The border is never closed! // La frontière n’est jamais fermée !

Screenshot from 2016-01-21 14:59:51

From 9pm on Wednesday evening the residents of the Calais Jungle made a sophisticated and powerful ‘dougar’, or traffic jam, on the highway leading to the port. Initially, a sizeable fire was set on the motorway bridge that runs over Rue des Garennes, leading to a long tailback of mostly trucks and coaches. The security forces rapidly deployed along the hard shoulder to try and deter the people from entering into vehicles. However, the people, who have faced the constant and systemic threat of police violence, were not be deterred.

The highway was accessed by people from the bridge over Rue des Garennes, all along the newly cleared but inaptly named ‘buffer zone’ and through what remains of the wooded area towards the back of the Jungle. Local media reports claim that there were between 200 and 300 people making the dougar but this is an underestimation.

The police, with their vans end to end on the highway, fired considerable quantities of CS gas at people trying to access the trucks, as well as into the Jungle itself. Some of the gas landed in the Kurdish area, affecting people who were queuing in line for sleeping bag and blanket distributions. It seems as if the change in terrain has worked in the favour of those trying to cross the border, the police were unsure where to shoot their cannisters, firing in many different directions with no discernible plan. In a familiar turn of events, gas cannisters were fired directly at people rather than being fired into the air, stun grenades and rubber bullets were discharged, and one of the CRS water cannons was also sighted driving on Route des Gravelines, evidently unable to be effectively employed.

Just as police were restoring traffic circulation, another group of people accessed the highway from the sports fields south of the Jungle, stopping traffic for a second time. Multiple trucks could be heard sounding their horns followed by a furious barrage of CS gas poured onto the edge of the highway. In some places these incendiaries had the effect of setting the vegetation on fire, despite the frost that had settled.

At 11pm, traffic flow was restored and the police ceased firing CS gas. By this time they had once again indiscriminately attacked a large proportion of the Jungle, affecting thousands of people unconnected with any attempt to access trucks heading towards the UK. There have also been unconfirmed reports of plain clothes police attacking and beating people, injuring 5 to 6 people. One person was said to be so severely injured that he was transferred to the hospital in Lille. There were also a score of smaller injuries that were treated on site by Calais Migrant Solidarity activists and independent volunteers. Throughout the night, Calais Migrant Solidarity activists were in place to monitor the police violence and to treat those affected by tear gas.

Thursday morning at midday, there was a considerable amount of traffic trying to reach the Eurotunnel. Trucks were backed up along the highway and hundreds of people from the Jungle had made the journey across Calais to get an opportunity to try for England. Those trying to cross the border congregated in the parks and grassland surrounding the roads leading to the tunnel. The security services had also mobilised a small army of officers to secure the highway. Police used tear gas and concussion grenades, driving people away from the trucks and back into the city.

In the last 12 months Calais has seen the eviction of Jungles next to the highways leading to the port and the Eurotunnel and weeks of traffic distribution creating thousands of opportunities for people trying to cross to the UK. Since then the border has been fortified to the tune of £21 million, the Prefecture of Calais even claims that the border is now ‘waterproof’. These events prove that the state has as little control over the border and the people trying to cross as it did 12 months ago. Even with two of the most well resourced and developed nations in the world attempting to control freedom of movement, the scores of people that managed to cross to the UK last night show that all their efforts are futile! Nothing will stop people crossing this border!

Mercredi soir à partir de 21h, les résidents de la jungle de Calais ont créé un “dougar” ou embouteillage puissant et sophistiqué sur l’autoroute menant au port. Au départ, ils ont allumé un feu considérable sur le pont autoroutier qui est le long de la rue des Garennes, ce qui a mené à un long bouchon de camions et de cars. Les forces de sécurité ont rapidement été déployées sur l’accotement pour essayer de dissuader les gens d’entrer dans les véhicules. Cependant les gens, ayant fait face à la menace constante et systématique de la violence policière, ne se sont pas découragés.

L’autoroute a été atteinte par des gens par le pont au dessus de la rue des Garennes, tout le long de la « zone tampon » nouvellement nettoyée et par ce qu’il reste de la zone boisée vers l’arrière de la jungle. Les reportages des médias locaux disent qu’entre 200 et 300 personnes ont créé l’embouteillage, mais c’est une sous-estimation.

Les policiers, avec leurs cars de chaque côté de l’autoroute, ont tiré une quantité considérable de gaz lacrymogène sur les gens qui essayaient de monter dans les camions, en même temps que dans la Jungle elle-même. Une partie du gaz est arrivée dans la zone Kurde, atteignant des gens qui faisaient la queue pour une distribution de sacs de couchage et de couvertures. Il semble que le changement de terrain ait joué en faveur de ceux qui essayent de passer la frontière : la police ne savait pas où lancer les grenades, tirant dans différentes directions sans plan apparent. Les événements ont pris une tournure familière : les grenades de gaz étaient tirées directement sur les gens au lieu d’être tirées en l’air, des grenades assourdissantes et des balles en caoutchouc ont été utilisées, et l’un des canons à eau des CRS a aussi été vu sur la route de Gravelines, évidemment inefficace.

Au moment où la police a rétabli la circulation du trafic, un autre groupe de personnes a accédé à l’autoroute par les terrains sportifs au sud de la Jungle, arrêtant le trafic pour la deuxième fois. De nombreux klaxons de camions ont pu être entendus, suivis d’un énorme barrage de gaz lacrymogène sur le bord de l’autoroute. A certains endroits, ces armes incendiaires ont mis feu à la végétation malgré le gel qui s’installait.

A 23h, le trafic a été rétabli et la police a cessé d’utiliser le gaz lacrymogène. Durant tout ce temps, elle a encore une fois attaqué une grande partie de la Jungle, atteignant des milliers de gens qui n’avaient aucune intention d’accéder aux camions qui mènent en Angleterre. Il y a aussi eu des rapports non confirmés racontant que des policiers en uniforme ont attaqué et battu des gens, blessant 5 ou 6 personnes. Il paraît qu’une personne a été blessée si sévèrement qu’elle a du être transférée à l’hôpital de Lille. De plus petites blessures ont aussi été soignées sur place par des activistes de Calais Migrant Solidarity et des volontaires indépendants. Toute la nuit, les activistes de Calais Migrant Solidarity étaient sur place pour filmer la violence policière et pour soigner les personnes atteintes par le gaz lacrymogène.

Jeudi à midi, une quantité considérable de véhicules essayaient d’atteindre l’Eurotunnel. Les camions étaient bloqués sur l’autoroute et des centaines de personnes de la Jungle ont fait le trajet jusqu’à Calais pour avoir l’opportunité d’essayer de se rendre en Angleterre. Ceux qui essayaient de traverser la frontière ont été rassemblés dans des parcs et des prairies entourant les routes menant au tunnel. Les services de sécurité ont aussi mobilisé une petite armée d’officiers pour sécuriser l’autoroute. La police a utilisé du gaz lacrymogène et des grenades assourdissantes, pour éloigner les gens des camions et les renvoyer dans la ville.

Au cours des 12 derniers mois, Calais a assisté à l’expulsion d’une partie de la Jungle à côté de l’autoroute menant au port et à l’Eurotunnel et à des semaines de trafic créant des milliers d’opportunités pour les gens d’essayer de traverser la frontière pour aller en Angleterre. Depuis que la frontière a été fortifiée au prix de 21 millions de livres, la préfecture de Calais a quand même annoncé qu’elle n’était pas « waterproof ». Ces événements prouvent que l’état a peu de contrôle sur la frontière et sur les gens qui essayent de la traverser, tout comme ils le faisaient il y a 12 mois. Même avec deux des nations les plus riches et développées du monde essayant de contrôler la liberté de mouvement, le nombre de gens qui ont réussi à traverser la frontière vers l’Angleterre la nuit dernière montre que tous ces efforts sont inutiles ! Rien n’empêchera les gens de traverser cette frontière !