Communiqué de presse occupation Fort Galoo/ Press release occupation fort Galoo

 

Forteresse Heure Hope ?

Depuis le 28 mai à Calais, les opérations policières violentes et absurdes contre la population migrante de passage se sont succédées : démantèlement de l’ensemble des espaces de vie, rafles, mises en rétention, destruction du matériel humanitaire, etc… Les exilés ont donc été acculés dans les espaces périphériques de la ville où ils sont condamnés à subir un processus d’invisibilisation et sont en proie au harcèlement policier, à une traque quotidienne, à une lutte permanente pour l’accès à des besoins élémentaires tels que la nourriture, la santé, l’hygiène, la sécurité.

Un ensemble d’individus, de collectifs, d’associations ont décidé de ne pas accepter cette situation et de s’opposer à cette réponse étatique purement répressive en construisant ensemble un espace protégé où l’accès à un minimum de dignité et de sécurité ne serait pas l’objet d’un combat acharné. Un lieu d’expérimentation de vie en commun qui permettrait de mettre l’État devant ses responsabilités en montrant que l’accueil et l’hospitalité ne se limitent pas aux centres de rétention et aux reconduites à la frontière.

Ainsi, depuis le 12 juillet, l’ancien site industriel Vandamme, situé 10 impasse des Salines à Calais, est revenu à la vie. C’est aujourd’hui une centaine de personnes sans-abris, de multiples nationalités, de passage ou non, qui y vivent, et plusieurs centaines d’autres qui le fréquentent pour une tasse de thé, un cours de français, un repas collectif, un jeu de cartes, une douche, une coupe de cheveux , un rasage de près…etc. Plusieurs centaines d’habitant.e.s, de soutiens de multiples horizons, de Calaisien.ne.s curieux qui, chaque jour, animent cet endroit, profitent et construisent un espace de repos et de socialisation multiculturel à l’abri de la violence de la rue, du harcèlement policier, de la traque, du délit de faciès, etc….

Aujourd’hui, l’ultimatum est tombé, « la justice » a tranché : les habitant.e.s du lieu ont 10 jours pour faire leurs bagages et partir. Mais partir où ? C’est la question qui est sur toutes les lèvres des occupant.e.s qui, à ce jour, refusent ce départ forcé et affirment vouloir rester, résister à cet ultimatum si aucune solution d’hébergement digne de leur est proposée. Actuellement, aucune solution de sortie n’a été avancée, la seule réponse étant, comme d’habitude, une décision d’expulsion avec remise à la rue des personnes. Cette mise en danger délibérée et répétée d’autrui ne doit pas être acceptée et ne le sera pas par les habitant.e.s et leurs soutiens qui sont déterminé.e.s à rester si d’autres espaces de vie dignes, assurant la sécurité et le respect de la population migrante dans le passage et des sans abris ne leur sont pas proposés.

Nous avons conscience que ce n’est pas au propriétaire Vandamme qu’incombe la responsabilité de trouver des solutions à cet état d’urgence humanitaire prolongé dans lequel l’État, la mairie et leurs complices ont plongé Calais, mais nous lui demandons de prendre en considération les spécificités de cette occupation. Nous appelons le gouvernement, le préfet, la mairie, à ne pas céder une fois de plus à la tentation du tout répressif et à travailler sur une solution de sortie afin d’accueillir dignement cette population sans abris qui est aujourd’hui hébergée dans des squats faute de toute autre forme de réponse étatique. Nous rappelons au propriétaire et aux autorités que la procédure d’expulsion de ce site était fondée, pour le propriétaire, sur le caractère d’extrême dangerosité de l’endroit. Le recours à la force publique afin de vider le lieux de ses occupan.t.e.s nous semble donc une opération aussi absurde que dangereuse. Avant d’en arriver à envisager la mise en danger d’autrui comme unique solution, il nous semble pertinent, dans l’intérêt de tous et toutes, qu’une autre forme de réponse soit discutée.

NoBorder Calais