Plainte contre l’expulsion du 17 janvier à Calais classée sans suite / Complaint filed against the expulsion of 17 January in Calais ignored by the justice

Le 17 janvier 2018, nos ami.e.s ont été expulsé.e.s de chez elleux sans qu’aucune décision de justice ne soit prise. Cette expulsion est illégale et met nos ami.e.s à la rue. Qui plus est, nous sommes en plein hiver et la trêve hivernale empêche presque quiconque d’être mis.e à la rue du 1er novembre au 31 mars.

Nous avions porté plainte contre cette expulsion illégale et indigne.

Nous apprenons, 2 ans après les faits, qu’elle a été classée sans suite.

A Calais, les expulsions illégales sont régulières et systématiques.

Au moins deux à trois fois par semaine, selon le rapport IGPN d’octobre 2017 , les exilé.e.s qui vivent à Calais, dans les bois ou dans le centre sous les ponts, sont expulsé.e.s à coups de matraque, de gaz lacrymogène et se font systématiquement voler leurs affaires par les policièr.e.s. Et bien plus fréquemment depuis.

Il y a plus d’un an, la ville de Lille et l’État ont été condamnés par le Tribunal de Grande Instance pour avoir expulsé des Roms sans décision judiciaire, en pleine trêve hivernale (voir ici et ).

Aujourd’hui, avec des ordonnances pour requête qui justifient et masquent l’illégalité des expulsions quotidiennes sous l’étiquette de “nettoyages” ou encore de “contrôles d’identités pour identifier les réseaux de passage”, il nous semble important de rappeler qu’une loi est censée encadrer les occupations sans droit ni titre en France.
Sans surprise, dans la ville Forteresse où la frontière fait ombre sur les violations quotidienne d’un certain nombre de droits de l’homme, la loi ne protège que ceux qui ont le pouvoir.

Une ville qui, souvenez-vous, avait mis en place une adresse mail  afin que les honnêtes citoyens puissent signaler toute activité suspecte (ce qui se traduit dans un monde raciste par exemple par : des Noirs entrant chez eux, ou se promenant dans des zones résidentielles) pour “lutter” contre les “squats illégaux”. Puis, en 2015, elle a expulsé toutes les personnes du centre ville pour les concentrer dans une zone éloignée, à la périphérie d’une zone industrielle. Elle a détruit le camp un an plus tard et a prétendu que le “problème” était résolu et qu’il n’y avait plus de migrants à Calais.

Heureusement, un grand nombre de personnes résistent au péril de leur vie et de leur santé physique et mentale contre cette déshumanisation, en traversant la frontière tous les jours et en existant simplement dans une ville qui voudrait être propre, c’est-à-dire sans migrants. Et la lutte n’est pas terminée. Nous ne resterons pas silencieux et continuerons à affirmer notre droit à nous installer.

Solidarité avec tou.te.s les expulsé.e.s!

Pas une expulsion de plus!

La police entre___

On January 17, 2018, our friends were evicted from their home without any court order. This eviction was illegal and put our friends out on the street. What’s more, we were in the middle of winter, and the Trêve hivernale (the winter ‘truce’ on evictions) prevents almost anyone from being evicted between November 1 and March 31.

We had filed a complaint against this illegal and unjust eviction which, two 2 years after the case, we learned was dismissed without follow-up.

In Calais, illegal evictions are regular and systematic.

At least two or three times a week, according to the IGPN report of October 2017, exiled people living in Calais, in the woods or in the centre under bridges, are expelled with batons and tear gas and have their belongings systematically stolen by the police.  And many more evictions and destruction have taken place since.

More than a year ago, the city of Lille and the French State were condemned by the Tribunal de Grande Instance for having expelled Roma without a court decision, in the middle of winter truce (see here and there).

Today, with orders to investigate, justifying and hiding the illegality of daily expulsions through “cleansing” or “identity checks to identify the smuggling networks”, it seems important to us to recall that there is a law in France that is supposed to regulate housing occupations without rights or titles. Unsurprisingly, in the Fortress City where the border casts a shadow over daily violations of a number of human rights, the law only protects those in power.

A city that, to remember: had made an call for its citizens to report any suspicious activities (which translates in a racist world for example into: black people entering into their house, or walking around in residential areas) to “fight” against “illegal squats”. Then, in 2015, they evicted all people from the city centre to concentrate them in an area far out of sight, on the outskirts of an industrial zone. They evicted the camp only a year later and pretended the “problem” was solved and no more migrants were or would be in Calais.

Thankfully, a large number of people resist the peril of their own lives, and the physical and mental health against this dehumanization, by crossing the border every day and simply existing in a city that would like to be “clean” = without migrants. And the struggle is not over. We will not remain silent and will continue to assert our right to settle.

Solidarity with all those who have been expelled!

Not one more eviction!