Retour à rien

L’OFII, est présente le jour des expulsions des camps le 28 Mai 2014 en brandissant des brochures rédigées en arabe afin de prouver l’intérêt que l’état porte aux demandeurs d’asile.
Une des  personnes prises en charge accepte de témoigner…..de ce retour à la case départ!
Témoignage d’une personne en demande d’asile à qui l’OFII propose des “solutions”:

Faruk parle:

“ Je suis à Calais depuis le mois de Janvier 2014 et j’ai demandé l’asile auprès des services de L’OFPRA depuis le mois de Mai 2014.
Le jour des expulsions des camps, L’OFII se présente pour m’annoncer que je vais pouvoir béneficier d’un logement. Je parle à quelqu’un au téléphone qui se dit être du consulat et qui me demande où je veux aller. Je réponds Arras.
Ce jour là, l’OFII propose de mettre à disposition des taxis.
Je demande à une amie de rapporter ma valise avec mes affaires mais la personne n’attend pas le retour de celle-ci.
En arrivant à Arras, la personne me montre la gare de train, en m’indiquant que si je veux partir, c’est ici.
Nous arrivons au 115, où l’on nous propose des lits d’ambulance.
Nous sommes 7 personnes dans une petite chambre.
On m’a demandé de montrer mes papiers et une personne nous dit de rester là.
On nous indique que nous devons quitter les lieux le lendemain matin à 8h et ne pas revenir avant 20h le soir, que l’on doit se débrouiller pour manger et prendre une douche.
Nous ne pouvons pas sortir fumer de cigarette après 21h et toutes les lumières doivent être éteintes à 22h.
Je manifeste donc l’envie de partir.
J’ai quitté mon pays pour fuir la prison et je me suis retrouvé dans une autre prison, je n’avais pas ressenti cela depuis ma fuite.
Je peux dormir n’importe où, ça m’est égal, j’ai 45 ans et je refuse d’être pris pour un enfant. J’ai le droit de rester digne, même dans cette situation.”

Après sa demande d’asile, Faruk a été convié à la sous prefecture de Calais pour donner ses empruntes mais rien ne lui a été proposé.
Il vit actuellement dans un des squat qui a été ouvert et dit qu’il bénéficie au moins de conditions “acceptable” comme se coucher à l’heure qu’il veut, se préparer à manger, aller et venir à son gré.
Une fois de plus, la mairie de Calais ainsi que l’OFII n’ont ni plus ni moins tenté de tromper tout le monde en profitant de la présence des caméras, mais aussi et surtout, de prouver leur incompétence.
Les maisons dîtes “squats” ouvertes depuis plusieurs mois sont en attente d’expulsion.
Ces maisons restent pour l’instant les seules réponses viables pour les personnes en transit. Les questions restent ouvertes : que fait la mairie à part empêcher à ces personnes de vivre comme des êtres humains?
Où vont aller ces personnes?