Border, crossings / Frontière, passages

Since 1994, when the Channel Tunnel rail link was opened, Britain and France have been permanently connected by 48kms of underwater tunnel. Like all large-scale infrastructure developments of this type, the Eurotunnel / Eurostar has progressively accelerated the speed and flows of people and commodities between Britain and France but only for those who can afford it.
On top of it, daily connections with ferries from Calais to Dover, buses, and even private flights from Marck airport, offer a wide range of possibilities for people willing to travel across the Channel.

25 years on, successive waves of migrants from conflict zones around the world, those from the Balkans, Iraq, Afghanistan, Yemen, Vietnam, Iran, Eritrea, Sudan, Ethiopia, North Africa, Syria and more, have made their way to Calais in an attempt to reach Britain.

The French and UK governments, working together, do not want “migrant” people to cross from Calais. As well as seeking to “protect” infrastructures such as the Tunnel and the Ferry Port, but also highways entrances, parkings, petrol stations, they put pressure on people with daily police harassment, arrests, theft and destruction on people’s belongings (see more recent examples here and here).

The destruction of the slum known as “Jungle” in late 2016 meant the dispersal of people even further from the borders, and the huge securisation works on the port and the Tunnel between 2014 and 2016  meant different, more creative or dangerous routes for crossings. While crossing with trucks and hiding in vehicles remain common, boat crossings started occurring with regularity in Autumn 2018 and, despite efforts of both French and UK government, have not slowed down since. More recently, as this way of crossing became a visible trend, the UK gave funds to the French police for surveillance drones on the coast, beach patrols and so on. As the Guardian reports, there were 297 boat crossings by migrants in 2018, 1,890 in 2019 and at least 1,040 so far this year. In this article it’s also mentioned the existence of a plan to deport more smoothly those who have crossed via boat.

Since 2018, thousands of migrants stuck in Calais have attempted to make their way through the Channel by small boats. These people, forced to risk their lives, exercising their right to freedom of movement, have seen and experienced at their expense the extra fortifications and the continued militarization of the border in Calais, and in general in Europe.

In the last few months, while most of Europe was in semi or full lockdown internally and limiting freedom of movement for their own citizens, those who do not have a piece of paper allowing them to move hassle free, continued being affected by EU border policies and fighting against them with their own bodies, defying the regime and crossing the border.

In spite of the extra fortifications and bolstered security forces, on the weekend of May 8th-10th more than 240 migrants attempted to cross the English Channel by water, of which 145 people in 7-8 small boats on Friday alone; “a record for a single day,” the Home Office stated. Since the beginning of the lockdown in France, more than one thousand made it to the UK crossing the dangerous waters of the Channel by small boat.

It makes better business sense to militarise and repress rather than regularise and welcome. And people suffering from border policies, are nevertheless determined to crumble them to pieces.

If the governments really want to stop border crossings and more specifically crossings by small boats, securization has been been proved not to work. They may just as well think of recognizing people right to free movement.

Block everything, nobody moves until everyone can move!

Open the border! Now!

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Calais_and_the_white_cliffs_of_Dover

Depuis 1994, date de l’ouverture de la liaison ferroviaire du tunnel sous la Manche, la Grande-Bretagne et la France sont reliées en permanence par un tunnel sous-marin de 48 km. Comme tous les grands projets d’infrastructure de ce type, l’Eurotunnel / Eurostar a progressivement accéléré la vitesse et les flux de personnes et de marchandises entre la Grande-Bretagne et la France, mais uniquement pour celleux qui peuvent se le permettre.
De plus, les liaisons quotidiennes avec les ferries de Calais à Douvres, les bus, et même les vols privés de l’aéroport de Marck, offrent un large éventail de possibilités aux personnes désireuses de traverser la Manche.

25 ans plus tard, des vagues successives de migrant-e-s en provenance de zones de conflit dans le monde entier, celleux venant des Balkans, d’Irak, d’Afghanistan, du Yémen, du Vietnam, d’Iran, d’Érythrée, du Soudan, d’Éthiopie, d’Afrique du Nord, de Syrie et d’autres, se sont rendu-e-s à Calais pour tenter de rejoindre la Grande-Bretagne.

Les gouvernements français et britannique, qui travaillent ensemble, ne veulent pas que les “migrants” traversent de Calais. En plus de chercher à “protéger” les infrastructures telles que le tunnel et le port, mais aussi les entrées d’autoroutes, les parkings, les stations d’essence, ils mettent de la pression sur les gens avec un harcèlement policier quotidien, des arrestations, des vols et des destructions sur les biens des gens (voir plus d’exemples ici et ici, le dernier en anglais seulement).

La destruction du bidonville connu sous le nom de “Jungle” fin 2016 a entraîné une dispersion des populations encore plus loin des frontières, et les énormes travaux de sécurisation du port et du Tunnel entre 2014 et 2016 signifient des itinéraires de traversée différents, plus créatifs ou plus dangereux. Alors que les traversées en camion et la dissimulation dans les véhicules restent courantes, les traversées en bateau ont connu une grande effervescence à l’automne 2018 et, malgré les efforts des gouvernements français et britannique, n’ont jamais ralenti. Plus récemment, alors que ce mode de traversée est devenu une tendance connue, de l’argent a de nouveau été dépensé pour des drones de surveillance sur la côte, des patrouilles de plage, etc. Comme le rapporte the Guardian, il y a eu 297 traversées de bateaux par des migrants en 2018, 1 890 en 2019 et au moins 1 040 jusqu’à présent cette année. Dans cet article, il est également fait mention de l’existence d’un plan visant à expulser plus facilement celleux qui ont traversé par bateau.

Tout cet argent ne représente qu’une fraction du coût nécessaire pour offrir un refuge aux personnes qui tentent d’atteindre le Royaume-Uni, celles que les forces de sécurité veulent désespérément empêcher d’entrer. La rhétorique derrière cette fortification et cette militarisation est le nationalisme et l’isolationnisme. Il est préférable de maintenir les sans-papiers en situation irrégulière et d’alimenter les mythes des ressources limitées volées par des étrangers hostiles, qui ont peut-être même maintenant des “problèmes de santé” pour justifier cela.

Depuis 2018, des milliers de migrant-e-s bloqué-e-s à Calais ont tenté de se frayer un chemin à travers la Manche par de petites embarcations. Ces personnes, contraintes de risquer leur vie, exerçant leur droit à la liberté de circulation, ont vu et vécu à leurs dépens les fortifications supplémentaires et la militarisation continue de la frontière à Calais, et en général en Europe.

Au cours des derniers mois, alors que la majeure partie de l’Europe était semi ou totalement verrouillée sur le plan interne et limitait la liberté de circulation de ses propres citoyen-ne-s, celleux qui n’ont pas de papiers leur permettant de se déplacer librement ont continué à être affecté-e-s par les politiques frontalières de l’UE, et à les combattre de leurs propres corps, en défiant le régime et en franchissant la frontière.

Malgré les fortifications supplémentaires et le renforcement des forces de sécurité, le week-end du 8 au 10 mai, plus de 240 migrants ont tenté de traverser la Manche par voie maritime, dont 145 personnes dans 7-8 petites embarcations rien que vendredi ; “un record pour une seule journée”, a déclaré le ministère de l’intérieur. Depuis le début du confinement en France, plus d’un millier de personnes ont réussi à rejoindre le Royaume-Uni en traversant les eaux dangereuses de la Manche à bord de petites embarcations.

Il est plus logique, d’un point de vue capitaliste, de militariser et de réprimer plutôt que de régulariser et d’accueillir. Et les personnes qui souffrent des politiques frontalières sont néanmoins déterminées à les réduire en miettes.
Si les gouvernements veulent vraiment mettre un terme aux passages irréguliers à la frontière et plus particulièrement aux traversées par de petits bateaux, la sécurisation s’étant avérée inefficace, ils peuvent tout aussi bien penser à reconnaître aux gens le droit de circuler.

Bloquez tout, personne ne bouge tant que tout le monde ne peut pas bouger !

Ouvrez la frontière ! Maintenant !