Fight in the Calais “jungle”//Affrontement à la « jungle » de Calais

On the afternoon of Thursday, May 26, a fight broke out in the distribution line in the Jules Ferry Center, between a few individuals. Over the next hours, it escalated and spilled out over a large part of the “jungle.” As a result of the fight over 50 people were taken by ambulance to the hospitals of Calais, Dunkurque, Lille, and Boulogne-sur-Mer. Houses (mostly of people who had been forced to move during the evictions of the southern part of the jungle) were set on fire and burned down.

While the immediate cause for the fight is an individual dispute, the underlying causes for the scale of the fight are evident. There is a visible situation of competition to which people are driven through scarcity – many new people are coming to Calais, but simultaneously humanitarian aids has fallen to a low. Furthermore, after the evictions of the south part of the jungle, people have been driven to live in more dense conditions. As anywhere, less space but more people, who frequently have different aims and modes of living, fuels tension.

None of these basics could have escaped the French government, who exercised their racist policy of segregating all migrants in the container camp, Jules Ferry, and the temporarily tolerated space of the jungle (as evidenced by evictions of all squats and jungles in the city and the immediate violent evictions of attempted spaces to welcome migrants in the city).

As the fight and destruction of shelters began, the police did not step in to de-escalate it. In plain sight, police  stood on the roofs of containers in the gated camp, passively watching and even openly laughing. Furthermore, a group of migrants who had ran to the police to shelter them from the fighting were refused protection, pushed back into the violence, and even told “Go fight!”

It took over an hour of fighting for a substantial number of CRS and Gendarmerie vans to arrive and for police to begin shooting large amounts of tear gas first at one then another side of the fighting. Many fire engines stood outside the jungle, doing nothing for some time as houses burned. A large number of police did arrive to escort Fabienne Buccio, the Prefect of Pas-de-Calais, to make a few comments for the camera, as the fight continued.

Those injured and taken to the Calais hospital were given only the most basic treatment (e.g. given stitches without anaesthetics or given even basic (over-the-counter) pain medication) before being promptly told to leave (some unable to walk) only to seek further medical attention from medics present in the jungle. Racialised treatment like this prevented many injured as a result of the fight to seek medical care from the hospital (and dissuades many migrants from accessing health services).

After the fight and the fires, many people have been left with only the clothes they had on them. However, there has been a marked absence of some organizations in the jungle, as they have stated “until the situation is under control” and they have met with the police to discuss bringing in building materials. This fight and another fight in March (during which CRS purposefully gassed those helping load injured people into ambulances) have drawn public attention to violence in Calais. However, this dramatic violence pales in comparison to the numbers of people brutally injured by the police on a daily basis, by injuries sustained by trying to cross the border.

In all of this, it’s important to keep in mind that people trapped in the jungle do not want to be forced to live in a ghetto created by the French state or to have  distribution lines. A more harmonious jungle is not the solution. Better distributions  are not a solution. People want the same basic dignities that people with papers take for granted: to have access to decent healthcare, to have basic protections, but most importantly to have freedom of movement.

Open the border! Solidarity to those trapped in Calais!

FR:

Dans l’après-midi du mardi 26 mai, une bagarre a éclaté dans une ligne de distribution du centre Jules Ferry entre quelques individus. Dans les heures qui ont suivi, la bagarre a escaladé et s’est propagé à une grande part de la « jungle ». Au final, plus de 50 personnes ont été transporté par amulance dans les hôpitaux de Calais, Dunkerque, Lille et Boulogne-sur-mer. Des maisons ont été mises en feu et brûlées (principalement de personnes qui avaient été forcées à bouger dans la zone Sud pendant les expulsions).

Bien que la raison première de cet incident soit une dispute individuelle, les causes sous-jacentes de l’ampleur de l’affrontement sont évidentes. La grande précarité mène les gens à une situation de compétition bien visible, en même temps que de nombreuses nouvelles personnes arrivent à Calais, l’aide humanitaire a considérablement réduit. Au-delà de ça, après les expulsions de la partie Sud de la « jungle », ses habitant-e-s ont été forcés à vivre des des conditions très denses. Ainsi, moins d’espace mais plus de gens, avec différents modes de vies et objectifs, mène à plus de tension.

Rien de tout ça n’a pu échapper au gouvernement, qui a exercé sa politique raciste de ségrégation de tous les migrants, dans le camp de container, le centre Jules Ferry ou encore l’espace temporairement toléré qu’est la « jungle » (ouverts suite aux expulsions violentes de tous les lieux, squats et jungles où les migrants étaient les bienvenus en ville).

Alors que l’affrontement massif et la destruction des abris commencait, la police ne faisait rien pour apaiser la situation. Avec une visibilité totale, les flics sont restés sur les toits des containers dans le camp grillagé, observant passivement et même rigolant ouvertement. Un groupe de migrants qui a couru vers la police pour se protéger des combats s’est vu refuser toute protection, repoussés vers les violences sous les injonctions « Go fight ! ».

Ça aura pris plus d’une heure pour qu’un nombre substantiel de compagnies de CRS et de gendarmerie arrive et commence à tirer des gaz lacrymogènes d’un côté et de l’autre des affrontements. Beaucoup de camions de pompiers se tenaient à l’extérieur de la « jungle », immobiles pendant que les maisons brûlaient. Un grand nombre de flics est bien arrivé pour escorter la préfète, Fabienne Buccio, qui a fait quelques commentaires pendant que les affrontements continuaient.

Ceux blessés et emmenés à l’hôpital de Calais n’ont reçu que les soins les plus basiques (points de suture sans anesthésie ou même antidouleurs…) avant d’être rapidement invités à partir, même pour certains n’étant pas en l’état de marcher, pour aller quémander un suivi médical aux équipes médics de la « jungle ». Ce traitement racialisé a empêché de nombreux-ses blessé-es d’accéder aux soins médicaux de l’hôpital et en aura dissuadé beaucoup.

Après l’affrontement et les feux, de nombreuses personnes n’avaient plus rien d’autre que les habits qu’ils portaient sur eux. On a pu noter l’absence de nombreuses organisations, annoncées comme « jusqu’à ce que la situation soit sous contrôle » mais surtout leur négociation avec la police pour ramener ou non des matériaux de construction (qu’il est maintenant interdit de faire entrer sur le camp). Cet affrontement, comme celui de mars dernier (où les CRS ont volontairement gazé ceux qui aidaient les blessés à monter dans les ambulances) a attiré l’attention sur la violence à Calais. Cependant, ces incidents dramatiques s’effacent en comparaison au nombre de personnes blessées par la police quotidiennement ou blessées durant leur tentative de passage de la frontière.

Dans tout cela, il est important de garder à l’esprit que les personnes qui habitent dans la « jungle » y sont bel et bien piégées et n’aspirent pas à vivre dans un ghetto créé par l’État français et de faire la queue dans des lignes de distribution. Une jungle harmonieuse n’est pas une solution. De meilleures distributions n’est pas une solution. Ces personnes ne veulent qu’accéder aux bases de la dignité qui est acquise pour toute personne ayant des papiers : avoir accès à des soins médicaux décents, avoir certaines protections basiques mais surtout pouvoir circuler librement.

Ouvrez la frontière ! Solidarité avec tou-tes cell-eux piégé-es à Calais !