2010

Vendredi 31 Décembre (Nouvel An)

Heureusement c’était un bon jour pour les Migrants car il ne semblait pas y avoir de police, mais pas de chance pour les militants par contre, courant dans tous les sens pour organiser la fête de cette soirée. Salam a fait une soirée spéciale de distribution de repas avec des feux d’artifice et après tout le monde a été escorté à Africa House pour une Partie du Nouvel An spectaculaire. CMS et les résidents de Africa House ont cuisiné ensemble et un gros feu fut allumé, pour que les gens puissent s’asseoir autour et manger. Une fois que tout le monde était rassasié, chaud et heureux, on sortit la musique et la bière, suivi d’incroyables danses. Les moments de joie sont très rares à Calais mais sont bien savourés et la nuit semblait n’en jamais finir, avec les Soudanais, les Erithréens, les Ethiopiens, les Kurdes, les Afghans, les Français, les Américains, les Italiens, les Finlandais, les Britanniques, les Danois, les Hollandais, les Allemands, les Palestiniens, les Marocains, les Autrichiens, et les Iraniens qui dansaient chantaient et riaient ensemble. Le compte à rebours fut crié autour de Africa House, et les gens sautaient autour du feu et les feux d’artifice furent lancés dans la cour. C’était vraiment une fête du nouvel an sans frontières.

Jeudi 30 Décembre

8h20 – Descente de la PAF et des CRS sur Africa House. Les militants CMS réussirent à donner un avertissement magnifiquement à l’avance, les officiers étant assez lents dans leur descente de leurs véhicules. Ne trouvant personne dans les principaux hangars, les officiers de la PAF ont percé la porte barricadée vers les salles du premier étage, et n’y ont trouvé que quatre Migrants. Les couvertures et les possessions des gens furent balancées et piétinées, alors que la police essayait d’intimider les présens en poussant, bousculant, et mon acte favori — en pointant la torche dans les yeux. Après que 13 personnes aient été emmenées, tous les militants CMS sauf une (qui refusait de partir) furent enlevés du bâtiments et leurs passeports contrôlés dans la cour. Sept des Africains détenus avaient des documents suffisants et furent placés de côté pour être relâchés, et les six autres furent fouillés. Un homme avait une jambe sérieusement blessée et demandait à utiliser ses béquilles pour pouvoir bouger mais la police ne l’a pas permis. Ses béquilles furent retirés et il fut fouillé très durement, une fois la fouille terminée ils refusèrent de rendre les béquilles. La militante qui était encore dans le bâtiment a piqué une crise et pour finir une officière a laissé tomber et rendu les béquilles. La militante fut ensuite placée en état d’arrestation, placée dans un coin et entourée de quatre officiers. Dehors, les autres militants étaient amusés par une conversation entendue entre plusieurs officiers CRS et PAF. Il semble que l’Unité 46 de CRS avait de toutes nouvelles recrues, et qu’ils devaient être rassurés par un officier plus ancien de la PAF que tout était sous contrôle et que ceci n’était qu’une descente normale. Les militants ont trouvé particulièrement intéressant d’entendre l’officier de la PAF commenter qu’il n’aurait jamais du rejoindre la police des frontières et que “ce n’était pas comme ça qu’il pensait que sa vie tournerait.” Apparemment il voulait être un vrai officier de police et pas passer tout son temps à “faire ça et chasser des Roms.

Une des nouvelles recrues fut aussi entendue en train de remarquer que “Les migrants sont étonnament propres.” Une fois que tous les Sans-Papiers furent fouillés, ils furent placés dans le fourgon d’arrestation, menottés les uns aux autres, et l’homme avec la jambe blessée fut poussé et bousculé du bâtiment, la police étant trop ennuyée par sa marche “trop lente”. La militante en état d’arrestation fut relâchée une fois que ses papiers furent vérifiés, ce qui fit six arrestations en tout.

Cette nuit un bar amical fut utilisé pour une fête pré-nouvel an. Les Wildkatw de Brighton y ont joué, ainsi que plusieurs autres, y compris des chanteurs Kurdes et Galois. Les gens furent escortés du BCMO et de Africa House jusqu’au bar. Il y avait beaucoup de monde, malgré le fait que les CRS rôdaient dans la ville et arrêtaient les gens sur le chemin — quatre arrestations hors de Africa House et pour finir la plupart des gens durent courir dans les ruelles pour arriver en ville sans harcèlement. Les CRS se sont amenés vers la fin de la soirée mais continuèrent leur chemin lorsqu’un énorme groupe de militants CMS grimpa pratiquement dans leur fourgon pour leur dire de partir.

Une fois que la fête était terminée les gens ont commencé à être escorté en groupes vers leurs campements et leurs squats respectifs. C’était alors que la police a décidé d’attaquer et un migrant Soudanais a été renversé par une voiture de police. Les militants et les Sans-Papiers ont couru à son aide, pendant que l’homme blessé était menotté. La police nationale et la PAF sont apparues en nombre considérable, et après une petite bagarre sur la route l’homme fut chargé dans un fourgon d’arrestation et emmené. Les militants CMS ont essayé désespérément de se reformer et de ramener en sécurité les gens mais malheureusement la soirée a empiré, et les CRS sont arrivés et ont rendu ceci impossible. Les militants les ont bloqué sur la route tout en chantant “SOLIDARITE AVEC LES SANS-PAPIERS.” Les gens sont sortis des bars et ont regardé les CRS sortir de leurs fourgons, pour systématiquement gaser tout le monde jusqu’à ce que tous les militants furent complètement aveuglés, vomissant pratiquement sur la route, après qu’ils furent satisfaits de leur travail, les CRS sont repartis — heureusement, ils ne sont pas embêtés pour arrêter le moindre migrant.

Mercredi 29 Décembre

Une nouvelle unité de CRS est arrivée en ville — l’unité 46. Ils ont pris pied assez vite, et les arrestations ont commencé à 10h30. Trois Migrants Soudanais furent les permiers à être ramassés alors qu’ils revenaient à Africa House de la distribution du petit déjeuner.

Les CRS ont ensuite passé le reste de la journée à rouler en cercle avec des livrets, apparemment pour essayer de trouver ce qu’ils étaient sensés faire.

Mardi 28 Décembre

Les CRS ont été très actifs aujourd’hui. Le matin ils ont arrêté 10 personnes dans le parc, et d’autres dans la rue. A midi un fourgon d’arrestation a roulé autour de la distribution.

La nouvelle Maison Palestine a été attaquée à 17h30 par la PAF, 5 personnes ont été arrêtées; la PAF est ensuite allée à l’ancienne Maison Palestine et 11 personnes ont été arrêtées à 20h30. La plupart des gens ont été relâchés après un contrôle d’identité de 5 minutes au poste de police de Coquelles: un autre exemple d’arrestations complètement inutiles juste pour bouleverser et harceler les gens. La PAF a été aperçu par les militants autour du squat Palestinien hier.

Dimanche 26 Décembre (résumé des derniers jours)

‘Noël n’a pas de frontières/ Jésus n’avait pas de papiers’

Action directe le jour de Noël

Le matin de Noël, nous avons créé une pseudo jungle devant la Mairie, en utilisant des tentes cassées ou incomplètes. Nous avons déployé une banderole qui disait ‘Noël n’a pas de frontières/ Jésus n’avait pas de papiers’ et nous avons mis des foulards et des bonnets donnés, qui avaient été rejetés par les migrants, sur les têtes des Six Bourgeois, la célèbre statue de Rodin est le symbole de la ville. Une douzaine de militants No Borders de diverses parties de l’Europe sont venus, ainsi qu’une douzaine de réfugiés d’Afghanistan, de Palestine, du Kurdistan, etc. ainsi que quelques humanitaires.

La police est intervenue pour confisquer les tents (comme d’habitude) et la banderole. Personne n’a été arrêté et les militants No Borders ont marché sur le Boulevard Jacquard pour crier “no borders no nations stop deportations” et “solidarité avec les sans papiers”; nous avons fait une manif improvisée devant le centre commercial, et nous sommes entrés, malgré deux types de la sécurité qui essayaient de nous arrêter, juste pour pour rappeler aux passants que Noël et la société de consommation ont lieu à côté de gens qui dorment dehors et qui vivent dans les conditions les plus épouvantables, et ce dû aux politiques gouvernementales.

Dans la soirée 10 migrants de Palestine et d’Afrique auraient été arrêtés, et durent passer Noël dans une cellule. Après cela, la police est partie en vacance, et a déclaré à des militants qui se trouvaient à Africa House qu’ils reviendraient lundi. Si seulement ils prenaient des vacances 365 jours par an.

Le jour de Noël on a eu une grande fête. On a fait un grand repas avec les migrants et quelques humanitaires. C’était une joli fête et tout le monde s’est amusé pour une fois. Il y avait de la bonne nourriture, des boissons alcoolisées et non-alcoolisées, de la musique avec un petit système sonore, de la chanson et du tambour autour des feux, tout le monde dansait, les communautés se mélangaient, et il y avait une super atmosphère. Vive l’esprit incroyable des migrants de Calais!

Mercredi 22 Décembre

Africa House a été attaquée ce matin mais seulement deux personnes ont été arrêtées.

Vendredi 17 Décembre

Il n’y a pas eu d’attaque sur Africa House ce matin.

Les leçons d’anglais, de français et de hollandais continuent à Africa House, Palestine House, et d’autres jungles.

La répression policière continue à Calais, mais aussi en dehors de Calais, sur la côte.

Dans la jungle de Tétéghem, la vie est toujours difficile avec le temps très froid. Les gens qui vivent là nous disent que la police est intervenue tôt le matin de nombreuses fois ces dernières semaines.

Pendant une semaine et demi un jeune des jungles de Tétéghem a été dans le coma à l’hôpital de Lille. Il s’est cogné la tête très dur après être tombé d’un camion qui allait en Angleterre. Quand la frontière est de plus en plus difficile à traverser, les gens prennent de plus en plus de risques.

Mardi 16 Décembre

Une descente très soudaine mais très petite de Africa House par des officiers de la PAF a eu lieu juste avant 7h. Malheureusement pour eux, 6 militants de Calais Migrant Solidarity étaient sur les lieux pour alerter tout le monde à l’intérieur, et aucune arrestation n’a été faite. Un des officiers de la PAF en était très frustré et a jeté un militant à terre tout en injuriant un autre. Quand les gens s’opposèrent à l’officier, il commença à hurler et à se plaindre qu’il était incapable de faire son travail parce que CMS était “TOUJOURS” là…

Des sandwichs ont été préparés et distribués avec des plateaux de dates et d’autres pâtisseries à divers squats, campements, et jungles toute la journée. L’après-midi, un système sonore a été emmené à Africa House et chacun s’est réchauffé en dansant sur de la musique soudanaise.

Mercredi 15 Décembre

10 militants CMS étaient en veille à Africa House toute la matinée, mais heureusement aucun fonctionnaire de police ne s’est montré. Du pain, des légumes, du thé, du sucre, et des pâtisseries ont été distribués.

Mardi 14 Décembre

Des officiers de la PAF, avec la nouvelle unité 4 de CRS, ont attaqué Africa House à 7h45. Ils ont retiré la barricade, et ont roulé dans la cour, 10 personnes ont été arrêtées, y compris une personne Polonaise. Seulement deux militants CMS étaient en veille ce qui signifie que les officiers CRS pouvaient être incroyablement intimidants et physiquement violents, des gens ont été bousculés et frappés à la matraque. Les dix personnes arrêtées ont été menottées les unes aux autres, et emmené au centre de rétention de Coquelles. Après la sortie des policiers, la barricade a été reconstruite.

Vendredi 10 décembre

Il y a eu des arrestations (au moins trois) le matin, sur la route entre le BCMO et la distribution. Ce sont les endroits qui ont été légalement concédés aux associations pour fournir un abri et de la nourriture aux migrants, et la police ne devrait pas y arrêter les gens, y compris sur le chemin, mais ils le font tout le temps.

Jeudi 9 décembre

Africa House a été encore attaquée à 7h du matin, 6 arrestations.

Mercredi 8 décembre

Il y a eu une arrestation à 6h devant le BCMO.

Mardi 7 décembre

Il y a eu deux arrestations au squat Ethiopien à 2h du matin, qu’on appelle aussi “Paradise House.” Il a été attaqué très souvent ces derniers temps, à toute heure.

Lundi 6 décembre

Africa House a encore été attaquée ce matin.

Hier nous avons fait une autre livraison de vêtements et de nourriture aux campements de Grande Synthe et Tétéghem.

Le harcèlement policier reste très élevé. La jungle de Tétéghem a été attaquée par la police deux jours plus tôt selon les migrants, et la police en civil continue à venir compter le nombre de migrants, souvent quand les humanitaires locaux y vont pour donner de la nourriture. Les assos s’en sont plaint, car elles ne veulent pas être considérées des accessoires de la répression policière; mais la police continue à venir. Les gens ont manqué leurs repas de peur de la police.

Il a fait extrêmement froid. Les gens qui ont appelé le numéro d’urgence 115 pour avoir une place dans l’abri anti-froid ont reçu comme réponse qu’il n’y avait plus de place. Un homme d’âge moyen a trouvé une place à l’hôpital après avoir dévelopé une bronchite, mais il fut rejeté après seulement deux jours et il dut retourner à la jungle: Toutes les familles avec de jeunes enfants sont à l’intérieur, mais uniquement grâce aux volontaires locaux. Cependant, il devrait bientôt y avoir des places de libres pour la nuit. Les autorités ont décidé d’ouvrir deux autres abris d’urgence, un à Tétéghem et un autre à Grande Synthe, et vendredi à 18h ils ont appelé les associations pour leur dire d’y amener les migrants avant 19h30! Ils ont refusé, car ils disent qu’ils ne peuvent pas tout faire. Les abris ne remplissent aucun standard aussi minime soit-il; il n’y a même pas de couvertures.

Les gens souffrent terriblement à Tétéghem et à Grande Synthe. Non seulement les gens souffrent de maladies liées au froid mais aussi de dépression et de problèmes de santé mentale, et ils n’arrêtent pas de dire que quelqu’un va finir par mourir.

Je n’ai jamais pensé que je verrais des camps de réfugiés comme ça dans l’Europe du 21ième siècle, avec des volontaires locaux qui luttent pour garantir la survie de gens qui sont coincés ici. En plus des difficultés habituelles, les deux derniers hivers ont été plus froids que d’habitude, ce qui rend les conditions de vie presque insupportables…

Samedi 4 décembre

Africa House n’a pas été attaquée, pour le deuxième jour consécutif!

Et les Palestiniens ont un nouveau squat! La police est allée attaquer le vieux squat ce matin… et ils n’ont trouvé personne.

La maison d’une famille avec un bébé de 11 mois à Téteghem.

Vendredi 3 décembre

L’état français accorde 100 000 euros pour améliorer le BCMO

Il y avait environ 140 migrants dans le gymnase dans la nuit entre Mercredi et Jeudi, après le froid intense, -7°. Comme une boîte de sardines. Beaucoup de gens ont déménagé d’Africa House, également à cause des descentes continuelles de la police. La plupart des Pashtounes ont quitté la jungle pour se mettre au BCMO, y compris de très jeunes ados — le plus jeune n’a que 12 ans. Les mineurs et les gens qui demandent l’asile devraient obtenir un hébergement séparé correct, selon la loi, mais aucun n’est fourni. AU BCMO les migrants dorment sur des cartons, il n’y a pas de douche, de robinet, et il n’y a qu’un WC chimique, dehors. La police a arrêté des gens à l’extérieur du BCMO. Nous nous demandons comment une telle structure peut être ‘améliorée’, et comment les 100 000 euros vont être dépensés. L’argent va être passé à la Mairie avant le 10 décembre.

Africa House a aussi été attaquée ce matin.

Jeudi 2 décembre

Grosse descente sur Africa House à 8h ce matin. La PAF et les CRS sont arrivés en nombre, avec des échelles. Ils étaient plutôt agressifs envers les migrants et les militants CMS. Nous avons pu voir 6 personnes arrêtées, mais on nous a expulsé du bâtiment au début de l’opération. Tous les autres reçurent l’ordre de quitter le bâtiment — pour affronter le froid et la neige — mais ont réintégré les lieux après la sortie de la police. Un homme a été emmené à l’hôpital par ambulance, après être tombé du toît alors qu’il fuyait la police. Cependant son état de santé n’était pas sérieux et il fut libéré de l’hôpital après avoir reçu des soins.

Paradise House, un squat habité par les Ethiopiens, est attaqué régulièrement, à toute heure de la nuit et souvent quelques personnes sont arrêtées à chaque fois.

Mercredi 1er décembre

Africa House attaquée trois fois ce matin

Seulement deux personnes arrêtées, grâce aux avertissements des militants CMS, et parce que les CRS étaient plutôt lents… cependant le pire peut rester à venir. Un travailleur avec une combinaison blanche et un ingénieur ont visité les bpatiments — probablement à la recherche d’amiante.

Le BCMO reste ouvert jusqu’au 7 décembre.

Le préfet a gracieusement étendu l’ouverture du fait des prévisions météos qui prédisent un temps extrêmement froid dans les jours qui suivent. Le BCMO (un abri dans les cas de grands froids) fait partie d’un gymnase désaffecté et il est organisé par l’association Salam. Les autres associations se sont retirées par protestation cette année, car l’endroit ne remplit pas le moindre critère: les gens dorment par terre avec du carton et une couverture, il n’y a pas d’eau pas de toilettes — seulement une toilette chimique dehors pour un endroit qui est sensé accueillir jusqu’à 150 personnes. L’endroit ferme à présent à 9h ud matin, et reste fermé jusqu’à 19h, chacun est libre de se balader dans le froid toute la journée. Mais assez peu de gens dorment là-bas, les migrants préfèrent rester dans leurs campements et leurs squats, qui sont tous menacés de destruction. Le harcèlement policier est très élevé.

Mardi 30 novembre

Dunkerque en bref

Les niveaux de harcèlement policier à Tétéghem et Grande Synthe restent très élevés, la police s’y rend tous les jours. La jungle de Loon Plage n’existe plus. La moitié des migrants de Tétéghem sont au centre de déportation de Lille Lesquin mais certains ont été relâchés. Il y a 20 places pour s’abriter du froid à Dunkerque. Il y a environ une trentaine de migrants à Tétéghem sans compter ceux qui se trouvent dans le centre de déportation, y compris des familles, dont une avec un bébé de 8 mois (on leur a offert un hébergement mais ils ont refusé) et des femmes, dont une est enceinte de 8 mois (elle aussi a refusé un hébergement qu’on lui a offert); peut-être une vingtaine de migrants sont à Grande Synthe, dans des conditions encore pires qu’à Tétéghem… les conditions de vie avec la neige et la glace et des températures inférieures à -5 la nuit sont terribles, inutile de le dire. Les fournitures de couvertures, vêtements chauds et chaussures sont lentement arrivées, il faut encore d’autres chaussures et les migrants continuent à demander des couvertures parce que avec ce temps tout devient trempé. A Tétéghem, Salam et d’autres volontaires locaux leur donnent de la nourriture chaque jour mais les quantités semblent insuffisantes. Les volontaires apportent aussi du bois, de l’eau, etc. Nous avons amené beaucoup de couvertures, des vêtements chauds, des chaussures et environ 150kg de nourriture à cuisiner, il en faut plus.

A Calais

Quatre fourgons de l’unité 3 de CRS sont arrivés à Africa House à 8h45, une personne a été arrêtée alors qu’elle essayait de se brosser les dents. Il a résisté l’arrestation et a demandé s’il pouvait simplement finir de se laver. Trois officiers ont répondu à cette simple demande en le tirant à terre jusqu’à la rue, et en claquant sa tête contre la fenêtre du fourgon de police et en frappant à plusieurs reprises le bas de ses jambes.

Une militante a été bousculée alors qu’elle essayait de filmer le tout, et ensuite elle fut harcelée à propos de ses documents d’identité “insatisfaisants.”

La routine des sans-papiers frappés par la police était claire dans la conversation qui a suivi entre un résident de Africa House et un militant CMS…

H – “Ils ont frappé M******d, la police?”

A – “Ouais”

H – “Pourquoi?”

A – “Il voulait se brosser les dents.”

H – “Aaah”.

Les CRS ont ensuite rassemblé tous ceux qu’ils pouvaient trouver avec des papiers, et les ont déplacés sur la rue, les informant en français qu’ils ne pouvaient pas rester à Africa House parce que c’est un squat et parce qu’ils devaient se trouver à l’abri contre le froid du BCMO.

Le midi a vu une descente sur un squat Africain privé par un petit groupe d’officiers de la PAF. Deux arrestations.

Les leçons d’anglais, de français et de néerlandais, continuent à être bien suivies aux squats Africains et Palestiniens.

Lundu 29 Novembre

Africa House a été attaquée par les CRS à 8h, les barricades ont été déplcaées et 5 personnes ont été arrêtées. Moins de trente minutes plus tard, chacun fut surpris autour du feu alors qu’un fourgon de la PAF s’est arrêté au milieu de la cours et que des officiers conduisirent une descente très soudaine et violente. Alors que les gens coururent pour s’échapper sur le toît, des militants ont serré les coudes et bloqué les escaliers derrière eux et ont réussi à empêché la police de suivre les fuyards. Cela mit les officiers en colère et ils décidèrent de sortir leur frustration en utilisant la violence. Un militant fut balancé par son manteau mais réussit à éviter les poings qui se balançaient vers lui, une autre ne fut pas si chanceuse et reçut un point dans son visage, et fut ensuite jetée à terre. Le troisième militant fut si violemment poussé qu’il finit pratiquement dans la neige. Les matraques et les voix se levèrent tandis que les sifflets étaient arrachés des mains et que CMS était traîné hors du bâtiment. Un militant a réussi à rester à l’intérieur, et assista à la destruction de portes et au menottage de sept sans-papiers. Une fois que la PAF était heureuse de sa fouille, les officiers amenèrent les arrêtés dans le van et partirent, avertissant les militants que les migrants étaient des personnes dangereuses et qu’ils devraient “faire attention” lorsqu’ils restent à Africa House. Une fois que la PAF était belle et bien partie, les barricades furent réinstallées — pour que le “travail’ de la police soit juste un petit peu plus dur.

20h- Africa House attaquée par les CRS. Pas d’arrestation.

21h45- Les CRS ont attaqué à nouveau Africa House et arrêté deux personnes sans papier (l’une d’entre elles était un militant CMS). Apparemment très heureux d’eux-mêmes, ils sont entrés dans le bâtiment en chantant “I want to dance…disco, disco, disco..”, dansant, souriant, et agitant des bombes lacymogènes. La militante arrêtée fut emmenée au centre de rétention de Coquelles et retenue pendant 14 heures. Chaque heure on la sortit de sa cellule et elle fut interrogée, photographiée, insultée et menacée. Elle refusa de parler ou de donner son identité meme lorsqu’elle fut menacée de prison. A mi-chemin en pleine nuit, la police l’emmené dans une salle d’interrogatoire pour lui montrer un livre de photographies de militants CMS, lui posant des questions sur leur identité, leur emplacement, leurs actions et les raisons pour lesquelles ils sont à Calais. A midi le lendemain elle fut relâchée après 14heures sans nourriture, sans sommeil, et avec une expérience inutilement cruelle.

Dimanche 28 Novembre

La police rôde dans Calais toute la journée mais à notre connaissance, aucune arrestation. Africa House eut une pause bien méritée, et finit sa journée avec une autre fête autour du feu.

Samedi 27 Novembre

DE LA NEIGE! Il a neigé toute la journée à Calais, la ville est couverte par une très belle mais très malvenue couche de glace. L’abri du plan grand froid, le BCMO, a finalement ouvert ses portes pour que les gens y dorment la nuit. Mais sans toilettes, sans eau courante, et seulement un morceau de carton et une couverture pour dormir, et la menace policière constante dès qu’ils font un pas dehors, beaucoup de gens ont décidé de rester dans leurs propres squats et leurs campements.

Africa House a été attaquée par la police ce matin, cinq fourgons de CRS ont fait six arrestations. Les officiers étaient très durs lors de leur fouille, les militants CMS ont entouré un officier qui était particulièrement rude et avec toute l’attention sur lui il a vite commencé à se comporter respectueusement. Un homme arrêté avait un pied blessé — il avait des béquilles, pas de chaussure ou de chaussette au pied en question — il dut refaire le chemin à pied une fois relâché du centre de rétention de Coquelles, dans la neige.

Après la tombée de la nuit, les militants CMS ont apporté des instruments à Africa House et une petite fête débuta autour du feu avec du chant et de la danse. Les autres étaient un peu plus intéressés par les jeux en plein air, et c’est ainsi qu’une bataille de boules de neige eut lieu entre No Border et Africa House. Des bonhommes, des couronnes et des barricades de neige furent construits et pendant un moment chacun oublia qu’il était à Calais. Quand tout le monde fut réellement et complètement trempé, nous nous sommes rassemblés autour du feu pour nous sécher et on nous offrit du chant traditionnel soudanais et de la poésie vivante. Rien ne pouvait gâcher les humeurs, même pas les fourgons de CRS, quelque part dans la brume enneigée.

Vendredi 26 Novembre

Une descente plutôt violence sur Africa House a eu lieu ce matin à 7h45. Les militants CMS ont été poussés et bousculés hors du bâtiment, une militante a été jeté à terre deux fois et traînée par terre par trois officiers, une autre militante qui prenait des photos a été prise à la gorge et un officier a fait une rude tentative de prendre la caméra de ses mains. Les sifflets furent arrachés des bouches et écrasés sous les bottes. Les militantes prirent des insultes des officiers CRS qui se sont amusés à les appeler des “sales putes,” des “salopes” et à commenter à quel point elles étaient supposément “laides.” Un homme avec des papiers fut arrêté après avoir reçu des coups de plusieurs officiers — il a refusé de sortir du lit pour leur montrer ses papiers alors ils l’ont traîné par la force et lui ont asséné des coups de pieds à plusieurs reprises, le blessant au bras et aux côtes. Il fut emmené au centre de rétention de Coquelles où il montra ses papiers et fut relâché quelques minutes plus tard, pour faire la longue marche du retour à Africa House. Du gaz lacrymogène fut utilisé sur les couvertures et autour de certains des bâtiments, mais après avoir tout aéré tout est redevenu utilisable. Tout le monde eut un joli au revoir d’un officier de police qui se penchait hors de la fenêtre du fourgon, et cria “Fuck You! Fuck You! Fuck You!” pendant qu’ils partaient.

Quatre personnes ont été arrêtées à l’extérieur de la distribution de repas à 9h15 du matin.

Les fourgons de CRS ont commencé à traîner autour des routes proches de Africa House aux environs de 20h30, pour finalement s’arrêter et faire une arrestation sur la rue qui longe Africa House à 21h45. Une poursuite s’en est suivie, des militants CMS ont couru après un officier sur la piste d’un Migrant. Après un petit affrontement avec l’officier, les militants CMS furent capables de l’arrêter et de permettre à l’homme qu’il pourchassait de s’enfuir. Pas d’arrestation.

Jeudi 25 Novembre

Africa House a été attaquée à 9h ce matin par l’Unité 3 des CRS, la PAF, et un petit groupe de la Police Municipale. Un représentant de la mairie était aussi présent. La plupart des gens sans papiers purent sortir grâce aux avertissements précoces reçus des militants CMS. Dix personnes ont été arrêtées, presque toutes avec des papiers. Les militants CMS ont été poussés et traînés hors du bâtiments par les officiers de la PAF et ont déclaré qu’ils étaient des “perdants” car ils ne les avaient pas empêché d’arrêter des gens. Tous les arrêtés ont été emmené à une heure du voiture et relâchés au milieu de nulle part, le temps qu’ils reviennent à Africa House ils étaient fatigués, trempés jusqu’aux os et avaient raté le petit déjeuner. Deux officiers Municipaux furent laissés derrière dans leur voiture de police, garée dans la cour d’Africa House, jusque 17h.

Africa House a été à nouveau attaquée à 23h par les CRS. 5 arrestations ont été faites.

La Jungle Pachtoune a été attaquée pendant la nuit. Aucune arrestation, mais tous les containers d’eau ont été détruits.

Mercredi 24 Novembre

Africa House Attaquée

Africa House a été à nouveau attaquée ce matin à 8h45. La police avait informé le Secours Catholique qu’ils avaient l’intention de faire une descente, donc à 8h30 une petite foule de travailleurs caritatifs et de journalistes (y compris quelques uns du journal Nord Littoral) s’était formée pour regarder et prendre des photos. Quatres personnes ont été arrêtées pour ne pas avoir de papiers, y compris un militant CMS, mais tous les autres réussirent à s’en tirer après avoir soufflé dans dans leurs sifflets. Avec l’aide d’un tractopelle, les travailleurs de la ville réussirent à retirer la barricade d’Africa House et après une heure de travail ont laissé la voie libre pour les voitures de police. Tout le monde fut arrêté, y compris le militant CMS, et chacun fut relâché quelques heures plus tqrd après avoir gâché leur matinée au centre de rétention de Coquelles.

A 14h Africa House eut une nouvelle visite des CRS qui ne firent aucune arrestation car tout le monde était à la distribution de repas. La PAF est arrivée juste après que les CRS soient partis, bloquant l’entrée avec un fourgon et cinq officiers de police pour s’assurer que personne ne pourrait rentrer. Alors que les gens revenaient du repas de midi, nous fûmes informés (par la présence policière toujours plus importante) que nous pourrions bientôt revenir à l’intérieur… Après une heure d’attente dans le froid et de filmage par la police on nous dit que la mairie travaillerait à l’intérieur du bâtiment pendant les dix jours à venir de 8h à 17h pour mettre des grilles. La fameuse officière de la PAF expliqua que les grilles servaient à empêcher “de s’introduire sur la propriété privée du voisin”. CMS distribua du thé chaud et peu avant 17h la police et les travailleurs municipaux se sont retirés et ont laissé Africa House libre d’entrée.

Africa House vit une nouvelle descente à 21h et des poussières. Deux fourgons de la nouvelle unité de CRS (unité 3) sont passés et ont attrapé deux Migrants. Alors que le fourgon de ramassage essayait de descendre la rue pour les embarquer, quatre militants CMS se sont mis sur le chemin et ont chanté “Solidarité avec les Sans-Papiers”. Les passants se sont arrêtés pour regarder la police relâcher les deux personnes appréhendées dans Africa House, quitter le bâtiment et partir pour rejoindre leur fourgon de ramassage. Il y eut un petit moment de flottement, les militants refusant de bouger et pendant quelques minutes personne ne savait vraiment ce qui se passait. La police a fini par retourner dans leur fourgon, faire demi-tour et partir. Les quatre militants ont réussi à revenir à Africa House avant la police, et le temps qu’ils arrivent tout le monde avait eu largement le temps de partir, ce qui signifie qu’aucune arrestation ne fut faite.

23h fit une nouvelle descente sur Africa House. Trois fourgons de CRS se sont divisés en deux groupes, certains ont grimpés par-dessus la grille à l’arrière et d’autres ont conduit jusqu’à la nouvelle barricade de devant. 6 personnes furent arrêtées, y compris une personne blessée. Une petite bagarre a éclaté sur la route quand la police a essayé d’arracher un vélo d’un militant CMS. Un autre militant a été frappé à la tête avec une torche. Les sourires ont abondé cependant lorsqu’un officier a vu son pied glisser dans les égoûts et sa chaussure recouverte de caca humain..

Le temps continue d’empirer et les gens trouvent la vie à Calais de plus en plus difficile et dangereuse – il a été confirmé qu’un homme Afghan a été admis à l’hôpital pour hypothermie.

Mise à jour sur Teteghem (Mercredi 24 Novembre)

La plupart des migrants de Tétéghem sont partis après avoir été menacés par la police, et ont détruit leurs propres maisons. Peut-être 35 à 40 personnes sont restées. La police leur avait promis que s’ils réduisaient les nombres du camp, on les laisserait tranquille. La police est allée à la jungle de Tétéghem le dimanche matin, vers 10h pour menacer et induire les gens à réduire leurs nombres. Ce qui a eu pour résultat des personnes qui s’enfuirent, souvent sans savoir très bien où aller. Certaines personnes sont allées à Paris, d’autres à Calais, et d’autres on ne sait pas où. Il y avait des mineurs non-accompagnés dans la jungle, beaucoup sont partis et je ne sais pas où ils sont allés. Ce sont toujours les les plus jeunes et les plus vulnérables qui sont le plus affecté. Je suis très heureuses que les volontaires locaux ont mis les familles avec de petits enfants dans des maisons sûres – il y avait trois bébés, agés de 7, 8 et 9 mois dans la jungle, vivant avec leurs familles dans le froid et la pluie et des conditions hygiéniques terribles, et de très jeunes enfants. Des femmes ont décidé de rester, y compris une qui est très enceinte.

La police (PAF) est revenue le lundi 22 au matin, à l’aube, et a arrêté 8 personnes, y compris une femme – tous furent relâchés à 19h; ils n’ont pas détruit quoi que ce soit, et furent curieusement polis; une douzaine de volontaires de Terre d’Errance, Salam, et un No Border, un journaliste et un photographe de la Voix du Nord étaient présents, bientôt d’autres médias sont arrivés, de France 3 et des gens travaillant pour Mèdecins du Monde, et puis d’autres médias, TF1…

Malheureusement l’histoire ne finit pas là; la PAF et la police nationale sont revenues mardi matin peu avant 9h, et ont arrêté 6 ou 7 personnes, y compris des gens qui avaient des papiers; j’étais dans le campement et j’ai vu les arrestations; des volontaires de Terre d’Errance étaient là aussi mais ils étaient à l’entrée principale, la police est arrivée du côté de la station d’essence. Plus tard, Mèdecins du Monde est arrivé, Salam, et d’autres. Je suis parti aux environs de midi et les réfugiés du campement étaient très bouleversés et inquiets, la police les a menacé qu’ils reviendraient pour les arrêter, et les mettre dans des centres de déportation pendant deux semaines, et ensuite les déporter vers leurs pays. Plus de gens pensaient partir. Je n’ai pas d’infos plus récentes: envoyez-les si vous en avez.

Nous avons prévu de revenir à Tétéghem demain, ou vendredi au plus tard.

Mardi 23 Novembre

La pause dont a bénéficié Africa House fut de courte durée, car elle a été attaquée avec une énorme descente juste après 8h ce matin. Personne n’a été laissé tranquille, quatre fourgonnées de CRS (unité 7) fouillant toutes les salles de chaque bâtiment, et arrêtant 21 migrants Africains. Les militants de CMS étaient en veille et ont alerté les gens à l’intérieur avec des sifflets et des cris, malheureusement — probablement à cause de la pluie incroyable — beaucoup de gens ont décidé de ne pas fuir. Un fourgon de ramassage a été rempli au-delà de la limite et quatre personnes ont dû y rester debout. Les militants ont fait des commentaires sur le van sur-chargé mais la police a répondu avec des haussements d’épaules et des sourires en coin. Pendant qu’ils attendaient le prochain fourgon de ramassage, nous avons distribué du thé chaud et des pâtisseries aux migrants qui avaient faim et qui manqueraient leur petit déjeuner assis dans des cellules de police.

Deux migrants Africains et deux migrants Pashtoun ont aussi été arrêtés, avant la descente sur Africa House, tandis qu’ils marchaient dans la rue.

Insatisfaits de leur travail matinal les CRS ont décidé de briser l’accord passé avec Salam* et ont rendu visite à la distribution du repas de midi, espérant conduire d’autres arrestations. Ils furent sévèrement déçus lorsque des travailleurs humanitaires et des militants CMS se sont rassemblés pour les bloquer et lorsqu’ils furent forcés de repartir les mains vides. Les mêmes fourgons de ramassage partirent ensuite vers la gare et les environs des parcs à la recherche de personnes à harceler et arrêter pour remplir leurs quotas. (*Note de m: Il n’y a pas réellement d’accord passé avec Salam mais plutôt, une entrevue avec l’ancien préfet il y a quelques années, qui a promis qu’il n’y aurait plus d’arrestation pendant les distributions. Il existe aussi une circulaire qui donne consigne d’éviter de mener des arrestations (page 4 3ième paragraphe), sans l’interdire formellement. Enfin, la distribution de midi est organisée par la Belle Etoile.)

Sur une note plus joyeuse, l’arrivée d’un petit groupe de musiciens a égayé l’humeur de chacun, avec des guitares, des violons, des trompettes et un tambour trimballés de squat en squat, qui remplissent les froids bâtiments de musique, de chant et de rires.

Comme d’habitude, les leçons d’anglais et de français continuent à être bien suivies à Africa House et Palestine House.

Pour autant que l’on sache, aucun des arrêtés du matin n’a été relâché.

Lundi 22 Novembre

Les forces de police ont frappé le camp de Téteghem, près de Dunkerque, rendant réelle leur menace d’une descente. Hier, ils avaient prévenu les migrants qu’il y aurait un raid, et donc la plupart d’entre eux ont décidé de partir à l’avance. Ils ont arrêté tous ceux qu’ils pouvaient trouver. Seuls une quarantaine environ était restée. Africa House fut épargnée de l’habituelle grosse descente de lundi matin, mais nous ne savons pas à quel prix pour les gens qui sont restés à Téteghem. La télé régionale était là, et a interviewé un homme du Soudan nommé Ahmed, qui a déclaré qu’il resterait là “quoi qu’il arrive, et si la police m’arrête, ce sera une honte pour la France, parce que c’est ici que la notion de la liberté est née il y a 200 ans.”

Vendredi dernier, la mairie a tenu un autre conseil des migrants. D’une façon ou d’une autre, ils ont à nouveau oublié d’inviter les migrants eux-mêmes. Les témoignages des associations semblent indiquer que la réunion consiste principalement en la maire disant aux associations c’qui va s’passer par ici. Ne me fiant qu’au nom, je croyais initialement que c’était une sorte de séance remue-méninge avec les plus importants acteurs de Calais pour trouver ce qui pouvait être fait. Cette fois-ci, Natacha Bouchart a annoncé qu’elle démonterait Africa House, et ferait murer le tout si des gens étaient trouvés à l’intérieur après le début de la destruction. Elle a dit que ce n’était pas humain de laisser les gens dormir à l’intérieur. Un participant a demandé où iraient les migrants après cela, et elle a juste répondu: ‘Ce n’est pas mon problème.’ Il n’y a jamais eu plus de dignité et d’humanité en France depuis que les autorités ont découvert qu’elles pouvaient enculer les gens avec ces alibis.

Calais, Samedi 20 Novembre

Il y a eu une baisse de l’activité policière à Africa House: ce matin un fourgon de CRS et un fourgon de ramassage y sont allés mais ils n’étaient pas très intéressés, et n’ont fait qu’une ou deux arrestations. Dans un changement de routine, hier soir ils ne sont pas venus, et hier matin non plus, (les Africains étaient contents et disaient qu’ils étaient en vacances), jeudi matin non plus, et le soir pareil – cependant les CRS sont passés tôt l’après-midi et ont fait quelques arrestations. Néanmoins la présence générale des CRS en ville reste sans aucun doute exagérée. Ils sont allés deux fois au squat Egyptien/Palestinien, ont arrêté quelques personnes, et ont continué d’ennuyer les gens dans les rues et dans les parcs où ils traînent.

Situation à Dunkerque (Vendredi 19)

Des activistes ont rendu visite à un campement près d’un lac aux alentours de Dunkerque où environ 150 personnes se sont rassemblées après la destruction de la jungle de Loon Plage et des squats environnants. Le camp inclut un nombre de familles Kurdes et Afghanes avec de petits enfants, ainsi que des mineurs Afghans non accompagnés. Les gens qui vivent là ont dit que la police attaquait le camp chaque jour souvent tôt le matin et arrêtait des gens, ce qui révèle une augmentation dans le niveau d’activité policière depuis que nous avons fait un tour en été (avant la destruction des autres squats). C’est ‘normal’ quand ils veulent réduire les nombres, mais particulièrement inquiétant pour la présence des familles, des enfants non accompagnés certains très jeunes et des femmes, dont une au moins est enceinte.

Par ailleurs, ayant été expulsés de Calais par la police, et expulsés d’autres campements environnants, le campement près du lac se trouve à la campagne, ce qui rend l’accès aux nécessités de base plus difficile (bien que diverses associations humanitaires font des visites et distribuent de la nourriture). Cependant, nous avons trouvé que les gens avaient besoin de tout: des couvertures, des vêtements, de la nourriture qu’ils peuvent cuisiner, des casseroles, des couches pour bébé, etc. Un groupe de 22 Palestiniens dormaient avec une couverture pour 4; les mineurs Afghans avaient environ le même nombre de couvertures entre eux, les enfants marchaient sans vestes, sans chaussettes, et avec des chaussures qui sont soit trop grandes soit trop petites…et le temps se fait très froid pour dormir dehors. Nous sommes revenus à Calais et avons rempli notre van avec tout ce qu’il restait en stock… c’était une amélioration mais ça ne suffisait certainement pas pour tout le monde. Cependant samedi Mèdecins du Monde, avec des associations locales, fera une grande distribution de sacs de couchage, de vêtements, et de bâche.

Le maire local vient de dire, “Tant qu’il y a moins de 50 personnes [dans un campement], on peut faire face. Aujourd’hui je tire la sonnette d’alarme.” Les associations locales craignent qu’une destruction du camp puisse être imminente, mais il n’y a aucune information, et une réunion des associations avec le maire a été annulée ou reportée. On se demande où cela va mener exactement. Une autre destruction? Est-ce que les gens vont réussir à se mobiliser pour le sauver ( — et pour combien de temps…?) On vous tient au courant.

Mercredi 17 novembre

Africa House attaquée le matin à 8h, 8 personnes arrêtées. Pas de descente le soir.

Mardi 16 novembre

Africa House attaquée à 7h30 et encore peu après 9h. 15 arrestations au total.

Lundi 15 Novembre

Une descente a eu lieu à Africa House ce matin peu après 7h. 16 personnes ont été arrêtées. Le soir ils sont venus 3 fois, ils ont arrêtés environ 10 personnes les deux premières fois, et la dernière fois ils ont juste conduit dans la cour pour réveiller les gens, et n’ont pas essayé d’arrêter qui que ce soit.

La nuit dernière il y a eu une descente à 23h30, avec pour résultat l’arrestation de 11 personnes. Deux hommes se sont enfuis au dernier moment avant d’être emmenés dans le fourgon de ramassage et ne sont pas comptés parmi les arrêtés. Les deux fois, 3 vans de CRS et un fourgon de ramassage sont passés par le devant du bâtiment.

3 fourgons de CRS sont allés au squat nommé Palestine House hier aux environs de 20h30. Il y a eu 5 arrestations.

Dimanche 14 Novembre

Les CRS sont allés deux fois à Africa House hier soir, 22 personnes ont été arrêtées, et encore une fois ce matin, où ils ont pris 9 personnes. Ceci est un fait journalier alors si vous avez l’intention d’aider à défendre Africa House, svp venez! D’autres squats sont aussi attaqués très souvent, avec des gens qui sont détenus 12 – 24 heures. D’autres sont retenus au centre de rétention de Coquelles pendant 2 à 4 semaines.

Samedi 13 novembre

Une autre descente sur Africa House ce matin peu après 8h, 10 arrestations.

Ce soir, vers 20h30, un premier raid à Africa House a été largement avorté par un militant qui a pu prévenir les gens quelques secondes à l’avance. Seulement cinq personnes ont été arrêtées, et elles semblaient avoir des papiers. Mais les flics sont revenus une heure plus tard, tentant de prendre les gens par surprise, passant par derrière. 11 personnes ont été vues arrêtées, 38 au total selon un CRS qu’un militant a entendu essayer de faire le compte (mais c’était peut-être des fadaises).

Vendredi 12 novembre

A 8h les CRS ont attaqué le squat Africain mais très lentement, ils avaient l’air de ne pas tant vouloir courir que d’observer. Ils ont attrapé un type dont la copine est à l’hôpital et est sur le point d’avoir un bébé — elle vit aussi à Africa House — on l’a dit à la police mais ils ont refusé de le laisser partir, disant que c’était de notre faute parce que nous utilisions des sifflets (?); peu après qu’ils furent partis une voiture de police a conduit dans la court à toute vitesse, suivie par trois véhicules de la mairie; les ouvriers n’ont rien fait, à part discuter avec la police. Est-ce que ça pourrait être un exercice avant la destruction?

Le soir les Africains ont été attaqués trois fois, 10 arrestations.

PASSAGE AU TRIBUNAL DES SKINHEADS

Tribunal de Boulogne-sur-Mer, 14h. Etaient présents, deux du mouvement No Border et une bénévole de la Belle Etoile.

Le procès est fini. 3 personnes vont en prison (1 an, 15 mois et 8 mois). 1 libéré, 6 mois ferme, 6 mois de sursis.

Les soutiens des prévenus se composaient de leur famille et des personnages du même bord qu’eux. 3 semblaient être venus sans connaître les accusés

Jeudi 11 Novembre

Les CRS ont arrêté 17 personnes à Africa House ce matin. Au départ, ils ont pris 3 et 5 qui se cachaient dans le jardin, puis ils sont revenus et ont arrêtés 9 autres personnes; certains des arrêtés ont été relâchés et sont apparus à la distribution de nourriture, mais la plupart des gens ne sont toujours pas revenus.

Il y a en ce moment d’assez grands nombres de Soudanais et d’Arabes au centre de rétention de Coquelles. Nous les avons appelés, et nous leur avons rendu visite. Certains sont sensés être relâchés le surlendemain si les juges ne leur donnent pas plus de temps de détention. Les gens sont aussi très souvent détenus pour de longues périodes au commissariat de police (par exemple, 12 ou 24 heures).

Il y a une nouvelle compagnie de CRS en ville — moins méchante et plus souriante que la compagnie précédente — mais ils sont là pour faire le même sale travail.

La semaine dernière:

De nombreuses descentes et arrestations ont eu lieu dans la plupart des endroits (voir la liste incomplète ci-dessous), et une compagnie particulièrement mauvaise de CRS en ville: plusieurs migrants et un militant CMS ont été frappés ou malmenés.

Vendredi 5: A 6h du matin, 5 arrestations à Palestine House, une grosse descente sur Africa House à 8h et 3 personnes arrêtées près du centre commercial à 15h.

Jeudi 4: A 8h, 7 arrestations faites à Palestine House. 3 personnes ont été arrêtés dans la rue à 10h30 (toutes des personnes avec des papiers). Entre 8h30 et 9h, 7 personnes avec des papiers ont été arrêtées dans le parc et un activiste a été frappé par les CRS, alors même qu’il leur a dit qu’il avait des problèmes avec son dos. Des migrants ont aussi été frappés, et l’un d’entre eux a été accusé d’attaquer un policier, ce qui n’est pas vrai — tout ce qu’il a fait c’est dire qu’il avait un rendez-vous pour sa demande d’asile le lendemain, et il a instinctivement essayé de les repousser. Une semaine plus tard, il est toujours détenu, et il a raté son rendez-vous.

Mardi 2: A 8h, les officiers de la PAF ont fait une descente sur Palestine House, et ont arrêté cinq personnes. Tous furent relâchés plus tard. 5 arrestations supplémentaires ont été faites à minuit, quand la police a attaqué la jungle Pashtoun.

Dimanche 31: Une descente à minuit par la PAF sur Palestine House. Tout le monde arrêté, 3 personnes détenues.

Vendredi 29 octobre

Une autre grosse intervention à Africa House ce matin vers 9h, 16 arrestations et à 17h les arrêtés ne sont pas encore revenus.

Lundi 25 octobre

Les CRS sont de retour en ville ce matin – un fourgon de CRS est entré deux fois dans Africa House, mais n’a pas fait d’arrestations. Cinq migrants Africains furent plus tard arrêtés devant la distribution de nourriture, aux environs de 9h30 du matin.

Le soir, les CRS ont attaqué Africa House aux environs de 20h30, et ont arrêté quatre personnes.

Africa House est peu à peu démolie par-dessus les occupants…

Dimanche 24 octobre – résumé de la semaine et demi passée

Les CRS sont partis de Calais pendant quelques jours, à cause de la grève générale, des démonstrations et des émeutes, et de 50 flics envoyés à l’hôpital dans divers endroits de France…

A leur place, la PAF s’est extraordinairement occupée à harceler les migrants dans leurs campements et leurs squats, dans les rues et sur le chemin de l’Angleterre; les migrants ont subi un grand nombre de blessures, tels que des bleus, des coupures — requérant souvent des points de suture — des doigts cassés, des genous endommagés, des poignets et des chevilles disloquées — comme d’habitude. Un homme a eu la peau des paumes de sa main décollée après avoir été traîné hors d’un camion par la sécurité portuaire.

Africa House a été particulièrement ciblée, avec deux grosses descentes et plusieurs petites.

Le jeudi 14, la PAF est arrivée à 7h30, et a arrêté presque tous ceux qui étaient dans le squat. Les gens qui y vivent disent que 40 personnes ont été arrêtées, mais nous n’avons pas pu compter parce qu’ils nous ont expulsés du bâtiment.

Une autre grosse opération de la PAF a eu lieu le vendredi 22 aux environs de la même heure. Nous avons assisté à 15 arrestations. Un militant a été menacé et attaqué par les flics parce qu’elle ne voulait pas quitter les lieux. Comme d’habitude.

Plusieurs fourgons de la mairie sont arrivés à 8h pour continuer l’opération de nettoyage. En gros, ils démolissent lentement des parties des bâtiments par-dessus la tête des occupants. Aucune couverture ne fut prise cette fois, bien que l’ajoint au maire et le propriétaire du bâtiment ont fait une visite. La police a aussi brisé les vitres d’une salle où les gens dorment.

Le matin précédent, il y a eu une descente moins importante et moins bien organisée sur Africa House par la PAF avec environ 9 arrestations de faites. La PAF passe chaque jour le matin et le soir — parfois pour arrêter, parfois simplement pour harceler et faire courir les gens — ils semblent s’amuser car ils rigolent souvent et parfois ils jouent de la musique très fort dans leurs fourgons et c’est peut-être qu’ils sont défoncés par des drogues…mais ce n’est qu’une supposition, il n’y a presque aucun doute qu’ils sont malades dans leur tête. De la même manière, dans le parc où les migrants traînent (n’ayant nulle part où aller), dans les rues, et dans tous les autres squats et jungles, à n’importe quel moment, ils arrêtent continuellement au hasard. Ils arrêtent aussi les gens devant la clinique PASS où les malades attendent de pouvoir consulter, et à la distribution où il y a un accord avec les assos de ne pas faire d’arrestations.

Dans la nuit du 21 au 22, la PAF a attaqué Palestine House. Ils n’ont arrêté que deux personnes mais ils les ont retenus pendant 12 heures. Et puis le matin du 23 ils ont pris presque tout le monde.

La jungle Soudanaise reçoit aussi de fréquentes visites de la police et est à présent complètement grillagée.

La BAC, la brigade anti criminelle, a identifié et suivi trois militants No Borders dans la rue le soir du 22 octobre. Etant donné que la majorité des migrants de Calais sont des réfugiés des pays en guerre les plus dangereux de la planète, et la plupart de ceux qui sont présents à Calais en ce moment viennent du Darfour, je ne sais vraiment pas ce qu’il faut pour réveiller l’opinion publique Française.

Les leçons d’anglais continuent à Africa House et Palestine House avec un grand taux de présence.

Mercredi 13 Octobre

Enorme descente sur Africa House tôt le matin. Les CRS et la PAF sont arrivés avec 5 fourgons et une voiture — suivis d’au moins trois fourgons de ramassage- aux environs de 7h30; beaucoup d’arrestations, jusqu’à 40 selon les habitants du squat. Les militants CMS étaient là mais furent précocement expulsés du squat.

Samedi 9 Octobre

Les descentes sur Africa House continuent, surtout autour de 8h quand les gens essaient de brosser leurs dents… au même moment les ouvriers arrivent pour nettoyer les “déchets toxiques”. Il y a eu deux grandes descentes: le mercredi 6, 3 fourgons de CRS se sont garés à l’avant peu après que les ouvriers aient déplacé la barricade que nous avons placée, ils furent suivis de 2 flics en civil, et ils ont arrêté 9 personnes; Jeudi 7 3 fourgons de CRS et la PAF sont venus de l’arrière du bâtiment, avec des échelles, 15 personnes arrêtées.

La jungle Kurde a aussi été attaquée le Jeudi, pas d’arrestation.

La jungle Soudanaise a été grillagée et la police y rode le soir. Nous y sommes allés hier: nous buvions du thé avec les Soudanais — mais l’abri où ils se rassemblent a été détruit et il reste très peu d’arbres… et puis 4 officiers de la PAF sont arrivés, à pied, espérant surprendre les migrants, mais les Soudanais les ont vu venir et se sont cachés. Les flics ont cherché la jungle sans succès, et sont repartis les mains vides. Les conditions se sont cependant détériorées, il fait froid et il pleut beaucoup, et les gens ne peuvent pas avoir le moindre abri correct.

Mardi 5 Octobre 2010

Depuis lundi, le nettoyage de Africa House a commencé. Les travailleurs y restent toute la journée et jettent ce qu’il y a dans les bâtiments dans des containers. Jusqu’à maintenant, ils ont laissé les affaires personnelles, mais ils ont dit qu’ils devront tout nettoyer au bout du compte. Nous avons parlé à tous les habitants de la maison africaine pour qu’ils sachent ce qui se passe et pour que tout le monde mette ses couvertures dans une salle où espérons-le elles ne seront pas enlevées. Nous faisons des rondes le matin et le soir tous les jours — il n’y a eu qu’une arrestation dans Africa House ces deux derniers jours. La nouvelle companie de CRS est la 38.

Jeudi 30 Septembre

La police était vraiment active ce jeudi.

A 7h30, ils ont attaqué les chemins de fer où les Pashtuns vivent. Ils ont détruit le plastique, que nous avions utilisés ensembles il y a deux nuits pour recouvrir les fenêtres que la police avait récemment brisées (voir le ‘Résumé du Weekend’ ci-dessous). Le fait que les autorités Françaises ne permettent même pas un peu de plastique aux migrants pour se protéger du froid illustre bien le barbarisme et l’inhumanité de leur politique migratoire en général; et du travail policier à Calais en particulier.

Aux environs de 15h45, la police s’est garée au morceau de verdure près de la clinique PASS. Cette clinique fournit gratuitement des soins pour les migrants malades ou blessés, et beaucoup de gens avec des membres cassés ou foulés qui ne peuvent pas s’enfuir de la police ont tendance à flâner dehors en attendant leur tour ou bien en attendant des amis. En tant que tel, c’est une cible facile pour la lâche police qui essaie d’atteindre son quota d’arrestation. 11 personnes furent arrêtées.

Au même moment environ, une intervention avait lieu sur Africa House. Nous ne savons pas si qui que ce soit a été arrêté.

Plusieurs arrestations ont été faites dans le parc au cours de la nuit. Un homme a été emmené au pont près de Africa House à 21h15.

[27 Aout-30 Septembre – Désolé, pas de traduction…]

Vendredi 27 Aout

Il y a 3 compagnies de CRS à Calais : la 15, la 12 et la 8

Il y a chez les CRS 12 au moins un policier nazi ! Les CRS 8 sont considéré comme une compagnie extrêmement brutale avec les réfugiés.

Le nombre important de compagnie fait penser a un possible raid général contre les réfugiés !

Mardi 27 juillet, la septième compagnie de CRS en balade

Après les arrestations du matin à la African House, la nouvelle unité de CRS s’est aventurée pour sa première nuit répressive à Calais.

A 20h20, une douzaine d’officiers de CRS a attaqué la jungle kurde, tandis que deux d’entre nous étaient entrain de distribuer de l’eau et des tentes à ses résidents. Des coups de sifflet ont été sonnés pour alerter les résidents dès que la police a été repérée.

Nous avons attendu la police dans une clairière où nous étions sur le point de prendre le thé, les caméscopes à la main. 3 CRS ont sauté dans les buissons, sur le point de sortir leurs matraques et de commencer leur rigolade. Leurs expression changea dès qu’ils réalisèrent que les Kurdes avaient disparus et qu’ils n’avaient face à eux que les activistes no border.

Les militants ont suivi les groupes de la police autour du camp, filmant tout le temps pour réduire au maximum le risque qu’ils trouvent ou battent n’importe qu’ils commencent à détruire des trucs. Ils ont tout de même trouvé et arrêté un homme.

Avec une camionnette d’arrestation en grande partie vide, les CRS sont allés directement à l’African House où ils en avaient arrêté 14 dans le raid du matin même. Les militants étaient déjà sur place, comme les migrants et les militants no borders étaient entrain de préparer un repas là-bas et sur le point de commencer une réunion. Une rangée de personnes s’est interposée aux bleus armés à l’entrée, afin de gagner du temps. Des coups de sifflet ont été soufflés, et beaucoup de gens ont réussi à s’échapper. Un homme africain a été pris et mis dans le fourgon avec les Kurdes qui avaient été arrêtés plus tôt.

Les policiers sont alors partis dans la direction du pont où des migrants séjournent.

Samedi 26 juin

Ces derniers jours, nous sommes aller aider les migrant-e-s pour de

petites choses : donner des vêtements, apporter des bougies. Des

activistes sont passé-e-s à la “jungle” des soudanais pour distribuer

des bâches pour les protéger de la pluie. 30 à 40 personnes qui

dormaient à la “Maison des Africains” auparavant dorment désormais dans

les taillis Elles passent la journée à un endroit, n’y font qu’attendre

le soir en espérant ne pas se faire attraper par la police. Et la nuit

elles dorment en plus petits groupes dans plein d’endroits sous les

arbres et dans les fourrés. Ces personnes semblent bien moins dynamiques

que lorsqu’elles étaient à la “Maison des Africains”. Maintenant elles

ont l’air abattu et très fatiguées. Toutes racontent qu’elles ont juste

l’impression de perdre leur temps.

Ce week-end quelques médecins allemand-e-s sont venu-e-s travailler avec

Calais Migrant Solidarity, et des personnes de schNEWS – un hebdomadaire

britannique sur l’action directe – sont venues pour voir ce qui se passe

et le diffuser.

Lundi 21 Juin: Début de la destruction de l’African House

La démolition de la maison des africains a commencé ce matin.

La plupart des ex-occupant-e-s ont bougé dans deux autres grands squats

– partageant l’un avec les palestien-ne-s et l’autre avec les

afghan-e-s, cependant les deux reçoivent fréquemment la visite de la

police et des personnes sont arrêtées et amenées au commissariat,

comme d’habitude…

À part ça c’était un week-end plutôt calme, Salam a fait une mignonne

fête hier pour la Journée des Réfugié-e-s (Refugee Day) au lieu de

distribution des repas – entre deux distributions. Des drapeaux

(banners?) de différents pays ont été dressées – Afghanistan, Soudan,

Palestine, Kurdistan, etc. et également de France et d’Angleterre. Il y

avait de la musique et tout le monde a dansé : afghans, kurds, africains, il y

avait des sports et des jeux et tout le monde s’en bien amusé.

Lundi 14 Juin : “L’AFRICAN HOUSE” expulsée et rasée par les AUTORITÉS FRANÇAISES A CALAIS

Après une semaine de répression continue contre les migrants, les CRS ont

violemment vidés le squat africain de Calais. Toit précaire pour des

groupes de migrants venus d’Érythrée, d’Éthiopie et du Soudan, l’African

House est devenu le dernier refuge pour de nombreuses communautés. La

semaine dernière, plus de 20 camionnettes CRS avec à leur bord plus de 50

policiers anti-émeute sont arrivés à l’African House, une grand squat ou

loge plus de 80 personnes.

Vendredi, la police a perquisitionné le batiment, en arrêtant tout le

monde à l’intérieur et en enlevant toutes leurs couvertures, leurs effets

personnels et leurs vêtements. Aujourd’hui, ils ont vidés le bâtiment, en

arrêtant une nouvelle fois tout le monde présent à l’intérieur. (1)

Depuis la destruction des autres camps de migrants, le plus célèbre étant

la jungle Pashto détruite en Septembre dernier, la police française, en

collaboration avec le gouvernement Britannique a intensifié la

persécution systématique des migrants dans le Calaisis. Ils ont été

respectées à la résistance à chaque fois. Jacques Anciot, présents lors de

l’expulsion, a déclaré: «Calais migrants Solidarity a été constamment

présent « sur le terrain» depuis le mois de Juin de l’an dernier, (2)

travaillant en solidarité avec les différentes communautés de migrants et

surveillant l’activité de la police. Nous exigeons la liberté de

circulation pour tous et le droit de rester ici.”

Beaucoup de migrants présent à Calais n’ont nulle part où aller. Kirsty

Johnson a décrit la situation: “Certaines des communautés qui sont

régulièrement ici sont harcelées par la police, on y trouvent entre autres

des mineurs non accompagnés en provenance d’Afghanistan, des palestiniens

(3) et des migrants iraniens. Beaucoup ont voyagé pendant des années pour

arriver ici, au péril de leur vie, afin de trouver une nouvelle maison.

Ils ont tout perdu.”

Sammy Umal-Haram du Darfour, témoigne: “La police nous poursuit tous les

jours. Mais ils ne comprennent pas pourquoi nous sommes ici. Partout en

Europe il y a des frontières qui tuent les gens qui essaient de les

traverser. Où pouvons-nous aller? La semaine dernière, les policiers ont

mis des substances chimiques dans l’eau potable et sur les habits des

palestiniens. Ce n’est pas une vie.”

CMS continuera à résister les politique migratoire Française et

Britanique. La semaine dernière avait lieu le procès de sept migrants

Soudanais menacés d’expulsion, et ce malgré les pressions internationales.

(4) L’expulsion de l’African House fait partie de la lutte permanente

contre les frontière. La vie dans les rues de Calais représente la réalité

de la politique de l’État britannique. (5)

NOTES

1. Les CRS ont gazé les migrants, dessinés des symboles fascistes sur les

murs, et préparés la démolition a l’aide de plans du bâtiment. La clôture

a été renforcée, condamnant toutes les voies d’évacuation possible.

2. Au cours de juin dernier, le Camp No Border à Calais a lancé la

campagne, et des centaines de militants de toute l’Europe ont travaillés

avec différents groupes de migrants présent dans la ville.

3. Ce dimanche, le gouvernement israélien a atteint un nouveau stade dans

son attaque contre le peuple palestinien, tuant des travailleurs

humanitaires, déportant et emprisonnant plusieurs autres et empêchant

l’arrivée du matériel humanitaire dans la province occupée de Gaza.

4. Une trentaine de militant présent dans le Nord de France ont assisté au

procès. Les Soudanais étaient alors en prison à Longuenesse. Ils étaient

incapables de comprendre la procédure judiciaire. Il y a 136 langues

parlées au Soudan.

5. CMS prévoit l’éviction du squat palestiniens comme l’éviction prochaine

grande. Les migrants qui vivent ici ont été arrêtés et menacés de

déportation dans les dernières semaines, en dépit de la situation

actuelle.

Dimanche 13 Juin

Malgré les rumeurs de destruction pour le 9 juin dernier, le squat africain est toujours debout. Les CRS organisent encore très régulièrement des raids et CMS considère toujours que ce bâtiment est menacé d’expulsion dans les prochains jours. Nous travaillons donc beaucoup afin de préparer les habitants du squat et afin de mettre en place une stratégie de résistance cohérente.

Le lieu de distribution alimentaire a fait l’objet d’une surveillance accrue par la police, qui a de ce fait rompu l’accord avec Salam. En effet un accord avec la mairie prévoyait que la police n’avait pas le droit de controler dans ce lieu et sur le chemin pour venir aux distributions des repas. Hier, dix pachtounes ont été arrêtés à la distribution – un migrant a couru pour échapper aux CRS est tombé. Lorsque la police l’a attrapé, ils l’ont battu sévèrement et lui ont cassé le nez. Les militants de CMS ont mis en place un accompagnement des pachtounes de leur camp jusqu’au lieu de distribution afin d’assurer un minimum de protection.

Nous avons toujours un besoin urgent d’activistes à Calais, donc si vous avez du temps libre s’il vous plaît venez nous aider.

Mercredi 9 Juin : Mise a jour sur l’état de l’African House

La nuit dernière il y a eu une augmentation du nombre CRS sur Calais, apparemment beaucoup venaient de Lille. La police a été vu en train de gazer, de tirer au flash-ball et d’utiliser des «bombes sonores» qui sont utilisées dans les tactiques anti-émeute.

Aujourd’hui, à midi, il y avait un petit raid de camionnettes des CRS 3, mais aucune expulsion. CMS étaient présents, et ont tenté de résisté. 5 Africains ont été arrêtés durant la journée.

Vendredi 3 Juin : Attaque et arrestation au squat africain

Rafle ce matin au squat des Africains à Calais, à-peu-près tout le monde a été emmené, les couvertures et les effets personnels ont aussi été pris.

On a un besoin urgent de couvertures, les stocks sont au plus bas. Il faut être vigilants s’il y a des placements en rétention et pouvoir

se mobiliser vite.

Mercredi 26 Mai : La répression continue avec des techniques de plus en plus honteuses

En début de soirée, l’Unité 5 des CRS ont arrêtés 7 migrants soudanais après les avoir chassés de la voie ferrée à proximité de l’African House. Les agents de la SNCF qui se trouvaient dans le coin à ce moment là, ont été vus en train d’aider la police à capturer les hommes, et ont même utilisés un chien pour éviter que l’une des personnes arrêtées ne récupère son sac après avoir été capturés.

Il est souvent considéré comme plus sûr de s’asseoir près de la voie ferrée que de rester dans le squat, car le bâtiment n’a pas de voies d’évacuations viables.

Dans la même heure, les Palestiniens ont également été pris d’assaut et un certain nombre d’arrestations ont été effectuées. La tactique utilisée par les CRS à Calais est lâche, la police pulvérisé sur les effets personnels, des produits chimiques inconnus et en verse même un peu dans leur eau potable. Ces bâtiments n’ont bien sûr pas d’eau courante, et il est probable que les autorités voulaient que leurs résidents aient des difficultés pour accéder à l’eau après le considérable effort qu’ils doivent réaliser suite à leurs libérations (ayant sans doute passé 24 heures dans une cellule de Coquelles suivie d’une heure de marche pour rentrer à Calais).


Samedi 15 Mai : Action transnationale Paris/Berlin Video de la manif a Paris: http://www.dailymotion.com/video/xdda5y_manifestation-de-1000-policiers-con_fun La nuit dernière, la police est descendue Gare du Nord, frontière franco-britannique et cible d’une mobilisation de masse. La police a tenté de perturber la mobilisation, demandant à toutes les voitures de quitter le secteur et aux magasins de fermer leur rideau. Les migrant-e-s ont été mencé-e-s d’être arrêté-e-s s’ils tentaient de se joindre aux militant-e-s NoBorder. De nombreux flics en civil et d’autres corps de police essayaient de les décourager à participer. 200 personnes se sont quand même jointes au gros de la manifestation et ont refusé l’intimidation. Ils ont bloqué la circulation, ont allumé des fumées aclairantes [ou des fumigènes ?], et appelé à l’arrêt de l’escalade répressive contre les migrant-e-s à Calais et à travers l’Europe. Pas encore d’arrestation, et beaucoup d’Afghans sont restés regarder la manif malgré la pression policière. Une manifestation avait leu en même temps à Berlin, où plusieurs centaines de personnes ont manifesté devant le Centre Culturel Français. Des centaines d’Afghans, dont la plupart tenter de voyager vers le Nord pour la Grande Bretagne et ailleurs vivent actuellement une existence précaire dans la ville et dans le Nord de la France. Ils vivent souvent dans la rue, exposés aux éléments, aux arrestations ou à l’expulsion selon l’humeur de la police. Pour appliquer les politiques migratoires élitistes, des conditions de surveillance très oppressants sont mis en place dans la gare : la police y stationne en permanence, les militaires patrouillent, et la vidéo-surveillance est envahissante. Cette surveillance facilite l’identification et l’exclusion de celles et ceux jugé-e-s “indésirables” comme les immigrants “illégaux” qui se regroupent souvent près de la gare, ou les “jeunes” qui arrivent en ville par le métro. Ces jeunes sont souvent éloignés des manifestations publiques par les CRS qui les attendent sur les quais et les renvoie en banlieue. Sans la pièce d’identité exigée ou le moyen de payer le prix prohibitif des transports en commun, l’accès à l’Eurostar, aux autres lignes internationales ou au métro et au RER est interdit. Rejoignez-nous dans la mobilisation et la lutte pour exiger la liberté de circulation de tous et toutes ! Des discussions et une fête suivront la manifestation. Samedi 8 mai : manifestations et arrestations Les militants NoBorders et un nombre important de migrants ont participé à une manifestation organisée par le collectif C’ SUR contre le harcèlement des migrants à Calais. Après la manif du C’SUR, les participants sont dirigés vers le site de distribution quotidienne de nourriture. Trois véhicules de police sont arrivés et les agents sont sortis pour essayer d’arrêter les migrants. Ils réussissent à en attraper cinq d’entre eux, dont un qui était sur des béquilles, et donc incapable d’échapper. Il convient de souligner le problème des blessures à Calais; de nombreux migrants se cassent un membre après avoir fui la police, ou après être tomber d’un camion lorsqu’ils essayent de passer au Royaume-Uni. Pour ceux qui ont une jambe cassée, les choses sont particulièrement difficiles – non seulement il devient plus compliqué de s’en tirer au cours des poursuites de journalières de la police, mais après leur arrestation, il vaut mieux être une personne en bonne santé pour faire l’heure de marche pour revenir de Coquelles. Forcer quelqu’un avec une jambe cassée à marcher régulièrement pour revenir à Calais est un autre aspect de la lutte menée par les gouvernements français et britannique contre les migrants à Calais. Une manifestation silencieuse a également eu lieu à proximité de la cérémonie officielle célébrant le « Jour de la Victoire » ! Jour de la victoire supposée signifier le triomphe sur le fascisme durant la Seconde Guerre mondiale. Les militants portaient une blouse blanche avec des images d’arrestations de migrants afghans, de certains raids répétés, et des vols à l’African House. Toutes ces atteintes aux migrants ayant été perpétrées par les autorités françaises. Apparemment incapable de supporter la gêne et la honte de voir la vérité en face et qu’elle soit visibles aux yeux de tout les spectateurs, les deux militants portant les affiches ont été rapidement menottés et emportés par la police. Ils ont également arrêté des militants qui étaient la pour filmer l’événement. Tous ont été libérés peu après. Mercredi 5 Mai : Court résumé de la journée au Tribunal de Boulogne No Border était le seule organisation nommée, présente au tribunal de Boulogne. Beaucoup de policiers de la PAF de Coquelles dans la salle d’audience. Ils ont tenté de nous empêcher d’accèder au tribunal. Les réfugiés étaient menottés et attendaient depuis 10h du matin. Pour les 7 réfugiés qui ne comprenaient pas et ne communiquaient pas: le procureur a gagné. Leur procès est reporté au mercredi 26 mai. 3 semaines de détention provisoire. Pour les 3 réfugiés qui ont parlé: 3 mois de prison avec sursis et 3 ans d’interdiction du territoire. Ils ont 10 jours pour quitter la France. L’un d’eux a dit vouloir demander l’asile. Dans l’ensemble: 10 avocats se sont groupés pour défendre les réfugiés qui dans leur majorité n’ont pas pu leur parler. Me Calonne a dit qu’il était honteux de vouloir expulser des gens originaires du Darfour. Ils ont remis en cause la procédure de jugement de personnes qui ne peuvent pas comprendre et se défendre équitablement. Le procureur aux ordres et en complicité avec la police, n’a fait que parler de réseaux de passeurs et du système de défense utilisé par les réfugiés du Darfour. Nous avons tenté de notre côté de géner le transfert dans le fourgon des 7 personnes qui sont en prison maintenant. Rendez-vous le 26 mai pour la suite Mercredi 5 Mai Aujourd’hui, le mercredi 5 mai, 10 personnes en “situation irrégulière” seront jugés devant le tribunal de Boulogne-sur-Mer. Ces 10 personnes arrivent à la fin de leurs détentions qui a durée 32 jours. Ils seront jugé pour avoir refusé de parler au consul du Soudan qui est venu le 15 Avril de cette année au CRA de Coquelles. Les lois racistes de ce pays prévoient une peine de prison. Certaines personnes ont parlés au consul ont été reconnus comme soudanais et ont reçu un laissé passé et un avis de retour au Soudan. Un avion devait les expulser vers ce pays la semaine dernière. La Cour européenne des droits de l’homme a suspendu cette décision. Les personnes ayant décidés de résister en gardant le silence pour ne pas être expulsé sont menacés de peines de prisons pour obstruction et refus de décliner leurs identités. Nous appelons à aller au tribunal de Boulogne sur mer, demain à 13 heures pour montrer notre opposition à cet état policier et raciste. No borders Calais Des papiers pour tous, Liberté de circulation, liberté d’installation, Fermeture des centres de rétention Dimanche 2 mai DANGER: L’unité de CRS 8 sont de retour à Calais, sans doute lundi 3, et pour 3 semaines. Cette compagnie a été responsables de nombreux actes de violence et de sadisme envers les réfugiés, en avril-mai 2008 et en avril 2009, y compris les passages à tabac et le gazage en pleine figure … Les réfugiés ne savent pas toujours dire ce qui leurs arrives. Les Afghans, par exemple, loin du centre ville, sont souvent victimes des violences de la police française et ne sont pas toujours en mesure de raconter ce qui leurs est arrivé. Si vous venez à Calais, si vous en avez un appareil photo prenez le avec vous et photographiez la police, même s’il n’y a aucun incident notable. Compte rendu des activités sadiques de la compagnie de CRS numéro 8: Les méthodes des CRS n°8 sont tellement inhumaines, qu’elles ont poussées les réfugiés à organiser des manifestations contre les violences policières. Par exemple, en avril 2009, 8 officiers CRS ont gazés au lacrymogène une femme enceinte. En avril de l’année précédente, ils ont battu un réfugié soudanais blessé alors qu’il était déjà par terre. Il avait récemment subi une opération de l’estomac. L’un des policiers, toujours vu avec une moustache, est connu pour être particulièrement agressif, et a été identifiée par de nombreux migrants en diverses occasions. Les CRS n°8 sont également connus pour avoir fait chuté un érythréen du toit de l’African house. En outre, en avril 2008, un jour de mauvais temps, les CRS ont ordonnés à un migrant d’enlever ses chaussures et de marcher pieds nus dans la neige jusqu’à leur van. Un autre réfugié qui était blessé au bras a demandé à un officier de l’unité 8, des médicaments, et a lui a montré son incapacité à bouger son bras. L’officier a répondu en brutalisant cet homme au niveau de son bras … Vendredi 30 avril Mardi matin, une voiture de police tournait sur la place à coté de la Maison des Africains, suivie de 9 ou 10 véhicules banalisés. Les migrants qui y vivent ont dit qu’ils ont environ deux mois à rester devant leur expulsion. Puis le jeudi, les employés de mairie sont venus réparer le trou dans la clôture. Celui que les migrants avaient utilisé pour sortir sur la voie ferrée afin d’échapper aux CRS! Un signe inquiétant de plus qui nous laisse a penser que la police se préparent pour un nouveau raid. À 8h du matin le vendredi, 3 fourgons CRS, deux fourgons banalisés, une voiture de police et une voiture banalisée arrivent au squat. Ils ont arrêté environ 15 personnes et pris quelques outils. Ce fut le premier raid à l’African house depuis deux semaines. Mercredi 28 Avril Le camp des Pashto sur la voie ferrée a été détruit, et le train qui leur servait d’abris a été déplacé. La jungle des Hazaras a elle aussi été détruite. Les deux communautés sont donc maintenant éparpillées dans Calais. Ils attendent que la pression policière diminue avant de refaire un camp plus durable dans le temps. Certains Pashto reste tout de même à proximité de la voie ferrée. Des nouveaux migrants arrivent tout les jours à Calais. Certains reviennent de Paris, et d’autres de Steenvoorde, où le camp a été fermé. Les militants ont observés des fourgons de police en train de faire une petite « visite » dans les camps Pachto, et un hélicoptère de surveillance de la gendarmerie à été vu dans les lieux proches de la zone industrielle et à proximité des dunes. Exactement comme avant la destruction de la jungle. Mardi 13 avril A 8 heures du matin, trois à quatre vans de CRS, et un van de ramassage, ont attaqué la Africa House. Ils sont rentrés dans le squat avec quelques voitures pour contrôler les papiers et enlever 24 personnes. Ils furent suivis par les services municipaux, qui ont emmené toutes les tentes, les vêtements, les couvertures, etc. pour les jeter. Ils ont aspergé le bâtiment avec de l’insecticide. Comme d’habitude, ils portaient une combinaison blanche, des gants et même des masque-à-gaz. Une personne en costume cravatte a été vue en train de parler avec la police dans le squat. Une discussion avec un représentant de l’entreprise Noyon tend à nous faire croire que le terrain a été racheté par un constructeur et que la personne aperçue en était probablement le représentant. [PLUSIEURS NOUVELLES SUR LA PAGE PRINCIPALE ANGLAISE, DU 6 AU 9 AVRIL, N’ONT PAS ENCORE ETE TRADUIT] 6th April Il ya environ 15 activistes actuellement à Calais en appréciant les nouveaux locaux. Au cours de week-end de Pâques, les policiers ont été tranquille à Calais, sans raids se passe du vendredi au lundi. Mais ils sont revenus en force le mardi [informations ci-dessous] A à 9h environ mardi soir que certains militants ont quitté le camp Hazzara, ils furent arrêtés par une camionnette CRS et posé des questions. Ils ont dit à la police, ils ont été perdus. Alors ils ont vu plus de camions se dirigeant vers le camp, ils coururent Retour à la Hazzazas et les met en garde tranquillement. Ensuite, se cachant dans les buissons, ils ont crié “police!” haut de sorte que lorsque les CRS sont arrivés ils ont suivi les appels des militants à la place. Personne n’a été arrêté. Ce matin, nous nous sommes séparés et couvrant des domaines différents avec la moitié d’entre nous à la maison de l’Afrique et pour moitié par la voie ferrée. Les deux endroits ont été calme, sans la police à la voie ferrée et de la police à venir 4 fois et circleing mais pas entereing Maison de l’Afrique. Méandres de la bureaucratie Hier je suis allé avec un ami à la Préfecture Sous, pour entendre le résultat de sa demande d’asile en français. C’était un désordre dans le bureau. Il est arrivé à 10 h et on m’a dit de revenir à 2PM. Nous avons attendu jusqu’à 5pm quand il a dit qu’il faut revenir demain becuse le secrétaire n’avait pas eu le temps d’aller sur son cas. Il y avait seulement une femme portant sur environ 40 demandes par jour. Il m’a dit que l’administration est toujours très désorganisé. Il avait un ami qui a été dit qu’il serait accordé l’autorisation de venir en Angleterre. Quand il est arrivé au bureau, avec le papier indiquant ce qu’il a appris que ses empreintes digitales avaient été trouvées en Grèce et qu’il allait être expulsé ce jour-là. Cependant il avait un document du gouvernement grec en déclarant qu’il ne serait pas autorisé à entrer à la Grèce pendant 20 jours. Cela a été ignorée et on ne sait pas ce qui s’est passé pour lui. Un autre homme, nous avons rencontré ici vit en Angleterre mais est citoyen somalien, il avait son sac volé et ne peut pas retrive ses papiers de l’Etat somalien alors il est non fumeurs retour dans le pays que les gouvernements britannique et français ne sera pas lui parler sans papiers. Ce sont deux petits exemples de ce cauchemar beaurocratic tant de gens ici l’expérience Jeudi 18 mars: Patrouilles et action au Hangar Ce matin, des militants ont fait leur patrouille régulière. Réveil a 7H, au boulot à 7h30 ! Le premier endroit ou nous sommes allés est le squat Africain. Hier matin, la police y a fait un tour et a menace les habitants en leur disant de quitter les lieux avant le lendemain. Aujourd’hui, nous y étions à 7h45 et rien ne semblait avoir changé. A la fin de notre patrouille, nous avons décidé de retourner au squat Africain. A notre surprise, les habitants nous ont dit que la police était venue vers 8H et avait arrêté une personne. Comme d’habitude,, les patrouilles No Border sont au mauvais endroit au mauvais moment !🙂 En repartant, on croise un van de CRS. Le temps de faire demi-tour et de revenir, plusieurs personnes sont en train de se faire vérifier les identités, et les CRS arrêtent notre véhicule et vérifient nos identités. Encore une journée banale à Calais… Pendant la distribution de nourriture de midi, des migrants nous racontent qu’après s’être fait expulse du BCMO hier, ils se sont fait pourchasse toute la nuit par la police et n’ont pas pu fermer l’œil. Cet après midi, les militants No Border sont entrés dans le hangar Cronstadt, l’espace No Border loué que la police a expulsé récemment, pour récupérer leurs affaires laissées à l’intérieur. No Border avait commencé a louer un espace en Février, un hangar rue de Cronstadt, pour aider et soutenir les migrants a Calais. Bien sur ca n’était pas du gout ni de la police ni de la Mairie ! Et bien que le hangar était loué de manière parfaitement légal, l’espace et les locataires se sont fait expulser très rapidement, avec toutes leurs affaires bloquées a l’intérieur. Nous avons décidé que ces affaires (lits, matelas, couvertures, matériel de cuisine, de nettoyage, brochures, outils…) étaient trop importants et pourraient être très utiles pour ne pas essayer de les reprendre ! A environ une quinzaine, nous sommes allés sur les lieux par surprise. La police est arrivée rapidement mais après négociation nous a laissé prendre ce que nous pouvions. Et maintenant, nous avons un accord avec la police pour revenir et prendre le reste. LA POLICE EVACUE LES ALENTOURS DU BCMO DE CALAIS Aujourd’hui, 17 mars 2010 aux alentours de 13h30, alors que les migrants étaient à la distribution alimentaire, 40 policiers de la Police Nationale et la Police Aux Frontières ont emporté les possessions des migrants. La police et les travailleurs de la mairie en combinaison blanche ont aspergé de produits chimiques et pris les matelas, couvertures et tentes que les migrants utilisaient chaque nuit depuis que l’accès a l’abri (le BCMO) leur était interdit.Le jeudi 11 Mars le BCMO, un abri ouvert la nuit où de nombreux migrants ont dormi pendant l’hiver, était fermé. Depuis lors, beaucoup d’entre eux, principalement pashto, ont campé et dormi a l’extérieur du bâtiment. Ce mardi 17 mars, comme beaucoup le craignaient, la police a emporté toutes les affaires présentes sur les lieux pendant que les migrants étaient à la distribution de nourriture organisée régulièrement non loin de là. Lundi 16 mars au soir, environ 50 personnes, qui dormaient a l’extérieur du BCMO depuis sa fermeture, ont décidé de commencer à protester. Ils voulaient atteindre l’opinion publique en organisant une manifestation et une grève de la faim. Le lendemain matin, alors qu’ils étaient réunis pour préparer des banderoles, la police a procédé à l’arrestation arbitraire de deux kurdes sur le pont à côté du BCMO. A partir de ce moment là, la présence policière sur les lieux n’a fait que s’intensifier.Tout d’abord, la police a arrêté de manière très sélective une seule et unique personne du groupe de migrants, puis tous les militants ‘No Border’ ont été fouillés. Par la suite, les CRS ont arrêté une vingtaine de personne de manière complètement arbitraire et au hasard. Un militant ‘No Border’ a clairement entendu plusieurs CRS discuter et dire : « encore combien ? » « allez, encore 2 ou 3 ! ». Certaines personnes ont décidé de continuer la grève de la faim et de ne pas aller a la distribution de nourriture. Dans l’après midi, des travailleurs du port ont érigé une barrière temporaire pour séparer en deux l’espace ou les migrants dorment habituellement. Peu après, une dizaine de militants No Border sont allés a l’hotel de police et au centre de rétention de Coquelles, aux alentours de Calais, pour protester contre les arrestations et en solidarité avec les migrants détenus. Mais cette démonstration était une nouvelle fois interrompue par une police particulièrement agressive, qui a réquisitionné les banderoles, contrôlé les identités de tous les participants et les ont suivi dans leur véhicule pendant plusieurs heures. 7 Février

LE CENTRE DES MIGRANTS EXPULSE PAR LA POLICE ANTI-EMEUTE A CALAIS À la demande de la mairie, les CRS de la police nationale française ont expulsé de force le nouveau centre des migrants de Calais - appelé le Hangar Kronstadt - en détruisant les portes d'entrée, moins de 24 heures après que les militants NoBorder aient franchi les barrages policiers pour occuper le bâtiment, qui avait été loué légalement par les NoBorders[1] et SôS Soutien aux Sans Papiers[2]. Marie Chautemps rapporte que : "Le hangar Kronstadt a été ouvert pour intervenir directement au milieu d'un hiver de répression continue contre les migrants de Calais, débuté en septembre dernier lorsque leurs 'jungles' communautaires ont été détruites au cours d'une mascarade médiatique cruelle." Elle ajoute que : "Face à des autorités qui bloquent toutes les tentatives de créer un lieu de protection pour les migrants contre le harcèlement policier permanent ou contre la violence de la saison hivernale, l'ouverture du hangar Kronstadt a été faite au nom du simple respect humain et au nom de la résistance à une politique des frontières menée par une Union Européennes aux accents de plus en plus clairement fascistes." Samedi soir, environ 100 migrants sont venus au hangar avec l'intention d'y entrer. Ils se sont retrouvés face à deux lignes séparées de policiers, des deux côtés du hangar. En criant "Freedom! Freedom!", les migrants et les activistes de NoBorder ont franchit les blocus policiers et ont réussi à accéder au hangar. Des couvertures, des vêtements de rechange, de quoi faire un lit de fortune et du thé ont été fournis aux migrants. Cependant, après une nuit au calme et protégée, 75 CRS sont arrivés le dimanche après-midi pour expulser de force le nouvel espace et détruire les portes vitrées de l'entrée. Douze militants ont été arrêtés, puis relâchés, et l'une d'entre eux amenée à l'hôpital. La police a procédé à la destruction de l'intérieur du hangar et de tout ce qui s'y trouvaient, et ont scellé l'entrée, de sorte qu'il est actuellement impossible de retourner au hangar. Dans un communiqué de presse aujourd'hui, SôS Soutien aux Sans Papiers a mis en avant la collaboration qui a lieu entre les gouvernements français et britanniques pour les opérations de ce genre [3]. L'augmentation de ce type de collaboration entre gouvernements de chaque côté de la Manche coïncide avec une augmentation de la résistance aux politiques répressives de Nicolas Sarkozy, mises en œuvre avec l'approbation du gouvernement britannique. Alex Parks déclare que "Les autorités à Calais ont essayé d'empêcher la venue de migrants à Calais depuis des années sans succès, parce qu'elles sont dans une attitude de déni des conséques réelles et inévitables du monde inéquitable dans lequel nous vivons. Mais ce n'est pas terminé, la solidarité et la résistance pour la liberté de circuler continueront à Calais." [4] Pour des informations plus précises, merci d'appeler au +447531867480 ou de nous contacter à l'adresse : calaisolidarity@gmail.com www.calaismigrantsolidarity.wordpress.com FIN Notes aux rédacteurs [1] Le réseau NoBorder est un mouvement mondial d'individus et de groupes qui se battent pour la liberté de circulation et d'installation des individus, et pas seulement celles des poids-lourds qui enrichissent une partie de l'Europe. Depuis le Camp NoBorder à Calais en juin 2009, les militants NoBorder ont eu une présence constante à Calais sous les couleurs de Calais Migrant Solidarity. Nous avons surveillé et documenté les abus et les violences policières, résisté collectivement aux expulsions, organisé des distributions d'aide humanitaire, et réalisé des interventions directes pour les droits des migrants. [2] SôS Soutien aux Sans Papiers est une organisation française qui lutte pour la liberté de circulation et d'installation de tous et les droits des migrants. Les deux réseaux ont collaboré depuis le camp NoBorder en juin 2009. [3] Par exemple le vol charter commun qui a expulsé des migrants à Kaboul fin 2009. [4] No Borders de Londres organise une manifestation contre le Consulat français mardi 9 février à 12h30 en solidarité avec ceux de Calais. 

25 Janvier

Besson engendre des policiers voleurs.
Ce soir, un froid glacial et humide n’empêche pas les policiers de faire leurs sales actes.
Des policiers de la PAF ou du commissariat de Calais sont venus comme des délinquants armés, voler une tente pliée entre un mur et une cabine publique.
C’est normal, des réfugiés frigorifiés devaient la prendre pour s’abriter du froid.
20 à 25 personnes auraient été arrêtées sur le pont près du BCMO, aux environs de 20h, heure des interventions policières dans cette zone.

LA POLICE LANCE UNE GUERRE D’USURE CONTRE LES MIGRANTS DE CALAIS

FOR IMMEDIATE RELEASE: 22/01/10

Contact: calaisolidarity@gmail.com

ou appelez le 0033 954 621 951 (France) ou le 077 949 661 556 (UK)

– Cinquante officiers de police en tenue anti-émeutes répriment une manifestation pacifique par les migrants qui demandent le respect de leurs droits de base

– Des officiers parlent d’ordres de détruire tous les abris de migrants de la zone

Destruction tente

– L’augmentation des tactiques répressives ne laissent aux migrants nulle part où aller

Dans une rare démonstration de résistance, près de 100 migrants ont campé autour d’un gymnase qui avait été utilisée par les associations locales pour fournir un abri de nuit extrêmement nécessaire lors des semaines les plus dures de l’hiver, avant sa fermeture mardi. [1] Les migrants, principalement de l’Afghanistan en guerre, ont également brûlé des couvertures et des banderoles en opposition à la fermeture, qui a lieu par-dessus l’expulsion répétée des migrants de leurs campements. En moins d’une demi-heure, des vingtaines d’officiers de police ont débarqué sur le site, menaçant de détruire le campement de fortune si les migrants ne se dispersaient pas. A la suite d’une altercation, les migrants purent quitter la zone, mais ils furent poursuivis de près tandis qu’ils cherchaient des alternatives pour se mettre à l’abri.

Après que des officiers de police aient conseillé de faire ceci, des hommes ont établi des abris sur le site d’un des anciens campements, ou ‘jungles’, et reçurent des promesses que la police n’attaquerait pas.

Mais quelques heures plus tard, les officiers étaient entré dans le campement plusieurs fois, y arrêtant six personnes, dans ce qui est à présent devenue une routine journalière de procéder à l’arrestation de ceux qui n’ont pas de papiers d’identité à Calais dans une tentative de les débusquer de la zone [2].

Mercredi midi, 20 véhicules de CRS avaient entouré le nouveau campement, et tout ce qui ressemblait à un abri fut détruit.

A la suite d’une routine ininterrompue de poursuites, d’arrestations et d’attaques cet hiver, les migrants ont rejoint par désespoir l’abri de nuit fermé, et ont installé certaines des tentes qui avaient été jetées par les autorités à la suite de l’expulsion ce matin-là. La police est rapidement arrivée sur scène, a annoncé qu’elle avait des ordres de disperser les rassemblements et de détruire les abris, avant de saisir les tentes restantes.

Toute la nuit, la chasse a continué, les migrants étant suivis par des groupes de policiers, qui ont détruit préventivement la moindre structure à moitié érigée.

« La police était litéralement partout hier soir. Ils poursuivaient les migrants au cas où ils oseraient contruire un abri, ou bien ils suivaient tout militant qui pourrait les aider, » a dit Joanne, une activiste du réseau No Borders présente sur place [3].

« Tout ceci fait partie d’une stratégie soigneusement préparée par les gouvernements Français et Britanniques pour faire fuir les migrants. Mais quand vous pensez que beaucoup de ces gens viennent de zones de conflit comme la province de Helmand, où est-ce qu’ils sont sensés aller? » a poursuivi Joanne.

Alex s’est impliqué dans l’enregistrement – et dans l’intervention directe contre – le harcèlement policier à Calais depuis quelque temps. « Aussi choquant que cela paraît, nous trouvons que la présence de citoyens Européens pendant les attaques policières peut faire une vraie différence, parce que les arrestations sont tellement arbitraires. Cela montre que les gens normaux ont bien le pouvoir d’aider les migrants à vaincre cette énorme démonstration de force de la part de nos gouvernements. Je pense vraiment que la résistance des migrants eux-mêmes et le soutien des gens normaux est le seul espoir que nous avons d’arrêter cette répression épouvantable. »

NOTES AUX EDITEURS

[1] L’abri de nuit a été ouvert le 15 décembre, et devait fournir de la place pour dormir pour environ 150 des quelques 300 migrants sur la ville de Calais, sur une période de quelques semaines exceptionnellement froides.

[2] Pour un résumé des activités policières en décembre, s’il-vous-plaît lisez notre article ici:

http://www.indymedia.org.uk/en/2010/01/444188.html

[3] Le Réseau No Borders utilise l’action directe et la solidarité pratique pour se battre pour la liberté de mouvement pour tous. Ils font partie du groupe Calais Migrant Solidarity qui a maintenu une présence continue à Calais depuis l’été.

8 Janvier

Le squat des africains connu sous le nom de la maison de l’Éthiopie, a encore été délogé hier dans les premières heures de la matinée. PAF et CRS sont entrés par la porte – il aurait été assez facile de la fermer de l’intérieur, mais cela n’a pas été fait. Tous ceux qui n’ont pas réussi à fuir et se cacher ont été arrêtés, jusqu’à 50 personnes, mais le nombre exact n’est pas connu étant donné que quand les sont occupés à courir, ils ne comptent pas exactement. Trois activistes No Border s’y sont rendus après avoir été alertés par certains des occupants qui avaient réussi à s’échapper, mais au moment où nous sommes arrivés “l’opération” était presque terminée et la police était en train d’emmener les derniers. Nous avons dit à la police que nous sommes venus afin de vérifier que nos amis étaient OK. Nous leur avons donné un peu de tabac et leur avons dit de nous appeler une fois relâchés. Déprimant, pas grand chose d’autre à faire à ce stade avancé ! Nous avons aussi parlé à la police, qui a promis qu’ils traitent les migrants arrêtés gentiment et ne détruiraient pas les couvertures – tant que je n’aime pas les flics, ceux-ci n’étaient pas les pires que j’ai rencontré. Nous sommes retournés dans la soirée, tous les hommes avaient été libérés sauf quatre personnes qui ?ont des doigts? dans d’autres pays, les couvertures étaient toujours là, ils avaient du bois, tout le monde assis autour du feu, nous leur avons apporté du thé et du sucre, parce qu’ils n’en avaient pas. Le moral était bas. Une voiture de police et un fourgon rempli de CRS sont arrivés … mais ils sont repartis lorsque un de nous a dit qu’il est un journaliste – en fait, il écrit pour son journal de l’université.

Les deux grands squats urbains (l’Africain squats et les Arabes) sont la cible d’incessantes attaques, il en est de même de la jungle Hazara, mais les gens se font souvent ramasser quand ils reviennent d’un abri par temps froid ou quand ils y vont, ce qui est scandaleux, camionnettes CRS encerclant l’abri froid toute la nuit en regardant si elles peuvent attraper quelqu’un qui sort pour pisser, car il n’y a pas de toilettes à l’intérieur de cet abri. Beaucoup de blessures mineures vu que les gens doivent courir pour fuir la police dans la neige et la glace. Quelques citoyens ordinaires juste pour observer feraient une énorme différence.

A près une période de Noël belle et vivante, avec de nombreux militants No Border venant du Royaume-Uni, nous sommes à nouveau peu nombreux ce qui rend impossible de contrôler efficacement l’activité de la police. Si nous pouvions avoir un peu d’aide avec ce que ce serait formidable : la police change effectivement de comportement quand ils sont surveillés et c’est quelque chose que chacun peut faire, aussi, sans risque pour eux-mêmes – en fait, la police ne fait rien contre nous ils ne font que vérifier nos documents et tentent de nous intimider – et même si vous n’appartenez à aucun groupe politique, association ou un parti.

Si vous êtes intéressés à faire quelque chose pour arrêter la violence policière envers les migrants, s’il vous plaît appelez 0954621951 (0033954621951 hors de France) ou par courriel: calaisolidarity@gmail.com

Chiara

(14/12/2009 au 17/12/2009)

JOUR 1 :

Arrivée à 18 heures, mise au point de la situation : Il fait très froid et nous avons ouvert le local noborder aux migrants mineurs (de 11 ans à 18 ans).

Harcèlement tous les jours du squat africain. On s’attend à une expulsion dans les jours qui suivent.

Manifestation appelée par les humanitaires devant le Centre de rétention de Coquelle ou sont enfermés des Afghans qui devraient être expulsé le lendemain par charter. Nous étions une cinquantaine devant le centre. La police était très présente, nous empêchant de passer pour essayer de parler aux migrants enfermés.

Jour 2 :

Vers 9 heures la police expulse les africains de leur squat. Il leur confisque leurs biens (Couvertures, matelas jetés dans des bennes). Une bonne vingtaine se fait arrêtés.

Réinstallation des africains dans le même squat. Nous leur amenons des couvertures et des matelas et essayons de les aider à mieux sécuriser le bâtiment.

Ouverture d’une salle d’hébergement « grand froid »par la mairie : Une centaine de migrants peuvent s’y rendre de 19 heures à 10 heures du matin. Pour passer la nuit. Soixante s’y rende la première nuit, beaucoup se méfie.

Départ vers l’aéroport de Lesquin pour dénoncer les expulsions des afghans (qui sont amenés à l’aéroport de Roissy / Paris).Une centaine de personnes, beaucoup de beaux discours puis marche bruyante vers le CRA, ou une flopée de flics nous attendent. Nous (des humanitaires de la région, des Noborders et des anarchistes bien remontés de Lille) restons devant le centre pendant une heure, se réchauffant par des slogans genre No Border, No Nation.

Retour à Calais : La police veille autour de la salle grand froid et ont arrêté des migrants qui avaient quitté la salle pour aller au point d’eau, 50 m plus loin.

Jour 3 :

Il fait très froid. Beaucoup de migrants rejoignent le local après la fermeture à 10 heures du matin de la salle grand froid. On se retrouve à une cinquantaine, serrés comme des sardines

Un jeune nous apprend qu’un de ces amis de 15 ans a été tué par une voiture sur l’autoroute. En effet on apprend qu’ils étaient une dizaine à vouloir traverser l’A5. Le dernier s’est fait attraper par une voiture. Ce genre d’accident est très fréquent. SANS COMMENTAIRES !!!!

Le soir quelques jeunes se font arrêtés en se rendant dans notre local.

Nous suivons le combi qui les amène au CRA, essayons de savoir quand on pourrait venir les rechercher pour leur éviter un long retour à pied de 6 km. Bien sur aucun renseignement obtenu.

Jour 4 et dernier jour pour moi :

Encore énormément de migrants aux local.

Au soir un débat est organisé dans un amphithéâtre de l’université sur l’identité nationale avec l’éventuelle présence de Besson en personnes. Très peu de personnes sont au courant. Même le personnel du bâtiment n’est pas au courant et croie qu’on leur raconte des blagues. Même si on commençait à douter de l’information, nous préparons notre présence lors de ce débat. ET il aura lieu, les entrées étant minutieusement contrôlées. L’un de nous arrive malgré tout à s’infiltrer et fera une intervention. A l’extérieur les noborders montent sur le bâtiment pour mettre une banderole et distribuent des tracts. Ils ont été très vite écartés par la police sans ménagement.

Moi je quitte Calais avant le débat

Pour la suite voir https://calaismigrantsolidarity.wordpress.com/

Ou http://lille.indymedia.org/

Nous ne somme pas toujours très nombreux à Calais pour gérer ces situations ;

Appel à des coups de mains !!!

Appel à des couvertures, vêtements chauds, etc

Je repartirais le 1 janvier pour 3 jours : des candidats ? Des vêtements, couvertures à donner ?

Contactez-nous !!!!!!!!!

LA LUTTE CONTINUE

PS : des situations similaires existent tout le long du littoral. En Belgique aussi il y a des « jungles », notamment à Ostende et à Zeebrugge. Si certains ont des informations sur ces endroits, appelez nous.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s