1500 person shipping container camp to be built in the jungle – 400 people told to move / Un camp de conteneurs pour 1500 personnes sur le point d’être construit- 400 personnes à qui l’on dira de bouger

Yesterday Bernard Cazeneuve, the interior minister of France, came back to Calais to make more annuoncements about future plans for the jungle and the securitization of the border.

In response to his visit, the media has largely focussed on Cazneuve’s ‘humanitarian gesture’ to erect heated tents for 200 women and children. Some have discussed the new plan to build a nice camp for 1,500 people too. Some have congratulated him (or gently chastised him) for committing another 500+ police – both gendarmerie and riot police – to Calais.

What few are talking about is that Cazenueve came to Calais to talk with some associations about moving at least 400 people from their place in the jungle in order to build this new government camp. For those in that space, the association Salam have started to tell people that they have 10 days to move, with plans to start contructing the new camp to start in less than 2 weeks. The crude red pillars that have started to be put up in the jungle mark out the zone for the new camp.

Those forced to move are being offered temporary tents and a place at the front of the queue for the new centre. People moved on good faith to Jules Ferry, forced from their old homes on the promise that living in this land would be tolerated, there would be no evictions and they would not have hassle from the police. For some of them, this now will be the third or fourth time they have been forced to move. For everybody these plans come without any consultation or consent.

From a basic practical sense this camp screams with disrespect. It will be made of shippintg conatiners separated by 3m wide pathways. No architect was involved in the design, and it will be built in the wettest and windiest part of the jungle. The newspaper ‘Liberation’, who have drawn up a mock-up of the planned camp (here) describe it as reminiscent of the concentration camps of the 1930’s.

People in the jungle don’t want the new closed camp. Many see it as what it really is; not a humanitarian gesture offering hygeine, safety and security, but a further step in plans to divide and control people. Throughout their journeys – from Ventimiglia, to Lampedusa all the way back to countries neighbouring Europe – people have experienced what is meant by these camps. More fences, lists of names, curfews, easy police presence, rules, rules, rules and no autonomy.

The new camp will house 1500, but there are around 6000 people in the jungle right now. What about those who don’t fit in the camp? And who will the people who ‘fit’ be? Will they just allow the rest of the camp to live autonomously outside the walls of this prison? It seems unlikely. It seems like a more large scale eviction will happen in the next months.

We condemn this plan. We will stand in solidarity with those who will be forceably moved from their homes once again. We condemn the associations who collaborate with the authorities and in doing so make the forceable possible on behalf of the police and the government.

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Hier, Bernard Cazeneuve, le ministre de l’intérieur en France, est revenu à Calais pour faire plus d’annonces sur les futurs projets concernant la jungle et la sécurisation de la frontière.

Suite à cette visite, les médias ont largement mis en avant la « posture humanitaire » de Cazeneuve d’ériger des tentes pour 200 femmes et enfants. Certains discutent d’un nouveau projet, celui de construire également un camp sympa pour 1500 personnes. Certains l’ont félicité (ou gentiment réprimandé) pour avoir commandé plus de 500 flics en renforts – gendarmerie et crs- à Calais.

Peu discutent sur le fait que Cazeneuve est venu à Calais pour parler à certaines associations de l’expulsion d’au moins 400 personnes de chez eux dans la jungle, dans le but de construire un nouveau camp gouvernemental . Parmi elles, l’association Salam a commencé à dire aux gens qu’ils avaient 10 jours pour bouger, avec pour projets de construire un nouveau camp qui devra être opérationnel dans moins de 2 semaines. Des poteaux rouges ont été érigés dans la jungle pour délimiter les zones du nouveau camp.

Ceux forcés à bouger se voient offrir temporairement des tentes et une première place dans la file d’attente pour le nouveau camp. Des gens ont déménagé de bonne foi à Jules Ferry, forcés de bouger de leurs anciennes maisons, en promesse d’une vie sur la lande qui auraient pu être tolérée, qu’il n’y aurait pas d’expulsions et qu’ils ne seraient pas harcelés par la police. Pour certains d’entre eux, ca sera la troisième ou quatrième fois qu’ont les aura expulsé. Ces plans ont été fait sans consultation ou consentement d’aucune personne concernée.

Avec un sens pratique élémentaire, ce camp  fait hurler d’irrespect. Il sera constitué de conteneurs séparés par des chemins de trois mètres de large. Aucun architecte n’a été impliqué dans le design et il sera construit sur la partie la plus humide et sauvage de la jungle. Le journal « Libération », qui illustre par une maquette le camp prévu, le décrit comme une réminiscence des camps de concentration des années 30.

Les gens de la jungle ne veulent pas de camps fermés. Beaucoup le voient comme ce que c’est réellement: non pas une posture humanitaire offrant de l’hygiène et de la sécurité, mais un pas de plus dans des projets de division et de contrôle des gens.  A travers leur voyage – de Vintimiglia à Lampedusa,  sur leur chemin de retour aux pays frontaliers de l’Europe – les gens ont fait l’expérience de ces camps. Barrières, liste de nom, présence policière, des règles, des règles, des règles et aucune autonomie.

Le nouveau camp logera 1500 personnes, mais environ 6000 sont dans la jungle actuellement. Qu’en est-il de ceux qui n’ont pas leur place au camp ? Et pour ceux qui « ont le profil » ? Laisseront-ils le reste du camp vivre en autonomie en dehors des murs de cette prison ? Il ne semble pas. Il semble plutôt qu’une expulsion à grande échelle surviendra dans les prochains mois.

Nous condamnons ce plan. Nous sommes solidaires de ceux qui seront expulsés de leurs maisons encore une fois. Nous condamnons les associations qui collaborent avec les autorités, et qui de ce fait, rend possible la confiance en la police et le gouvernement.