Update on eviction activities // Dernières nouvelles de l’expulsion de la Jungle

judge-makes-a-ruling

On Thursday afternoon the verdict of the trial attempting to stop the eviction of the south part of the jungle was announced. The demolition will go ahead with the exception of ‘ social spaces’ those mentioned included Jungle Books, the Woman and Children’s Centre, mosques and churches. Lawyers are appealing this decision.

On Thursday night/Friday morning there were 3 fires in the jungle. One person is in critical condition suffering from carbon monoxide poisoning.

The authorities for the moment wish to make a ‘camera friendly’ eviction, they have promised not to use bulldozers and the interior minister, Bernard Cazeneuve, said the eviction would be gradual.

The first step of that gradual eviction was that on Friday the prefecture appeared at the camp and went round telling people to move, some of the authorities were in plain clothes. They asked people to move either to the container camp, already nearly full and where you must give a 3D scan of your hand. There is no food or cooking facilities and people cannot live with whom they choose.

The other option they are strongly encouraging is that people get on buses to go to these ‘welcome centres’, located around France. Authorities have told people they will not be deported from these centres. However people with Dublin fingerprints have reported being sent back to other European countries from these centres.

The buses brought in on Friday left almost empty, there were only a handful of people who could be persuaded to fuck off. There are, as ever, many different opinions in the jungle but it seems clear that the solutions provided by the prefecture are not solutions for everybody.

If we are in opposition to the eviction of the jungle in calais, it is of course because thousands of people would lose their home against their will. But as well or even more because it is part of the war against people who have been categorized as: “not worth welcoming / to be destroyed”. It is unbelievable how it could get normalized that certain humans don’t have a right of housing, work, ultimately have no right to exist, they have been illegalized. They can be snatched out of the street, locked up, and deported to where ever.

There is no way of negotiating with the authorities. They are the same people who are responsible for the situation in Calais. What happens in Calais is not a natural disaster like an earthquake or a drought. It is made, created by European nation states. Fighting this eviction is useless if we don’t at the same time tackle the root of the problem: the nation states with their police, CS gas, courts, prisons, detention centers, batons, handcuffs, rubber bullets, fences and razer wire. Let’s work together to open the borders, for freedom of movement for everyone, not only for the rich and privileged.

[FR]

Le verdict de la procédure en cours qui vise a arrêter l”expulsion de la partie sud de la Jungle a été annoncé ce jeudi après-midi. La démolition est maintenue mais ne concernera pas les “lieux publics”, ont été cités la bibliothèque Jungle Books, le centre pour femmes et enfants, les mosquées et les églises. Les avocats font appel de cette décision.

Dans le nuit de jeudi à vendredi, il y a eu 3 incendies dans la Jungle. Une personne, intoxiquée au monoxyde de carbone, est en état critique.

Les autorités ont, pour le moment, l’intention de faire une expulsion « propre », et ont promis de ne pas utiliser de bulldozer. Le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, a dit que l’expulsion serait « graduelle ».

La première étape de cette expulsion graduelle s’est déroulée vendredi, quand la préfecture est venue faire sa tournée au camp pour dire aux gens de partir, certains des officiers étaient en civil. Ils ont demandé aux gens déménager dans le camp de containers (centre d’accueil provisoire – CAP), qui est déjà presque plein et pour lequel il faut faire un scan 3D de la main, où il n’y pas d’équipement pour cuisiner et où les gens ne peuvent pas choisir avec qui ils vivent.

L’autre possibilité offerte, avec insistance, par les autorités est de mettre les gens dans des bus pour aller aux centres d’accueil et d’orientation (CAO), disséminés partout en France. Les autorités ont affirmé que personne ne serait déporté de ces centres. Cependant, certaines personnes ayant leurs empreintes digitales enregistrées dans le cadre des accords de Dublin ont été déportées vers d’autres pays européens à partir de ces centres.

Les bus de vendredi sont repartis quasiment vide, très peu de gens ont pu être convaincus de partir. Bien sûr, il existe de nombreuses opinions différentes dans la Jungle mais il parait clair que les solutions proposées par la préfecture ne sont pas des solutions pour tout le monde.

Si nous sommes contre l’expulsion de la Jungle à Calais, c’est d’abord parce que des milliers de personnes vont perdre leur lieu de vie contre leur gré. Mais c’est aussi, en peut être même plus, parce qu’il s’agit là de la guerre menée contre les personnes qui ont été définies comme « ne méritant pas d’être accueillies / devant être éliminées ». En y pensant, il est effarant qu’une société puisse normaliser la destitution de certaines catégories d’humain du droit au logement, au travail et, au final, à l’existence. Ces personnes ont été rendues illégales, elles peuvent être enlevées, enfermées et déportées n’importe où.

Il est inutile de vouloir négocier avec les autorités. Il s’agit des mêmes qui sont responsables de la situation à Calais. Ce qu’il se passe à Calais n’est pas une catastrophe naturelle comme un tremblement de terre ou une sécheresse. C’est une situation fabriquée, créée par les états européens. Se battre contre cette expulsion ne fait sens que si nous nous attaquons en même temps aux vraies causes du problème : l’état et sa police, ses gaz lacrymos, ses tribunaux, ses prisons et centres de détention, ses matraques, menottes, flashball, clôtures et barbelés. Combattons ensemble pour ouvrir les frontières et pour la liberté de mouvement pour tous et toutes, pas seulement pour les riches et les privilégiés.