Grèves de la faim et mouvements de protestation en série dans les CAO // Mass hunger strikes and revolts in CAOs

arton213-d161c

Tout au long de la semaine dans de nombreux CAO, des mouvements de protestations ont eu lieu (grève de la faim, révoltes, boycotte des activités proposées par les gestionnaires…). Ces “incidents” n’ont pas vocations à sortir des centres, la “prise en charge”* et la “mise à l’abris”* des éxilées de Calais ne pourrait être entachée de quelquonques insatisfactions de la part des personnes “bénéficiaires”*.

Aucunes infos sur ces mouvements et sur la portée politique des revendications des personnes expulsées de Calais ne semble devoir se faire entendre, elles ne sont relayées par aucuns médias nationaux et encore moins par les préfectures. Seuls quelques collectifs et associations présentEs dans et autour de ces lieux ont pu relayer ce que certaines d’entre elles qualifient de “manifestation d’un malaise”, et que d’autres qualifient plutôt de mouvement de protestation ou de révoltes.

On note d’ailleurs que la capacité des exilées à exprimer leurs colères varie selon la postures des associations et collectifs en lien avec elleux.

Certaines soutiennent les exilées en leur facilitant l’accès a des moyens de diffusion et d’expression de leur revendications, notamment au CAO de Rennes où les exilées ont entamé une grève de la faim et écrit un communiqué pour protester contre le retournement de veste des préfectures concernant les personnes dublinées, qui selon les déclarations officelles avant l’expulsion du bidonville auraient du être assurées de ne pas être déportées malgrè la présence d’emprintes dans d’autres pays, promesse évidemment non tenue avec des demandes de réadmission vers l’Italie en cours.

Dans d’autres CAO  les associations administrent, se posent en gestionnaire des éxilées en adoptant des postures patriarcales tendant à nier ou minimiser la capacité des protestataires à porter elles mêmes leurs revendications, n’hésitant pas à se positionner en médiatrices/négociatrices avec les autorités, les éxilées n’ayant pas la possibilité  de s’exprimer en leurs noms, comme au  CAO de Beaucé où certaines ont également refuser de s’alimenter pour des raisons similaires à celles des personnes du CAO de Rennes.

Aujourd’hui c’est au CAO de Laon (Aisne) que la colère des exilées s’est manifestée pour des raisons qui ne sont pas précisées par les souitiens sur place. Une personne suite à ce mouvement de révolte a été placée en garde à vue pour “menaces physiques proférées contre une éducatrice” .

Il est difficile de se faire une idée de la multitude de mécontentements et de révoltes au sein des CAO, parfois très isolés et eloignés des réseaux de soutien. Il est cependant évident que celles-ci vont se multiplier dans les jours/semaines à venir compte tenu des promesses non tenues des préfectures et des tentatives de déportations dans le cadre des accords de Dublin et des personnes déboutées menacées d’OQTF présentes en nombre dans les CAO.

*ces mots sont empruntés aux déclaration des officiels. cynisme oblige…

______________________________________________________

EN:

Throughout the week in many CAOs, protests have taken place (hunger strike, revolts, boycotts of activities proposed by managers there …). These “incidents” have no particular call to leave the centers, the “being put in care”* and the “sheltering”* of the exiles of Calais could not be tainted by some dissatisfactions on the part of the “beneficiaries.”*

No information on these movements and on the political significance of the claims of those expelled from Calais seems to be something that has to be heard – they are not relayed by any national media, and even less by the prefectures. Only a few collectives and associations present in and around these places have been able to relay what some of them describe as “a manifestation of malaise,” and which others describe instead as protest or revolts.

Moreover, the ability of the exiles to express their anger varies depending on the position of the associations and collectives associated with them.

Some support the exiles by facilitating access to means of disseminating and expressing their claims, notably at the CAO in Rennes. There, the exiles have begun a hunger strike and wrote a statement to protest against the prefectures’ flip-flopping (going back) on their word concerning those with “Dublin” fingerprints: according to official statements given before the expulsion of the jungle, these people should have been assured that they would not be deported despite the presence of fingerprints in other countries, a promise evidently not kept as there are are requests for readmission to Italy in progress.

In other CAOs, the administering associations pose as managers of the exiles by adopting patriarchal positions that tend to deny or minimize the capacity of protestors to carry out their own demands; these associations do not hesitate to position themselves as mediators/negotiators with the authorities and the exiles do not have the opportunity to express themselves in their names. E.g. in the CAO Beauce, where some people refuse to eat for reasons similar to those given in the CAO in Rennes.

Today, in the CAO of Laon (Aisne), the anger of the exiles manifested for reasons that are not specified by the supporters on site. A person following this revolt was placed in custody for “physical threats against an educator.”

It is difficult to get an idea of the multitude of dissatisfactions and revolts within CAOs, sometimes very remote and isolated from support networks. It is clear, however, that they will multiply in the coming days/weeks considering of the broken promises made by the prefectures and the attempts to deport people under the Dublin agreements, and considering the numbers of rejected persons threatened with OQTF (obligation to leave french territory) in the CAO.

* These words are taken from official statements. Cynicism required …