt que sur la question de la privation de liberté. Leurs discours revendicatifs ou de soutien aux détenu.es brillent par leur absence. Ainsi, dans les cas de violences policières, de révoltes et de grèves de la faim, elles refusent de se positionner. Ce fût, par exemple, le cas cette année avec la gestion catastrophique de l’épidémie au sein des centres et des grèves de la faim et mutineries qui s’en sont suivies.

  • Dans la même logique humanitaire, l’accès aux soins est réalisé par des médecins et infirmier.ères du C.H.U de Seclin. Dans la réalité, de nombreuses personnes nous témoignent de la difficulté à se faire ausculter mais aussi de la distribution massive et facile de calmants, d’anxiolytiques.

Ces entreprises complices ont bien souvent pignon sur rue.

Soyons imaginatif.ves pour rendre visible leur collaboration à l’enfermement et aux expulsions.

Solidarité avec les enfermé.es !

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Faisons face – Face them

The State expands the C.R.A (Retention Center) of Lesquin for more and more people locked up!

Macron and his government, since their accession to power, have placed themselves in the continuity of their predecessors, that is to say, in a repressive vision of immigration. For the past three years, the policy of the Ministry of the Interior has been to reinforce the control and confinement of foreigners with, in particular, the Asylum and Immigration Act of 2019. This law, it should be recalled, allows for the detention of a person for a maximum of 90 days, compared to 45 days previously. At the same time, the state is undertaking work to increase its capacity to put people behind bars. For the year alone 2020, 481 new places will be available. Depending on the location, this may involve the re-opening of a center (Hendaye, Geispolsheim), extension work or construction of new centers such as in Lyon, Olivet and Bordeaux, including the openings are planned for the end of 2023. The two centers of the region (Coquelles and Lesquin) are also concerned.

At the Lesquin center, created in 2006, work is focused on the creation of 30 new places of confinement to carry the total capacity of the site at 116 places (compared to 86 at present) in 2021. The renovation also includes the refurbishment of reserved for the border police. To put it simply, the State’s project is more places to lock people up. foreigners in smaller cells than at present (16.2 to 12.7 m2) with more comfort for the matrons!

When the State opts for control, exclusion and expulsion of people, companies live and enrich themselves from this ejection machine. For the extension of the Lesquin center, the total cost is €1,900,000.

  • The architect is the same as the one who drew up the plans when the center was created. It is Anaa Architectures located at 14 rue du quai in Lille.
  • The structural and plumbing works are carried out by the major construction company of the region, Ramery Building ( 740 Rue du Bac, 59193 Erquinghem-Lys).
  • The coordination in terms of safety and hygiene standards is ensured by DEKRA, 78 rue Gustave Delory in Lesquin.
  • The technical control is done by the Qualiconsult group, 13 rue Pierre et Marie Curie in Lezennes.
  • For the electricity, Ramery Energie (rue Jacques Messager, 59175 Templemars) is in charge, and finally Consult Energie Bat (1 Rue Jean Wiener, 62210 Avion) plays an expert and consulting role.

The expansion of the C.R.A. puts in the forefront of the scene of companies insensitive to the imprisonment and expulsion of the people when it comes to profit. They are not the only ones. Other actors, daily at the service of the CRA of Lesquin, participate actively in the machine to lock up, to expel :

  • The Border Police (PAF) manages the center. It takes care of searches, deportations, transfers to the courts or to the police. other CRAs, to welcome visitors, to suppress revolts… Their commander is Denis Philippe.
  • The cleaning of the buildings and the laundry are carried out by ONET, French leader in the field of cleanliness, also known to exploit undocumented migrants. The infamous food is prepared by Compass (92 rue du royale, Lille), a specialist of the collective catering. Building maintenance (plumbing, electricity, heating, etc.) is carried out by the Engie group. Axima.

In each detention center, an association is supposed to provide “legal and social aid services”. In Lesquin, the Order of Malta (57 rue Pascal, Lille) won the tender. On the whole, their main role is to pacify relations within the center. The support is only provided individually, through legal means.

The workers maintain an ambiguity as for their capacity to get the people locked up out by means of legal recourse. legal. It is difficult to place one’s hopes in the law when, for years, it has been solely repressive. To that In addition, in practice, the files are sorted according to the likelihood of a successful appeal.

The logic of these associations is not supposed to be repressive. However, even when they criticize the CRAs, their criticism focuses more on the conditions of incarceration than on the issue of deprivation of liberty. Their speeches of demand or support for prisoners are conspicuous by their absence. Thus, in cases of police violence, revolts and hunger strikes, they refuse to take a stand. This was, for example, the case this year with the catastrophic management of the epidemic in the centers and the hunger strikes and mutinies that followed.

  • In the same humanitarian logic, access to care is provided by doctors and nurses from the Seclin C.H.U.. In reality, many people testify to the difficulty of being examined, but also to the massive and easy distribution of sedatives and anxiolytics.

These complicit companies are often well established.

Let’s be imaginative in order to make their collaboration to the imprisonment and expulsions visible.

Solidarity with the prisoners!


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