Retour sur une agression fasciste dans la nuit du 12/13 juin

Vendredi 02h30, 6 personnes partent du lieu de distribution en direction du port,  elles sont attendues par leurs amiEs de l’autre côté de la manche… Pas très loin de SALAM, voyant que la route principale est encombrée par des agents de la PAF, elles bifurquent en direction des quais de la Loire. En passant à côté de l’usine Alcatel, elles entendent un bruit sec, une des personnes de leur groupe s’effondre. Elle vient d’être touchée par un plomb, entre deux cotes, dans le dos.

Ses amiEs la ramènent alors à SALAM et appellent les pompiers. Ceux-ci ne tardent pas à arriver. Une fois sur place, ils appellent à leur tour les flics, qui eux non plus ne tardent pas à arriver. Une première voiture. Puis deux. Puis trois. Puis la BAC ( sans doute pour le spectacle ). Des gradés sont là aussi.

Les pompiers effectuent les premiers soins et contactent le SMUR pour une prise en charge d’urgence. La personne étendue sur le brancard souffre énormément (elle est diabétique ce qui complique relativement la situation). Elle sera conduite à l’hôpital peu de temps après, accompagnée par un véhicule de la police.

Pendant ce temps là, même si ça n’a pas l’air de faire plaisir à toute la brigade, les flics recueillent les premiers témoignages, rassemblent les premières preuves.

Une autre personne se manifeste et montre sa blessure au bras. Elle s’est faite, elle aussi, tirée dessus, plus tôt dans la soirée. Vers minuit, elle a, elle aussi, empruntée les quais de la Loire… Sa blessure et plus superficielle, mais son incompréhension face à une telle situation est bien grande. Ses amiEs qui regardent la scène sont ELLeux aussi incrédules : ” On va demander à médecin du monde de nous filer des gilets par-balle et des casques..! ”

Une autre ambulance arrive et le prends en charge. Ça ne fait pas plaisir du tout à au moins un des flic présent sur place, qui lâche : ” On va aller se faire chier à l’hôpital pendant deux plombes pour une égratignure ! “. Pour lui, cette situation ne semble pas poser de problèmes.

Cependant, les ordres sont les ordres ; et la BAC qui jusque là s’occupait à commenter des photos de profil de femmes sur des cites de rencontre ; avec un autre véhicule de la police nationale et un témoin de la scène, se rend sur les lieux de l’agression.

Sur place, ils retrouvent l’arme, un carabine à plomb avec une lunette de visée, et le tireur, qu’ils embarquent. C’est un calaisien de 25 ans, agent de sécurité à l’usine Alcatel.

Le témoin est lui aussi emmené au poste pour y faire une déposition. Il est relâché dans la nuit.

L’agent de sécurité, au dernières nouvelles, était toujours en garde à vue. Selon la police il ”pourrait” s’agir d’un acte idéologique : “Le commissariat n’excluait pas hier qu’il puisse également s’agir d’un acte « idéologique » ” (la voix du nord 13/06 http://www.lavoixdunord.fr/region/deux-migrants-blesses-par-des-tirs-de-carabine-a-calais-ia33b48581n2207005 )

Comment douter des motivations de ce mec ? Il utilise deux fois dans la soirée son arme à feu en direction de migrantEs qui marchent sur le bord de la route et “il se pourrait que ce soit un acte idéologique” ?!?

Les agressions de tous genres se multiplient ces dernier temps, il serait important de les voir pour ce qu’elles sont : des actes de haine, sur fond de racisme ambiant bleu-blanc-rouge, dans cette ville de Calais où nombre de personnes, avec ou sans uniformes, ne cachent plus leur penchant pour les actions directes et violentes envers les migrantEs, pour leur pensées racistes, pour les politiques nationalistes …

 

Aujourd’hui, la personne touchée au dos est toujours à l’hôpital. Elle est en bonne santé et semble bien décidée à porter plainte. Quant à la personne touchée au bras, personne n’est en mesure de donner de ses nouvelles depuis qu’elle est sortie de l’hôpital. Selon le parquet de Boulogne elle n’aurait pas pu être examinée.