“no injuries” — “pas de blessés”

Spectacle.SL1797

On Monday morning there was a large traffic jam on the A16 motorway, in front of the jungle. Many people were able to get on-board the lorries that were backed up, although there were lots of police present who were beating and tear-gassing people away.

The A16 was then closed off and remained this way for most of the day, with the ferry-bound traffic being diverted through the center of town. The CRS also completely sealed off the jungle allowing no one to leave (something which has become more common recently), and did not let people start to leave until Tuesday morning.

In the evening the A16 was re-opened and another traffic jam formed on the highway. People from the jungle then went out to try and again board the trucks. The police responded by shooting tear gas indiscriminately, covering the entire jungle, as well as rubber bullets and stun grenades along with their water cannon. The sheer amount of ammunition they used (some news outlets reported police shot over 600 tear-gas canisters) shows the level of violence that has been normalized against the residents of the jungle.

The prefecture stated that there were no injuries from Monday which is a blatant lie. A nurse working in the jungle reported seeing at least fourteen injuries from rubber bullets, including one underage boy being hit in the face. There were numerous hospitalizations, and the police also shot a tear gas canister directly at a person trying to give first aid.

There were also three arrests. One man from Kuwait was convicted for throwing stones and sentenced yesterday to three months in prison without suspension. There were also two British people who had been volunteering in the jungle arrested and accused of orchestrating the day’s events in addition to throwing stones and insulting police. One was given a two month suspended sentence while the other was found not-guilty.

With these events there has been a resurgence of the outside agitator rhetoric which blames “the No Borders” for everything that happens in Calais, and which has been getting recycled since 2009. This accusation is not only a complete fabrication, but a deeply racist one at that. It implies that, without white/european leadership, the people in the jungle would not think of, nor be able to, attack the border and the police responsible for their segregation. It also conceals the extreme state violence in this city (the segregation, the imprisonment, the beatings and gassings of the cops, the deportations, etc.) to which the only natural human reaction is to leave. If there is no way then people will continue make their own. Finally, it scapegoats “the No Borders”, while lumping together and criminalizing anyone showing solidarity or giving help in the jungle.

 

“Pas de blessés”

Spectacle.SL1797
Sur l’autoroute, le matin du lundi 20 juin 2016, en face de la Jungle s’est créé un large bouchon. De nombreuses personnes ont pu monter dans les semi-remorques alignés à l’arrêt, en dépit des nombreux policiers présents qui les faisaient fuir en les frappant et en les gazant.

L’autoroute A16 a ensuite été fermée une grande partie de la journée, le traffic lié aux ferries étant redirigé par le centre ville. Les CRS ont complètement fermé la Jungle, n’autorisant personne à en sortir (ce qui devient courant récemment), et ce jusqu’au lendemain matin.

Dans la soirée, l’A16 a été réouverte et un nouveau bouchon s’est formé sur l’autoroute. Les personnes de la Jungle ont tenté à nouveau de monter dans les camions. La police a répondu en tirant du gaz lacrymogène, sans faire de détails, jusqu’à couvrir la totalité de la Jungle. Elle a également tiré des balles “de défense”, des grenades assourdissantes, et utilisé les canons à eau. L’énorme quantité de munitions que la police a utilisées (la presse rapporte le tir de plus de 600 cartouches de gaz lacrymogène) indique à quel niveau la violence policière s’est normalisée contre les résident-es de la Jungle.

La préfecture a déclaré qu’il n’y avait pas eu de blessé-es lundi, ce qui est un mensonge évident. Un-e infirmièr-e travaillant dans la Jungle a déclaré avoir vu au moins 14 blessures dûes aux tirs de balles “de défense”, l’une sur le visage d’un garçon mineur. Il y a eu de nombreuses hospitalisations, et la police a également effectué un tir tendu de cartouche de gaz sur une personne qui tentait de donner des premiers soins.

Il y a également eu trois personnes arrêtées. Un Kowëtien qui a été reconnu coupable d’avoir jeté des pierres et condamné mercredi 22 juin 2016 à trois mois de prison ferme. Deux Britanniques, bénévoles dans la Jungle, arrêtés et accusés d’avoir organisé les événements de la journée, ainsi que d’avoir jeté des pierres sur la police et de l’avoir insultée. L’un a été condamné à deux mois de prison avec sursis, l’autre a été reconnu non-coupable.

Ces événements ont été l’occasion pour les autorités de réutiliser la réthorique de “l’agitateur externe” qui veut que “les No Borders” soient responsables de tout ce qui se passe à Calais, réthorique recyclée sans cesse depuis 2009. Non seulement cette réthorique relève de la propagande et de la désinformation mais en plus elle révèle la vision raciste du monde qui est celle des autorités. En effet elle implique que, sans des meneurs blancs/européens, les personnes de la Jungle ne penseraient pas à, ou ne seraient pas capables de, s’attaquer à la frontière et à la police, qui est responsable de leur ségrégation. Cette propagande tente également de faire oublier le niveau extrême de violence qui a cours contre ces personnes dans la ville – la ségrégation, l’emprisonnement, les tabassages et gazages par les forces de l’ordre, les déportations, etc – violence face à laquelle la seule réaction humaine “naturelle” est de tenter de la fuir. Et s’il n’y a pas moyen de faire autrement cette ville, les gens vont continuer à en inventer. Pour finir, cette réthorique fait des “No Borders” des boucs émissaires, et elle  amalgame et criminalise toute personne ou organisation faisant montre de solidarité ou apportant de l’aide dans la Jungle.