THIS IS VIOLENCE testimony / témoignages VIOLENCE POLICIÈRE

ENGLISH BELOW

Cela fait longtemps que nous n’avons pas publié de témoignages sur les violences policières sur ce blog, mais nous n’avons pas pour autant arrêté de lutter contre.
Nous constatons que les médias sont de plus en plus amenés à traiter de ce sujet, à Calais et ailleurs, par des personnes concernées à différents niveaux.
Cependant, la violence policière se poursuit et sa banalisation fait que les violences “moins importantes” sont peu considérées. Hors, la violence n’existe pas que quand la police enfreint – trop souvent – la loi, mais elle est également bien réelle quand les “forces de l’ordre” appliquent des lois injustes.

Nous partageons ici deux témoignages, conscients que le régime des frontières de Calais est l’une des causes du comportement violent de la police, dans le but politique d’humilier et de décourager les personnes ainsi que de rendre leurs conditions de vie toujours plus difficiles.

<< Je marchais dans les rues de Calais avec des amis, vers 19 heures, en me rendant dans l’une des jungles. Une voiture de police blanche, probablement de la police aux frontières, nous a vu et a ralenti. Quand ils sont passés à côté de nous, un homme a ouvert une des vitres de la voiture et m’a crié: “black dog!” [chien noir en Anglais]. Cela m’a mis et me met encore très en colère. Je suis un être humain, pourquoi ne me respecte-t-il pas? Ce n’est pas la première fois que cela se produit. Je veux que le chef de la police le sache et ne permette pas à ses employés faire tout ça. >>

<< J’étais dans une station de service près de Calais pour tenter ma chance d’aller au Royaume-Uni avec des amis. Comme je ne peux pas acheter un simple billet de ferry, je suis obligé de sauter dans des camions pour voyager. Certains policiers nous ont vu et même si nous essayions de nous cacher, ils nous ont finalement pris et nous ont aspergé de gaz afin que nous ne puissions plus rien voir et que nous ne bougions pas. Un officier a crié pour nous demander si nous parlions anglais ou français, ce à quoi nous avons dit non. Puis le même officier a commencé à nous crier dessus, et il ne faut pas beaucoup d’anglais pour comprendre ce qu’il disait. “Monkeys” “Donkeys” “Bastards” “Fuck You” “Dirty Negros”. >>

Presque tous les jours la police expulse les personnes des zones pas encore clôturées où ielles posent leurs tentes pour dormir, personnes qui se font souvent voler leurs effets personnels à cette occasion.
Il y a une très forte présence policière à Calais, dans la ville tout comme à proximité des lieux de vie et de distribution de nourriture, rajoutant de la pression sur une situation déjà tendue.

Ce ne sont pas des cas isolés et il existe un climat culturel raciste qui permet que tout ceci se produise.

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ENGLISH

It has been long since we’ve posted testimonies around police violence, that doesn’t mean we stopped fighting against it.
But we’ve seen this issue being brought to the medias more and more, in Calais and elsewhere, by people concerned by it on different levels.
Yet, police violence goes on, and the trivialization of it made it that “smaller” violence don’t matter that much, when for us the violence is infact the police enforcing unjust laws, and not only when (too often) they break them.

We share here two  testimony of some of us, conscious that the border regime in Calais is one of the causes of the violent behavior of the police, in a political aim to humiliate and discourage people, making their living condition more dire and harsh.

<< I was walking down the streets of Calais with some friends, around 7pm, on my way to one of the jungles. A white police car, probably from the border police, saw us and slowed down. When they passed by us a man opened one of the window of the car and yelled at me: “black dog!”. This made and still makes me very angry. I am a human being, why they don’t respect me? It is not the first time it happens. I want the chef of the police to know, and not to allow his employees to do so. >>

<< I was in a petrol station near Calais, trying for my chance to go to the UK with some friends. As I can’t buy a ferry ticket and just travel, I am forced to jump on trucks. Some police saw us and even if we tried to hide, they finally got us and sprayed us with gas so that we couldn’t see anything and we wouldn’t move. One officer shouted to ask us if we spoke English or French, to which we said no. Then the same officer begun yelling at us, and it doesn’t take a great level of English to understand what he was saying. “Monkeys” “Donkeys” “Bastards” “Fuck You” “Dirty Negros”. >>

The police reportedly evicts people from the green areas not yet enclosed by fences where people put their tent to sleep, being then awaken by the police almost every morning, and often having their belongings stolen.
The police presence in Calais is huge, being also there were people leave and nearby food distribution places, putting pressure on an already tense situation.

This is not isolated cases and there is a racist cultural clima that allows things like this to happen.